20170521 – News : Colliers d’ambre utilisés pour calmer les bébés : attention, danger ! – LCI

CONTRE LES DOULEURS – De nombreux parents achètent des colliers d’ambre pour calmer les douleurs de leurs bambins en pleine poussée dentaire. Des colliers utiles, certes, mais une nouvelle étude de la Répression des fraudes tire la sonnette d’alarme sur les risques de strangulation et de suffocation.

Réputé pour soulager les douleurs des enfants lorsque leurs dents commencent à pousser, le collier d’ambre s’attire les foudres de la Répression des fraudes (DGCCRF). Dans un rapport publié ce jeudi, l’autorité chargée de contrôler la sécurité des consommateurs pointe du doigt les dangers que représente le petit objet, à commencer par le risque d’étouffement.

« Sur 32 bracelets et colliers prélevés, 28 ont été considérés comme dangereux en raison d’un risque de strangulation ou de suffocation (87,5 % des échantillons) », prévient la DGCCRF. Ajoutant que « 16 avertissements liés au non-respect de l’obligation générale de sécurité ont été adressés aux opérateurs ».

Le manque d’information des consommateurs

Une précédente étude menée en 2011 et portant sur la sécurité des colliers et bracelets pour jeunes enfants avait déjà mis en évidence un « risque non négligeable de strangulation ». Quatre ans plus tard, en 2015, « compte tenu de la persistance de ces produits sur le marché », l’autorité compétente a mené une nouvelle étude, dont les résultats sont sensiblement les mêmes.

Pour cette étude,  la solidité des fermoirs et la résistance du fil du collier ou du bracelet ont été testées. Verdict : il ressort de l’enquête que les commerçants ne contrôlent pas suffisamment la qualité des produits, fabriqués pour la plupart de manière artisanale en Pologne ou en Lituanie, et n’informent pas assez bien des risques. La DGCCRF vient de corriger le tir.

Source : Colliers d’ambre utilisés pour calmer les bébés : attention, danger ! – LCI

20170516 – L’eau pétillante encouragerait la prise de poids

Selon des chercheurs palestiniens, eau gazeuse et autres boissons pétillantes encourageraient la prise de poids en ouvrant l’appétit.

Si les bienfaits de l’eau sur la santé sont connus et reconnus depuis longtemps, les effets de l’eau gazeuse restent néanmoins sous-traités. Selon des chercheurs de l’Université palestinienne de Birzeit qui publient une étude à charge reprise mardi par Top Santé, l’eau pétillante encouragerait la prise de poids en ouvrant l’appétit.

Une eau qui sollicite l’hormone de la faim. Menés sur des rats et 20 volontaires, les tests montrent que l’eau et d’autres boissons contenant du gaz susciteraient une augmentation des niveau de ghréline, l’hormone digestive qui stimule l’appétit. Cette évolution soudaine de l’hormone de la faim favoriserait à engloutir de plus grandes quantités de nourriture afin d’atteindre une sensation de satiété.

Certains rats ont grossi jusqu’à 20% de plus. D’après cette étude, les rats et les volontaires qui avaient bu de l’eau gazeuse dès le matin présentaient des niveau de ghréline six fois supérieurs à ceux qui buvaient de l’eau plate. Ainsi, les rongeurs ont vu la graisse autour de leur foie augmenter et certains ont grossi jusqu’à 20 % de plus que les autres.

Top Santé rappelle toutefois que d’autres études sont nécessaires pour croiser les résultats de l’étude palestinienne. Et déterminer si l’adjonction de gaz carbonique dans les boissons peut jouer un rôle dans le surpoids ou l’obésité.

