Que pouvez-vous faire si un secret de famille vous hante ?

Le film « Everybody knows », présenté en ouverture du festival de Cannes mardi, met en scène de délicates affaires de famille, qui apparaissent soudainement au grand jour. L’occasion de nous interroger sur l’impact des secrets de famille.

Il est devenu un expert pour interroger les affres de la famille et du couple. Après ses films Le Client et La Séparation, l’Iranien Ashgar Farhadi a ouvert mardi le 71ème Festival de Cannes avec son film Everybody knows. Un polar qui nous plonge au cœur d’un vignoble espagnol, où les secrets de famille sont partout : un enlèvement, de vieux litiges autour de l’argent, des ventes contestées de parcelles de vignes qui pèsent encore sur les mémoires…

Mais les secrets de famille ne sont pas qu’une affaire de cinéma. Chacun d’entre nous peut, à un moment ou à un autre, avoir entendu parler d’un secret de famille, ces non-dits qui se transmettent parfois de génération en génération, et qui peuvent peser autant sur les détenteurs du secret que sur ceux qui l’ignorent. Si les films ou les faits divers (pensons à l’affaire Seznec, qui vient juste de rebondir) les exposent parfois sous les projecteurs, d’autres restent enfouis, peut-être à tout jamais. Et selon la manière dont ils sont accueillis, ils peuvent changer le cours de notre existence, voire celles de nos descendants, et nous hanter sur plusieurs générations. Comment l’éviter ? Europe 1 a tenté de percer le mystère de ces mystères.

Ce qui est souvent à l’œuvre dans les secrets de famille, c’est la honte

Un secret de famille, qu’est-ce que c’est ? Plusieurs cas de figures existent lorsque l’on parle de secrets de famille. Il y a d’abord les faits que nous pouvons nous-mêmes avoir commis et que l’on cache (une relation adultère, une période trouble de notre jeunesse, de l’argent mal acquis …). Il y a encore ceux dont a entendu parler et que l’on cache aussi, parfois sur plusieurs générations. Il y a enfin ceux qui remontent à un lointain passé, dont nous n’avons jamais entendu parler directement, mais dont on sent qu’ils pèsent encore sur notre famille, voire sur nous-même. « Les contenus des secrets de famille touchent essentiellement la mort, les origines, la sexualité, la stérilité, le divorce, la maladie mentale, le handicap, les transgressions morales et/ou juridiques, les revers de fortune « , observe Sylvie Angel, psychiatre et psychanalyste, citée par Psychologie magazine. Et d’ajouter : « Tout ce qui peut entacher l’image qu’une famille a d’elle-même, tout ce qui n’aurait jamais dû exister, tout ce dont on a honte. Même s’il s’agit d’un fait anodin ».

Quelle peut-en être la cause ? Face aux secrets dont on est au courant, la question à se poser est alors : pourquoi est-ce que je le cache ? « Ce qui est souvent à l’œuvre dans les secrets de famille, c’est la honte. C’est souvent elle qui pousse à ce que les choses restent secrètes », analyse pour Europe 1 la psychologue clinicienne Yvane Wiart, auteure de L’attachement, un instinct oublié.  « La honte entraîne la fuite par rapport à autrui, elle donne envie de disparaître. Sa mécanique est de dire : ‘je ne suis pas (ou plus) digne d’intérêt, digne d’amour’. Cela peut entraîner une douleur terrible, psychologique et physique, et mener à un comportement agressif. C’est pour cela que, souvent, un secret de famille peut donner lieu à des changements de comportements. A cause de la honte », poursuit la chercheuse.

Nous sommes moins libres que nous le croyons

Quid de ceux dont nous n’avons pas du tout conscience ? Au-delà des secrets dont nous sommes conscients, il y a encore des secrets que l’on ignore totalement, mais qui pourtant ont marqué l’histoire de la famille. Même si on ne s’en rend pas compte, eux aussi peuvent avoir une influence, directe ou indirecte, sur notre vie actuelle. La psychologue et inventrice de la psychogénéalogie, Anne Ancelin Schützenberger, a démontré dans ses ouvrages que certains de nos maux actuels peuvent avoir des résonances avec un secret de nos plus lointains aïeux, pourtant oublié depuis longtemps (voir encadré ci-dessous).

