20170503 – Régime sans gluten : une fausse bonne idée

Alors que le régime sans gluten compte de plus en plus d’adeptes, une étude tire la sonnette d’alarme sur ce qui, finalement, s’avère être une mauvaise idée pour la santé lorsque l’on ne souffre pas d’une intolérance au gluten avérée (maladie coeliaque).

C’est une nouvelle tendance : exclure de son alimentation tous les aliments susceptibles de contenir du gluten, pour éviter les ballonnements qu’il provoque et, surtout, préserver sa santé.

Pour quelle raison ? Notamment parce que la maladie coeliaque, déclenchée par l’intolérance au gluten, augmente le risque de pathologies cardio-vasculaires, pour les patients qui en sont atteints. Chez ces malades, l’éviction du gluten de l’alimentation permet de diminuer ce risque.

La tentation est donc grande de penser qu’en diminuant ou supprimant le gluten de son alimentation, même lorsque l’on ne souffre pas d’intolérance, on fait baisser le risque de développer une pathologie cardiovasculaire.

Mais cette supposition vient d’être battue en brèche par une étude publiée dans le British Medical Journal.

Pas de diminution du risque cardiovasculaire

Des scientifiques viennent, en effet, de démonter que l’éviction ou la restriction en gluten chez les personnes ne présentant d’intolérance à cette protéine ne fait pas baisser le risque cardiovasculaire. Elle pourrait même l’augmenter.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs se sont penché sur les résultats de questionnaires alimentaires complétés, tous les quatre ans, par des professionnels de santé américains, entre 1986 et 2010. Près de 65.000 femmes et un peu plus de 45.000 hommes ont été inclus dans cette étude, tous sans antécédents cardiovasculaires et sans maladie coeliaque diagnostiquée au cours de l’étude. La consommation de gluten a été évaluée à partir des données renseignées dans les questionnaires et les participants ont été répartis en cinq groupe, en fonction de la quantité de gluten consommé. Les pathologies cardiovasculaires survenues pendant ces 26 années d’étude ont été compilées.

Les scientifiques ont ainsi observé qu’il n’y avait pas d’association significative entre la consommation estimée de gluten et la survenue de maladies cardiovasculaires, qu’elles aient ou non entraîné un décès. Cette observation est valable autant chez les hommes que chez les femmes et quels que soient les facteurs de risque de maladie cardiovasculaire identifiés par ailleurs (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, consommation d’alcool ou de tabac…).

Le gluten réservé aux intolérants

Les chercheurs ont également constaté une corrélation entre la consommation de céréales complètes et la diminution du risque cardiovasculaire ainsi que la mortalité associée. Selon eux, l’éviction des céréales complètes de l’alimentation, inhérente à l’adoption d’un régime sans gluten, présenterait donc un risque pour la santé.  « Nos résultats montrent qu’un régime restreint en gluten ne présente pas de bénéfices, au moins en termes de santé cardio-vasculaire, chez les personnes ne souffrant pas de maladie céliaque », souligne Benjamin Lebwohl, l’un des auteurs de l’étude. « Il pourrait même causer du tort à ces personnes si elles suivent un régime faible en gluten qui est également particulièrement faible en céréales complètes, car ces céréales ont un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires », souligne-t-il.

Ces résultats ne plaident donc pas en faveur de la promotion d’un régime sans ou restreint en gluten dans le but de réduire le risque cardiovasculaire. Selon les auteurs de l’étude, ce type de régime ne devrait pas être encouragé chez les personnes ne souffrant pas de maladies coeliaque.

Source : Régime sans gluten : une fausse bonne idée

20170324 – News : Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé

De gauche à droite, pourcentages de mutations génétiques critiques attribuables à l’hérédité, au hasard (« replicative ») ou à l’environnement, en fonction des localisations des cancers. SCIENCE-TOMASETTI ET AL.

Le poids dans la cancérogenèse de mutations aléatoires de l’ADN fait l’objet d’une nouvelle étude, deux ans après la présentation de travaux controversés.

« La faute à pas de chance. » Début 2015, une étude, dont la présentation laissait entendre que deux tiers des tumeurs relèveraient de mutations aléatoires plutôt que de facteurs environnementaux ou héréditaires, avait fait grand bruit.

Et attiré bon nombre de critiques méthodologiques : les cancers du sein et de la prostate, les plus nombreux, n’avaient pas été pris en compte et seule la population américaine avait été considérée.

De plus, le message relayé sans nuance pouvait être dévastateur : à quoi bon arrêter de fumer ou adopter des comportements vertueux si la grande majorité des tumeurs ont pour origine le hasard de mutations au cœur des cellules-souches ? N’y avait-il pas là un argument trompeur pour dédouaner aussi les pollutions et les expositions professionnelles, s’étaient insurgés certains observateurs.