Source : L’eau pétillante encouragerait la prise de poids

J’ai un doute sur le bien fondé de cette étude, c’est mené sur quoi  c’est quoi le résultat sur « certains rats » ??  c’était un test avec les eaux aromatisées à bulles aussi ?  bref  ça me semble très vague…

20170515 – Urgences à plus de 30 minutes de chez soi : une réalité pour 3,9 millions de Français

Près de 4 millions de personnes, soit 6% de la population, résidaient à plus de 30 minutes d’un service d’urgences ou d’un SMUR (structure mobile d’urgence et de réanimation) fin 2015 en France (hors Mayotte), selon une étude publiée ce 11 mai par le service de statistiques du ministère de la Santé (Drees).

Selon un dossier de la Drees sur les déserts médicaux, 3,9 millions de Français résident à plus de 30 minutes « d’un service d’urgence (SU) ou de services mobiles d’urgences et de réanimation (SMUR) ». Si l’on prend en compte la possibilité de recours aux hélicoptères de la Sécurité civile et du SMUR ou l’intervention des médecins correspondants du Samu (MCS), un peu plus d’un millions de personnes restent concernées.

Les zones pour lesquelles les soins urgents sont les moins accessibles « sont souvent situées en moyenne montagne ou dans un environnement où les déplacements sont difficiles » note les auteurs du dossier. Un peu moins de la moitié (46%) « des habitants des espaces ruraux isolés de l’influence des pôles urbains » seraient ainsi concernés, les régions les plus touchées étant la Corse, la Martinique, la Bourgogne-Franche-Comté et la Guyane.

Les « petits et moyens pôles urbains » et « les couronnes urbaines de grands pôles » ne sont pas épargnés, avec respectivement 13% et 5% de leurs habitants éloignés des urgences.

Quelle est l’étendue des déserts médicaux ?

Autre enseignement de l’étude, 8 % de la population « résident dans une commune sous-dense en médecins généralistes », où le nombre de consultations accessibles chaque année pour chaque habitant est inférieur à 2,5 (contre une moyenne nationale de 4,1 consultations par an et par habitant).

Les Antilles-Guyane, la Corse, l’Auvergne-Rhônes-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et  l’Ile-de-France sont les plus touchées.

Entre 2012 et 2015, la population concernée a légèrement augmenté, mais l’accessibilité des zones déjà sous-denses au début de la période s’est très légèrement améliorée.

Enfin, si 4 personnes sur 5 ont accès à une pharmacie dans leur commune de résidence, »environ 1,6 million de personnes », vivent à plus de 10 minutes de l’officine la plus proche, en particulier dans les régions montagneuses ou très rurales.

Seulement 0,5% de la population cumule des difficultés d’accès aux généralistes, aux urgences et aux pharmacies, 13,6% connaissant au moins une des trois.

Un scenario qui pourrait empirer

La démographie vieillissante des médecins et les aspirations des jeunes « concourent à une diminution probable des effectifs libéraux », et « fait craindre un accroissement des inégalités territoriales d’accès aux soins », souligne la Drees.

Dans une autre étude, elle relève que sans évolution de la législation et des comportements, le nombre de médecins (généralistes et spécialistes) en activité devrait être « quasiment stable entre 2016 et 2019 (-0,4%), puis repartir à la hausse dès 2020 », notamment grâce aux installations de médecins diplômés à l’étranger, en particulier pour les spécialistes.

Mais l’exercice libéral exclusif devrait « poursuivre son déclin, au profit du salariat et de l’exercice mixte ». Les femmes représenteront 60 % des médecins en exercice en 2034 contre 44% actuellement. « Jusqu’en 2025, les effectifs de médecins augmenteraient moins que les besoins de soins de la population », vieillissante.

avec AFP

Source : Urgences à plus de 30 minutes de chez soi : une réalité pour 3,9 millions de Français

20170503 – Les bactéries prolifèrent plus dans l’habitacle d’une voiture que sur la cuvette des toilettes – LCI

PASSAGERS CLANDESTINS – Une nouvelle étude révèle qu’il existe plus de bactéries dans l’habitacle d’un véhicule que dans une cuvette de toilettes. Or, les germes en question peuvent être responsables de nombreuses maladies, comme des intoxications alimentaires. De quoi vous pousser à faire un ménage de printemps au plus vite !

