20170825 – News : Bouées de cou pour les bébés: « Si jamais elles se percent, c’est catastrophique »

Les bouées de cou, un danger pour les enfants? Selon une étude de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), ce type de bouée censé favoriser la coordination des bébés est en réalité « le moins sécuritaire » pour la baignade. Rémy Assathiany, pédiatre, recommande plutôt les dispositifs de flottaison en liège ou en mousse.

Source : Bouées de cou pour les bébés: « Si jamais elles se percent, c’est catastrophique »

Avis Pimpf : quelle très mauvaise idée que ces bouées, je ne trouve pas que ce soit idéal pour les petits enfants. De plus je trouve la remarque dans l’article que quelque soit le système de bouée utilisée ON NE LAISSE PAS UN ENFANT SEUL OU SANS SURVEILLANCE DANS UNE PISCINE !!!!! cela me semble tellement évident !

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20170825 – ReplyASAP : l’application qui oblige les enfants à répondre à leurs parents – Le Point

Agacé par le comportement de son fils qui ignorait ses appels et ses SMS, un père de famille britannique a développé une application mobile pour y remédier.

L’application ReplyASAP permet d’obliger quelqu’un à répondre à un appel ou à un SMS. © WANG ZHAO / AFP/ WANG ZHAO

Ignorer purement et simplement un appel ou un message envoyé sur notre téléphone est quelque chose qui arrive à tout le monde. Lorsqu’un parent tente de joindre son rejeton de façon urgente et importante, ce comportement peut cependant mettre les nerfs du correspondant à rude épreuve. C’est ce qui est arrivé à Nick Herbert, un père de famille britannique, avec son fils Ben. Alors que la plupart du temps celui-ci ne lui répondait pas, il a décidé de développer une application mobile nommée ReplyASAP (« Réponds dès que possible ») pour régler ce problème.

Fonctionnant sur Android, ReplyASAP affiche d’office sur l’écran du destinataire un message accompagné d’une sonnerie, y compris lorsque le téléphone se trouve en mode silencieux, jusqu’à ce que la personne réponde à l’appel ou au SMS. Il faut évidemment que les deux personnes l’aient installée sur leur téléphone et que des numéros « prioritaires » soient renseignés. Dans le cas d’un SMS, l’expéditeur reçoit une notification dès que le message a été lu.

Une application qui fonctionne dans les deux sens

Nick Herbert précise que l’application est utilisable dans les deux sens et que les enfants peuvent également obliger leurs parents à leur répondre, forçant les deux parties à faire preuve de retenue et de discernement. Il n’est cependant pas obligatoire d’utiliser ReplyASAP uniquement entre parents et enfants, tout le monde peut ainsi forcer quelqu’un à lui répondre, à condition de le convaincre au préalable d’installer l’application et de jouer le jeu. Reste à réussir à ne l’utiliser que dans les cas d’urgence, chose plus facile à dire qu’à faire à une époque où le fait d’être joignable n’importe où et n’importe quand a tendance à devenir la norme.

Source : ReplyASAP : l’application qui oblige les enfants à répondre à leurs parents – Le Point

20170625 – Après 50 ans, des relations sexuelles hebdomadaires aident à garder la mémoire

Les seniors qui ont une activité sexuelle au moins une fois par semaine sont aussi ceux qui ont de meilleures performances intellectuelles.@ BARBARA SAX / AFP

Selon une étude britannique, les personnes de plus de 50 ans qui ont une activité sexuelle hebdomadaire ont de meilleures performances intellectuelles.

Après les mots-croisés ou les sudokus, une nouvelle étude britannique affirme que le maintien d’une activité sexuelle régulière après 50 ans permet de maintenir les performances du cerveau. Les chercheurs, qui ont publié leurs conclusions dans la revue américaine Journals of Gerontology, ont interrogé 28 hommes et 45 femmes âgés de 50 à 83 ans sur la fréquence de leurs rapports sexuels et mesuré leurs capacités cognitives.