La mort cachée d’un enfant qui aboutit plusieurs générations après à la difficulté pour une jeune femme d’avoir un enfant, une trahison de guerre qu’un ancêtre a dissimulée et qui provoque des difficultés chez un descendant pour faire confiance à quelqu’un, un lointain adultère qui gâchent aujourd’hui nos relations de couple… Les exemples évoqués par les thérapeutes, surtout en psychanalyse, sont nombreux. Souvent, au début d’un suivi, le patient ne comprend pas l’origine de son mal. Puis au fur-et-à-mesure, il fait parfois le lien avec un secret qu’il avait oublié ou que l’on vient de lui révéler. « C’est une sorte de ‘loyauté invisible’ qui nous pousse à répéter, que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou pas, des situations agréables ou des événements douloureux. Nous sommes moins libres que nous le croyons », lit-on dans Aïe, mes aïeux !, de Anne Ancelin-Schützenberger.

Comment expliquer l’impact de ces vieux secrets ? Il y a, parfois, une part de mystère derrière. Comment expliquer, par exemple, que certains descendants angoissent de mourir de la même manière que l’un de leurs ancêtres, alors que leur mort leur est inconnue ? Certains partisans de la psycho-généalogie font l’hypothèse que le secret va jusqu’à transformer profondément l’ADN de celui qui le détient, et que cela se transmet de génération en  génération. Mais pour d’autres spécialistes, c’est surtout la manière dont nos ancêtres ont accueilli l’évènement qui se transmet et nous fait souffrir, pas le secret lui-même.

Le secret de famille est souvent un bouc émissaire pour éviter de se poser des questions plus sensibles

« En raison de leur éducation, leurs mœurs, nos ancêtres ont pu ressentir de la honte face à certains évènements. Et c’est cette éducation, ces mœurs et cette honte qui se transmettent de génération en génération. Cela peut ensuite affecter la manière dont vos grands-parents ou vos parents vous ont éduqués, dont ils ont réagi face à certains comportements (en condamnant vivement des adultères, par exemple). Et au final, cela vous affecte aussi et influence votre comportement, ce qui peut vous faire souffrir, vous rendre agressif et avoir un impact sur vos proches. Le secret de famille est souvent un bouc émissaire pour éviter de se poser des questions plus sensibles, comme la manière dont vous ont éduqué vos parents », avance Yvane Wiart.

Quand faut-il révéler un secret ? Certains secrets de famille doivent être dits. Les secrets de famille engagent la responsabilité de celui qui les détient. Et les conserver peut avoir des conséquences lourdes. Les rubriques faits divers des journaux foisonnent de crimes dissimulés, de viols qui ont été tus, et d’enquêtes qui n’avancent pas. Une relation adultère « à risque » qui n’est jamais avouée peut aussi avoir des conséquences terribles, et c’est un impératif de santé de révéler un tel secret.

« Lorsque la souffrance s’impose, la nôtre ou bien celle de nos proches, et dont on peut supposer qu’elle a un lien avec notre secret, il faut briser le silence », avance le psychanalyste Bruno Clavier dans Psychologie magazine. La présence d’une personne tierce (un psy, un médecin, un membre de la famille neutre, par exemple) peut alors s’avérer utile pour aider à se confier. Et il est important d’avoir, autant que possible, l’accord de toutes les personnes concernées avant de le révéler.

La psyhogénéalogie pour repérer les secrets de nos ancêtres ?

La psychogénéalogie, inventée par Anne Ancelin-Schützenberger, fournit une méthode pour tenter de déceler si certains secrets ont particulièrement pesé sur notre famille. Dans Exercices pratiques de psychogénéalogie (2013), la chercheuse propose, à travers cinq leçons, de vous guider pas à pas pour vous aider à comprendre les liens tissés avec nos lointains ancêtres. Vous pouvez, également, vous faire accompagner par un professionnel. Lors d’une thérapie, le sujet est amené à dessiner son arbre généalogique devant un thérapeute, chargé de déceler un signe, un lapsus, une particularité.

« L’arbre agit en quelque sorte comme une interface de révélation. Il permet à la personne de symboliser et de mettre à distance les relations et événements familiaux », explique à l’Express Christine Ulivucci, psychothérapeute. « Le thérapeute n’a pas pour fonction de ‘dire’ à la place du patient’. Il ne le laisse pas errer non plus. Le but est d’accompagner, sans pour autant interpréter à la place de l’autre », poursuit la praticienne (plus de détails dans notre article ici).

Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? Mais lorsqu’un secret nous hante, faut-il absolument le révéler pour s’en libérer ? Souvent, un changement de regard sur l’évènement que l’on cache et sur les raisons qui font que l’on en souffre suffit. « La clé, c’est de faire la différence entre la honte et la culpabilité », assure la psychologue Yvane Wiart. « La culpabilité, selon moi, porte sur les faits, alors que la honte est un jugement sur la personne elle-même. Si l’on se sent coupable de quelque chose, il suffit parfois de se rendre compte que l’on n’est pas une personne mauvaise pour autant, que la manière dont je réagis est peut-être influencée par la manière dont j’ai été jugé dans l’enfance, que le passé est derrière nous, et que l’on ne recommencera plus. La culpabilité est saine. C’est la honte qui nous fait souffrir de nos secrets et modifient nos comportements (ce qui peut, alors, faire souffrir nos proches). Quant à nos ancêtres, nous ne sommes pas responsables de ce qu’ils ont fait. De telles prises de conscience sont souvent libératrices », poursuit la chercheuse. Et d’enchaîner : « Dans certain cas, il vaut donc peut-être mieux assumer ce que l’on a fait ou se dire que l’on n’est pas responsable de ce que nos ancêtre ont commis et garder tout ça pour nous. Sinon, le risque est de décharger nos problèmes de conscience sur les autres, et de les faire souffrir également, bien plus que s’ils ne savaient rien ».

Il s’agit, donc, à chaque fois de se demander si les conséquences de l’aveu n’auraient pas plus d’impact négatif que le secret. Et si ce n’est pas, au bout du compte, la honte qui nous fait souffrir plutôt que le secret lui-même. Une honte qui peut disparaître après une prise de conscience : nous ne sommes pas ce que nous avons fait, encore moins ce que nos ancêtres ont fait. Et si nos ancêtres n’ont pas su faire une telle distinction et en ont souffert, il est temps de changer la donne pour soi.

>> Les conseils à retenir 

– Un secret de famille est souvent le fruit d’un événement dont on a honte et que l’on cache

– Bien souvent, c’est la honte (pas le secret) qui nous faire souffrir, affecte notre comportement et, ce faisant, nos proches

– À chaque fois, il est important de s’interroger : d’où vient cette honte ? De l’événement ou d’une mauvaise image de soi-même, des autres ?

– Pour chaque secret ancien, demandez-vous : quelle est la réaction de ma famille qui a pu entraîner mon mal-être actuel ?

– En cas de secret beaucoup trop lourd à porter ou qui engage votre responsabilité, vous pouvez vous faire accompagner par une personne tierce, neutre, pour le révéler

Source : Que pouvez-vous faire si un secret de famille vous hante ?

Avis Pimpf : Certains secrets peuvent avoir des effets dévastateurs, des générations après, il faut savoir aussi comment les transmettre…

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20180511 – Lannion. Une main tendue aux parents d’enfants atypiques

Pas toujours simple, la vie de famille avec un enfant atypique. Qu’il soit surdoué, à fort potentiel, dys… Pour en parler et dédramatiser, des ateliers se mettent en place pour les parents. Dont un ce samedi, à Lannion.

Entretien

Antoine Nobilet, psychologue, et Hélène Renais, sophrologue

Vous organisez un premier atelier pour les parents d’enfants dits « atypiques », le samedi 12 mai à Lannion. Est-ce pour répondre à une forte demande à Lannion ?

Nous recevons effectivement beaucoup de parents d’enfants atypiques, notamment à haut potentiel intellectuel (HPI), qu’ils soient diagnostiqués comme tels ou pas. Mais aussi d’enfants surdoués, dysphasiques, ou ayant de légers troubles du spectre autistique. À cran, ces parents sont également mangés par la culpabilité, celle de ne pas savoir s’y prendre.

D’où l’idée de les réunir ?

Effectivement, ce premier atelier, qui est appelé à perdurer sous la forme de rendez-vous réguliers, vise à rassembler ces parents afin qu’ils se sentent moins seuls. Ce sera l’occasion pour eux de partager leurs expériences.

Qu’est-ce qui pousse ces parents à bout ?

L’hypersensibilité de l’enfant à haut potentiel, sa folie des « Pourquoi ci ? Pourquoi ça ? » peuvent épuiser. S’ajoutent aussi des problèmes de concentration : ces enfants vont engager 36 choses à la fois. Ce qui s’avère difficile à suivre pour les enseignants et les parents.

Vous aborderez ce premier atelier sous l’angle du harcèlement. Pourquoi ?