Confortablement installé(e) au volant de votre véhicule, vous pensez être à l’abri des bactéries ? Rien n’est moins sûr. Une nouvelle étude commandée par CosmétiCar, un spécialiste du lavage auto sans eau, pointe du doigt les défauts d’hygiène des habitacles des voitures. L’étude est certes intéressée, puisqu’à visée commerciale, mais elle a le mérite d’exister. « Il existe plus de bactéries dans un véhicule que sur une cuvette des toilettes », conclut-elle. Or, « ce nid de germes » est « potentiellement dangereux pour l’organisme ».

Pour cette étude, les chercheurs ont réalisé des prélèvements sur le volant, le levier de vitesses et les autres commandes de 1200 véhicules. Verdict : le volant contient à lui seul 800 bactéries au centimètre carré contre 80 pour la cuvette des toilettes. Bien sûr, le nombre de bactéries relevées dépend des habitudes de chaque conducteur. Manger au volant ou se maquiller n’est pas des plus hygiéniques et les voitures partagées par plusieurs personnes sont forcément moins propres que celles de location, normalement nettoyées entre chaque prêt. Les sacs à main de ces dames, parfois fourre-tout, ont donc trouvé un sacré concurrent.

Des risques d’intoxications alimentaires et de maladies

Faute d’être nettoyé régulièrement, ces lieux constituent un formidable lieu de culture pour les germes en tout genre. Les passagers clandestins les plus souvent retrouvés sont les bactéries B acillus cereus et E. coli, notamment responsables des intoxications alimentaires et ses symptômes associés.

De plus, il suffit qu’une personne atteinte d’une grippe ou d’un rhume prenne place à bord pour que les virus se dispersent dans l’habitacle ou moindre éternuement. Sans oublier les moisissures et les champignons qui profitent du manque de vigilance pour s’étendre. Pour limiter les risques et passer des vacances sereines, loin du médecin, vous savez ce qu’il vous reste à faire avant de prendre la route des grandes vacances.

Source : Les bactéries prolifèrent plus dans l’habitacle d’une voiture que sur la cuvette des toilettes – LCI

20170503 – Régime sans gluten : une fausse bonne idée

Alors que le régime sans gluten compte de plus en plus d’adeptes, une étude tire la sonnette d’alarme sur ce qui, finalement, s’avère être une mauvaise idée pour la santé lorsque l’on ne souffre pas d’une intolérance au gluten avérée (maladie coeliaque).

C’est une nouvelle tendance : exclure de son alimentation tous les aliments susceptibles de contenir du gluten, pour éviter les ballonnements qu’il provoque et, surtout, préserver sa santé.

Pour quelle raison ? Notamment parce que la maladie coeliaque, déclenchée par l’intolérance au gluten, augmente le risque de pathologies cardio-vasculaires, pour les patients qui en sont atteints. Chez ces malades, l’éviction du gluten de l’alimentation permet de diminuer ce risque.

La tentation est donc grande de penser qu’en diminuant ou supprimant le gluten de son alimentation, même lorsque l’on ne souffre pas d’intolérance, on fait baisser le risque de développer une pathologie cardiovasculaire.

Mais cette supposition vient d’être battue en brèche par une étude publiée dans le British Medical Journal.

Pas de diminution du risque cardiovasculaire

Des scientifiques viennent, en effet, de démonter que l’éviction ou la restriction en gluten chez les personnes ne présentant d’intolérance à cette protéine ne fait pas baisser le risque cardiovasculaire. Elle pourrait même l’augmenter.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont penché sur les résultats de questionnaires alimentaires complétés, tous les quatre ans, par des professionnels de santé américains, entre 1986 et 2010. Près de 65.000 femmes et un peu plus de 45.000 hommes ont été inclus dans cette étude, tous sans antécédents cardiovasculaires et sans maladie coeliaque diagnostiquée au cours de l’étude. La consommation de gluten a été évaluée à partir des données renseignées dans les questionnaires et les participants ont été répartis en cinq groupe, en fonction de la quantité de gluten consommé. Les pathologies cardiovasculaires survenues pendant ces 26 années d’étude ont été compilées.