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Analyses génomiques

Deux ans après cette première étude publiée dans Science, ses auteurs exposent dans la même revue, vendredi 24 mars, de nouveaux résultats.

Cristian Tomasetti et Bert Vogelstein, rejoints par Lu Li, tous trois de l’université Johns-Hopkins à Baltimore (Maryland), prennent garde de ne plus parler de « malchance » (« bad luck »), mais le raisonnement est le même : chercher à voir si l’incidence du cancer dans un tissu donné est corrélée au nombre de réplications des cellules-souches dans ce même tissu. L’hypothèse étant que plus il y a de divisions cellulaires, plus le risque qu’elles donnent lieu à des mutations cancérogènes est élevé.

Bert Vogelstein et ses collègues ont étudié cette correspondance pour dix-sept types de cancers dans 69 pays, mais aussi en partant d’analyses génomiques dénombrant les mutations au sein de certains tissus (par exemple du poumon chez des cancéreux, fumeurs et non fumeurs).

Ils ont effectivement retrouvé une corrélation forte entre divisions des cellules-souches et incidence du cancer. Ils suggèrent que les deux tiers des mutations observées dans les cancers chez l’homme sont d’origine aléatoire, le reste pouvant être attribué à des facteurs génétiques (5 %) ou environnementaux (29 %).

Modèle mathématique

Ils estiment que cette répartition est en accord avec les études épidémiologiques, qui indiquent qu’environ 40 % des cancers pourraient être prévenus en évitant des environnements et des modes de vie « malsains ».

« Il faut encourager ces comportements de prévention, cependant nombreux sont ceux qui développeront un cancer à cause de ces erreurs aléatoires dans la copie de l’ADN. C’est pourquoi il y a un besoin urgent de meilleures méthodes pour détecter tous les cancers plus tôt, quand ils sont encore curables, estime Bert Vogelstein. Ces cancers vont survenir même si l’environnement est parfait. »

Leurs résultats s’appuient aussi sur un modèle mathématique qui postule qu’il faut généralement plus de deux mutations génétiques critiques pour qu’un cancer survienne – ce qui implique, comme l’expliquent les auteurs, que la cause première d’un cancer peut être diverse : une seule mutation environnementale peut donc bien déclencher une tumeur, précisent-ils, dissipant une confusion souvent engendrée par leur premier article.

Dans le cas de celui du pancréas, 77 % de ces mutations critiques seraient d’origine aléatoire, leur taux serait de 35 % dans le cancer du poumon (dans lequel l’impact du tabac est prépondérant) et de 95 % dans le cancer de la prostate, au sujet duquel les chercheurs de Baltimore écrivent qu’on estime « que des facteurs environnementaux ne jouent essentiellement aucun rôle ».

Le contre-exemple des Amish

Cette assertion risque de faire bondir nombre de spécialistes, et on peut s’étonner qu’une revue comme Science l’ait laissée passer. « C’est très choquant », estime Ana Soto (Université Tufts, Boston). Une très abondante littérature scientifique décrit en effet des augmentations de l’incidence de ce cancer chez des personnes exposées à divers polluants, pesticides et perturbateurs endocriniens.

Si ce cancer était d’origine essentiellement aléatoire, comment expliquer que les Amish en souffrent très nettement moins qu’une population comparable de l’Ohio ? « Ils ont pourtant le même nombre de divisions cellulaires que les non-Amish », souligne Fabrice Denis (oncologue et chercheur au CNRS).

Que dire de ces hommes exposés aux Antilles au chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, qui sont plus souvent atteints – surtout lorsqu’ils présentent un profil génétique particulier ? Dans ce cas, hérédité et environnement semblent potentialiser leurs effets.

« Nous avons simplement cité la source que nous considérions comme la plus autorisée, la base de données du cancer du Royaume-Uni », répond Bert Vogelstein, pour qui même si ces cancers étaient majoritairement d’origine environnementale, la conclusion globale « ne changerait pas beaucoup ».

 

De gauche à droite, pourcentages de mutations génétiques critiques attribuables à l’hérédité, au hasard (« replicative ») ou à l’environnement, en fonction des localisations des cancers.

« Changement de paradigme »

Le chercheur estime que les personnes atteintes par un cancer alors qu’elles avaient évité tous les facteurs de risques connus devraient être réconfortées par ces travaux : « Ce n’est pas de votre faute. Rien de ce que vous avez fait ou non n’est responsable de votre maladie. »

Un message qu’il adresse notamment aux parents d’enfants cancéreux. Cet argument de la « faute », le fait d’invoquer en creux la responsabilité individuelle face à une maladie qui peut aussi bien avoir pour origine des polluants, risque de faire débat.

