Même si toute l’Allemagne voulait y croire, l’autopsie révèle que l’homme qui se trouvait dans le camion avec le terroriste a été blessé par balle plusieurs heures avant.Au lendemain de l’attentat de Berlin qui a fait douze morts et cinquante blessés, l’histoire du passant qui a courageusement
C’est de saison, l’épidémie de grippe s’installe partout en France métropolitaine. Elle s’annonce « importante » et, dans le Sud, certains hôpitaux ont commencé à rappeler des soignants, a indiqué mardi la ministre de la Santé Marisol Touraine, lors d’une visite aux urgences
Depuis une vingtaine d’années, la mode est de plus en plus aux pubis sans poils, ce qui n’est pas anodin en ce qui concerne notre sexualité et notre rapport à nos organes génitaux.
Des poils disgracieux au ticket de métro
Si, bien sûr, depuis longtemps les femmes s’épilaient les jambes et les aisselles, il n’était pas question de s’épiler le pubis. Puis peu à peu, tout d’abord dans les films pornographiques, on a vu des sexes moins fournis en toison. La mode des maillots de bains et des lingeries de plus en plus échancrées y ont également contribué, les femmes prirent l’habitude de « se faire épiler le maillot ». Cela consistait à juste enlever les quelques poils disgracieux qui dépassaient de la culotte. Ensuite, vint la mode du fameux ticket de métro qui consiste à ne garder qu’un rectangle de poils sur le pubis. Aujourd’hui, la majorité des femmes sont intégralement épilées, c’est particulièrement flagrant chez la jeune génération.
Il y a maintenant dans les instituts de beauté des offres multiples pour pratiquer ces épilations intégrales. Quant aux hommes, ils sont, à leur tour, de plus nombreux à suivre cette mode. A tel point que la dernière enquête signifiait que 80 % des hommes préféraient les femmes au pubis rasé. Et ce chiffre flirte avec les 100 % chez les jeunes générations.
Bien sûr comme toutes les modes, la tendance peut se renverser mais pour l’instant, elle s’est installée. Essayons de comprendre pourquoi ?
La première motivation semble être hygiénique, comme si les poils nuisaient à une toilette intime. En fait, il semblerait qu’ils protègent plutôt sauf peut-être en ce qui concerne les morpions, espèce en voie de disparition puisqu’on lui a retiré son habitat.
Plus sérieusement, le manque de poils sur le pubis n’a pas de réelle incidence démontrée sur la santé des vagins, chacun y va de ses propres convictions. Le seul vrai handicap est : l’épilation. Cette dernière favorise des irritations de la peau, très délicate à cet endroit et l’épilation à la cire favorise des pousses de poils incarnés.
La société nous éloigne de notre nature animale
Je crois qu’il faut plutôt y voir des raisons culturelles. De plus en plus, notre société veut nous éloigner de notre nature animale. Et quoi de plus proche de l’animalité que les poils ? De plus, il y a dans le domaine de la sexualité une chasse aux odeurs. Il existe même maintenant des parfums et des déodorants intimes. Comme si l’odeur du sexe était anti-sensuelle. Le sexe sale, ce n’est pas nouveau. Pourtant les senteurs féminines ont depuis la nuit des temps excité les hommes.
Une autre remarque me paraît intéressante. On enlève les poils pubiens mais de plus en plus d’hommes se font pousser la barbe, d’un côté on infantilise la femme et de l’autre on renforce la virilité des hommes. Ainsi, la femme ne peut pas s’affirmer dans sa puissance féminine et se voit obligée de rester avec une vulve de fille mais l’homme moins sûr de sa puissance, la ré-affirme par des poils sur le menton…
Evidemment je laisse chacun libre de vivre sa nudité avec ou sans poils mais restons libres de notre choix. Les seules raisons qui me semblent intéressantes sont d’ordre : esthétiques et érotiques.
