20170521 – News : S’engager en couple, c’est signer un contrat inconscient – Le Temps

«J’ai un nouveau copain, mais il ne veut pas aller plus loin.» Eh oui, ce sont des choses qui arrivent. Mais pourquoi? Et finalement, qu’est-ce que l’engagement à plus long terme?

En chantant «Je te promets» dans les années 1980, Johnny Hallyday garantissait monts et merveilles à la femme de sa vie. Ou du moins, celle du moment, et avec un petit avertissement dans les paroles: «Et même si c’est pas vrai, si on te l’a trop fait. […] Peut-être avec le temps à la force d’y croire, on peut juste essayer pour voir.» Ce bon vieux Johnny décrivait-il là sa difficulté à s’engager dans une histoire? Comme on dit: une femme avertie en vaut deux…

Toujours est-il que nombreux sont ceux et celles qui se plaignent d’être tombés sur un partenaire fuyant, laissant l’autre rongé par le doute et l’espoir. «Chacun a sa propre définition de l’engagement, et, en plus, n’a pas conscience de cette définition», explique la thérapeute de couple Imago Anouk Truchot. «Lorsque vous êtes engagé pour un job, vous avez un contrat de travail. Et si vous ne le remplissez pas, vous risquez de vous faire virer. Dans les couples, on n’établit pas de contrat auparavant. Tout est basé sur les histoires familiales, culturelles ou religieuses, sur nos croyances. A partir de là, nous créons un contrat inconscient.» Un contrat propre à chacun, établi en fonction de ses attentes et de ses manques.

Des réponses très variées

Lorsqu’on demande autour de soi ce qu’est l’engagement en couple, les réponses sont extrêmement variées. Quelques définitions en vrac, données par des hommes et femmes de 20 à 50 ans: être liés par des intérêts communs, faire preuve d’ouverture et de confiance, faire des choix au bénéfice du couple, consacrer à l’autre une place privilégiée au quotidien, prendre une responsabilité vis-à-vis du couple ou de la famille, fonder une famille, habiter ensemble, avoir des valeurs et des projets communs. Ou encore: être solidaire, avec un farouche désir d’aller dans la même direction avec amour, respect, empathie, générosité et tolérance. Autant dire que la notion est vaste… Et que si elle n’est pas respectée par l’autre, ou pas claire, la prise de distance risque d’être immédiate! La chute peut alors être rapide et douloureuse.

Ce non-engagement, ou désengagement, correspond à une blessure ou à une peur. Les femmes de 35-40 ans en savent quelque chose: nombreux sont les hommes qui disent ne pas vouloir s’engager, par crainte de la perspective «famille». Pauline*, 45 ans, ne souhaite plus vivre avec un homme. Ce qui, justement, fait partie des marques importantes d’engagement. «J’ai l’impression de les avoir tellement servis que j’ai une overdose. Et j’aurais peur d’être à nouveau privée de ma liberté de femme. Mais je pourrais aussi accepter de vivre avec quelqu’un, en m’affirmant et en négociant mes droits, en m’exprimant et en me faisant respecter. En faisant cela, je gagnerais certainement ma propre estime de moi!»

La peur, virus ambiant

Pour Anouk Truchot, la peur est un virus ambiant. Mais il est possible de modifier ce fonctionnement si l’on prend conscience des raisons pour lesquelles on ne s’engage pas, si l’on comprend quelles sont les blessures ravivées. «La plupart des gens pensent que l’engagement est une perte de liberté. Alors qu’il peut au contraire être le meilleur moyen de trouver sa liberté et de grandir. Mais il ne faut pas mélanger engagement et choix. Il faut prendre le temps de se dire: «Est-ce que cette personne me convient?»

Et la thérapeute de rappeler que s’engager à vivre avec quelqu’un au bout de trois semaines de relation est souvent une décision prise sous l’effet de la PEA (l’hormone de l’amour qui nous pose des lunettes roses sur le nez). «Beaucoup de gens ne parviennent pas à dépasser la phase de l’amour romantique. Tout à coup, ils réalisent que ce n’est du tout ce qu’ils voulaient, et c’est là qu’ils reculent.»

