20170323 – News / La SNCF mise sur le low cost après une année 2016 difficile

Un train Ouigo, à la Gare de lyon, 19 février 2013. JACQUES DEMARTHON / AFP

Après une année « éprouvante », la SNCF a présenté, mercredi 22 mars, ses objectifs pour 2017. « Il faut reconquérir les clients que nous avons perdus et conquérir les autres », a expliqué Rachel Picard, directrice générale de Voyage SNCF. Pour remplir cet objectif, l’entreprise a annoncé vouloir miser sur le développement de son offre low cost Ouigo.

Et pour cause : en 2016, le chiffre d’affaires de l’entreprise a baissé de 3,6 % par rapport à l’année précédente. Le contexte sécuritaire est un des éléments d’explication de ce recul, mais pas seulement : « Nous faisons face à un développement de la mobilité, mais nous n’en n’avons pas profité, à cause de la concurrence des compagnies de bus et des applications de covoiturage », indique Mme Picard.

Pour contrer ces nouveaux acteurs du marché, l’entreprise a baissé ses prix. Le coût du billet a en moyenne diminué de 3 % par rapport à 2015, et de 6 % par rapport à 2013. Une politique qui n’a pas suffi à limiter ces mauvais résultats.

Lancée en 2013, Ouigo est calqué sur le low cost des compagnies aériennes. Nombre de bagages limité, moins de place, obligation d’arriver une demi-heure avant le départ du train… les contraintes sont nombreuses en échange d’un prix plus avantageux.

5,1 millions de passagers pour Ouigo en 2016

Ces dernières années, Ouigo a explosé, notamment depuis décembre 2015, date à laquelle la SNCF a ajouté plusieurs destinations à l’offre, comme Lyon, Nantes et Rennes. Résultat : 86 % de voyageurs en plus en 2016. Selon une étude effectuée par l’entreprise, 40 % d’entre eux n’auraient pas voyagé sans cette offre.

« C’est une dynamique impressionnante », commente Rachel Picard. En juillet 2017, Ouigo sera disponible en gare de Strasbourg et de Bordeaux. A terme, l’objectif est de développer l’offre sur tout le territoire, et de faire passer sa part dans le trafic total des TGV de 5 % à 25 % d’ici 2020. Un pari qui nécessite d’augmenter de 12 à 35 le nombre de rames d’ici trois ans.

« L’année dernière 5,1 millions de passagers ont utilisé Ouigo. Notre objectif est de faire passer ce chiffre à 7 millions », indique Antoine de Rocquigny, le directeur financier de Voyage SNCF. Grâce au low cost, la SNCF souhaite séduire un public jeune, très mobile et flexible. Pour la même raison, l’entreprise propose depuis janvier un forfait de 75 euros par mois pour les 16-27 ans, donnant accès à des billets illimités. En deux mois, 400 000 voyages ont été effectués par les détenteurs de l’offre TGVMax, qui regroupe désormais 75 000 abonnés.

Lire aussi :   La SNCF prépare « Happy Card », une offre TGV pour reconquérir les 16-27 ans

« Au départ notre objectif était de 10 000 abonnés, c’est donc un chiffre qui dépasse nos espérances », se félicite Rachel Picart. Une clientèle nouvelle pour la SNCF : « La moitié des détenteurs de la carte n’avait jamais mis un pied dans un TGV auparavant»

À l’opposé du low cost, la SNCF compte également développer des offres hautement qualitatives, à destination des professionnels. La première sera ouverte à Bordeaux à partir du 2 juillet 2017, avec, entre autres, Wi-Fi à bord, et un voiturier en gare d’arrivée.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/03/23/la-sncf-mise-sur-le-low-cost-apres-une-annee-2016-difficile_5099328_3234.html#wBzQFzWr5PRE4A8w.99

Source : La SNCF mise sur le low cost après une année 2016 difficile

20170322 – News / Fusion : Vanves envisage de rejoindre Boulogne et Issy – Le Parisien

A la mairie de Vanves, on pense déjà à rejoindre la future commune nouvelle, qui fusionnera Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux. (LP/J.V.)

Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux n’ont pas encore fusionné… que Vanves pense déjà à les rejoindre ! Dans la commune de 28 000 habitants, on confirme que des discussions ont déjà été menées avec les deux (grandes) voisines. Mais la création de ce trio n’interviendrait pas avant que Boulogne et Issy ne mènent à bien leur projet, à l’origine prévu pour 2018.

« Il y a effectivement une vraie logique à ce que Vanves rejoigne la commune nouvelle, confirme le maire (UDI) Bernard Gauducheau. Nous sommes dans la même circonscription, il y a une continuité territoriale avec Issy et nous sommes tous les trois limitrophes de Paris, avec une sociologie assez proche. »

Déjà des coopérations entre Vanves et IssyVanves et Issy-les-Moulineaux travaillent d’ailleurs déjà ensemble dans de nombreux domaines, comme la culture. Des coopérations sont mises en place entre les différentes médiathèques du territoire, et dès septembre, les conservatoires des deux communes fusionneront.

Politiquement, se réunir ne poserait pas non plus de difficulté. Pierre-Christophe Baguet, maire (LR) de Boulogne, et Bernard Gauducheau ont même longtemps travaillé dans l’ombre du député-maire (UDI) d’Issy, André Santini.

Mais la décision ne serait pas « celle de trois élus », prévient le maire de Vanves. Si la fusion entre Boulogne et Issy aboutit, sa commune se lancera « dans les études et les consultations ».

  leparisien.fr

Source : Fusion : Vanves envisage de rejoindre Boulogne et Issy – Le Parisien

20170321 – News :Visé par une enquête sur l’emploi de ses filles, Bruno Le Roux a démissionné

Bruno Le Roux a quitté mardi le ministère de l’Intérieur par la petite porte, emporté par la polémique sur l’emploi de ses filles comme assistantes parlementaires, dans le sillage de l’affaire Fillon.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé sa démission mardi, après des révélations sur l’emploi de ses filles comme assistantes parlementaires lorsqu’il était député.

Il sera resté 105 jours place Beauvau. Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, visé par une enquête du parquet national financier pour avoir fourni à ses deux filles des emplois présumés fictifs comme assistantes parlementaires entre 2009 et 2016, a quitté son poste mardi. « J’ai adressé au président de la République ma démission », a-t-il indiqué dans une déclaration très brève peu après 18 heures. Bruno Le Roux avait été reçu à 14h30, par François Hollande, en présence de Bernard Cazeneuve.

« J’affirme mon honnêteté ». Le ministre de l’Intérieur a justifié sa démission par le fait qu’il ne voulait « en aucun cas » que « ce débat puisse porter atteinte au gouvernement ». « J’affirme mon honnêteté », a-t-il martelé. « Mais ma responsabilité est aussi de préserver totalement l’action gouvernementale. » Selon lui, son poste très prenant « implique de ne prêter le flanc à aucune instrumentalisation ».

Des contrats « conformes ». Bruno Le Roux a rappelé qu’il n’avait rien à se reprocher. « Ces contrats [24 CDD pour ses deux filles], ponctuels et officiels, conformes aux règles juridiques de l’Assemblée nationale, correspondaient tous à des travaux effectivement réalisés. Ces moments de travail en commun étaient importants pour moi comme ils étaient formateurs pour elles. »

Dans la foulée de cette démission, l’Élysée a annoncé le remplacement de Bruno Le Roux par Matthias Fekl, jusqu’ici secrétaire d’État au Commerce extérieur.

Source : Visé par une enquête sur l’emploi de ses filles, Bruno Le Roux a démissionné

Avis Pimpf rien de bien étonnant il me semble que 20 % des députés employaient des membres de leurs famille, le meilleur moyen c’est d’abroger cette autorisation cela évitera les polémiques, et même si je ne suis pas un grand fan de ce gouvernement il aura eu au moins la bonne idée de démissionner pour  mettre au clair sa situation, si d’autres faisaient comme lui  (Fillon en clair) ça éviterait de toujours montrer le coté pourri de la politique.