« C’EST LE PRINCIPE MÊME DE L’ÉVOLUTION : NOS CELLULES NE PEUVENT S’EMPÊCHER DE FAIRE DES ERREURS » BERT VOGELSTEIN (JOHNS-HOPKINS UNIVERSITY)

« On ne peut plus faire comme si ces erreurs aléatoires n’avaient pas lieu. C’est le principe même de l’évolution : nos cellules ne peuvent s’empêcher de faire des erreurs », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, mercredi 22 mars, à l’issue de laquelle il a invité à rompre avec le « dogme » selon lequel le cancer serait dû essentiellement à des facteurs héréditaires ou environnementaux. « Il faut un changement de paradigme », appuie son collègue Cristian Tomasetti.

« L’industrie va adorer ça, note Ana Soto. Mais les prémisses de ces travaux, à savoir que les mutations sont une cause nécessaire du cancer, sont fausses : il y a des cancers sans mutations, alors que des tissus sains peuvent contenir des cellules avec des soi-disant oncogènes mutés. » Les perturbateurs endocriniens, rappelle-t-elle, ne sont pas des mutagènes, mais ils peuvent induire des tumeurs. D’autres conceptions du cancer sont à l’étude : « on peut le comprendre comme une organisation tissulaire qui a déraillé, ou une blessure qui ne se guérit jamais. »

Yusuf Hannun (université Stony Brook, New York), n’est pas plus convaincu. En 2015, dans Nature, la revue concurrente de Science, il avait cosigné une étude aboutissant, à partir du même jeu de données, à des conclusions diamétralement opposées : la vaste majorité des cancers serait due à des facteurs de risque extrinsèques.

« La nouvelle étude apporte plusieurs éléments intéressants, indique-t-il. Mais selon moi le lien de causalité entre fréquence des mutations spontanées dans un tissu donné et risque de cancer n’est toujours pas établi. » Son équipe avait montré, estime-t-il, que le comportement des cellules-souches ne permet pas de distinguer les mutations qui auraient une origine aléatoire ou externe.

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« Une hypothèse très dangereuse »

Alors que l’article de Bert Vogelstein ne fait pas même mention de cette objection, Science publie un second texte, signé par Martin Nowak et Bartlomiej Waclaw des universités d’Harvard (Massachusetts) et d’Edimbourg (Écosse), qui balaie certaines des critiques de Yusuf Hannun et souligne la nécessité de développer des modèles mathématiques « précis » du cancer.

« Mais ce commentaire souligne aussi que Vogelstein et Tomasetti s’appuient sur une hypothèse très dangereuse, à savoir que les cellules-souches sont organisées et se comportent de la même façon dans tous les tissus », souligne Edouard Hannezo (Cambridge). Pour ce biophysicien qui étudie les mécanismes d’amorce des cancers, le principal point faible de l’article de 2015 subsiste : « La qualité des données utilisées », concernant notamment le comportement des cellules-souches dans leurs différentes « niches ».

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Et la traduction clinique des conclusions demeure : si plusieurs mutations délétères sont nécessaires à l’apparition d’un cancer et même si une majorité a une origine aléatoire, la mutation ayant une origine environnementale pourra faire la différence. Il n’y a donc pas lieu de baisser la garde vis-à-vis de la prévention de ces facteurs.

La détection précoce que les chercheurs de Baltimore appellent de leurs vœux peut aussi être problématique : lorsque les dépistages sont techniquement et financièrement faisables, les campagnes conduisent parfois à des surdiagnostics et à des interventions inopportunes voire néfastes. « Il faudra de nombreuses années pour répondre en détail aux questions intéressantes et excitantes soulevées par leurs travaux », estiment MM. Nowak et Waclaw.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pathologies/article/2017/03/23/le-debat-sur-le-role-du-hasard-dans-le-cancer-relance_5099833_1655270.html#QrHFSdrHSYF2ztKz.99

Source : Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé

20170323 – News / Les délais pour consulter un médecin ont explosé depuis 2012, selon une étude

Le temps d’attente moyen est passé en cinq ans de 48 à 61 jours chez un spécialiste, dévoile une étude publiée jeudi par « Le Figaro »

Un médecin de campagne prend la tension d’un patient. (MAXPPP)
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franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 23/03/2017 | 13:17
publié le 23/03/2017 | 13:17

Vous avez l’impression d’attendre plus longtemps qu’avant pour obtenir un rendez-vous chez votre médecin ? Vous avez raison. Selon une étude de l’Observatoire de l’accès aux soins, réalisée par l’Ifop pour le cabinet de conseil Jalma et dévoilée par Le Figaro, jeudi 23 mars, le temps d’attente moyen est passé en cinq ans de 48 à 61 jours chez un spécialiste, voire à plus de 115 pour certaines spécialités dans des régions désertées. Franceinfo vous détaille cette étude.