 

Source : S’engager en couple, c’est signer un contrat inconscient – Le Temps

 

Avis Pimpf : c’est un mal très moderne, de celui de ne plus vouloir s’engager, je ne dis pas qu’il faut s’emprisonner et se mettre dans une situation que l’on n’aimera pas mais le couple est aussi le symptôme global on ne s’engage pas en couple, dans des amitiés, dans la famille, dans tout car on ne veut penser qu’a soi, pas de limites  , pas de contraintes, rien à donner mais rien en retour aussi… Certes ce n’est pas toujours aussi évident, mais cela devient de plus en plus fréquent de nos jours…

20170521 – Quand le perfectionnisme perturbe la sexualité

Une recherche obsessionnelle de la perfection est susceptible d’affecter tous les domaines de la vie, y compris la vie sexuelle. Les normes sexuelles élevées – que l’on s’impose ou que l’on impose à son partenaire – peuvent altérer la vie sexuelle de celui ou celle qui les subit. Comment reconnaître le perfectionnisme sexuel et s’extraire de son carcan ?

Le perfectionnisme sexuel, des conséquences positives et/ou négatives

Subir la pression de son partenaire, de soi-même ou de la société pour être « parfait(e) » sexuellement n’est pas anodin, et peut altérer la confiance sexuelle. Le perfectionnisme sexuel conduit à cette pression, dont les conséquences ont été explorées dans une étude [1] publiée en 2016 dans les Archives of Sexual Behavior. Elle portait sur 366 femmes âgées de 17 à 69 ans. Celles-ci ont complété des questionnaires portant sur le perfectionnisme sexuel, l’estime sexuelle, l’auto-blâme en cas de problèmes sexuels, l’anxiété sexuelle et sur divers autres paramètres relatifs à la sexualité (excitation, désir, orgasme). Les mêmes questionnaires ont été remplis une seconde fois 3 à 6 mois plus tard.

Les réponses furent classées alors en quatre formes de perfectionnisme : vis-à-vis de soi-même, orienté vers le partenaire (les normes que le partenaire s’impose à lui-même), prescrit socialement (celles tirées de la société) et prescrit par le partenaire (celles que le partenaire vous impose).

Les deux premiers provoquaient une adaptation à la fois positive et négative. La première forme est associée à une augmentation de l’estime de soi, de « l’efficacité » sexuelle et de la satisfaction de la vie sexuelle ; en revanche, la préoccupation sur les « erreurs » commises durant le rapport était augmentée. La seconde forme est elle aussi associée de façon positive à ces critères, mais l’inquiétude était diminuée. En d’autres termes, s’imposer une certaine exigence dans le domaine sexuel peut avoir un impact positif sur la sexualité, à condition de ne pas se mettre trop de pression !

La pression nocive de la société et du partenaire

En revanche, le perfectionnisme induit par la société et par le partenaire avaient un retentissement négatif sur les différents paramètres évalués.

Dans le premier cas, il apparait corrélé avec l’anxiété, la dépression en lien avec la sexualité, la préoccupation due aux erreurs commises durant le rapport ; l’estime de soi et l’optimisme sur le plan sexuel étaient également diminués.

Dans le cas du perfectionnisme induit par le partenaire, les femmes souffraient davantage d’anxiété sexuelle, et se blâmaient à propos de leurs troubles sexuels. Elles avaient également plus de douleurs durant les rapports et d’anxiété. L’estime sexuelle, le désir, l’excitation, la lubrification et l’orgasme étaient diminués

Une autre étude [2] parue en novembre 2016, confirme l’impact négatif du perfectionnisme induit par le partenaire. La femme a tendance à prêter à son partenaire des attentes démesurées. En découle une pression importante, qui nuit à son orgasme. En effet, être spectatrice du rapport peut conduire à se détacher de ses sensations érotiques, et à s’éloigner de l’orgasme. Si la femme pense à sa cellulite ou à ses bourrelets durant l’amour, elle n’est pas dans les conditions propices et ne peut pas profiter sereinement de l’étreinte. D’après Annette Kluck, auteure de ces travaux, être exigeante avec soi-même n’est pas forcément un problème quand cette observation sert à décupler ses sensations érotiques ou à assouvir ses envies.