20170321 – News / CARTE. Présidentielle : découvrez qui arrive en tête des intentions de vote dans votre région à un mois du scrutin

Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote au premier tour dans sept régions de France métropolitaine, selon un sondage réalisé par Ipsos-Sopra Steria et le Centre de recherches politiques de Sciences Po pour France 3 dévoilé lundi 20 mars.

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Nicolas EnaultFrance Télévisions

Mis à jour le 20/03/2017 | 15:58
publié le 20/03/2017 | 15:39

imageil y a 17 minutes

DIRECT. Affaire Bruno Le Roux : le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire

Emmanuel Macron est-il en train de rattraper Marine Le Pen ? A près d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, la patronne du Front national fait encore la course en tête dans sept régions de France métropolitaine, selon un sondage réalisé par Ipsos Sopra-Steria et le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) pour les antennes régionales de France 3, diffusé lundi 20 mars. Mais son principal rival semble avoir inversé la tendance dans plusieurs régions.

Pour cette enquête, près de 15 000 Français ont été interrogés. Le leader du mouvement En marche ! arrive désormais en tête des intentions de vote dans quatre régions, alors qu’il n’en obtenait que trois lors de l’enquête publiée par franceinfo le mois dernier. Dans la région Nouvelle-Aquitaine, il est crédité de 26,5% des intentions de vote, contre 23% pour Marine Le Pen. Lors de l’enquête précédente, le rapport de force était de 21% des intentions de vote pour le Front national, contre 19% pour Emmanuel Macron. Par ailleurs, les deux favoris des sondages arrivent désormais ex æquo dans la région Centre-Val de Loire avec 27,5% des intentions de vote, alors que Marine Le Pen était créditée de 4,5 points d’avance sur Emmanuel Macron il y a un mois.

Le sondage ayant été réalisé avant que le Conseil constitutionnel n’officialise la liste des candidats, Jean Lassalle n’a pas été testé.

Vous pouvez découvrir les intentions de vote détaillées dans votre région en cliquant sur cette carte. Nous avons également représenté sur des infographies les résultats détaillés par région.

 

Source : CARTE. Présidentielle : découvrez qui arrive en tête des intentions de vote dans votre région à un mois du scrutin

Avis Pimpf : MLP en moyenne minimum de 20  % sur toutes les régions ? je ne sais pas si cela me rassure vraiment

20170320 – Paris aussi ferme ses bureaux de Poste

Pour les seules deux dernières années, 28 bureaux de poste ont déjà fermé leurs portes à Paris, au profit de supérettes dans lesquelles on peut venir chercher un colis.

L’Etat a augmenté de quatre millions d’euros par an sa subvention aux bureaux de poste pour maintenir son réseau de 17.000 « points de contact ». Un montant qui est passé en janvier dernier de 170 à 174 millions d’euros par an. Pourtant de plus en plus souvent, pour aller chercher une lettre recommandée ou un colis, il faut prendre la direction les supérettes. Les points relais fleurissent en province, et le phénomène s’étend de plus en plus à la capitale.

En 2015, il n’y avait aucun point relais, aujourd’hui on en recense 24. Des « relais poste » qui annonceraient la fin des bureaux de poste. 28 ont déjà fermé leurs portes ces deux dernières années.C’est le cas par exemple de celui de la gare du Nord, le plus grand bureau de poste d’Europe, dans le Xe arrondissement. Cette fois, c’est le bureau de poste près de la gare de l’Est qui est visé. Il se situe lui aussi dans le Xe arrondissement ce qui inquiète usagers, syndicats et élus. Ils font signer une pétition nationale. Riverains, syndicats et élus interpellent les passants pour récolter des signatures devant les portes closes du bureau de poste.