Le constat : des chiffres alarmants

« Toutes les spécialités majeures sont concernées », écrit Le Figaro. En ville, il faut désormais attendre en moyenne 117 jours en 2017 pour décrocher un rendez-vous chez un ophtalmo, soit 13 de plus qu’en 2012. Pour voir un gynécologue, il faut compter 68 jours, soit, là aussi, 13 jours de plus. Pour les dermatologues, les délais explosent : 64 jours, soit 23 de plus qu’en 2012. Pour voir un généraliste, il faut maintenant patienter une semaine, le double qu’en 2012, pour décrocher un rendez-vous. A l’hôpital, les délais d’attente (hors urgence) sont parfois plus courts qu’en ville, selon les spécialités. Les disparités ne concernent pas seulement les spécialités mais les territoires. Le Nord est ainsi le plus pénalisé.

La conséquence : les Français renoncent à se soigner

Ces délais d’attente allongés ont des conséquences très concrètes dans la vie des Français. Ils sont la première cause de renonciation aux soins, selon le baromètre Jalma. Ainsi, près de deux Français sur trois renoncent à se faire soigner chez un spécialiste car il est trop difficile d’obtenir un rendez-vous rapidement. Le coût de la consultation, lui, fait renoncer moins d’un Français sur deux. « Une plainte qui devance même le coût restant à la charge de l’assuré (cité par 34% des sondés), alors même que celui-ci a augmenté ces dernières années avec l’introduction de contrats responsables, obligeant les mutuelles à plafonner le remboursement des dépassements d’honoraires », précise Le Figaro.

L’explication : une population de médecins vieillissante et le développement d’activités librement tarifées

La tendance n’est pas près de s’inverser. Première cause de cet allongement des délais : le vieillissement de la population médicale. Ainsi, 47% des généralistes ont plus de 55 ans. Or, le renouvellement des médecins ne permet pas de pallier les prochains départs à la retraite ni l’augmentation du besoin médical lié au vieillissement de la population. « En 2025, il y aura 23% de consultations en moins par patient et par an et 19% de moins en en ophtalmologie, professions déjà sinistrées en termes de délais d’attente », explique au Figaro Mathias Matallah, le président de Jalma.

Autre explication : « Une partie des médecins, jugeant que leurs honoraires n’ont pas ou peu été réévalués, se concentrent sur des activités librement tarifées, ce qui diminue progressivement l’offre de soins de ville, indique le quotidien. C’est le cas de certains généralistes, qui se spécialisent par exemple dans la médecine du sport, l’ostéopathie, la nutrition et autres pratiques, non ou peu encadrées en termes de prix. »

Source : Les délais pour consulter un médecin ont explosé depuis 2012, selon une étude

20170323 – News / Lombalgies chroniques : un traitement à l’essai pour réduire les douleurs

Chez une certaine catégorie de patients souffrant de lombalgies, injecter des corticoïdes entre les disques intervertébraux pourrait diminuer l’intensité des douleurs un mois après le traitement, selon une petite étude publiée ce 21 mars. L’intérêt du traitement s’effondre toutefois après un mois, les données suggérant même qu’à six mois, les douleurs seraient plus intenses dans le groupe traité que dans un groupe témoin.

Certains patients souffrant de maux de dos présentent un syndrome baptisé « discopathie active » [1], caractérisé par certaines lésions aux niveaux des disques vertébraux qui se détectent à l’IRM et associés à un accroissement des symptômes. Des chercheurs français ont évalué l’efficacité d’une injection de corticoïdes (glucocorticoïdes) pour la diminution de la douleur, chez ces patients.

Des essais peu concluants avaient déjà été menés sur des patients souffrant de lombalgies diversement liées aux disques intervertébraux, mais les résultats suggéraient qu’un bénéfice pourrait exister pour ceux présentant ce syndrome.

Les chercheurs ont cette fois-ci fait réalisé une injection de corticoïdes à un groupe de 67 personnes, un groupe témoin équivalent recevant une injection placebo. Selon un communiqué diffusé parallèlement à la publication des résultats, l’infiltration réalisée dans le disque intervertébral lombaire « diminue de manière significative la douleur à un mois ».