Je terminerai en signalant que dans les milieux échangistes, les femmes se rasent le pubis pour des raisons exhibitionnistes. Dans les milieux SM, c’est davantage pour des raisons de soumission.
CE QUI CHANGE EN 2017 (1/5) Du 26 au 30 décembre, « La Croix » présente des mesures qui entreront en vigueur l’an prochain et auront un impact sur la vie quotidienne. Premier volet, l’interdiction des « violences corporelles », votée par le Parlement le 22 décembre.
Ce pourrait être l’une des bonnes résolutions de 2017 : ne plus donner de fessée ni de gifle ni même de petite tape sur la main. Une bonne résolution mais aussi un impératif, puisque le Parlement vient de définitivement adopter un amendement à la loi égalité et citoyenneté qui interdit « tout recours aux violences corporelles ».
Président du Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile, Pierre Suesser parle d’« avancée ». « L’éducation doit permettre à l’enfant d’intérioriser les limites. Elle ne saurait reposer sur des violences ou des humiliations, physiques comme psychologiques. Recourir à des châtiments corporels, même légers, c’est laisser penser à l’enfant qu’il peut user de la violence pour parvenir à ses fins », met-il en garde.
« Il n’y a pas de bonne fessée »
Aujourd’hui encore, d’aucuns persistent à dire qu’« une bonne fessée de temps en temps ne fait pas de mal ». Pour le pédopsychiatre Daniel Marcelli, « il n’y a pas de bonne fessée ». Ce geste est porteur d’humiliation, « la pire toxine individuelle et sociale ». De fait, « dès qu’il grandit, l’enfant qui a été humilié sera enclin à humilier les plus faibles que lui. »
Bien sûr, il ne s’agit pas de « judiciariser la moindre tape, poursuit-il, mais de faire comprendre aux parents que frapper, c’est rabaisser et s’arroger sur le corps de l’enfant un droit qu’on n’a pas. » Certains diront familièrement, en guise d’excuse, qu’ils ont « pété un câble ». Le risque, lorsqu’on accepte cet argument qui parle à tous, c’est de « conforter dans leur attitude des parents qui, pour un oui ou pour un non, perdent le contrôle d’eux-mêmes », souligne ce « psy ».
Pourtant, en 2015, selon un sondage Ifop-Le Figaro, sept Français sur dix se disaient opposés à une interdiction de la fessée. « Pour beaucoup d’adultes qui en ont reçu dans leur enfance, soutenir cette évolution reviendrait à considérer que leurs propres parents se sont mal comportés », commente Daniel Marcelli.
« Ne pas priver les parents d’un outil éducatif »
« Les parents ont tout simplement envie qu’on leur fiche la paix, que l’État ne s’immisce pas dans la façon dont ils élèvent leurs enfants ! » interprète de son côté Dominique Marcilhacy, présidente de l’Union des familles en Europe, qui revendique 15 000 adhérents.
Pour elle, « priver les parents de cette possibilité lorsque plus aucun autre argument n’est efficace revient à leur ôter un outil éducatif alors que beaucoup se sentent déjà désemparés, dans le contexte d’une société qui trop souvent tolère les mauvais comportements. »
La psychanalyste Claude Halmos, « militante de la lutte contre la maltraitance », s’oppose, elle aussi, et paradoxalement, au texte voté. « L’arsenal juridique actuel permet déjà de punir les parents maltraitants. Et si, trop souvent, ils ne sont pas sanctionnés, c’est parce qu’un certain nombre de sévices, notamment sexuels, sont difficilement prouvables et que les adultes, professionnels comme voisins, n’osent pas toujours les dénoncer. »
Pour elle, il est essentiel de « distinguer ces parents maltraitants, et notamment ceux qui ont intégré les châtiments corporels à leur système éducatif, des parents lambda qui, un jour, excédés ou voyant que leur enfant se met en danger, lui donnent une fessée et bien souvent la regrettent aussitôt. »
« On sape leur sentiment de légitimité »
En légiférant sur le sujet, assure Claude Halmos, on fragilise des parents qui sont déjà désorientés, « on sape encore un peu plus le sentiment de légitimité dont ils ont besoin pour asseoir leur autorité. Or c’est précisément quand, dépassés, ils ne se sentent plus aucune autorité sur leur enfant que les parents (non maltraitants) en viennent à la fessée. » Selon cette professionnelle, « cette loi pleine de bonnes intentions pourrait donc, paradoxalement, accroître le risque de fessées ».