►ÉCOUTER | Près de la gare de l’Est à Paris, les usagers du bureau de poste protestent contre sa fermeture : le reportage de Aimie Faconnier

ÉCOUTER

Olivier Gaut, syndicaliste CGT de la Poste, craint une fermeture définitive dans quelques mois car il a vu les « signes avant-coureurs qui annoncent une fermeture définitive dans quelques mois. La poste a fermé le matin, y compris le samedi matin, a réduit l’offre de service en retirant les colis et les lettres recommandées en instance. Ca fait à peu près trois mois qu’il y a eu une réorganisation. »

La Poste sous-estime le nombre d’utilisateur des bureaux

Pourtant, le bureau est situé sur un lieu de passage très fréquenté par les voyageurs de la gare qui viennent travailler dans le quartier : « Quand on a des colis à envoyer, on vient les porter ici. On va aller où ? Et puis à la Poste les gens répondent à des questions précieuses, pas comme dans les points relais. »

Une centaine d’élus se sont joint au mouvement. Pour Nicolas Bonnet Oulajld, élu du front de gauche et président de la commission départementale de présence postale, la baisse de fréquentation avancée par la poste n’est qu’un prétexte pour fermer « A Paris c’est un non-sens de compter le nombre de bureaux par habitats car il y a des arrondissements où il y a plus de salariés que d’habitants et que la majorité des salariés font des opérations dans la journée ».

Ce que confirme Olivier. Ce parisien se rend très fréquemment à la Poste près de son lieu de travail : « c’est vrai je pourrais me rendre au bureau de Poste de mon domicile, mais mes horaires de travail étendus rendent la chose compliquée. C’est donc finalement beaucoup plus simple de quitter quelques minutes mon bureau pour me rendre à la poste la plus proche qui est à juste deux minutes ».

Pour savoir si un bureau de Poste va fermer, le signe à guetter c »est l’ouverture d’un point relais dans un commerce proche d’un bureau. Pour la Poste, bureau ou point relais, la qualité du service est inchangée. Selon un poste-parole « Nous ne réduisons pas notre présence, mais nous l’adaptons aux nouvelles habitudes de nos clients. »

Source : Paris aussi ferme ses bureaux de Poste

20170320 – News  / L’alerte à la bombe a été levée au pôle financier du palais de justice de Paris

Le pôle financier du palais de justice de Paris a été évacué, lundi 20 mars, en raison d’une alerte à la bombe, a appris franceinfo auprès de la préfecture de police. Les démineurs du laboratoire de la police se sont rendus sur place pour vérifications et l’alerte a été levée à 12h27. Un vaste périmètre de sécurité avait été mis en place et 200 personnes ont été évacuées des locaux situés rue des Italiens à Paris.

L’alerte a été donnée après un appel anonyme, a indiqué une source proche de l’enquête à l’AFP. Cet appel « a été passé à 10h12 au standard de la police pour une alerte à la bombe au pôle financier de la rue des Italiens », explique cette source, ajoutant que « les vérifications habituelles sont en cours ».

Ces locaux du tribunal de grande instance de Paris, situés dans le 9e arrondissement, abritent le très discret parquet national financier, chargé de traquer la grande délinquance financière. Il est au centre de l’attention depuis le début de l’affaire des emplois supposés fictifs de Penelope Fillon.

Source : L’alerte à la bombe a été levée au pôle financier du palais de justice de Paris

20170317 – News / Le Grand Paris Express gagne en profondeur – Libération

Balade le long de la future ligne de métro 15, qui reliera Pont-de-Sèvres (Boulogne) à Noisy-Champs, où la construction des gares, parfois spectaculaire, a commencé.

A force d’entendre parler du projet de métro automatique Grand Paris Express depuis 2008, on avait fini par oublier qu’il faudrait un jour le creuser. Ce jour, c’est maintenant. Après avoir été projetés, négociés, dessinés, financés, concertés, enquêtés, déclarés d’utilité publique et progressivement attribués aux constructeurs, les 205 kilomètres commencent à se traduire en chantiers. On n’en est pas encore aux tunneliers, qui ne perceront qu’à partir de 2018, mais la construction des gares est lancée. Et se révèle plutôt spectaculaire.