Parce que plusieurs familles en ont exprimé l’envie. Ce qui n’est pas un hasard : si beaucoup d’entre eux vont bien (disons-le tout de même !), les enfants à fort potentiel peuvent mal vivre leurs relations avec les autres enfants. Voire se retrouver la cible d’insultes, de mise à l’écart, voire de harcèlement. Soit parce qu’ils n’ont pas les codes implicites de la cour d’école, ce qui les exclut des autres enfants. Soit en raison d’une perception décuplée de certains faits : la petite contrariété avec les copains sera vécue de façon disproportionnée. Car ces enfants se caractérisent souvent par un décalage entre une maturité intellectuelle – qui fait qu’on les considère comme plus grands qu’ils ne le sont – et une immaturité émotionnelle, difficile pour eux à gérer.

Votre atelier sera donc un groupe de parole, ni plus ni moins ?

L’enjeu est de sortir ces parents de l’isolement, en leur montrant qu’ils ne sont pas seuls. Tout en libérant leur parole. Mais nous leur donnerons aussi des clés pour comprendre et aider leur enfant. Puis nous pratiquerons un peu de sophrologie, pour intégrer tout ce qui a été dit. L’idée est d’apporter du réconfort et d’être constructif.

Justement, en quoi la sophrologie est-elle une alliée ?

Notre « binôme » s’est construit dans le cadre du réseau Bulle d’Enfance, à l’origine chaque année du Forum de la parentalité. Et la complémentarité entre psycho et sophro étant évidente, nous la cultivons depuis dans le cadre du suivi de ces enfants : très actifs du point de vue de l’intellect, ils puisent dans la sophro un moyen de se mettre en lien avec leurs corps et leurs émotions, qui deviennent peu à peu des alliées.

Et de façon pragmatique, que préconise le psy dans l’accompagnement d’un enfant atypique ?

Dans le cas précis des enfants à fort potentiel, la première étape consiste notamment à passer le test de QI, dit de « Wisc ». Et plutôt que de le voir comme une étiquette, il faut l’imaginer comme un point de départ, pour accompagner au mieux l’enfant par la suite.

Samedi 12 mai, à 10 h, atelier pour les parents au centre social de Ker Uhel à Lannion. Tarif : 40 € par famille. Info et réservation au 06 12 42 59 40 ou au 06 07 31 73 01.

Source : Lannion. Une main tendue aux parents d’enfants atypiques

20180307 – Pas d’écran avant 3 ans, lit de bébé dans la chambre des parents: les conseils du nouveau carnet de santé

Le nouveau carnet de santé sera distribué dès le début du mois d’avril. Parmi ses nouveautés: les 11 vaccinations obligatoires, la recommandation de ne pas exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans ou encore le choix de biberons sans bisphénol A.

Le ministère de la Santé a publié lundi le nouveau modèle du carnet de santé, qui intègre les 11 vaccinations dorénavant obligatoires pour les enfants, mais aussi des recommandations nouvelles comme d’éviter la télé avant l’âge de 3 ans.

11 vaccinations obligatoires

Ce carnet, gratuit et traditionnellement remis par la maternité ou un médecin, succédera le 1er avril au modèle distribué depuis 2006. Il a été conçu pour « tenir compte des avancées scientifiques et des attentes des professionnels de santé et des familles », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le principal changement est le calendrier de vaccination. Pour les enfants nés depuis le 1er janvier, 11 vaccinations sont obligatoires contre seulement trois auparavant. Ces enfants doivent recevoir dix injections avant l’âge de 2 ans.

Le lit du bébé dans la chambre des parents

Enfin, ce nouveau carnet de santé est rempli de recommandations nouvelles. « Avant 3 ans: évitez de mettre votre enfant dans une pièce où la télévision est allumée même s’il ne la regarde pas », préconise-t-il.

Autre conseil: « Il est préférable, si cela est possible, de placer le lit de votre bébé dans votre chambre pour les six premiers mois au minimum » pour « réduire le risque de mort inattendue du nourrisson ».

Biberon sans bisphénol A ou en verre

« Utilisez des biberons garantis sans BPA (bisphénol A) et si possible en verre »,…

Source : Pas d’écran avant 3 ans, lit de bébé dans la chambre des parents: les conseils du nouveau carnet de santé

Avis Pimpf : pourquoi pas un nouveau carnet , et pourquoi aussi en plus de la version « papier »  ne pas inclure un vrai carnet éléctronique  à usage unique des médecins associé à ce carnet qui permettrait un meilleur  suivi des enfants? et ces conseils prodigués aujourd’hui seront ils encore valable dans 10 ans ? même si certains me semble de bon sens, d’autre  restent plus au juger des parents et autre… mais bon pour certains une piqure de rappel ne fait pas de mal mais bon…

20180307 – GRAND FORMAT. « Beaucoup ont encore peur » : après avoir « balancé leur porc », cinq femmes font le bilan du mouvement

C‘était il y a près de cinq mois. Dans la foulée de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, des centaines de milliers de femmes ont « balancé leur porc ». Sur les réseaux sociaux, message après message, elles ont dénoncé les violences sexuelles qui font le quotidien de nombre d’entre elles. Saluée par certains, critiquée par d’autres, cette libération de la parole fut l’un des faits de société les plus marquants de la fin 2017. Ses pionnières, des « briseuses de silence », ont même été sacrées « personnalités de l’année » par le prestigieux magazine Time.