Le nombre de personnes soulagé dans le groupe traité a été suffisamment important, comparé au groupe témoin, pour extrapoler qu’un effet notable existe chez l’ensemble de la population souffrant de discopathie active. Mais l’intérêt s’effondre rapidement après un mois, les données suggérant même qu’à six mois, les douleurs pourraient être plus intenses dans le groupe traité (voir illustration ci-dessous).

Le Pr François Rannou, l’un des co-auteurs des travaux, estime que « le prochain challenge réside dans un nouvel essai visant à obtenir un effet symptomatique à long terme et peut être structural sur la discopathie ». 

Cette courbe représente la moyenne de l’intensité de la douleur ressentie par les patients réellement traités (trait plein) et les patients témoins (trait pointillé). Les barres verticales représentent l’incertitude statistique attachée aux données. À un mois, l’effet de l’injection est statistiquement significatif. Au-delà, un effet (positif et négatif) n’est pas identifiable ; cependant, à six mois, un effet délétère est fortement suggéré par ces données. (Source : Nguyen, et al. 2017)

Source : Intradiscal Glucocorticoid Injection for Patients With Chronic Low Back Pain Associated With Active Discopathy: A Randomized Trial. Christelle Nguyen, et al. Ann Intern Med. 2017 / DOI: 10.7326/M16-1700


[1] Selon le communiqué de l’AP-HP accompagnant la publication des résultats parmi les 5 millions de patients lombalgiques français, dont 20% environ souffrent d’une discopathie active

Source : Lombalgies chroniques : un traitement à l’essai pour réduire les douleurs

20170323 – News / Sida. Le manque d’information des Français est « alarmant »

16% des Français pensent à tort que le virus du sida s’attrape sur un siège de toilettes publiques. Un chiffre alarmant. | Fotolia
Ouest France avec agence

En amont du Sidaction 2017, qui se déroulera de vendredi à dimanche prochain, un sondage publié ce jeudi pointe le manque d’information « alarmant » des Français sur le virus du sida. « Les idées fausses et reçues persistent » notamment chez les 15-24 ans, note l’association Sidaction. 15 % des sondés pensent encore pouvoir transmettre le virus par un baiser, quand presque 25 % estiment que le préservatif n’est pas une protection.

Le manque d’information des Français sur le virus du sida serait « alarmant » selon une enquête publiée ce jeudi par Sidaction (lire en encadré), avant la collecte de dons qui se tiendra de vendredi à dimanche prochain. « Les idées fausses et reçues persistent » dans toutes les tranches d’âge.

Les 15-24 ans moins bien informés

16 % des Français pensent à tort que le virus du sida s’attrape sur un siège de toilettes publiques, rapporte l’étude de Sidaction rapportée par France Info. Ce chiffre grimpe à 18 % chez les 15-24 ans. 15 % des personnes interrogées pensent que le virus du Sida peut se transmettre en embrassant une personne séropositive. Cette idée fausse est partagée 27 % des 15-24 ans.

« Plus grave encore » selon l’association, « plus de trente ans après l’apparition de l’épidémie et malgré des décennies de promotion du préservatif, un quart reste persuadé que le risque existe même lors d’un rapport sexuel protégé », précise Sidaction.

Prévention méconnue

22 % des Français pensent que le virus du sida peut être transmis en ayant des rapports protégés avec une personne séropositive (27 % des 15-24 ans). Et quand il s’agit de se prémunir contre le VIH, 15 % des Français pensent que l’utilisation d’un produit de toilette intime est efficace.

Sur les méthodes de prévention, « les réponses des Français révèlent de véritables lacunes », précise Sidaction. Seuls 50 % connaissent l’existence du test de dépistage du sida vendu en pharmacie. Quant aux centres de dépistage qui maillent le territoire, 42 % des personnes interrogées ne savent pas où se trouvent.

6 000 nouveaux cas par an

La maladie suscite toujours une grande inquiétude. 71 % des Français ont peur du sida (80 % des 15-24 ans). En couple ou non, 44 % des Français estiment qu’ils ont moins de risques que les autres d’être contaminés par le virus du sida. Ce chiffre tombe à 28 % chez les 15-24 ans. Chaque année, 6 000 personnes découvrent leur séropositivité.

Le 23e Sidaction permettra ce week-end de lever des fonds pour la prévention et la recherche contre le sida. L’an dernier, l’opération avait récolté 4,21 millions d’euros de promesses de dons.