Convaincu que « réaffirmer l’interdiction des violences ordinaires et quotidiennes contribue à construire un monde pacifié », le ministère des familles et de l’enfance a en tout cas soutenu l’amendement qui modifie le code civil. Mais, comme le dit Daniel Marcelli, il faudrait aussi « renforcer les dispositifs d’aide à la parentalité et prévoir, dès la naissance, une sensibilisation aux notions d’autorité et de santé psychologique ». Il ne suffit pas d’« ôter le bâton ». Il faut aussi suggérer aux parents des pistes pour « faire sans ».
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Le nouveau texte
Selon la nouvelle mouture de l’article 371-1 du code civil, l’autorité parentale s’exerce pour protéger l’enfant « dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne et à l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant et humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».
Cet article sera lu lors de la cérémonie de mariage civil et intégré au livret des parents distribué au quatrième mois de la première grossesse. Il devrait prochainement figurer dans le livret de famille. Le code pénal n’est pas modifié mais la jurisprudence, qui reconnaît parfois un « droit de correction », pourrait évoluer.
Pour apaiser un enfant en colère, la meilleure attitude consiste à rester calme et compter sur le réflexe inconscient du mimétisme.
Si vous avez un enfant jeune ou un adolescent, vous lui avez probablement déjà parlé en utilisant la vieille technique du « tu te calmes tout de suite ! » lorsqu’il est trop énervé. Les exercices de discipline qui prônent la sévérité, la menace et la punition sont toutefois peu efficaces avec certains enfants turbulents. Et quoi de plus frustrant pour un parent déjà à bout de nerfs que de déclencher une réaction de fermeture ou de colère alors qu’il tente de mettre un terme à une situation difficile ?
Le spécialiste Ugo Uche explique dans un article du site Psychology Today qu’il existe une solution : se forcer à rester calme. La frustration, l’anxiété, la confusion et la colère sont des sentiments que l’enfant remarque très facilement sur le visage de ses parents. Peu importe les mots qui sortent de votre bouche, il ne vous écoutera pas tant que l’expression et la voix indiquent des sentiments négatifs. Un parent en colère va donc augmenter la colère de l’enfant, qui réagira soit par la peur, soit par la fermeture.
L’effet miroir
Imaginez un scénario classique entre deux frères. L’un joue à la console, l’autre lui demande de jouer avec lui, mais le premier refuse. S’en suit une dispute et des coups, et les parents arrivent au moment ou le premier, celui qui jouait à la console, donne une gifle au second pour « se défendre ». Résultat : ses parents le disputent et le punissent pour son comportement. L’enfant ressent une injustice et pique une colère. Les parents sont encore plus énervés et frustrés et les cris continuent jusqu’à ce qu’il se taise, fatigué, malheureux et blessé.
De son point de vue, cet enfant pense que ses parents ont été injustes avec lui et n’a pas compris le message qu’ils essayaient de lui faire passer, à savoir « ne tape pas ton frère ». En contrôlant leurs sentiments, explique Ugo Uche, et en parlant calmement, ils auraient pu éviter l’escalade de la colère. Lorsqu’une personne réellement calme s’adresse à un enfant, celui-ci va inconsciemment reproduire le comportement et son cerveau va se calmer tout seul. Certes, il n’est pas toujours facile de contrôler ses nerfs lorsqu’on est sous pression ou que notre enfant nous pousse à bout, mais cette technique peut aider à améliorer la communication au sein de la famille.