Que dissimule le perfectionnisme sexuel ?

En pratique, un perfectionniste a tendance à savoir à l’avance comment doit se passer un rapport et à imposer cette vision à sa partenaire. Il est déçu si cer apport ne se déroule pas de la manière anticipée. Il peut être critique sur les performances de sa partenaire au lit ; il est souvent plus intéressé par la performance sexuelle que par le partage émotionnel (faire l’amour quatre fois par semaine, une fellation de telle façon, avoir un désir permanent et important…) On comprend à quel point cela peut être frustrant et anxiogène pour le ou la partenaire. Mais aussi pour le perfectionniste !

« J’ai beaucoup de patients qui sont concernés, davantage chez les hommes que chez les femmes », commente Joëlle Mignot, psychologue sexologue. « Les hommes sont très sensibles au perfectionnisme, notamment par rapport à l’érection. On retrouve ce perfectionnisme dans la sexualité féminine aussi mais cela prend d’autres formes, plutôt autour du corps et de la norme, des critères physiques ». Dans les deux cas, le perfectionnisme est très délétère pour la sexualité, d’après la sexologue. « Plus il y a une quête de performance et de perfection, plus il y a de l’anxiété derrière cette quête. » Or, l’anxiété fait mauvais ménage avec la sexualité et le plaisir…

Trop d’exigences vis-à-vis de soi-même

Le perfectionnisme bloque entrave parfois profondément la vie sexuelle. Chez l’homme, il peut s’agir d’exigences comme avoir une érection sur demande. « Finalement ils ne s’écoutent pas, analyse Joëlle Mignot. Ils sont pris dans des schémas sociétaux, ou liés à leur propre histoire (en rivalité avec un père ou un frère), ou encore en lien avec une représentation de l’homme construite à partir des films pornographiques ».

Les femmes sont tiraillées entre des exigences multiples : être une bonne mère, une collaboratrice efficace, une bonne amante, etc. Et d’après la sexologue, les magazines féminins décrivent une image qu’elles ne reconnaissent pas et qui les angoissent : elles ne se sentent pas dans la norme. « Mais la perfection sexuelle n’existe pas ! » s’exclame-t-elle.

Pour la psychologue, la question du narcissisme est aussi au cœur de la quête de perfection, avec la volonté d’être le meilleur. « Il y a derrière un schéma inconscient, décrypte-t-elle. Mais être le meilleur par rapport à qui, à quoi ? »

Autre concept se cachant derrière le perfectionnisme : la volonté de satisfaire l’autre. Si l’intention est bonne en théorie, elle peut en pratique être excessive, et source d’angoisse et d’insatisfaction. Conséquence : on ne vit plus sa sexualité pour soi. « Les gens trop tournés vers l’autre s’oublient, et quand on s’oublie dans sa sexualité, on n’est pas heureux… »

Comment sortir du perfectionnisme ?

L’amélioration de la situation passe par le dialogue. Mais il peut être difficile avec un perfectionniste, qui redoute d’être vulnérable en abandonnant ses normes. Et un perfectionniste a rarement conscience de son « travers » d’après la sexologue. La (ou le) partenaire peut alors lui suggérer gentiment que la vie sexuelle s’enrichirait sans doute de davantage de spontanéité. Une autre option est d’inviter les jeux de rôle dans la chambre : la partenaire prend le pouvoir et dirige les rapports, qui seront moins codifiés et plus surprenants. Cette alternative a le mérite de lui faire du bien en augmentant sa confiance sexuelle, et de faire découvrir au partenaire l’excitation de ne pas être en charge du déroulement du rapport. S’il l’accepte…