Mais que reste-t-il aujourd’hui de cet élan ? En France, l’initiatrice du hashtag #BalanceTonPorc, Sandra Muller, fait l’objet d’une plainte pour diffamation. Henda Ayari, qui accuse le prédicateur Tariq Ramadan de viol, essuie un déluge quotidien d’insultes sur les réseaux sociaux. Astrid de Villaines, une journaliste de LCP qui a porté plainte contre un collègue, a quitté la chaîne sur laquelle son agresseur présumé officie toujours.

Que sont devenues les autres, celles dont l’histoire n’a pas fait la une des médias ? Pour le savoir, franceinfo a interrogé quelques-unes des 261 759 internautes – selon le décompte de l’entreprise Visibrain – qui ont « balancé leur porc ». Entre petites victoires et grandes désillusions, voici leurs témoignages.

… la suite et les témoignages en détail sur le lien ci dessous :

Source : GRAND FORMAT. « Beaucoup ont encore peur » : après avoir « balancé leur porc », cinq femmes font le bilan du mouvement

Avis Pimpf : je viens de finir  de lire ces témoignages et je suis effaré en tant qu’homme de voir comment certains se comportent. Qui n’a pas vu certains hommes être très lourd dans leur remarques envers des femmes, oui j’en ai vu mais de la à aller harceler ainsi et en constant c’est consternant …

il faut que ce mouvement puisse prospérer et que ça continue à changer les choses , les mentalités et surtout l’éducation des générations futures ,qui grandissent afin d’avoir des comportements appropriés que l’on soit un homme ou une femme, dans les deux sens. La tâche reste difficile mais est possible si on souhaite réellement aller dans ce sens.

 

 

​20180120 – News : Journée internationale des câlins: Quels sont leurs bienfaits sur les bébés?

Illustration d’un père faisant un câlin à son bébé. — Pixabay
  • Comment savoir si un nourrisson, peu expressif, a besoin de câlins?
  • Comment notre cerveau réagit-il à cette tendresse?
  • Quels sont les bienfaits des câlins, surtout chez les nouveaux-nés?

« Bébé câliné, bébé rassuré ». C’est un slogan clamé par une affiche à l’hôpital de Lillebonne en Normandie qui rappelle combien le contact physique avec un bébé est indispensable.

La tendresse plus pressante que la nourriture

Si des expériences de privation de contact humain sur des bébés sont impensables aujourd’hui, des études menées dans les années 1970 sur des singes peuvent être extrapolées aux humains. Harry Harlow, un psychologue américain isole des bébés macaques de leur mère. Résultat, quand les singes adultes retrouvent leurs congénères, ils ne savent pas interagir avec eux. Plus impressionnant encore, lorsque le chercheur laisse dans leur cage une poupée poilue et un biberon, le bébé singe se dirige d’abord vers l’objet censé représenter la mère affectueuse… « Le câlin est donc un besoin primaire plus important que la nourriture ! », conclut Céline Rivière, psychologue et auteure de La Câlinothérapie*.

D’autres observations viennent corroborer ce besoin vital de contact physique pour les humains. « On a découvert que les bébés dans des orphelinats qui manquaient de contact corporel risquaient de se laisser mourir ou de développer des problèmes surtout psychiques, souligne Claire Laurent, médecin généraliste en PMI, aujourd’hui à la retraite.

La méthode peau à peau, c’est quoi ?

Ce besoin vital de câlins dès la naissance n’est plus un secret ; portage, massages, peau à peau sont aujourd’hui encouragés. En 1983, en Bolivie, dans un service de néonatologie de Bogota en manque de couveuses naît cette technique du « peau à peau », qui consiste à poser le prématuré sur le ventre de la mère pendant au moins une heure. On se rend alors compte que les prématurés survivent davantage et prennent plus facilement du poids.