#INTERNATIONAL: HOMMAGE – Une pétition a été lancée ce lundi en Allemagne pour honorer, à titre posthume, le chauffeur polonais dont l’intervention aurait sauvé des vies lors de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Noël à Berlin.
L’épidémie de grippe s’étend désormais aux treize régions de France métropolitaine, contre neuf il y a une semaine, a annoncé mardi le ministère de la Santé, qui appelle à la vigilance pour les personnes âgées, particulièrement touchées par l’épidémie cette année.
Ils transforment la vie de famille en enfer. De 4 à 18 ans, ce sont les nouveaux tortionnaires domestiques. Une honte pour beaucoup de parents, désespérés et culpabilisés. aujourd’hui, la parole se libère. les mères – et quelques pères – se réunissent pour en discuter. Depuis un an, il existe même une consultation pour parents en détresse au chu de Montpellier. plongée dans la noirceur de ces «chers» petits.
On connaissait les Alcooliques anonymes, les Narcotiques anonymes, les Dépendants sexuels anonymes, il existe aujourd’hui les Parents anonymes. Des papas et surtout des mamans qui n’en peuvent plus, tyrannisés par leur progéniture. C’est au café de l’Ecole des parents à Paris qu’ils se retrouvent.
Grande, brune, regard bleu acier, les cheveux attachés en une très longue queue-de-cheval, Valérie participe au groupe de parole pour la première fois: «Bonjour, ma fille a bientôt 13 ans et c’est une enfant difficile, notre relation est très conflictuelle. Hier soir encore on s’est disputées de 19 heures à 23 heures, je suis épuisée.» Jusque-là, se dit-on, rien de bien original, encore une ado en conflit avec sa mère. Anne, la trentaine intello, paire de lunettes rondes sur le nez, est bibliothécaire: «J’ai deux enfants, c’est l’aîné qui pose problème… Il a 6 ans, il me parle mal, me bouscule, essaie de couvrir ma voix quand je discute avec d’autres gens…» Parmi la dizaine de parents présents ce jour-là, deux grand-mères inquiètes. «Je suis la mamie d’un petit garçon de 5 ans qui rend la vie de ses parents impossible! Ma fille redoute les moments où il rentre de l’école ou les week-ends. Elle a peur de son enfant et moi, j’ai peur pour elle et pour son couple. Elle m’a autorisée à venir à sa place pour savoir s’il existe des solutions… »
Seul un papa a accepté d’accompagner sa femme au groupe de parole: «Dès qu’on leur laisse un peu trop de liberté, ils prennent les rênes», constate-t-il, désabusé. Au fil de la discussion, la parole se libère. «Quand mon fils fait des colères, je sens monter en moi la violence, mais je ne veux pas taper mes enfants », lâche Anne, en confessant avoir elle-même été frappée par son père quand elle était jeune… Face à elle, Valérie finit par avouer avoir donné, la veille, des fessées à sa fille ! « J’ai tout essayé, la douceur, la discussion, et là j’en reviens à la bonne vieille méthode, y a que ça qui la calme.» Silence autour de la table. Une fessée à une ado de 13 ans! «Peut-être une erreur de stratégie? » suggère avec douceur Caroline Le Roux, la psychologue qui anime le groupe.
«La plupart des parents qui viennent nous voir se sentent reniés dans leur parentalité. Ils ont l’impression d’avoir perdu le pouvoir sur leurs enfants ou qu’ils ne servent plus à rien», explique Caroline. Même si la notion de tyrannie est parfois toute relative dans notre société, «ce qui tyrannise les uns laisse les autres complètement froids», ajoute la psychologue. Comme cette maman qui se sent martyrisée par sa fille tous les soirs au moment du coucher: «Ça dure des heures, se plaint-elle, elle me demande d’aller faire pipi, puis d’aller lui chercher un verre d’eau, de rester avec elle, de lui tenir la main… Et moi, quand j’ai toute une journée de travail dans les pattes, je ne supporte pas, je craque.»