De meilleures performances intellectuelles. Les personnes qui ont affirmé avoir une activité sexuelle au moins une fois par semaine sont aussi celles qui avaient l’expression verbale la plus fluide et la meilleure capacité à se représenter leur environnement dans l’espace. « Il est possible qu’à une augmentation de la fréquence de l’activité sexuelle corresponde l’amélioration des performances intellectuelles », affirment les auteurs de l’étude menée conjointement dans les universités d’Oxford et de Coventry, dans le centre de l’Angleterre.

L’impact sociétal de l’activité sexuelle. « Les gens n’aiment pas s’imaginer que les personnes âgées peuvent avoir des relations sexuelles« , avance dans un communiqué Hayley Wright, qui a dirigé la recherche pour l’université de Coventry. « Mais nous devons mettre à mal cette représentation et examiner l’impact sociétal que peut avoir l’activité sexuelle sur les personnes de 50 ans et plus », estime-t-il. Les chercheurs vont poursuivre leur étude pour trouver une explication biologique à leur découverte. Ils veulent analyser l’influence que peuvent avoir certaines substances chimiques, notamment la dopamine et l’ocytocine, sur le lien entre l’activité sexuelle et le fonctionnement du cerveau.

Source : Après 50 ans, des relations sexuelles hebdomadaires aident à garder la mémoire

Avis Pimpf : après tout pourquoi ds tabous sur les relations sexuelles des personnaes agées? et si la santé le permet ( c’est quand même la condition) pourquoi pas? mais bon ce blocage de limite de « vieux » à 50 ans , ça me choque toujours mais bon…

20170625 – Famille : l’art d’être père

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Chaque matin, c’est le même rituel pour Léa et son père. Prendre le temps de petit-déjeuner ensemble avant l’école, un moment privilégié. La mère de Léa est partie travailler tôt pour aller la récupérer à la sortie de l’école. Un partage des tâches qui convient parfaitement à la famille. « On a voulu un enfant à deux, on l’élève à deux. Elle a la chance d’avoir ses deux parents, c’est important pour elle de sentir qu’on est là tous les deux, qu’on a chacun un rôle », précise Nigel Guittenit, le père de famille. Et sur le chemin de l’école maternelle, ces pères revendiquent leur nouveau rôle. « Il faut nous laisser la place, nous laisser faire des erreurs, ça ne sert à rien de nous reprendre systématiquement », continue Nigel Guittenit. On les appelle « papas poules », « superpapas » ou « nouveaux pères », et à leurs côtés les femmes sentent la différence.

« Un job qui paye en bonheur »

Certains pères ont la possibilité d’aménager leur temps de travail. Un photographe, freelance, s’occupe de ses enfants après la crèche et l’école. « Je trouve que le job de papa est sympa. C’est un job génial parce que c’est un job qui paye en bonheur », explique Nicolas Kalogeropoulos. Une implication dans les tâches quotidiennes qui s’est imposée dès la naissance. Mais l’idéal de partage des tâches parentales est encore loin d’être atteint au quotidien. Les femmes y consacrent toujours en moyenne deux fois plus de temps que les hommes. 

Famille : l’art d’être père

Source : Famille : l’art d’être père

20170611 – La « charge mentale » des femmes nuit gravement à la sexualité

Quand les tâches domestiques reposent sur les femmes, il ne faut pas s’étonner que cela pèse sur la sexualité du couple, pointe Maïa Mazaurette dans sa chronique hebdomadaire pour La Matinale.

Si vous avez raté le débat des dernières semaines sur la « charge mentale » pesant sur les femmes, vous vivez certainement sur une île déserte. (Invitez-moi !)

La charge mentale consiste à être considéré comme responsable par défaut des tâches domestiques… Or ce concept a des répercussions sur la sexualité, un domaine où les assignations de genre ont les reins solides.