Sondage Ifop et Bilendi pour Sidaction réalisé par questionnaire auto administré en ligne du 8 au 13 février 2017 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 à 24 ans et d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

Source : Sida. Le manque d’information des Français est « alarmant »

20170321 – News : C’est ma santé. Des allergies de tous genres existent mais elles se soignent

Des pollens sont présents dans l’air qu’on respire. (P.BROCARD BROCARD PASCAL / MAXPPP)

L’allergie est une maladie qui concerne un tiers d’entre nous et qui peut nous toucher à tout âge. C’est la 11e journée française de l’allergie qui se tient mardi 21 mars. Beaucoup de personnes sont allergiques mais l’ignorent. Et pourtant il est assez facile de repérer que l’on est allergique et qu’elle qu’en soit la cause. Il y a d’abord l’allergie respiratoire qui est souvent provoquée par la pollution, les pollens, les acariens ou les poussières. Vous avez le nez qui coule, qui est bouché, qui vous démange. Vous éternuez, vos yeux vous picotent ou larmoient et parfois vous avez un sentiment d’oppression au niveau de la poitrine.

Vous pouvez aussi souffrir d’allergie alimentaire car les aliments allergènes sont nombreux : gluten, crustacés, œuf, poissons, fruits à coques, arcachides, lait pour en citer quelques-uns, etc. Cette allergie vous donne une impression de démangeaisons au niveau de la bouche après avoir avalé un aliment allergène, vous pourrez aussi avoir des boutons, des plaques rouges, certaines parties de votre corps qui gonflent. Enfin il ne faut pas oublier les allergies de contact provoquées par un produit cosmétique, un animal ou le caoutchouc. Vous vous en rendrez compte très vite puisque vous aurez une réaction inflammatoire de la peau dès que vous toucherez le produit allergène.

L’allergie concerne tous les âges de la vie

Le plus souvent une allergie est diagnostiquée dès l’enfance ou à l’adolescence mais aussi curieux que cela paraisse une allergie peut aussi apparaître chez des personnes âgées. Et chez ces séniors, l’allergie n’est pas repérée car les symptômes sont souvent attribués à d’autres causes. Voilà pourquoi certaines personnes toussent pendant des années, sont fatiguées et pensent que c’est à cause de l’âge alors qu’une allergie s’est installée. Cette errance thérapeutique peut durer des années et pendant ce temps les bronches vieillissent prématurément ou le système immunitaire s’épuise inutilement. Une allergie, c’est une vraie maladie, ce n’est pas un simple inconfort.

Et la situation ne va pas s’améliorer dans le futur : aujourd’hui, environ un tiers de la population est allergique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2050, la moitié de la population mondiale sera devenue allergique.

L’allergie se soigne

Si vous pensez souffrir d’une allergie, vous devez vous tourner vers votre médecin traitant qui vous adressera à un allergologue. Il repérera précisément la cause de votre problème et vous prescrira un traitement. La pharmacopée est riche : antihistaminiques, corticoïdes, broncho-dilatateurs. La bonne nouvelle, c’est que ces médicaments sont efficaces sur les symptômes, la mauvaise c’est que leur effet cesse dès que vous arrêtez d’en prendre.

Une autre solution consiste à une désensibilisation, un traitement qui éduque votre système immunitaire pour qu’il ne s’emballe pas face à l’allergène qui vous rend malade. Enfin si vous faites une allergie alimentaire, n’hésitez pas à rencontrer un diététicien. Il vous donnera des conseils pour décrypter les étiquettes qui sont parfois difficiles à comprendre.

Source : C’est ma santé. Des allergies de tous genres existent mais elles se soignent

20170317 – News / Quand le travail dérègle l’horloge biologique, aux dépens du sommeil et de la santé – 17/03/2017 – ladepeche.fr

(AFP) – On dort moins longtemps et moins bien en France comme dans l’ensemble des pays industrialisés, où les rythmes de vie et de travail, en particulier de nuit et en horaires décalés, perturbent notre horloge biologique, au péril de notre santé, alertent des spécialistes, interrogés par l’AFP avec plusieurs patients.
Plus de la moitié des Français ne dorment pas assez et près d’un tiers déclarent souffrir d’au moins un trouble du sommeil. 16% souffrent d’insomnie chronique, tandis que 73% disent se réveiller au moins une fois par nuit environ 30 minutes et 28% somnoler en journée, selon l’institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), initiateur de la journée du sommeil en France (www.journeedusommeil.org).

« La performance est devenue un impératif socio-culturel qui, ajouté au développement des écrans, d’internet et des réseaux sociaux, dérègle totalement l’horloge biologique. On peut être sur le pont à toute heure du jour et de la nuit, sept jours sur sept, avec comme conséquence un manque chronique de sommeil ou une insomnie », déplore Joëlle Adrien, neurobiologiste et présidente de l’INSV.

« Lorsqu’ils ne respectent plus l’alternance vitale éveil/jour, sommeil/nuit, les rythmes et organisations de travail perturbent complètement notre sommeil avec un coût social et de santé considérable », ajoute-t-elle.