Pour le donner à voir, la Société du Grand Paris (SGP), commanditaire de l’ouvrage, a organisé fin février une visite au long de la future ligne 15 sud, qui part du pont de Sèvres (à l’ouest) pour rejoindre la gare de Noisy-Champs (à l’est). A bord de l’autocar, on apprend que la ligne mesure 33 kilomètres, traverse 22 communes, comporte 16 gares, dont 15 en interconnexion avec les réseaux métro et RER. Elle concernera un million de personnes et doit ouvrir avant 2025.

Tournicotis

A Sèvres, on apprend aussi de la bouche d’Isabelle Rivière, chargée des relations territoriales, que le maire de l’époque, François Kosciusko-Morizet (le père de NKM), «aurait bien aimé avoir la gare sur sa commune». Mais à Boulogne, l’interconnexion avec le métro 9 était bien meilleure. «M. Kosciusko-Morizet a accepté de n’avoir que le puits de ventilation.» Isabelle Rivière, qui a mené des dizaines de négociations de ce genre, souligne qu’il faut «saluer les élus qui acceptent un puits. Une gare, c’est sexy, un équipement comme ça…»

Une gare du Grand Paris Express est une boîte de 109 mètres de long sur 22 à 25 mètres de large. Ces parallélépipèdes seront glissés dans le sous-sol plus ou moins profondément et s’accompagneront en surface d’une construction bien plus ambitieuse qu’une bouche de métro. Les 68 nouvelles gares ont été confiées à des architectes, et à peu près toutes les célébrités du secteur ont été servies. Pour le génie civil, en revanche, il n’existe pas tant de joueurs capables de répondre aux appels d’offres d’un projet de 24,9 milliards d’euros.

Côté ingénierie, les deux tronçons de la ligne 15 sud ont été attribués aux sociétés Ingérop et Systra. La construction elle-même fait l’objet de huit marchés dont les deux plus gros sont celui que pilote Bouygues (entre Villejuif et Créteil, 6,6 kilomètres de tunnel, 807 millions d’euros) et Vinci Construction (entre Fort d’Issy-Vanves-Clamart et Villejuif, 8 kilomètres, 926 millions d’euros). Les marchés comportent des clauses réservant 20 % des dépenses aux PME et 5 % d’emplois d’insertion.

Dès septembre, les 4,7 kilomètres de tunnel entre la ¬ligne et le site de maintenance de Bry-Villiers-Champigny ont été remportés par le groupement Alliance, piloté par Demathieu Bard, entreprise ne faisant pas partie du club des majors mais qui, pour faire bon poids, s’était alliée avec des italiens et des belges. Un marché de 363 millions seulement, si l’on ose dire, mais la présence de constructeurs étrangers «a fait grincer les dents», admet-on à la SGP.

Le savoir-faire n’est sans doute pas réservé aux français mais pour réaliser ce métro, il va en falloir. Entre Pont-de-Sèvres et Clamart, «tous les ouvrages sont dans l’eau et il y a trois traversées sous-fluviales», explique Guillaume Pons, le directeur de la ligne, tandis que nous longeons le fleuve. Entre Châtillon et Arcueil-Cachan, ajoute-t-il, «nous avons un sujet géologie». 5 kilomètres de carrières. Contrairement au métro parisien qui passe sous les rues, le Grand Paris Express tracera sa voie dans les profondeurs (à 40 ou 50 mètres par endroits), ce qui permet de s’affranchir des tournicotis de la voirie, de tracer de grandes lignes droites et de vastes courbes pour atteindre une vitesse moyenne de 110 km/h (55 km/h dans Paris).

 

«Ripage»

Nous voilà devant la gare SNCF de Clamart. Ici s’ajoutera celle de Fort d’Issy-Vanves-Clamart. Sa «boîte» sera glissée sous les voies actuelles, après avoir été construite en surface puis poussée : cela ¬s’appelle un «ripage» – on peut voir la vidéo du premier, à Champigny en janvier. Ce deuxième est prévu le 15 août : la population est invitée à partager ce moment spectaculaire.