Par exemple, si l’Insee nous apprend que les femmes s’occupent de 71 % des corvées domestiques et de 65 % des tâches parentales, nous retrouvons sous la couette un chiffre quasiment inverse : 44 % des femmes laissent souvent ou toujours les hommes prendre l’initiative du rapport sexuel (Ipsos, 2014). Et plus de la moitié d’entre elles passent leur tour quand il s’agit de demander franchement ce dont elles ont envie.

Les hommes sont donc censés faire le premier pas dans leur propre chambre à coucher, avec leur conjointe, au bar, avec une inconnue… ou dans la rue, quitte à se faire traiter de harceleurs. Même chose en ligne : non seulement les hommes hétérosexuels entament 3,5 fois plus souvent la conversation que les femmes hétérosexuelles (données OkCupid 2015), mais quand ces dernières prennent les devants, elles ont quasiment trois fois plus de chances d’obtenir une réponse.

Impératifs de « bonne présentation sexuelle »

J’entends sourdre du fond de la classe une conclusion simpliste : ah, voilà ! Les femmes sont chargées de la vaisselle, les hommes sont chargés des relations sexuelles, de la séduction et du réchauffement climatique, les tâches sont donc inégalement réparties, certes, mais égales en temps d’implication, auquel cas la nature est bien faite, les cochons bien gardés, et les féministes se sont en-coooore énervées pour rien.

A quoi nous objecterons que planifier une partie de jambes en l’air est plus rigolo que gratter une baignoire, et que si presque la moitié des femmes ne prend jamais l’initiative du rapport sexuel, elles prennent quasiment toutes les initiatives concernant le contexte dans lequel le rapport sexuel s’opère.

Ce sont en effet très majoritairement les femmes qui s’occupent de la contraception. C’est aussi sur leurs épaules que pèsent les impératifs de « bonne présentation sexuelle » – se montrer attirantes, propres, épilées, parfumées, maquillées, gommées, soyeuses comme des épagneuls bretons.

Selon une étude américaine (Today/AOL 2014), les jeunes femmes passent presque huit heures par semaine au récurage et à l’embellissement. Pour les femmes adultes, on « tombe » à six heures et demie. Et les hommes ? Ils consacrent à leur hygiène environ quatre heures par semaine (or, sans vouloir retourner le couteau dans la plaie, ces trois heures gagnées permettraient largement d’enchaîner une lessive, des courses et la préparation d’un tournedos Rossini aux chanterelles).

Dépense de temps et d’énergie

En France, une femme qui veut plaire passe 35 minutes dans la salle de bain (Harris Interactive, 2014), à quoi s’ajoutent des coûts supérieurs pour la lingerie, le maquillage, les soins – une charge financière qui s’ajoute, donc, à la dépense de temps et d’énergie.

A mon humble avis, si les femmes prennent moins l’initiative du rapport sexuel, c’est parce qu’elles sont épuisées de s’être préparées au rapport sexuel… mais aussi parce que les galipettes sont toujours plus plaisantes dans des draps propres, et que s’il faut s’infliger la lessive en plus de l’épilation, ça ne va pas être possible.

Il ne s’agit évidemment pas de disqualifier les hommes (ou alors un chouïa, pour les agacer). Personne ne remet en cause le côté harassant d’une prise systématique d’initiative : les hommes se sentent en demande, vulnérables, pas désirés. Ils sont toujours susceptibles de se voir décerner une fin de non-recevoir, merci, retentez votre chance samedi prochain.

Mais il faut bien considérer que poser la question prend quatre secondes, et qu’à ce titre, prétendre crouler sous la charge mentale sexuelle du couple laissera les méchantes femmes dans mon genre (celles qui comptent leur temps) de marbre.

Grand écart

Une manière de réégaliser les rapports consisterait évidemment à mieux diviser le domestique – de la vaisselle aux échanges intimes. S’ils prenaient en charge la moitié des tâches domestiques, les hommes libéreraient logiquement leurs partenaires du temps nécessaire à un réinvestissement sexuel.