On peut aussi proposer à son partenaire de consulter. « Au départ, les patients ne viennent pas pour leur perfectionnisme, ils n’en ont pas conscience, estime Joëlle Mignot. En parlant, on se rend compte qu’ils se sont mis dans un système dont ils sont prisonniers. » Et pour en sortir, la thérapeute fait prendre conscience du caractère vivant de la sexualité, comme se nourrir ou dormir. « On ne dort pas toujours pareil, on ne mange pas pareil, il y a aussi une variabilité dans la sexualité qu’il faut accepter, constate la sexologue. Et cela dédramatise beaucoup la faille. Alors plus c’est vivant, mieux c’est pour eux ! » Le thérapeute travaille donc avec son patient pour voir de quelle façon dont ils peuvent faire autrement, en adaptant à leur façon d’être. Les techniques comme l’hypnose ou la relaxation sont intéressantes parce qu’elles ouvrent le champ des possibles, qui est rétréci chez le perfectionniste. Elles aident à modifier le mode de fonctionnement, et à réinjecter de la spontanéité et du vivant dans la sexualité…


[1] Multidimensional sexual perfectionism. J. Stoeber, et al. Archives of Sexual Behavior (2013), 42, 1593– 1604.

[2] Sexual Perfectionism in Women: Not as Simple as Adaptive or Maladaptive. Kluck. Arch Sex Behav (2016) 45: 2015. doi:10.1007/s10508-016-0805-4

Source : Quand le perfectionnisme perturbe la sexualité

20170521 – « Charge mentale » : quatre réponses à vos amis qui assurent qu’ils partagent les tâches ménagères

La BD d’Emma met sous les projecteurs le concept de « charge mentale » : le fait que les femmes, en plus des tâches ménagères, ont à leur charge toute la partie logistique du fonctionnement d’un ménage. (EMMA / FACEBOOK)

Une bande dessinée de la blogueuse Emma, publiée le 9 mai, a fait un carton sur les réseaux sociaux. Elle parle d’un problème dont le nom était jusqu’ici peu connu : la charge mentale. Franceinfo fait le point pour vous, sans vous prendre la tête.

Vous, nos frères, nos cousins, nos mecs, vous avez sans doute dû voir passer cette petite bande dessinée. Postée le 9 mai, elle a déjà été partagée plus de 200 000 fois, lundi 15 mai. Emma, dessinatrice et auteure de la bande dessinée Un autre regard, nous parle de « charge mentale » et inscrit cette expression dans une revendication féministe. Ça vous agace déjà ? Franceinfo vous explique pourquoi ce n’est pas méchant, et même, pas inintéressant.

La « charge mentale », c’est quoi encore ce concept ?

La bande dessinée d’Emma, intitulée « Fallait demander », illustre une situation qu’elle juge classique. Elle arrive chez une amie alors que celle-ci est encore en train de s’occuper de ses enfants tout en gérant la préparation du repas. Quand arrive la catastrophe d’une casserole qui déborde, son compagnon jusqu’alors bien calé dans le canapé du salon lui rétorque que si elle avait besoin d’aide, « fallait [lui] demander ».

C’est ça, la charge mentale : en plus d’assurer sa part des tâches ménagères, la femme a, bien souvent, la charge de l’organisation et de la répartition de ces tâches dans le foyer. Son esprit est toujours occupé à anticiper, planifier et réguler le fonctionnement d’une maison et le bien-être de ses habitants.

Et ce concept n’est pas nouveau ! Selon Sandra Frey, sociologue et politologue spécialiste des questions de genre, contactée par franceinfo, la charge mentale a été pour la première fois évoquée dans les années 1990. A l’époque, la sociologue Danièle Kergoat, spécialiste de la division sexuelle du travail, se penche sur les revendications du mouvement des infirmières. L’une de leurs demandes est que leur travail soit reconnu comme une activité qualifiée, et non comme un prolongement de leurs supposés attributs « de femmes ». En poussant plus avant l’analyse des spécificités du travail dit « féminin », Danièle Kergoat met au jour cette notion de charge mentale.