Le car poursuit son trajet. On longe quantité d’immeubles d’habitation qui profiteront un jour du métro mais vont d’abord déguster les nuisances. A ¬défaut de pouvoir diminuer les décibels, la SGP distribue de l’info à haute dose aux riverains. «Nous avons des comités de suivi des travaux tous les deux mois et je fais des réunions de quartier à la demande», explique Isabelle Rivière. «Elle va tout le temps chez les gens, elle prend le café», chuchote Philippe Yvin, le président du directoire de la SGP, admiratif. A Clamart, le chantier va se dérouler pendant dix-huit mois, jour et nuit. Se soucier des voisins est la moindre des choses, éviter des recours au tribunal est prudent aussi.

Quatre futures stations plus loin, le chantier de la gare de Cachan, où le Grand Paris Express se connectera au RER B, donne une idée de l’environnement sonore. Le marché a été déménagé à 100 mètres de là, «à nos frais», précise Yvin. Le Café du marché, lui, est resté sur place, comme la pharmacie et la retoucherie, tous trois aux premières loges du potin. A nouveau, une gare va se glisser sous les rails du train, du RER B en ¬l’espèce. Vu l’âge vénérable de la «ligne de Sceaux», qui remonte au XIXe siècle, la RATP a préféré s’occuper elle-même de la construction d’un pont pour soutenir ses voies. La SGP se chargera, elle, du ripage de sa boîte, le week-end de la Toussaint. Avec arrêt de la circulation des RER évidemment.

«Chance inouïe»

Entre Cachan (altitude 42 mètres) et Villejuif, le car grimpe par des rues sinueuses vers l’Institut Gustave-Roussy, perché sur une butte en haut du parc des Hautes-Bruyères (120 mètres). Le métro va devoir faire le même trajet en sous-sol, sachant que le matériel ferroviaire n’apprécie pas trop les pentes de plus de 5 %. La gare Villejuif-Institut-Gustave-Roussy va donc être l’une des plus profondes de la ligne, à plus de 40 mètres. Les premières études la plaçaient à - 70. «On l’a remontée au maximum», dit Guillaume Pons. Mais, mais, mais… comme ce sera un grand fût à ciel ouvert, il se peut que la lumière du jour atteigne le fond. Très fort. Pour le moment, sur le site, il n’y a rien sauf le premier adjoint au maire, Jorge Carvalho, qui accueille les visiteurs.

A Villejuif, les lignes 14 (Saint-Denis Pleyel-Aéroport d’Orly, à terme) et 15 vont se croiser. «On a une chance inouïe de faire partie de ce noyau des transports», s’enthousiasme l’élu, qui souligne le projet de 3 300 logements prévu pour accompagner l’arrivée du métro. La gare va consommer 7 500 m² du parc. «Un don ¬foncier de la ville, ce qui n’est pas si courant», note le président du directoire. Il vient d’acheter 29 hectares sur l’ancien site des usines Peugeot d’Aulnay-sous-Bois pour y mettre un des centres de maintenance du métro. PSA ne lui en a pas fait cadeau : «29 millions, 100 euros le mètre carré mais PSA paie la dépollution. Ça nous met le prix final à 70. C’est une bonne affaire…»

Villejuif aura deux gares : la seconde est en centre-ville, au terminus de l’actuelle ligne 7. Sur l’avenue Louis-Aragon, toute une rangée de bâtiments viennent d’être démolis. Le métro a beau traverser les tréfonds, il lui faut pas mal d’émergences en surface, et quand elles rencontrent une construction qui barre le chemin, on la démolit. La SGP bénéficie d’un droit de passage dans les sous-sols, sorte de servitude qui lui évite d’avoir à acquérir des cubages démentiels de tréfonds. En surface, elle achète. Nombre de bâtiments et terrains ont été acquis grâce aux talents de négociatrice de Marie-Françoise Hébrard, «une star du métier», précise Yvin. En tout cas, d’une efficacité incontestable : les instances judiciaires contre les expropriations sont «marginales», assure-t-on à la SGP. Et vu qu’on arrose abondamment les chantiers de démolition pour éviter la poussière, le Café des Sports de Villejuif a, paraît-il, pu garder sa terrasse ouverte.

Source : Le Grand Paris Express gagne en profondeur – Libération

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