20170925 – «Star Trek: Discovery» sur Netflix: A chaque génération, sa série «Star Trek»?

«Star Trek Discovery» — CBS / Netflix

Lancée lundi sur Netflix, à raison d’un épisode par semaine (bye bye binge watching), Star Trek : Discovery est la sixième série Star Trek, septième si l’on compte le court dessin animé des années 1970. Soit 50 ans de télévision, 28 saisons, 725 épisodes, sans oublier 10 films, un reboot et toute une galaxie de romans, comics, jeux, jouets, fanfics, etc.

Un univers dans lequel il n’est pas aisé de rentrer, mais facile de se perdre. Avec l’aide de Romain Nigita, coauteur de Séries’ Anatomy, le 8ème art décrypté (éditions Fantask) et trekkie devant l’infini (et au-delà), 20 Minutes a bravé l’espace et le temps pour savoir comment chaque série Star Trek a marqué son époque.

Générique : Star Trek, frontière de la pop culture, vers laquelle voyage votre journal spécial 20 Minutes. Sa mission : explorer des mondes étranges, faire découvrir d’anciennes séries, d’autres civilisations et au mépris du danger, avancer vers l’inconnu.

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Star Trek, la série originale

« Lorsqu’elle débute en 1966, Star Trek est la première série SF américaine pour adultes. Il y avait bien des séries de science-fiction pour enfants (Les Aventures de Superman) ou des anthologies (La Quatrième dimensionAu-delà du réel), mais pas de série grand public, avec des personnages récurrents. L’époque était acquise aux westerns et à l’action. Or, Star Trek débarque et parle de racisme, d’identité, de diversité, du Vietnam…

Si les épisodes sont indépendants des uns des autres, comme alors 99,9 % des séries telles que Mission : Impossible ou Les Mystères de l’ouestStar Trek construit un univers cohérent, dont les fans s’emparent très vite. La série cristallise toute la culture geek, 10 ans avant Star Wars. On assiste aux premières conventions 100 % Star Trek, et lorsque la Nasa lance un appel pour nommer sa première navette spatiale, plus de 200.000 trekkies votent « Enterprise ». L’inauguration se fera même en présence du créateur Gene Roddenberry et des acteurs de la série. »

L’épisode à retenir : Guerre et magie, saison 2, épisode 19. « L’Enterprise arrive sur une planète où deux peuples s’affrontent, l’un des deux armé par les Klingons. Le capitaine Kirk se demande alors s’il doit intervenir et équilibrer le rapport de forces. Une allégorie pas du tout cachée du conflit vietnamien. »

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Star Trek : La Nouvelle Génération

« C’est Hill Street Blues dans l’espace ! En termes d’écriture, Star Trek : La Nouvelle Génération côtoie le meilleur des années 80-90 : Hill Street Blues [Capitaine Furillo en VF] donc, mais aussi Hôpital St Elsewhere puis New York Police Blues et Urgences. Tu n’as plus seulement le duo principal Kirk et Spock, mais tout un équipage avec ses histoires, ses responsabilités.

Le show est choral et se fait encore plus utopiste que la série originale. Les conflits viennent presque toujours d’une menace extérieure, rarement de l’équipage même de l’Enterprise…. où des mecs peuvent se balader en jupe en arrière-plan ! Oui, Gene Roddenberry avait une vision extrême, optimiste, du futur, sans différence entre les hommes et les femmes. »

Un épisode à retenir : Être ou ne pas être, saison 2, épisode 9. « L’exemple parfait de la richesse de Star Trek. Un responsable de Starfleet affirme que l’androïde Data est la propriété de la Fédération, et qu’il peut donc le démonter et l’étudier. S’en suit un procès pour savoir si Data peut être considéré comme un être vivant. La conclusion est que si l’on ne peut pas prouver que Data est à 100 % un être vivant, on ne peut pas non plus le prouver pour l’homme. »

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Star Trek : Deep Space Nine

« C’est le petit frère turbulent de Next Generation et Voyager. Le côté obscur de la Fédération. La série se déroule loin des aventures du vaisseau amiral, dans un coin perdu de l’univers. Benjamin Sisko, premier commandant noir de Star Trek, est envoyé sur la station spatiale Deep Space Nine, qui, après la découverte d’un vortex, devient un point stratégique de tout l’univers. On parle là de guerres interstellaires. Dans DS9, l’utopie Star Trek est continuellement confrontée à la réalité de la guerre. »

Un épisode à retenir : L’Enfer sur terre, saison 4, épisode 11. « A la suite d’un attentat sur Terre, Sisko est appelé pour enquêter, et je me rappellerai toujours cette phrase qu’il lance aux responsables de Starfleet : « C’est facile d’être un ange quand on vit au paradis », dans le sens où ils n’ont jamais eu à se salir les mains. Tout est dit. »

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Star Trek : Voyager et Enterprise

« On ne peut pas dire qu’il existe de génération Voyager ou Enterprise. Diffusée de 1995 à 2001, la première a comme « seule » originalité d’avoir une femme pour capitaine. Les épisodes, eux, semblent tirer de scénarios de Next Generationretrouvés au fond d’un tiroir. C’est d’autant plus dommage que le concept de départ était intéressant : un équipage Starfleet est forcé de faire équipe avec des rebelles pour retrouver le chemin de la Terre. Mais dès le deuxième épisode, ils ont tous le même uniforme et tout va bien. Des auteurs de DS9 essaieront d’écrire pour Voyager, mais préféreront partir, à l’instar de Ronald D. Morre qui créera plus tard Battlestar Galactica.

Enterprise arrive sur les écrans en pleine mode des préquelles, deux ans après La Menace fantôme et juste avant Batman Begins et Casino Royale. La série se passe 150 ans avant les aventures de Kirk et Spock, et les créateurs voulaient casser le modèle de la franchise. Toute la première saison devait se dérouler sur Terre, avant le décollage du vaisseau, mais pas question pour le studio : une série Star Trek est une série dans l’espace. Enterprise ne trouvera jamais son public, ni son identité. La saison 3, très post-11 Septembre, verra Scott Bakula se venger d’un attentat d’envergure en mode Jack Bauer, tandis que la quatrième tente encore autre chose, plus proche de ce que la série aurait dû être : une explication point par point de la mythologie. Mais trop tard. »

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Star Trek : Discovery

« Le Star Trek de la génération Game of Thrones ! Auteurs, réalisateurs, acteurs le revendiquent : nous vivons dans un monde où il y a Game of Thrones et The Walking Dead, il faut faire avec. Cela devrait se traduire par un sens du spectacle (on est sur des épisodes à 6-8 millions de dollars, contre trois pour NCIS par exemple), du feuilletonnant et des cliffhangers, des évolutions voire des morts de personnages, et un côté moins sériel, moins sécurisant que les précédentes séries.

Mais thématiquement, l’ADN de Star Trek reste intact : le personnage principal est une femme noire élevée chez les Vulcains, il y a le premier couple gay au sein de l’équipage, et de ce que j’ai vu sur le tournage, la série pourrait faire écho à l’actualité. En effet, les Klingons, les ennemis historiques de la Fédération, y jouent un rôle très important, mais ne sont pas présentés comme un seul même bloc. Discovery s’intéressa par exemple à une frange intégriste, qui vit comme les Klingons d’il y a 300 ans. Impossible de ne pas penser à Daech, et impossible de ne pas se demander ce que Star Trek peut faire d’un tel sujet. »

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Star Trek: Discovery» sur Netflix: A chaque génération, sa série «Star Trek»?

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