«L’autorité parentale, c’est l’équilibre entre ‘donner des règles’ et ‘être à l’écoute des besoins de l’enfant’, explique Nathalie Isoré, la directrice de l’Ecole des parents de Paris. C’est mathématique. Quand je reçois les parents, je leur demande où ils se situent sur un graphique. En ordonnée, à quel point ils sont directifs ; en abscisse, à quel point ils sont à l’écoute. C’est ensuite à eux d’ajuster. On critique beaucoup les parents parce qu’ils ne savent prétendument pas poser de limites ou parce qu’ils ne sont pas assez autoritaires. Cette notion des limites, la plupart d’entre eux l’ont, c’est le ‘comment’ qui pose problème. Ils l’expriment d’ailleurs quand on les reçoit : ‘Je sais ce qu’il faut dire, mais je n’y arrive pas.’ Ces parents exercent l’autorité dans la culpabilité : ils ont été trop brimés dans leur enfance, et ils en ont souffert, ou bien ils ont peur de perdre l’amour de leurs enfants. Il faut savoir dire non, souvent un non bref et ferme suffit. Nous sommes dans une société où on parle trop aux enfants… Avant, l’autorité était verticale et les enfants soumis. Il y avait d’ailleurs beaucoup de bègues, l’un des symptômes de cette soumission. Aujourd’hui, l’autorité est devenue horizontale, les enfants sont plus rebelles, ils ont leur mot à dire, leur agressivité s’exprime davantage. D’un point de vue éducatif c’est plus intéressant mais bien plus dur. On reçoit beaucoup de parents qui sont trop à l’écoute de leurs enfants», résume Nathalie Isoré.
«J’étais une enfant sage. Et ma fille à moi me traite de salope» Une maman
«Avant, on voulait que nos enfants deviennent des adultes polis, bien élevés. Maintenant, on veut qu’ils soient épanouis.»Dans son dernier opus, «Parents sous influence» (éd. Odile Jacob), une sorte de bréviaire plein d’espoir à l’adresse des parents qui se sentent coupables, la romancière Cécile David-Weill, qui estime avoir été une «mauvaise» mère pour ses trois enfants, le rappelle : «L’ambition éducative a explosé. De nos jours, il faut être à la fois une mère exceptionnelle, une femme accomplie dans son boulot, trouver du temps pour sortir, faire du sport entres copines et, surtout, ne pas oublier son mari… La question est comment s’investir? Combien de temps y consacrer ? C’est pour cette raison que j’ai écrit tout un chapitre sur cette thématique: il faut ‘choisir ses batailles’. Quant à apprendre le job… Lorsqu’on devient parent, on n’a aucun repère, et ce n’est pas dans les livres dédiés qu’on trouve des solutions. Alors, que fait-on ? C’est très simple, soit on reproduit l’éducation de ses propres parents soit, si on en a souffert, on essaie le contraire, estime l’écrivain qui a consulté des dizaines de psys pour tenter de comprendre. Ce que j’ai constaté avec mes enfants, c’est que, en voulant faire l’inverse de mes parents, j’ai fait pire. Autre constat : mes enfants s’en sont mieux sortis dans les domaines où je leur fichais la paix. Ce n’est pas toujours simple de les voir se débattre ou souffrir, mais parfois il faut les laisser se dépatouiller tout seuls avec leurs problèmes.»
Au CHU de Montpellier, le Dr Nathalie Franc pointe du doigt la « suradaptation » des parents. Cette pédopsychiatre a mis en place, il y a un an, un groupe de parole unique en France pour les parents d’enfants tyrans. Des petits Dr Jekyll et Mr Hyde qui cachent bien leur jeu en société. Epuisés, parfois au bord du burn-out, une quinzaine de parents s’expriment. «Ma fille m’insulte, elle me bouscule, mais hier, lors de la dernière crise, j’ai suivi vos conseils et j’ai ouvert les fenêtres, raconte une mère tyrannisée par son ado de 16 ans. Elle a hurlé: ‘Non mais, ça va pas!’ et je lui ai rétorqué qu’au contraire il fallait que les gens dans la rue entendent la façon dont elle me parle», se défend-elle devant le groupe de parole. Ces parents ont peur de leur progéniture: «A tel point que, tous les jours, je préviens les deux petits que leur grand frère va rentrer de l’école et qu’il ne faut pas l’embêter pour éviter qu’il ne pète un plomb», raconte une maman de 38 ans, en guerre ouverte avec son aîné de 8 ans.