Les scientifiques ont ainsi observé qu’il n’y avait pas d’association significative entre la consommation estimée de gluten et la survenue de maladies cardiovasculaires, qu’elles aient ou non entraîné un décès. Cette observation est valable autant chez les hommes que chez les femmes et quels que soient les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire identifiés par ailleurs (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, consommation d’alcool ou de tabac…).

Le gluten réservé aux intolérants

Les chercheurs ont également constaté une corrélation entre la consommation de céréales complètes et la diminution du risque cardiovasculaire ainsi que la mortalité associée. Selon eux, l’éviction des céréales complètes de l’alimentation, inhérente à l’adoption d’un régime sans gluten, présenterait donc un risque pour la santé.  « Nos résultats montrent qu’un régime restreint en gluten ne présente pas de bénéfices, au moins en termes de santé cardio-vasculaire, chez les personnes ne souffrant pas de maladie céliaque », souligne Benjamin Lebwohl, l’un des auteurs de l’étude. « Il pourrait même causer du tort à ces personnes si elles suivent un régime faible en gluten qui est également particulièrement faible en céréales complètes, car ces céréales ont un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires », souligne-t-il.

Ces résultats ne plaident donc pas en faveur de la promotion d’un régime sans ou restreint en gluten dans le but de réduire le risque cardiovasculaire. Selon les auteurs de l’étude, ce type de régime ne devrait pas être encouragé chez les personnes ne souffrant pas de maladies coeliaque.

Source : Régime sans gluten : une fausse bonne idée

20170324 – News : Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé

De gauche à droite, pourcentages de mutations génétiques critiques attribuables à l’hérédité, au hasard (« replicative ») ou à l’environnement, en fonction des localisations des cancers. SCIENCE-TOMASETTI ET AL.

Le poids dans la cancérogenèse de mutations aléatoires de l’ADN fait l’objet d’une nouvelle étude, deux ans après la présentation de travaux controversés.

« La faute à pas de chance. » Début 2015, une étude, dont la présentation laissait entendre que deux tiers des tumeurs relèveraient de mutations aléatoires plutôt que de facteurs environnementaux ou héréditaires, avait fait grand bruit.

Et attiré bon nombre de critiques méthodologiques : les cancers du sein et de la prostate, les plus nombreux, n’avaient pas été pris en compte et seule la population américaine avait été considérée.

De plus, le message relayé sans nuance pouvait être dévastateur : à quoi bon arrêter de fumer ou adopter des comportements vertueux si la grande majorité des tumeurs ont pour origine le hasard de mutations au cœur des cellules-souches ? N’y avait-il pas là un argument trompeur pour dédouaner aussi les pollutions et les expositions professionnelles, s’étaient insurgés certains observateurs.

Lire aussi :   Non, le cancer n’est pas le fruit du hasard !

Analyses génomiques

Deux ans après cette première étude publiée dans Science, ses auteurs exposent dans la même revue, vendredi 24 mars, de nouveaux résultats.

Cristian Tomasetti et Bert Vogelstein, rejoints par Lu Li, tous trois de l’université Johns-Hopkins à Baltimore (Maryland), prennent garde de ne plus parler de « malchance » (« bad luck »), mais le raisonnement est le même : chercher à voir si l’incidence du cancer dans un tissu donné est corrélée au nombre de réplications des cellules-souches dans ce même tissu. L’hypothèse étant que plus il y a de divisions cellulaires, plus le risque qu’elles donnent lieu à des mutations cancérogènes est élevé.

