20160526 – News / France 2 : Une responsable d’Engie émue par les révélations de « Cash Investigation »

Après l’affrontement stérile, l’émotion ? Désormais, certains dirigeants des grandes entreprisessont coachés par des agences de communication pour affronter le plus intelligemment possible les équipes de « Cash Investigation », le magazine de France 2. Fini donc les rencontres musclées entre Elise Lucet et des personnalités qui tentent de l’esquiver, comme on avait pu le voir avec Rachida Dati ou avec un ex-cadre de France Télévisions, ou les happenings de la journaliste lors d’une assemblé générale de Sanofi ou lors d’un déjeuner entre des élus et des lobbyistes de l’industrie du tabac.

Hier, dans le numéro intitulé « Climat : le grand bluff des multinationales », les entreprises ont décidé de collaborer pour s’expliquer sur les révélations de la chaîne publique. A la fin du documentaire, par exemple, un des hauts cadres de Total a rencontré Elise Lucet. Il s’est montré particulièrement (trop ?) affable avec l’ex-présentatrice du 13 Heures de France 2 pour lui expliquer les contradictions de sa société qui s’est engagée contre le réchauffement climatique lors de la COP 21, tout en dépensant, avec d’autres entreprises partenaires, 12 milliards de dollars pour ouvrir une usine d’exploitation de sable bitumineux près de Fort McMurray, au Canada.

« Ce que vous m’avez montré n’est pas normal… »

Mais le moment le plus étonnant a été la rencontre entre Elise Lucet avec une cadre de Engie, le nouveau nom de GDF Suez. Celle-ci a été envoyée pour répondre aux dégâts environnementaux causés par une vieille centrale à charbon d’Hazelwood située à Morwell, en Australie, où un violent incendie a eu lieu pendant 45 jours il y a deux ans. « Je ne peux pas vous laisser dire ça, la sécurité, c’est une priorité pour nous« , a insisté la directrice de la responsabilité environnementale et sociétale du groupe énergétique français, en expliquant avoir fait des « beaucoup de recommandations » pour moderniser cette vieille centrale que le groupe a rachetée.

Alertée sur le cas d’un homme intoxiqué lors de l’incendie de la centrale et qui souffre d’une incurable fibrose pulmonaire, la salariée d’Engie s’est montrée très émue. « Il aurait dû porter un masque, je suis d’accord avec vous… Je ne connais pas ce cas particulier mais ce que vous m’avez montré n’est pas normal…« , a-t-elle reconnu. puremedias.com vous propose de découvrir cette séquence.

Source : France 2 : Une responsable d’Engie émue par les révélations de « Cash Investigation »

20160503 – News : Isabelle Kocher, première femme patronne du CAC 40 chez Engie, Énergie – Environnement

L’assemblée générale d’Engie valide ce mardi la nomination d’Isabelle Kocher à la direction générale. Les défis ne manqueront pas pour celle qui va succéder à Gérard Mestrallet, aux manettes depuis plus de vingt ans.

Grand jour pour Isabelle Kocher. A l’issue de l’assemblée générale d’ Engie qui se tiendra ce mardi après-midi, la X-Mines de quarante-neuf ans se verra confier les rênes de la société, devenant ainsi la première femme à diriger un groupe du CAC 40. Les actionnaires devraient valider la séparation des fonctions de président et de directeur général. L’actuel PDG, Gérard Mestrallet, deviendra alors président non exécutif, «  avec une rémunération symbolique », avait indiqué la ministre de l’Energie, Ségolène Royal, en février. Isabelle Kocher prendra la direction générale d’Engie, à un moment clef de son histoire. Dès mercredi, elle s’installera au 35e étage de la tour T1, à la Défense, dans le bureau occupé jusque-là par Gérard Mestrallet, qui, lui, déménagera au 36e étage. Tout un symbole.

Les défis ne manqueront pas pour la nouvelle dirigeante. Le premier, et non des moindres, sera sans doute de montrer que c’est bien elle qui gouverne alors que son mentor, patron du groupe depuis plus de vingt ans et grande figure de l’establishment en France, monte simplement d’un étage. La question est ouvertement posée depuis que Gérard Mestrallet, qui avait affirmé en octobre 2014 qu’il quitterait toutes ses fonctions en mai 2016, a été prolongé comme président pour deux ans supplémentaires. «  C’est très clair : c’est elle qui va diriger ! » assure l’un de ses proches. «  Conformément à la loi, Gérard Mestrallet organisera les réunions du conseil d’administration et de l’assemblée générale. Il pourra aussi assurer la représentation du groupe sur des sujets comme la COP21, le prix du carbone, etc. »

Une nouvelle équipe

Selon nos informations, Isabelle Kocher ne va pas tarder à imprimer sa marque : dès mercredi, au lendemain de l’AG, elle dévoilera un nouveau comité de direction. Alors qu’Engie vient de mettre en place une vaste réorganisation, basée sur 24 « business units », avec 5 directeurs généraux adjoints chargés de superviser ces entités, il s’agirait plutôt de nominations à des directions fonctionnelles. Le départ de la directrice de la communication actuelle, Valérie Bernis, a déjà été annoncé. On sait aussi depuis janvier que Pierre Deheunynck, le directeur des ressources humaines du Crédit Agricole, va occuper les mêmes fonctions chez Engie «  à l’été ». D’autres surprises pourraient être annoncées. Thierry Lepercq, fondateur de la PME Solairedirect, devrait notamment se voir confier de nouvelles responsabilités, comme l’a indiqué le « JDD », et faire son entrée au « codir ».

Trois ans pour mener la mutation du groupe

C’est donc avec cette nouvelle équipe qu’Isabelle Kocher va devoir mener la transformation du groupe, qui a annoncé 4,6 milliards d’euros de perte nette sur 2015. Elle s’est donné trois ans pour mener à bien cette mutation, alors qu’Engie, comme la plupart des énergéticiens européens, est confronté à une crise sans précédent. Le plan de transformation a été annoncé en février : il s’agit de céder 15 milliards d’euros d’actifs, dans la production d’électricité « merchant » (vendue au prix du marché) ou l’exploration-production, et réinvestir autant (hors maintenance) dans des actifs régulés, avec un prisme marqué vers les énergies renouvelables et les services à l’énergie. Objectif, faire d’Engie le « leader de la transition énergétique dans le monde ».

 

Une vision « quasi messianique »

Portée en ce sens par une vision «  quasi messianique », selon les termes d’un cadre dirigeant, Isabelle Kocher va devoir convaincre les équipes et franchir de nombreux obstacles. Il lui faudra trouver preneur à bon prix pour ses actifs à vendre, alors que beaucoup souffrent d’une conjoncture défavorable. Sur ses marchés cibles, les énergies vertes et les services, la concurrence est vive, et les contrats gagnés de taille modeste.

Isabelle Kocher croit résolument au solaire, dont les prix baissent et qui commence à pouvoir se passer de subventions dans certaines zones de la planète. Mais même après l’acquisition (au prix fort) de Solairedirect en juin, le solaire n’a représenté que 0,43 % de l’énergie produite par le groupe en 2015.

 

Source : Isabelle Kocher, première femme patronne du CAC 40 chez Engie, Énergie – Environnement