Le marxisme s’est lui aussi penché sur la question. « On appelle ça, dans l’analyse marxiste, ‘l’entretien et la reproduction de la force de travail’. On dévolue toujours prioritairement aux femmes la satisfaction des besoins de chacun, enfant et travailleur, la bonne marche de la maisonnée », rappelle la sociologue.

Franchement, il n’y a pas plus urgent pour les féministes, comme se battre pour l’égalité des salaires ?

Les combats ne sont pas exclusifs, hein… Et, en réalité, tout est lié. Selon Sandra Frey, « la charge mentale est invisible, mais c’est l’infrastructure du sexisme dans notre société ». Elle est à la fois une cause et une conséquence de l’attribution de rôles sociaux en fonction du genre. Le fait que la femme doive être mentalement dévouée à son foyer insinue qu’elle n’est pas à sa place dans le milieu professionnel.  

C’est le pendant du plafond de verre dans la vie professionnelle. Mais ce n’est pas compréhensible si on n’a pas à l’esprit, ou qu’on ne veut pas voir, la prédominance du sexisme dans la société.

Sandra Frey, spécialiste des questions de genre

à franceinfo

La sociologue va même plus loin dans sa définition du phénomène : « C’est quelque chose de l’ordre de l’esclavagisme : c’est-à-dire un travail non rémunéré, nié dans sa valeur, non reconnu et illimité. » Car la charge mentale mobilise en permanence les femmes, les épuise, donc les handicape.

Sandra Frey voit un lien direct entre la charge mentale et le fait pour une femme d’interrompre temporairement une carrière, souvent à la naissance d’un enfant. « Les femmes qui arrêtent leur métier pendant un an, deux ans, le revendiquent, et c’est dénoncé comme traditionaliste. Mais si on a à l’esprit la difficulté d’affronter, de subir, de durer sur le quotidien dans ces conditions – tout ça pour parfois même pas le smic – le compte est vite fait pour elles. » C’est aussi une manière d’éviter le burn out.

Il y a quand même un impact positif de ce rôle permanent de chef de rang : les femmes développent de vraies capacités logistiques. Sandra Frey a mené une étude, La dimension du genre dans l’engagement politique local. Elle s’est intéressée à des femmes retirées de la vie professionnelle qui, à force de s’engager bénévolement autour de leurs enfants, sont repérées par des responsables locaux et font ensuite une carrière en politique. Problème : ce n’est pas la règle générale et, le plus souvent, on ne tient pas compte de cette potentialité.

Je fais ma part des tâches ménagères, moi. Qu’on ne vienne pas m’accuser de sexisme !

Comme le montrent les réactions suscitées par la BD sur Facebook, mais aussi les statistiques, c’est un peu plus compliqué que ça.

Une étude de l’Insee montre qu’en 2010, les femmes consacraient encore quatre heures par jour au « temps domestique », contre deux heures environ pour les hommes. Depuis 1986, l’écart a tendance à se resserrer, mais très lentement. S’il s’est réduit de 15 minutes en ce qui concerne la cuisine, il n’a diminué que de deux minutes pour ce que l’Insee appelle les tâches « diverses », catégorie qui regroupe entre autres la gestion du ménage ou l’attention portée aux autres adultes… La charge mentale, en fait.

L\'étude de l\'INSEE a porté son attention sur la répartition et l\'évolution du temps domestique des hommes et des femmes. 
L’étude de l’INSEE a porté son attention sur la répartition et l’évolution du temps domestique des hommes et des femmes.  (INSEE)

Sous la publication d’Emma, les réactions des hommes sont nombreuses et mitigées. « Merci de m’avoir ouvert les yeux car je me suis reconnu avec le ‘Si tu as besoin d’aide, tu me dis’. Nous attendons notre second enfant et même si parfois je prends des initiatives (…) je ne le fais pas tout le temps et laisse reposer la charge mentale sur ma compagne… », reconnaît un internaute. D’autres rejettent totalement le concept, comme celui-ci : « Ce sont sûrement des mots écrits par les créatrices du concept fantôme de pervers narcissique », ou cet autre : « Ou l’art de faire le buzz , je trouve votre avis et vision très peu progressistes, voire même réducteurs à souhait. »

La sociologue Sandra Frey a jeté un œil à ces commentaires : « Les hommes qui s’étonnent, ils sont en posture ouverte, c’est le stade 1 ! C’est normal que d’autres se sentent accusés : quand on déplace les représentations mentales, la première réaction peut être un choc. »

Car la charge mentale est le fruit d’un sexisme que l’on appelle structurel, et qui est inconscient : on peut être sexiste même sans le faire exprès, parce que certains éléments de notre éducation vont dans ce sens.