Une méthode qui s’est peu à peu imposée dans les maternités de France et dont les bénéfices sont impressionnants, pour tous les nouveau-nés. Claire Laurent aide l’association Initiative Hôpital Ami des Bébés (IHAB), qui propose un label pour un meilleur accueil des nouveau-nés et plaide notamment en faveur du peau à peau systématique et prolongé. Elle témoigne d’une vraie révolution : « Pendant des années, j’ai entendu des parents qui s’inquiétaient de donner trop de câlins (« ça va le rendre capricieux », « il va vouloir les bras jusqu’à deux ans »). Aujourd’hui, au lieu de laisser un prématuré en couveuse par peur des microbes, on encourage de plus en plus les parents a faire du peau à peau. »

Une mère faisant un câlin avec son bébé.
Une mère faisant un câlin avec son bébé. – Pixabay

Une maternité lance un label «Naître enchanté» pour apprendre à accoucher en vibrant

Quels en sont les effets ?

« Grâce au peau à peau, le bébé va mieux respirer, stabiliser sa température, mieux structurer son sommeil et son éveil », reprend la généraliste. Bonne nouvelle, un câlin, quand il est fait avec une intention bienveillante, est aussi profitable à celui qui le donne ! La mère en bénéficie ainsi puisque le peau à peau stimule la lactation.

Ce premier contact corporel est d’autant plus indispensable que le nouveau-né ne voit qu’à 60 centimètres maximum : posé sur le torse de sa mère ou son père, il peut réellement interagir. « Ses yeux sont reliés aux aires cérébrales des sentiments, donc il peut déjà exprimer une émotion », assure la médecin. « Le sens le plus important pour lui, c’est le toucher », complète la psychologue.

Que se passe-t-il dans le cerveau ?

Les neurosciences se sont penchées sur les réactions de nos cerveaux aux câlins. « Un câlin va libérer de l’ocytocine, cette hormone de l’amour qui est sécrétée également quand vous méditez, pendant un bain de soleil, résume Céline Rivière. Comme il procure du bien-être, il abaisse également l’hormone du stress, le cortisol. C’est plus magique qu’un antidépresseur, et sans effet secondaire ! »

Un puissant remède donc. Pour preuve : aujourd’hui aux Etats-Unis, certains bénévoles viennent cajoler des bébés de mères toxicomanes. Une façon d’alléger leur sevrage. « Grâce à cette hormone du bien-être, on supporte davantage la douleur », avance Céline Rivière.

Des bienfaits durables

Avec des effets sur le long terme. Ces câlins augmentent les défenses immunitaires, attaquées par le stress et renforcées par bien-être. « Une étude anglaise montre que les enfants qui ont beaucoup de câlins les premiers mois développent une confiance en eux, lorsqu’on les retrouve entre l’âge de 1 et 2 ans, ils s’affolent moins quand un parent s’éloigne », ajoute Claire Laurent. En Israël des chercheurs vont plus loin: chez des enfants de dix ans, ceux qui avait testé ce peau à peau présentaient une facilité d’apprentissage, un meilleur sommeil et une meilleure réponse au stress.

Rien d’étonnant pour Céline Rivière. « Dans la mesure où il est dans un climat serein, il peut utiliser son cerveau pour apprendre et non pour survivre. » Au cas où vous auriez encore des doutes, les deux spécialistes l’assènent : mieux vaut trop de câlins que pas assez… à condition de respecter le désir de l’enfant.

Journée internationale des câlins: 5 bonnes raisons de ne surtout pas se câliner

 

Source : ​Journée internationale des câlins: Quels sont leurs bienfaits sur les bébés?

Avis Pimpf : ce coté tactile , sensoriel avec les enfants est plus qu’essentiel cela établit un lien fort entre les membres de la famille  je ne pourrai m’en passer (même quand ils sont malades ) et eux aussi je crois… c’est une des formes d’expression de l’amour familial selon moi.

20180119 – News : Combien d’enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents ?

http://www.europe1.fr/videos/embed/3548045Gilles Lazimi affirme que deux enfants meurent sous les coups de leurs parents chaque jour.

Le tabou des violences contre les enfants.

Un tabou que veut combattre une nouvelle campagne contre les violences ordinaires, dont sont encore victimes de nombreux enfants. Il s’agit d’alerter sur les conséquences de nos cris quotidiens, mais aussi de lutter contre le tabou qui étouffe des faits beaucoup plus graves. Le docteur Gilles Lazimi est le coordinateur de la campagne.

« On estime que 1 à 2 enfants par jour meurent sous les coups de leurs parents »

Deux enfants meurent chaque sous les coups de leurs parents. Vrai ou Faux ?