Maladies cardio-vasculaires, cancers, en particulier du sein chez la femme, surpoids, diabète…: « les répercussions du manque de sommeil sur la santé sont graves », confirme à l’AFP le professeur Damien Léger, responsable du centre du sommeil et de la vigilance à l’Hôtel Dieu (AP-HP Paris-Descartes).

Les travailleurs de la nuit et ceux qui en horaires décalés (qui changent d’une semaine ou d’un jour à l’autre) sont les plus touchés. « C’est 20% des salariés (six millions) qui dorment en moyenne une à deux heures de moins par 24 heures, une nuit de moins par semaine et 30 à 40 nuits de moins par an que ceux qui travaillent de jour », analyse le Pr Léger, auteur de recommandations adoptées par la Haute autorité de santé (HAS) pour la surveillance de ces travailleurs.

Infirmière de nuit pendant près de deux ans « en poste de douze heures », Isabelle, 31 ans, a dû arrêter, suite à « des malaises, problèmes digestifs et une dépression ». Soumise aux mêmes rythmes, sa collègue Sonia, 28 ans, « apprécie sa disponibilité de jour pour ses enfants » mais « ne peut plus dormir sans aide médicamenteuse ».

Même chose pour Jean, 36 ans, agent d’entretien affecté au nettoyage de bureaux entre 3H00 et 10H00 et souvent le dimanche qui ne se sent « jamais reposé » même quand il parvient à s’endormir « avec des somnifères ». Il dit souffrir régulièrement de « maux de tête ».

La proportion des travailleurs de nuit (15,4%) a plus que doublé en 20 ans et concerne 3,5 millions de personnes, selon l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Et « les métiers changent », dit le Pr Léger citant, aux côtés de l’industrie, « la sécurité, la santé, les transports, la grande distribution mais aussi la communication, les médias et l’accompagnement des personnes dépendantes ».

Son constat est sans appel : quelle que soit l’activité professionnelle, « le temps réservé au sommeil est de plus en plus court et de mauvaise qualité ».

Apnée du sommeil, trous de mémoireC’est le travail de jour qui a conduit Thierry Lemoine, 58 ans, comptable au service d’une grande entreprise américaine spécialisée dans la gestion des ressources humaines, à consulter le Pr Léger.

« Il y a quelques années, raconte-t-il, je me levais aussi fatigué qu’en me couchant. Ca a été le révélateur d’une apnée du sommeil sévère et de troubles du sommeil suivis de trous de mémoire. J’ai vite fait le lien avec le travail ».

« J’avais une pression constante de la part de ma hiérarchie mais j’ai continué », ajoute-t-il, confessant un « burn out » (épuisement professionnel) qui lui a « ouvert les yeux ».

Autre patiente du Pr Léger, Christelle, 43 ans, est diagnostiquée « hypersomnolente » en 2014, suite à un accident de la route.

« Je me réveillais cinq à dix fois par nuit et je m’endormais dans la journée », explique cette enseignante spécialisée dans l’aide aux élèves en difficulté (Rased). Elle travaillait dans six établissements du Pas-de-Calais, à raison de « trois par jour ». Un matin, « je me suis endormie au volant; j’ai eu le sternum cassé mais ça aurait pu être plus grave », dit-elle.

– Télétravail, nouvelles technologies –

Pour éviter de longs trajets, certains salariés choisissent le télétravail mais, selon un récent rapport de l’ONU, à trop forte dose il perturbe aussi le sommeil.

« 42% des salariés qui travaillent en permanence à domicile » et « 42% des télétravailleurs très mobiles » ont en effet des problèmes de sommeil, contre « 29% pour ceux travaillant sur un lieu de travail », indique ce document, qui relève « un allongement » et une « intensification » du travail par chevauchement des temps de travail et personnel.

Autre risque pour l’horloge biologique, les nouvelles technologies « ont profondément changé la nature du travail et induisent une fatigue psychique », estime le psychiatre Patrick Légeron, pionnier dans l’étude des maladies liées au stress au travail.

Non seulement le travail sur écran induit une « fatigue visuelle forte » mais « la lumière des leds stimule la vigilance au même titre que le café » et l’hyperconnexion « charge notre cerveau en permanence par des alertes, du zapping », explique-t-il.

Les enquêtes de l’INSV ont montré que 40% des 18-35 ans dorment avec leur téléphone allumé et 30% de ceux-là (12%) répondent à des e-mails ou sms au milieu de la nuit. « Leur sommeil en est forcément perturbé directement ou indirectement. Or, pour dormir, il faut faire silence, le vide », insiste le Pr Léger.