Et vous pensez vraiment qu’une BD sur Facebook va changer quelque chose ?

Ça y contribue. Pour les femmes qui vivent cette situation, lire la BD d’Emma a permis de mettre des mots sur une souffrance et de se rendre compte qu’elles n’étaient ni paranoïaques ni seules.

Autre avantage : aider à parler de cette réalité à ceux qui ne la vivent pas ou ne la comprennent pas – les hommes, la plupart du temps. Et nombreux sont ceux qui acceptent de se reconnaître dans ces situations du quotidien illustrées par Emma.

Pour Sandra Frey, l’efficacité de ce petit récit est certaine : « Il n’y a pas une façon de changer les choses, il faut activer tous les leviers.Tous les gens qui auront eu accès à ce débat peuvent prendre conscience. C’est super que cette réflexion leur soit offerte, c’est un mini-mai 68. »

Source : « Charge mentale » : quatre réponses à vos amis qui assurent qu’ils partagent les tâches ménagères

20170516 – Le clitoris représenté pour la première fois en détail dans un manuel scolaire

Une grande première. » Le collectif SVT Egalité, un réseau de professeurs qui lutte contre les stéréotypes dans l’enseignement, s’est réjoui dans un message publié jeudi 11 mai sur Facebook que le clitoris soit « enfin » bien représenté dans un manuel scolaire. Les éditions Magnard ont, en effet, proposé dans leur dernier ouvrage un schéma fidèle de cet organe féminin, qui est le grand absent des manuels de Sciences de la vie et de la Terre, au collège et au lycée.

 

« Tous les autres éditeurs (Belin, Bordas, Didier, Nathan, Hachette, Lelivrescolaire) ont recyclé leurs éternels schémas faux : sans clitoris, ou le mentionnant sans le représenter, ou en le réduisant à un organe de quelques millimètres », regrette le collectif SVT Egalité dans cette publication.

« J’ai rencontré en 2014 des membres du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) qui m’ont alertée sur cette question, explique Isabelle Magnard, la directrice adjointe de la maison d’édition, contactée par franceinfo. En sortant, j’ai demandé que cela soit corrigé dans les prochains ouvrages de SVT. »

« Le clitoris a été gommé »

Pourtant, cela fait des siècles qu’un schéma complet du clitoris existe. « Le premier a vu le jour en 1848 », explique Alexandre Magot, professeur et membre du collectif SVT Egalité. Lorsque le chirurgien britannique Henry Gray publie, en 1858, la première édition de son livre d’anatomie médicale, Gray’s Anatomy, l’organe sexuel y figure dans son entièreté. « Un siècle plus tard, il a totalement disparu de l’ouvrage. Il a simplement été gommé », déplore Alexandre Magot.

Ces dernières années, plusieurs initiatives ont voulu familiariser les femmes avec leur clitoris. En 2016, la chercheuse indépendante Odile Fillod a modélisé, grâce à une imprimante 3D, l’appareil à échelle réelle pour que les élèves puissent avoir une idée précise de sa taille. Sur le site de SVT Egalité, un schéma réalisé par Vincent Guili est à disposition des professeurs qui souhaitent en parler.

Sur le site de SVT-Egalité, un schéma de l\'appreil sexuel féminin est disponible en ligne. 
Sur le site de SVT-Egalité, un schéma de l’appreil sexuel féminin est disponible en ligne.  (Vincent Guili / SVT-Egalité)

Selon Alexandre Magot, les éditeurs de manuels scolaires sont tout à fait au courant de l’existence de telles ressources. « Nous sommes plusieurs enseignants à leur avoir écrit pour les alerter, et nous n’avons jamais eu de réponse », explique-t-il.