La mère d’un petit de 6 ans, ingérable lui aussi, ose alors raconter sa dernière humiliation publique: « J’étais au café avec ma meilleure amie quand mon petit me demande d’aller acheter des bonbons avec son grand frère. Je refuse et lui explique que c’est trop dangereux à cause de la route. Alors il se met à hurler devant tout le monde. Je l’ai ‘ceinturé’ fermement, raconte-t-elle, parce qu’il donnait des coups de pied dans tous les sens. Ma meilleure amie m’a regardée, les yeux ronds. C’était la première fois qu’elle vivait ce que j’endure tous les jours… et quand mon petit a vu son regard stupéfait, il s’est arrêté tout seul.» «Souvent, ces parents ont honte de leurs enfants, alors que, au contraire, le regard des autres fait partie de la thérapie. En famille, l’enfant se sent libre d’exploser, mais en société il se sent jugé», analyse la pédopsychiatre, en approuvant une autre mère qui a appelé un couple d’amis à la rescousse quand son fils a tout cassé dans l’appartement.
«Dès qu’on leur laisse un peu de liberté, ils prennent les rênes» Un papa
Depuis un an, le Dr Franc suit une cinquantaine de familles au bout du rouleau. Car ce n’est pas qu’un problème d’éducation défaillante. L’enfant qui martyrise ses parents physiquement et psychologiquement est un sujet tabou: «Je pense que cela a toujours existé mais, aujourd’hui, les parents en parlent et les enfants sont pris en charge. Il n’y a rien de pire que la culture du secret, cela conforte l’enfant dans son mal-être car un petit tyran est souvent en souffrance. La majorité a des troubles du comportement», informe le Dr Franc. La plupart des enfants suivis au CHU de Montpellier ont été diagnostiqués hyperactifs, anxieux ou à haut potentiel (QI élevé). «Depuis que mon fils a été diagnostiqué hyperactif, ça va mieux, je me sens moins isolée, je partage mes problèmes avec d’autres parents et j’ai des outils pour essayer de l’aider. Il va peut-être avoir un traitement qui va l’apaiser.» « Ces enfants-là sont comme des Cocotte-Minute, ils prennent sur eux toute la journée quand ils sont à l’école ou en société et quand ils rentrent à la maison, ils décompensent », explique une maman qui a compris que tout n’était pas de sa faute. «Au début, on se sent responsable, on se dit qu’on a dû faire une erreur quelque part…», ajoute une autre.
Les parents concernés sont dépassés. «Quand ils ont 6 ou 8 ans, ça va encore, tempère la mère de Jules, 9 ans, qui lui fait des misères du matin au réveil pour s’habiller au soir pour se coucher et qui tape son petit frère et sa petite soeur quand le programme télé ne lui convient pas. Mais les adolescents, c’est encore plus dur.» «C’est vrai, confirme une autre mère courage dont la fille de 16 ans a fait de sa vie un enfer. Moi, je n’étais pas du tout préparée à ça, j’étais une enfant sage, je n’ai jamais dit merde à mes parents et aujourd’hui ma fille me traite de salope et m’insulte…» Ces parents en arrivent à détester leurs enfants. «Vous savez, ces gens qui partent acheter des cigarettes et qui ne reviennent pas? Eh bien moi, j’en rêve», avoue froidement une des participantes.