C’est faux. Même si l’on entend souvent cette statistique, elle est erronée. Elle s’appuie sur les travaux précurseurs d’une pédiatre qui avait tenté, pour la première fois, il y a 10 ans, d’évaluer le nombre d’enfants victimes. Elle l’a fait en recoupant des données de la justice, des rapports de décès dans 3 hôpitaux qu’elle a réétudiés, puis elle a estimé aussi le nombre de bébés fantômes (ces enfants tués à la naissance, jamais déclarés). Tout cela, extrapolé à la France, donnait un total de 700 décès par an, environ, soit 2 par jours. Cela n’a aucune validité scientifique, mais au moins les consciences ont été réveillées.

A l’époque, peu de pays avaient de bons outils statistiques. Mais plusieurs ont évolué. La Grande-Bretagne notamment, est  intéressante car c’est un pays assez proche du nôtre en terme de structure de population. Depuis 2006, tous les décès d’enfants de 0 à 18 ans y sont investigués, au niveau local, et les causes avérées ou soupçonnées sont décrites (violences volontaires, négligences…) L’an dernier, 211 enfants sont morts à cause de maltraitances en Grande-Bretagne… si l’on rapportait ce taux au nombre d’enfants français, cela donnerait chez nous 250 décès.

Donc plus de deux par semaine. Mais on n’en sait rien.

Non. Car l’outil statistique, en France, on ne l’a pas. Pour tenter de cerner le phénomène, l’observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) va s’appuyer maintenant sur les statistiques de police, considérées comme les plus fiables. Elles ont été publiées hier, justement : on sait qu’en 2016, 67 enfants sont morts en France dans le cadre de violences intra-familiales, que 27 000 plaintes pour violences physiques ou sexuelles au sein de la famille ont été enregistrées… Enfin les procureurs ont placé, en urgence, plus de 13 000 enfants pour les mettre à l’abri. Mais ces données sont incomplètes, car elles ne représentent que les faits déclarés à la police. Les hôpitaux sont loin de tout recenser. Ils ne recoupent pas leurs fichiers avec ceux de la police, et les départements, responsables de la protection de l’enfance, ont chacun leur méthode pour répertorier les signalements qui leurs remontent…Certains ne comptabilisent qu’un événement par fratrie, d’autres plusieurs, ce qui rend impossible leur exploitation. Il n’y a d’ailleurs pas de consigne nationale, et leurs logiciels informatiques de toute façon, sont incompatibles (il y a actuellement quatre fournisseurs différents) : voudrait-on compiler les informations en temps réel… qu’on ne le pourrait pas.

La conséquence, qui désole les associations, est que ce flou empêche d’agir. Impossible d’étudier, en comparant les affaires, à quel moment les services sociaux ont failli avant un drame. On ne peut pas non plus fixer de règles nationales: par exemple, certains départements alertent la Justice au bout de 2 signalements… d’autres non, ils se contentent d’une enquête sociale, avec du personnel pas toujours expérimenté. Le gouvernement doit lancer un plan au printemps, pour que cela change… La seule chose qui ait fait défaut, jusqu’à présent, est une réelle volonté politique.

Source : Combien d’enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents ?

20180119 – News : « Génération Moi Je » : les parents sont-ils forcément responsables d’une « crise d’autorité » ? – LCI

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DÉBAT – Dans son livre « Génération j’ai le droit », une enseignante dénonce une « nouvelle génération individualiste » et parle de « crise de l’autorité ». Pour autant, faut-il obligatoirement incriminer les parents ? Nous avons soumis la question à un pédo-psychiatre.

« Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. A notre époque, les enfants sont des tyrans. » Cette phrase ne date pas de 2018, elle nous vient de -400 avant J.C. et elle est redevable à Socrate.

Barbara Lefebvre, auteure du livre Génération : J’ai le droit, tire la même sonnette d’alarme que le philosophe grec dans Le Parisien. Pour ce faire, elle témoigne de son vécu d’enseignante, parlant d’une nouvelle génération individualiste : « une génération d’élèves (…) qui considèrent que leurs droits individuels prévalent sur l’intérêt général. On glorifie les identités particulières au détriment du bien commun (…) A partir du moment où vous glorifiez l’individu, c’est la récusation de l’autorité ».

En d’autres termes, selon l’auteure, nous sommes passés de la reconnaissance de la singularité de l’être humain, une des grandes qualités de la société occidentale, à l’individualisme forcené qui prend la forme d’un individu consommateur estimant qu’il a plus de droits que de devoirs. Question : les parents sont-ils pour autant les premiers responsables de cette génération « Moi, je » ? On a posé la question à Nicolas Georgieff, professeur de psychiatrie à l’université Lyon 1.