Est-ce que cette stratégie fonctionne ? Du côté de la sociologie, ces dernières années, on a lu littéralement tout et son contraire.

A gauche du ring, l’American Sociology Review publiait en 2013 un article démontrant que les foyers les plus traditionnels (monsieur travaille dehors, madame travaille dedans) rapportaient une fréquence sexuelle plus haute que les couples à aspirateur partagé.

A notre droite cependant, le Council of Contemporary Families annonçait en 2016 une version exactement opposée des faits : « Les couples modernes qui adhèrent à une division égalitaire du travail sont les seuls à avoir connu une hausse de leur fréquence sexuelle par rapport aux années passées. Les autres types de couples, incluant ceux dont la femme est la pierre angulaire du foyer, voient leur fréquence sexuelle décliner. »

Et de fournir une explication au grand écart des recherches : plus un couple est inégalitaire, moins la femme peut dire non. Plus un couple est égalitaire, plus la femme peut dire oui. Entre le verre à moitié plein et la sexualité plus qu’à moitié coercitive, je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Plus investies, et aussi plus souvent déçues

Ajoutons à la charge domestique et à la charge sexuelle notre joker du jour : la charge émotionnelle. Une fois encore, ce sont les femmes qui ont tendance à prendre sur elles l’injonction à « faire tenir » le couple (comme suggérer une thérapie, s’inquiéter du bon niveau de communication, penser aux anniversaires de mariage). Ce travail dépasse d’ailleurs le cadre du foyer puisque ce sont, encore et toujours, les femmes qui doivent sourire, écouter, être aux petits soins…

Plus investies, elles sont aussi plus souvent déçues. Ce sont elles qui divorcent quand ça ne va plus : comme si au désinvestissement progressif des femmes dans la sexualité répondait un désinvestissement progressif des hommes dans l’engagement émotionnel.

Comme l’explique Moira Weigel dans son ouvrage Labor of Love: The Invention of Dating (2016, éditions Farrar, Straus & Giroux), « nous donnons notre temps et notre énergie aux autres de manière aussi automatique qu’une vache broute ou que l’herbe pousse. Notre attention est une ressource naturelle… De nombreuses femmes finissent même par croire qu’il est dans leur nature de faire n’importe quoi par amour ».

Bilan des courses ? On dira que je prêche pour ma paroisse, alors autant laisser libre cours à un brin de mauvaise foi : les femmes font tout le boulot, au point que, les jours d’épuisement, la sexualité puisse sortir de la case des loisirs pour rentrer dans celle des tâches programmées. Quand le domestique est le lieu des corvées plutôt que celui du repos, il ne faut pas s’étonner que ça coince à tous les niveaux… y compris sexuel.

Source : La « charge mentale » des femmes nuit gravement à la sexualité

20170605 – News : Pourquoi les jeunes musulmans deviennent de plus en plus religieux | Atlantico.fr

Des jeunes plus religieux : effet d’âge ou effet de génération?

Si ce sont les plus jeunes qui se tournent en masse vers la religion, on a du mal à savoir si l’on a affaire à un effet d’âge (ils sont jeunes, ça leur passera) ou un effet de génération (les nouvelles générations seront plus religieuses que les précédentes). Pour trancher, il faudrait pouvoir comparer les mêmes générations, à des dates différentes.

Un début de réponse est apporté par une comparaison avec les résultats de l’enquête MGIS plus ancienne (1992), sur une portion d’échantillon commun.

Cette enquête menée 16 ans plus tôt n’avait pu toucher que les enfants d’immigrés suffisamment nombreux et à des âges encore jeunes. Seuls avaient été enquêtés les enfants d’immigrés d’Algérie, d’Espagne et du Portugal âgés de 20-29 ans.