«Le plus inquiétant, c’est quand l’enfant n’a pas d’empathie », explique le Dr Franc. Dans le groupe de parole, un seul couple, solidaire face à un petit «monstre». «Théo, il faut le surveiller tout le temps, il pourrait passer à l’acte, je le sais, raconte la mère. La dernière fois, il se disputait avec sa soeur et je l’ai vu mettre la main sur le couteau de cuisine. Et ce n’est pas la première fois. Il n’a jamais exprimé de regrets, on est de plus en plus inquiets.» Malaise. «La plupart des parents qu’on reçoit au CHU portent leur croix, certains ont tellement de difficultés avec leurs enfants qu’ils sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper d’eux. Il y en a aussi beaucoup qui sont déprimés. Alors, nous essayons de les aider à retrouver une vie normale, à prendre une distance sereine et ferme pour que chacun récupère sa place dans la famille.»
«On dit souvent que tout se joue entre 0 et 6 ans, mais ce n’est pas une règle, on peut toujours rectifier le tir», estime Nathalie Isoré qui reçoit des parents depuis quinze ans. Cécile David-Weill a réalisé qu’elle avait pris le mauvais chemin au bout de quinze ans, alors que ses enfants étaient déjà des adolescents, et « lorsque tous les voyants étaient au rouge » (dépression, addictions…). Oscillant entre l’intransigeance de ses propres parents qui l’élevaient «façon début XIXe » – selon ses mots – et la permissivité totale, elle faisait souffrir ses enfants, qui le lui rendaient bien…
Albéric de Serrant : « Frustrer un enfant le fait grandir »
Directeur du Cours Alexandre-Dumas, à Montfermeil. Il accueille une centaine d’enfants en difficulté sociale ou scolaire, leur enseigne le respect des parents, et des adultes en général, en prônant une éducation bienveillante.
Paris Match. Qu’est-ce qu’un enfant-roi? Albéric de Serrant. C’est un enfant qui ne sait pas demander, qui revendique. Quand il y a enfant-roi, il y a parent-roi, chacun défend son ‘je’ et c’est un combat mené par la revendication. Le ‘je’ s’impose alors qu’on sait très bien que la clé des rapports au sein de la famille, c’est le ‘nous’. Si on n’échange pas et si on ne pense pas avec le ‘nous’, tout est foutu. L’éducation, c’est l’apprentissage du vivre ensemble et l’épanouissement personnel dans le vivre ensemble. Le ‘je’ ne doit pas s’effacer, il doit s’harmoniser avec le ‘tu’ et le ‘nous’. Exemple: je suis un père de famille fatigué qui demande à son enfant qui regarde la télé de ‘dégager’. Ce dernier revendique à son tour son envie de continuer avec un argument de taille: ‘Maman m’a dit qu’elle était d’accord’, utilisant alors la mère comme une arme redoutable contre le père.
Beaucoup de parents ne sont pas d’accord sur la façon d’éduquer leurs enfants. Le problème ne réside-t-il pas dans ce conflit?
L’éducation, c’est éveiller l’enfant. Et, dans cette construction, l’éducateur peut aider les parents à retrouver leur autorité. C’est ce que nous faisons au Cours Alexandre-Dumas mais sans nous substituer à eux. Il faut autant que possible arriver à parler d’une seule voix. Le ‘nous’ doit d’abord s’exprimer au sein du couple, quelle que soit la situation (parents divorcés, séparés ou du même sexe…), puis dans le rapport parents-enfants. Chaque parent, chaque tuteur est responsable – non pas à 50% mais à 100% – de l’éducation de ses enfants, ce qui implique des échanges et des décisions communes avant de s’adresser à lui. Pour parler d’une seule voix, il faut que l’amour soit le guide, l’amour comme expression du respect de l’autre ou celui que les deux parents ont pour l’enfant. Il faut inverser le jeu du conflit conjugal et ‘rester uni face à l’aimé commun’.
Vous-même, vous arrive-t-il de commettre des erreurs avec votre progéniture?