LCI : Partagez-vous cette idée selon laquelle la société de consommation et les réseaux sociaux sont en partie responsables d’une génération « moi, je » ?

Nicolas Georgieff : Les réseaux sociaux ne fabriquent rien de neuf. Simplement, ils créent des phénomènes épidémiques. Ils augmentent l’impact d’un certain nombre de facteurs pathogènes. Rien de nouveau. De même, les comportements anorexiques et la dysmorphophobie ont toujours existé. Il serait idiot d’affirmer que la question du narcissisme est apparue avec les réseaux sociaux. Ce qui change, c’est la dimension que ça prend. C’est juste plus visible. Ce qui apparaît, c’est que les valeurs déclinent comme la solidarité, l’éthique, la relation aux autres. Tout est lié à une crise éducative. Non, je ne ferai pas porter la responsabilité aux réseaux sociaux ou aux effets de mode de technologie. Car, oui, le vrai problème reste les parents.

LCI : N’est-ce pas facile d’incriminer les parents ?

Nicolas Georgieff : Sans vouloir faire de la sociologie à deux balles, je suis frappé de constater à quel point les parents babyboomers, nés dans les années 60, viennent en réalité d’un autre monde. Ceux qui sont aujourd’hui les parents d’ados sont complètement perdus car les valeurs éducatives qui étaient les leurs, enfants, ne sont plus du tout les mêmes. Dans les années 50-60, tout était hyper restrictif : un respect absolu de l’autorité parentale, une privation de liberté pendant l’adolescence… Aujourd’hui le style éducatif se trouve aux antipodes. Ce qu’il faut questionner, c’est le rapport à l’autorité. Car le rapport à l’autorité se transmet. Si les familles ne font pas le travail en amont, l’école n’y arrive pas puisque les gamins sont déjà totalement étrangers à la notion d’autorité.

LCI : Comment l’expliquez-vous ?

Nicolas Georgieff : Il y a eu des désorganisations profondes dans la cellule familiale, des valeurs éducatives probablement avec des transformations après la Seconde Guerre mondiale dans l’Europe occidentale. Il en émane un constat : la notion d’autorité a perdu du sens pour des gamins et lorsqu’elle arrive dans des lieux supposés prévoir comme l’école, elle ne fonctionne pas. Allez dans une classe aujourd’hui, ce qu’il s’y passe est invraisemblable. Les élèves se lèvent, discutent entre eux, se comportent de manière aberrante. Pour moi, c’est principalement parce que la crise est en amont, elle réside directement dans les familles. Les parents sont en panne de repères éducatifs. Ils n’osent plus faire montre d’autorité envers les enfants, ils ne se sentent plus légitimes. Il y a 50 ans, la question ne se posait pas. Vous étiez le père de famille et vous incarniez l’autorité.

S’il n’y a pas d’interdits dans la tête de l’ado, il va les chercher ailleurs Nicolas Georgieff, professeur de psychiatrie à l’université Lyon 1

LCI : Comment voyez-vous l’avenir ?

Nicolas Georgieff : Ce que je constate, c’est que vous avez le retour du religieux, voire du religieux obscurantiste. Vous avez deux forces en présence totalement antagonistes. Vous avez d’un côté le délitement des valeurs et de l’autre vous avez un mouvement obscurantiste qui porte au pinacle des valeurs médiévales. L’un nourrit l’autre. Les parents eux-mêmes n’ont plus de repères car ce sont des parents qui ont été des ados sans référence bien solide à l’autorité. Ce qu’il faut éviter, c’est le déclinisme, dire que tout s’effondre et ressasser que c’était mieux avant (…) Il y a toujours eu des forces contradictoires mais ce qui apparaît, en effet, c’est une radicalisation. Un choc actuel dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Des jeunes sans repères qui d’un coup vont se radicaliser, se convertir à une religion, parce qu’ils vont trouver dans cette religion l’inverse de ce qu’ils ont connu. Cette dernière les attire, leur apporte les valeurs manquantes. Le problème, c’est qu’ils la découvrent sous des formes monstrueuses. Partez d’un principe pour comprendre ce qui se passe : s’il n’y a pas d’interdits dans la tête de l’ado, il va les chercher ailleurs, généralement sous une forme pathologique.

Source : « Génération Moi Je » : les parents sont-ils forcément responsables d’une « crise d’autorité » ? – LCI