En France, en moyenne, et dans les populations d’origine européenne, la sécularisation a progressé au fil de la vie, mais aussi d’une génération à la suivante. Si l’on prend les Européens les plus attachés à la religion, ceux d’origine portugaise, ils le sont moins en 2008 qu’ils ne l’étaient en 1992. Les jeunes d’origine portugaise d’aujourd’hui sont aussi nettement moins portés sur la religion que leurs devanciers du même âge 16 ans plus tôt.

Ce n’est plus vrai des personnes nées en France d’origine algérienne. Les jeunes de 2008 n’ont plus rien à voir avec ceux de 1992. Ils sont deux fois moins nombreux à se déclarer sans religion, et même près de trois fois moins chez les jeunes femmes. Par contre, ceux qui sont nés en 1963-1972 sont encore, 16 ans plus tard, ce qu’ils ont été dans leur jeune âge en 1992. La sécularisation semble même avoir progressé chez les hommes nés en 1963-1972 de deux parents immigrés.

La désécularisation serait donc plutôt un effet de génération. Si tel est bien le cas, le faible niveau de sécularisation atteint parmi les jeunes adultes pourrait perdurer au cours de leur vie. Si l’on en croît Eric Kaufmann, «Les identités religieuses ont tendance à se cristalliser aux débuts de l’âge adulte et à persister tout au long de la vie»1. Ce n’est cependant pas vrai pour la sortie de la religion catholique qui a tendance à toucher tous les âges de la vie.

Le constat est le même pour les enfants de couples formés d’un immigré d’Algérie et d’un natif, mais à un niveau de sécularisation beaucoup plus élevé. Dans les années 1963-1972, les enfants nés de ces couples mixtes étaient les plus sécularisés de leur génération. L’alliance entre un ou une immigré(e) d’Algérie et une native ou un natif se traduisait donc par un abandon massif de la religion chez les enfants. Ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui.

Les musulmans vivent plus souvent dans un environnement social difficile, et c’est aussi là que la pression sociale risque d’être la plus élevée. Parmi les 18-50 ans, on l’a vu, la proportion de musulmans est de 36% dans le contexte le plus défavorable (C2-), et de 4% dans l’environnement le plus favorable (C2 +). Nul doute que l’indicateur de contexte social donne également une idée de la pression sociale exercée par les musulmans sur leurs coreligionnaires.

la suite de l’article dans le  lien ci-dessous :

Source : Pourquoi les jeunes musulmans deviennent de plus en plus religieux | Atlantico.fr

20170604 – La Poste « veille » sur vos parents : 5 arguments pour comprendre la polémique – L’Obs

Les visites de La Poste doivent « maintenir du lien social », assure le groupe. (Groupe La Poste)

Entré en vigueur il y a quelques jours, le service « Veiller sur mes parents » de La Poste fait déjà débat. « L’Obs » vous présente les arguments de La Poste et des opposants à la mesure.

C’est un nouveau service de La Poste qui fait parler de lui. « Veiller sur mes parents », dernière offre dans la stratégie de diversification de l’entreprise, propose un service de visite à domicile pour les aînés. Bien pratique pour les enfants qui s’inquiètent et ne peuvent – ou ne veulent – rendre visite à leurs parents. Ce qui alimente d’ailleurs beaucoup la polémique.

Testée depuis plusieurs mois et généralisée à la France métropolitaine le 22 mai, l’initiative suscite en effet de nombreuses réactions – des plus dithyrambiques aux plus critiques. Qu’ils soient pour ou contre, « l’Obs » a listé les arguments du débat.

#POUR : rassurer les familles et les personnes âgées

Dans le détail, La Poste propose quatre offres (de 19,90 euros à 139,90 euros) pour qu’un postier rende visite à la personne âgée de votre choix entre une et six fois par semaine. En cas de pépin, le service permet aussi une téléassistance 24h/24 (qui peut joindre les secours), assurée par un sous-traitant. Après chaque visite, le facteur envoie un compte-rendu au souscripteur du contrat, précisant l’heure de la visite et l’état du visité.