Bien sûr! Je suis père et je ne respecte pas toujours la règle du ‘front uni’. Un jour, j’ai voulu expliquer à mon fils comment chercher un mot dans le dictionnaire. Ma femme est intervenue: elle n’était pas d’accord sur la méthode. Je me suis alors défendu de mieux connaître le sujet en tant qu’enseignant, et elle s’est vexée. Plus tard, elle m’a rétorqué que c’était elle qui s’acquittait des devoirs et que je l’avais décrédibilisée. J’ai reconnu mon erreur: j’aurais dû la laisser intervenir, mon fils ne se serait pas retrouvé face à deux parents désunis. C’est la clé de la transmission. Se répartir les tâches dans le couple n’est pas s’effacer dans une activité, mais rejoindre l’autre. On peut appliquer cette règle dans tous les domaines: la gestion des conflits avec l’enfant comme les moments de partage heureux avec eux!
Beaucoup de parents ont peur du conflit. L’autorité parentale passe-t-elle uniquement par le conflit?
Les parents n’ont pas peur du conflit, ils ont peur de la frustration. Notre société la refuse. Accéder systématiquement à la pulsion d’acquisition d’un enfant est en réalité d’une grande cruauté. Manger une glace est un plaisir, mais avoir une glace tous les jours n’est plus un plaisir, cela devient un dû. Frustrer un enfant le fait grandir. C’est bon de désirer une glace, on l’apprécie encore plus! La frustration apprend à être patient et laisse à l’autre la liberté de faire un cadeau quand il est prêt. Le vivre ensemble rime pour moi avec liberté et non avec esclavage. Certaines familles ont besoin du conflit, d’autres au contraire se targuent de ne jamais devoir élever la voix; l’autorité peut s’exercer de différentes manières. Mon père n’avait qu’à faire les gros yeux quand j’étais enfant pour que je m’arrête, mais ma soeur le faisait hurler. Cela dépend de la personnalité et de la psychologie de l’enfant.
Notre société prône l’empathie avec l’enfant. Qu’en pensez-vous?
Il faut trouver un juste milieu entre le discours de nos grands-parents, le fameux ‘tais-toi, fais ce que je te dis, c’est moi qui ai raison’, et les parents d’aujourd’hui auxquels on impose de se taire et d’être à l’écoute des jeunes. La crise de l’autorité parentale réside dans le fait qu’on ne se donne plus le droit d’utiliser le patrimoine transmis par ceux qui nous ont précédés: prendre ce qui était bon chez nos grands-parents et ce qui est bon chez nos enfants dans l’intelligence du contexte actuel bouleversé par les nouvelles technologies.
Il y a aujourd’hui tout un débat sur la fessée. Doit-on punir les enfants qui ne respectent pas les limites? Et comment?
Je préfère le mot sanction au mot punition. La sanction est essentielle car c’est un avertisseur. Sur la route, la première sanction est la ligne blanche qui nous rappelle qu’on dévie du droit chemin. Le radar a la même fonction quand on va trop vite, mais la sanction est plus forte car elle nous supprime des points et de l’argent. Une sanction peut également être une récompense quand on récupère ses points au bout de deux ans. Elle a toujours vocation à définir la limite et elle doit s’adapter à la gravité du dépassement de cette limite. On ne gronde pas de la même façon un enfant qui va toucher un bibelot fragile ou qui s’apprête à mettre les doigts dans une prise. Quand un enfant se met en danger ou qu’il met en danger les autres, la sanction doit être plus forte. Je ne suis pas un partisan de la fessée; si elle pouvait disparaître, ce serait bien. Ainsi la modification du Code civil va dans le bon sens. Une fessée, si elle advient, ne doit pas être répétitive. Je me souviens des deux seules fessées de ma vie. Elles m’ont marqué! Je pense qu’il faut éviter les gifles et, après 10 ans, plus de fessée. Si l’enfant est insupportable, il va s’isoler dans sa chambre jusqu’à ce qu’il retrouve son calme.