Bert Vogelstein et ses collègues ont étudié cette correspondance pour dix-sept types de cancers dans 69 pays, mais aussi en partant d’analyses génomiques dénombrant les mutations au sein de certains tissus (par exemple du poumon chez des cancéreux, fumeurs et non fumeurs).

Ils ont effectivement retrouvé une corrélation forte entre divisions des cellules-souches et incidence du cancer. Ils suggèrent que les deux tiers des mutations observées dans les cancers chez l’homme sont d’origine aléatoire, le reste pouvant être attribué à des facteurs génétiques (5 %) ou environnementaux (29 %).

Modèle mathématique

Ils estiment que cette répartition est en accord avec les études épidémiologiques, qui indiquent qu’environ 40 % des cancers pourraient être prévenus en évitant des environnements et des modes de vie « malsains ».

« Il faut encourager ces comportements de prévention, cependant nombreux sont ceux qui développeront un cancer à cause de ces erreurs aléatoires dans la copie de l’ADN. C’est pourquoi il y a un besoin urgent de meilleures méthodes pour détecter tous les cancers plus tôt, quand ils sont encore curables, estime Bert Vogelstein. Ces cancers vont survenir même si l’environnement est parfait. »

Leurs résultats s’appuient aussi sur un modèle mathématique qui postule qu’il faut généralement plus de deux mutations génétiques critiques pour qu’un cancer survienne – ce qui implique, comme l’expliquent les auteurs, que la cause première d’un cancer peut être diverse : une seule mutation environnementale peut donc bien déclencher une tumeur, précisent-ils, dissipant une confusion souvent engendrée par leur premier article.

Dans le cas de celui du pancréas, 77 % de ces mutations critiques seraient d’origine aléatoire, leur taux serait de 35 % dans le cancer du poumon (dans lequel l’impact du tabac est prépondérant) et de 95 % dans le cancer de la prostate, au sujet duquel les chercheurs de Baltimore écrivent qu’on estime « que des facteurs environnementaux ne jouent essentiellement aucun rôle ».

Le contre-exemple des Amish

Cette assertion risque de faire bondir nombre de spécialistes, et on peut s’étonner qu’une revue comme Science l’ait laissée passer. « C’est très choquant », estime Ana Soto (Université Tufts, Boston). Une très abondante littérature scientifique décrit en effet des augmentations de l’incidence de ce cancer chez des personnes exposées à divers polluants, pesticides et perturbateurs endocriniens.

Si ce cancer était d’origine essentiellement aléatoire, comment expliquer que les Amish en souffrent très nettement moins qu’une population comparable de l’Ohio ? « Ils ont pourtant le même nombre de divisions cellulaires que les non-Amish », souligne Fabrice Denis (oncologue et chercheur au CNRS).

Que dire de ces hommes exposés aux Antilles au chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, qui sont plus souvent atteints – surtout lorsqu’ils présentent un profil génétique particulier ? Dans ce cas, hérédité et environnement semblent potentialiser leurs effets.

« Nous avons simplement cité la source que nous considérions comme la plus autorisée, la base de données du cancer du Royaume-Uni », répond Bert Vogelstein, pour qui même si ces cancers étaient majoritairement d’origine environnementale, la conclusion globale « ne changerait pas beaucoup ».

 

De gauche à droite, pourcentages de mutations génétiques critiques attribuables à l’hérédité, au hasard (« replicative ») ou à l’environnement, en fonction des localisations des cancers.

« Changement de paradigme »

Le chercheur estime que les personnes atteintes par un cancer alors qu’elles avaient évité tous les facteurs de risques connus devraient être réconfortées par ces travaux : « Ce n’est pas de votre faute. Rien de ce que vous avez fait ou non n’est responsable de votre maladie. »

Un message qu’il adresse notamment aux parents d’enfants cancéreux. Cet argument de la « faute », le fait d’invoquer en creux la responsabilité individuelle face à une maladie qui peut aussi bien avoir pour origine des polluants, risque de faire débat.