Patrick Brilouet est syndicaliste à SUD. Il a exercé comme postier durant plus de trente ans à Nantes. Sur le fond, il estime que l’initiative a du bon : « s’inquiéter de nos aînés, c’est plutôt une bonne chose ».

Idem pour Mireille, citée par « Le Monde », qui a souscrit à ce service pour son père.

« Je cherchais quelque chose qui me sécurise. […] Le fait que ça soit La Poste a beaucoup compté dans mon choix. J’ai plus confiance que dans une aide à domicile. »

La Poste peut en effet compter sur la bonne image dont bénéficie ses employés à vélo. Un sondage TNS-Sofres de 2012 révélait que le facteur était « le deuxième personnage préféré de la vie quotidienne des Français ».

#CONTRE : privatiser la gentillesse

« Ce service n’a rien inventé », assure néanmoins Patrick Brilouet.

« Bien souvent, les facteurs qui ont des personnes âgées dans leur tournée s’intéressent déjà à elles. La relation entre le facteur et la population est quotidienne, on finit forcément par connaître des choses sur les gens. »

Lui estime qu’avec ces nouveaux services, « on cherche à faire du facteur un commercial ». « En ce moment, les facteurs sont incités à faire leur tournée en démarchant les personnes âgées pour savoir si elles sont intéressées », regrette le facteur militant, qui revendique avoir un « rôle social ».

« La Poste joue sur la relation humaine qu’on a avec la population et la dénature. Aujourd’hui, on ouvre toujours la porte à un facteur. Si on se met à vendre des tas de trucs aux gens,  j’ai peur qu’à terme on ne nous ouvre plus. »

Surtout que ce service ne sera pas accessible à tout le monde. Si l’offre de lancement démarre à 19,90 euros par mois (pour une visite hebdomadaire), les frais montent à 139,90 euros pour se donner bonne conscience six jours sur sept. Ce que déplore Patrick Brilouet :

« Vu le prix assez onéreux, ça va s’adresser à une catégorie privilégiée de la population. En tant que syndicat, je très attaché au service public. Là on en est loin, on est dans un service commercial pur. »

Du côté de la Poste, on fait valoir qu’il ne s’agit pas « d’une monétisation d’une pratique existante », mais bien de la « création d’un nouveau service ». Eric Baudrillard, directeur des services aux particuliers de La Poste :

« On ne dit pas que les facteurs ne doivent plus parler gratuitement aux gens qu’ils croisent. Cela va continuer. Mais là c’est un service régulier, avec des visites fixées à des jours réguliers, avec des comptes-rendus envoyés aux proches, avec un service de téléassistance. »

#CONTRE : quelle qualité du service ?

Si l’offre est séduisante, que vaut-elle par rapport à celle d’un(e) aide à domicile – qui propose aussi de passer du temps avec vos parents ? En termes de prestation, l’aide à domicile offre un soutien matériel dans la vie quotidienne (alimentation, toilette, déplacements, etc.) que ne prend pas en charge « Veiller sur mes parents », qui est assure uniquement le côté « lien social », rappelle Eric Baudrillard.

La durée de la présence auprès de la personne âgée n’est pas la même non plus. Les aides à domicile ne se déplacent qu’à partir d’une heure d’activité, tandis que les visites de La Poste durent « quelques minutes, entre 2 et 10/12 selon les cas, le temps de prendre et de donner des nouvelles », précise le directeur des services aux particuliers. Et pas question de faire des heures sup’. « Ce qu’on apprend aux facteurs c’est de mettre un terme poliment à la conversation quand elle s’éternise au-delà du raisonnable. »

Niveau prix, l’offre de La Poste n’est finalement pas si intéressante. Pour une moyenne de sept minutes de visite (sur la base des « 2 à 10/12 » qu’a indiqué Eric Baudrillard à titre d’exemple), et compte tenu des tarifs indiqués plus haut, le service revient grosso modo à 42 euros de l’heure (pour une visite par semaine) et 49 euros de l’heure (pour six visites). Eh oui, plus vous vous inquiétez pour Papa, plus vous mettez la main à la poche.