Alors que 18% des personnes qui dorment mal ne se traitent pas et que neuf personnes sur dix de celles qui se soignent ont recours aux médicaments, selon l’INSV, le Pr Léger développe des traitements qui s’appuient sur les thérapies cognitives et comportementales, la lumière, la relaxation, la pleine conscience et le sport.

Source : Quand le travail dérègle l’horloge biologique, aux dépens du sommeil et de la santé – 17/03/2017 – ladepeche.fr

20170316 -Un enfant sur deux ne bouge pas assez, selon les cardiologues

La Fédération française de cardiologie pointe le manque d’activité physique et la « surconsommation d’écrans » : au moins trois heures par jour pour les 3-17 ans.

Un enfant sur deux ne bouge pas assez en France, en faisant au moins une heure par jour d’activité physique (vélo, sport, etc.), alerte la Fédération française de cardiologie (FFC), la première association de lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Pour rappeler aux parents que « les enfants sont faits pour bouger » et « qu’un enfant prend plus de risques à rester assis qu’à bouger », la FFC a indiqué jeudi qu’elle diffuserait un spot TV de 30 secondes sur les chaînes des groupes France Télévision, Canal+ et de la TNT pendant un mois à partir de samedi.

Le niveau d’activité baisse avec l’âge. Samedi marque le début des « Parcours du cœur » 2017, une initiative annuelle destinée à « faire bouger » les Français. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux 5-17 ans de pratiquer 60 minutes d’activité physique par jour afin de renforcer leur capital santé cardio-vasculaire.

Mais ce niveau d’activité n’est atteint que par un jeune sur deux en France et a de surcroît tendance à baisser avec l’âge et le sexe, relève la FFC. Alors qu’à l’école primaire, un peu moins de la moitié des enfants pratiquent des jeux de plein air, ils ne sont plus que 14% chez les garçons et 6% chez les filles à exercer une activité physique modérée à intense à l’âge de 15 ans, selon des chiffres de l’OCDE.

D’autres statistiques sont tout aussi inquiétantes : moins de 30% des collégiens se rendent en cours à pied et seulement 4% y vont à vélo ou à trottinette, selon un récent rapport de l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps). Quant aux adolescents, la moitié d’entre eux ne bougent plus que pendant les cours d’éducation physique, relève une autre étude.

Jusqu’à 6 heures d’écrans le week-end. La FFC pointe du doigt la « surconsommation d’écrans » : 3 heures par jour pour les enfants de 3 à 17 ans, avec une moyenne qui monte à 4h30 par jour en semaine et 6 heures le weekend chez les 13-18 ans.

« Les enfants se constituent un capital santé qui va diminuer à partir de 30 ans. Mais plus ce capital est constitué jeune, plus il est facile de se construire des habitudes », explique Pr François Carré, cardiologue au CHRU de Rennes.

Des « Parcours du cœur » seront organisés dans 800 villes au total jusqu’au 14 mai, pour encourager les Français à pratiquer des activités physiques. Plus de 8.000 classes regroupant près de 250.000 enfants devraient également y participer.

>> La liste des « Parcours du coeur » est consultable surwww.fedecardio.org

Source : Un enfant sur deux ne bouge pas assez, selon les cardiologues

20160304 – News / Un infarctus mortel sur six est initialement atypique

INFOGRAPHIE – Selon une étude anglaise, 16% des victimes avaient été hospitalisées dans le mois précédent pour des symptômes atypiques.

Source : Un infarctus mortel sur six est initialement atypique

20160304 – News / Piscines publiques et spas : un peu trop d’urine dans les bassins

Faire pipi dans la piscine, ce n’est pas propre, tout le monde le sait… Pourtant, nombre d’entre nous le font, souvent parce qu’aller aux toilettes, c’est trop long et, surtout, parce que ça ne se voit pas ! Pour changer ses habitudes, rien de mieux, donc, qu’une bonne étude scientifique, comme celle publiée dans la revue Environmental Science & Technology.

Des chercheurs canadiens ont, en effet, recherché la présence d’urine dans les bassins de 31 piscines publiques et spas. Pour cela, ils ont mesuré la concentration, dans l’eau des piscines, en acésulfame-potassium (ACE), un édulcorant de synthèse présent dans de nombreux aliments préemballés.  Ce composé a la particularité d’être non métabolisable par l’organisme et de se retrouver, in fine, dans les urines. En mesurant la concentration en ACE dans l’eau, il est donc possible de déterminer combien de litres d’urine ont été excrétés dans un bassin.

De 30 à 75 litres d’urine…

Source : Piscines publiques et spas : un peu trop d’urine dans les bassins