« C’EST LE PRINCIPE MÊME DE L’ÉVOLUTION : NOS CELLULES NE PEUVENT S’EMPÊCHER DE FAIRE DES ERREURS » BERT VOGELSTEIN (JOHNS-HOPKINS UNIVERSITY)

« On ne peut plus faire comme si ces erreurs aléatoires n’avaient pas lieu. C’est le principe même de l’évolution : nos cellules ne peuvent s’empêcher de faire des erreurs », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, mercredi 22 mars, à l’issue de laquelle il a invité à rompre avec le « dogme » selon lequel le cancer serait dû essentiellement à des facteurs héréditaires ou environnementaux. « Il faut un changement de paradigme », appuie son collègue Cristian Tomasetti.

« L’industrie va adorer ça, note Ana Soto. Mais les prémisses de ces travaux, à savoir que les mutations sont une cause nécessaire du cancer, sont fausses : il y a des cancers sans mutations, alors que des tissus sains peuvent contenir des cellules avec des soi-disant oncogènes mutés. » Les perturbateurs endocriniens, rappelle-t-elle, ne sont pas des mutagènes, mais ils peuvent induire des tumeurs. D’autres conceptions du cancer sont à l’étude : « on peut le comprendre comme une organisation tissulaire qui a déraillé, ou une blessure qui ne se guérit jamais. »

Yusuf Hannun (université Stony Brook, New York), n’est pas plus convaincu. En 2015, dans Nature, la revue concurrente de Science, il avait cosigné une étude aboutissant, à partir du même jeu de données, à des conclusions diamétralement opposées : la vaste majorité des cancers serait due à des facteurs de risque extrinsèques.

« La nouvelle étude apporte plusieurs éléments intéressants, indique-t-il. Mais selon moi le lien de causalité entre fréquence des mutations spontanées dans un tissu donné et risque de cancer n’est toujours pas établi. » Son équipe avait montré, estime-t-il, que le comportement des cellules-souches ne permet pas de distinguer les mutations qui auraient une origine aléatoire ou externe.

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« Une hypothèse très dangereuse »

Alors que l’article de Bert Vogelstein ne fait pas même mention de cette objection, Science publie un second texte, signé par Martin Nowak et Bartlomiej Waclaw des universités d’Harvard (Massachusetts) et d’Edimbourg (Écosse), qui balaie certaines des critiques de Yusuf Hannun et souligne la nécessité de développer des modèles mathématiques « précis » du cancer.

« Mais ce commentaire souligne aussi que Vogelstein et Tomasetti s’appuient sur une hypothèse très dangereuse, à savoir que les cellules-souches sont organisées et se comportent de la même façon dans tous les tissus », souligne Edouard Hannezo (Cambridge). Pour ce biophysicien qui étudie les mécanismes d’amorce des cancers, le principal point faible de l’article de 2015 subsiste : « La qualité des données utilisées », concernant notamment le comportement des cellules-souches dans leurs différentes « niches ».

Lire aussi :   Le cancer joue-t-il aux dés ?

Et la traduction clinique des conclusions demeure : si plusieurs mutations délétères sont nécessaires à l’apparition d’un cancer et même si une majorité a une origine aléatoire, la mutation ayant une origine environnementale pourra faire la différence. Il n’y a donc pas lieu de baisser la garde vis-à-vis de la prévention de ces facteurs.