A titre indicatif, sur le site d’Age et perspectives, une agence de services à la personne, il est indiqué qu’une heure d’intervention d’une aide à domicile revient… à 11,50 euros à Paris (après déduction fiscale). Rappelons bien sûr qu’il ne s’agit pas des mêmes offres – l’argument principal en faveur de celle de La Poste étant la fréquence à laquelle le facteur peut discuter (rapidement) avec votre aïeul.

#CONTRE : Facteurs, pas médecins

Pour convaincre les facteurs – et les familles -, l’entreprise vante une triple formation. La première étape, sur internet, a été « co-construite avec le gérontopôle ‘Autonomie et longévité’ des Pays de la Loire ». Concrètement, il s’agit de conseils aux facteurs, sur « les bonnes postures d’écoute » et « les manières d’appréhender les personnes âgées ». Une deuxième étape, réalisée avant la première visite du facteur, doit permettre à un encadrant de « valider les acquis » de la formation en ligne en délivrant une « habilitation » au postier. Enfin, Eric Baudrillard assure qu’il sera possible de se « former en continu » lors de sessions d’entraînements dans les bureaux de Poste, à partir des retours sur expériences des facteurs.

« On n’est pas médecin, on peut pas savoir si la personne est en bonne santé », s’inquiète Patrick Brilouet. « Tout le monde n’a pas son certificat de secouriste, et ce n’est pas avec une formation ‘made in Poste’ qu’on va devenir des urgentistes aguerris », raille un autre syndicaliste SUD de la région lyonnaise, dans un billet publié sur un blog.

Quid d’une formation aux premiers secours pour les facteurs ? « On ne fait pas de formation médicale », précise Eric Baudrillard, qui assure quand même que « pour un certain nombre de cas – comme lorsqu’une personne tient à peine debout – il est évident que les facteurs doivent le signaler ».

Un point inquiète particulièrement ces derniers : l’engagement de leur responsabilité.

« Sachant qu’on est dans une société de plus en plus procédurière, à quel point notre responsabilité est engagée si le matin on a signalé qu’une personne allait bien, et que l’après-midi elle fait un malaise ? », se demande Patrick Brilouet.

Eric Baudrillard est catégorique.

« La responsabilité du facteur ne peut pas être engagée, seule celle de La Poste peut l’être. Par ailleurs, on ne demande pas au facteur de détecter des symptômes physiques de maladie, on est vraiment sur de la visite de lien social. »

#POUR : pas de surcharge de travail pour les facteurs ?

C’est l’autre grande inquiétude des intéressés : comment assurer sa tournée habituelle s’il faut s’arrêter plus longtemps ? Faudra-t-il travailler plus ? Pour quel salaire ?

Dans « Le Monde », les syndicats s’inquiétaient que le nouveau service « ne donne pas lieu à une rétribution supplémentaire et que leur tournée ne soit pas aménagée de façon à laisser plus de temps ».

Mais Eric Baudrillard promet qu’il n’y aura « absolument pas plus d’heures de travail », assurant que « la tournée du facteur sera adaptée en fonction du nombre de visites qu’il aura à faire ». Le cadre rappelle au passage que « 3.000 nouveaux facteurs » vont être recrutés d’ici la fin de l’année. En 2015, l’entreprise avait supprimé plus de 7.000 postes, rappelait l’AFP.

Mathilde Goupil

Source : La Poste « veille » sur vos parents : 5 arguments pour comprendre la polémique – L’Obs

Avis Pimpf : Le métier de la poste doit évoluer, l’acheminement du courrier ne sera plus suffisant dans quelques temps, est ce une bonne chose que cette méthode ? en sachant déjà que dans les petites communes le postier / la postière fait déjà souvent effet de liens social avec les personnes âgées ou en difficultés, alors si ça peut être une activité volontaire et rémunérée pour eux pourquoi pas ?