La détection précoce que les chercheurs de Baltimore appellent de leurs vœux peut aussi être problématique : lorsque les dépistages sont techniquement et financièrement faisables, les campagnes conduisent parfois à des surdiagnostics et à des interventions inopportunes voire néfastes. « Il faudra de nombreuses années pour répondre en détail aux questions intéressantes et excitantes soulevées par leurs travaux », estiment MM. Nowak et Waclaw.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pathologies/article/2017/03/23/le-debat-sur-le-role-du-hasard-dans-le-cancer-relance_5099833_1655270.html#QrHFSdrHSYF2ztKz.99

Source : Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé

20170323 – News / Les délais pour consulter un médecin ont explosé depuis 2012, selon une étude

Le temps d’attente moyen est passé en cinq ans de 48 à 61 jours chez un spécialiste, dévoile une étude publiée jeudi par « Le Figaro »

Un médecin de campagne prend la tension d’un patient. (MAXPPP)
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franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 23/03/2017 | 13:17
publié le 23/03/2017 | 13:17

Vous avez l’impression d’attendre plus longtemps qu’avant pour obtenir un rendez-vous chez votre médecin ? Vous avez raison. Selon une étude de l’Observatoire de l’accès aux soins, réalisée par l’Ifop pour le cabinet de conseil Jalma et dévoilée par Le Figaro, jeudi 23 mars, le temps d’attente moyen est passé en cinq ans de 48 à 61 jours chez un spécialiste, voire à plus de 115 pour certaines spécialités dans des régions désertées. Franceinfo vous détaille cette étude.

Le constat : des chiffres alarmants

« Toutes les spécialités majeures sont concernées », écrit Le Figaro. En ville, il faut désormais attendre en moyenne 117 jours en 2017 pour décrocher un rendez-vous chez un ophtalmo, soit 13 de plus qu’en 2012. Pour voir un gynécologue, il faut compter 68 jours, soit, là aussi, 13 jours de plus. Pour les dermatologues, les délais explosent : 64 jours, soit 23 de plus qu’en 2012. Pour voir un généraliste, il faut maintenant patienter une semaine, le double qu’en 2012, pour décrocher un rendez-vous. A l’hôpital, les délais d’attente (hors urgence) sont parfois plus courts qu’en ville, selon les spécialités. Les disparités ne concernent pas seulement les spécialités mais les territoires. Le Nord est ainsi le plus pénalisé.

La conséquence : les Français renoncent à se soigner

Ces délais d’attente allongés ont des conséquences très concrètes dans la vie des Français. Ils sont la première cause de renonciation aux soins, selon le baromètre Jalma. Ainsi, près de deux Français sur trois renoncent à se faire soigner chez un spécialiste car il est trop difficile d’obtenir un rendez-vous rapidement. Le coût de la consultation, lui, fait renoncer moins d’un Français sur deux. « Une plainte qui devance même le coût restant à la charge de l’assuré (cité par 34% des sondés), alors même que celui-ci a augmenté ces dernières années avec l’introduction de contrats responsables, obligeant les mutuelles à plafonner le remboursement des dépassements d’honoraires », précise Le Figaro.

L’explication : une population de médecins vieillissante et le développement d’activités librement tarifées

La tendance n’est pas près de s’inverser. Première cause de cet allongement des délais : le vieillissement de la population médicale. Ainsi, 47% des généralistes ont plus de 55 ans. Or, le renouvellement des médecins ne permet pas de pallier les prochains départs à la retraite ni l’augmentation du besoin médical lié au vieillissement de la population. « En 2025, il y aura 23% de consultations en moins par patient et par an et 19% de moins en en ophtalmologie, professions déjà sinistrées en termes de délais d’attente », explique au Figaro Mathias Matallah, le président de Jalma.

Autre explication : « Une partie des médecins, jugeant que leurs honoraires n’ont pas ou peu été réévalués, se concentrent sur des activités librement tarifées, ce qui diminue progressivement l’offre de soins de ville, indique le quotidien. C’est le cas de certains généralistes, qui se spécialisent par exemple dans la médecine du sport, l’ostéopathie, la nutrition et autres pratiques, non ou peu encadrées en termes de prix. »

Source : Les délais pour consulter un médecin ont explosé depuis 2012, selon une étude