Un « sujet polémique » pour certains éditeurs

Contactées par franceinfo, les éditions Belin assurent n’avoir jamais reçu le moindre courrier. Et disent avoir cherché à favoriser « une représentation du sexe féminin en vue externe de face, qui a paru à nos auteurs la plus utile à l’enseignement ». Assurant que « la lutte contre les stéréotypes sexistes est une préoccupation de [ses] auteurs comme des éditeurs », la maison d’édition précise avoir accompagné leur schéma d’une légende explicite : « Organe érectile et érogène ».

Les éditions Magnard affirment également ne pas avoir reçu de courrier de la part de professeurs. « Je ne savais pas que nos schémas étaient erronés avant que le HCE n’attire mon attention là-dessus, explique Isabelle Magnard. Quand je l’ai su, je nous ai trouvés très ringards. On continue d’apprendre à tout âge. »

Les autres éditeurs de manuels scolaires contactés par franceinfo n’ont pas souhaité répondre à nos questions. « Nous ne voulons pas entrer dans des sujets polémiques », s’est justifié l’un d’eux.

Il y a une part d’autocensure très forte.

Alexandre Magot, professeur et membre du collectif SVT Egalité

à franceinfo

Interrogée par Buzzfeed en 2016, Odile Fillod a dénoncé la pression exercée par certains établissements scolaires. « J’ai eu l’occasion de faire des entretiens avec des contributeurs aux manuels de SVT, qui, lorsque je les ai questionnés sur la raison pour laquelle certains biais dans la présentation de la sexualité étaient présents, m’ont expliqué très clairement qu’ils avaient subi une censure, et que celle-ci était directement liée à la puissance de l’enseignement privé catholique en France », a déclaré la chercheuse indépendante.

Un organe sexuel méconnu

Pour Alexandre Magot, « connaître son corps est fondamental en termes d’éducation ». Mais selon un rapport sur l’éducation sexuelle remis en juin par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles ont un clitoris et 83% des collégiennes en classe de quatrième et de troisième ignorent sa fonction.

Si l’absence de représentation fiable pose problème, d’après le professeur de Sciences de la vie et de la Terre, c’est parce que cette absence est fondamentalement sexiste : « Parler du clitoris, c’est aussi parler du désir féminin et ne plus le voir comme annexe. »

De son côté, Isabelle Magnard considère que la démarche de sa maison d’édition n’est pas du militantisme : « Notre rôle n’est pas de militer mais d’avoir des représentations qui tirent les choses vers le progrès. »

Source : Le clitoris représenté pour la première fois en détail dans un manuel scolaire

20170515 – Plus des deux tiers des enfants vivent avec leurs deux parents – Libération

Une enquête de l’Insee révèle que 9,7 millions d’enfants vivent dans des familles «traditionnelles», c’est-à-dire avec leurs deux parents, et près de 4 millions dans des schémas familiaux éclatés.

Sur les 13,7 millions d’enfants mineurs résidant en France métropolitaine, 9,7 millions (71%) vivent dans des familles «traditionnelles», c’est-à-dire avec leurs deux parents, sans demi-frère ni demi-sœur, indique une enquête de l’Insee publiée lundi. Les autres (29%) sont dans des schémas plus éclatés : 2,5 millions vivent dans des familles monoparentales et 950 000 avec un seul de leur parent au sein d’une famille recomposée.

Au total, 3,45 millions d’enfants vivent donc principalement avec un seul parent. Les raisons sont multiples : la séparation des deux conjoints, la volonté des parents ne pas vivre ensemble ou encore l’éloignement géographique du père ou de la mère à cause de sa situation professionnelle. L’enquête de l’Insee considère chaque personne dans sa résidence principale, c’est-à-dire dans la configuration familiale dans laquelle elle vit «la plupart du temps».

En majorité chez la mère

Vivre principalement avec un seul de ses parents ne signifie pas vivre exclusivement avec lui. Parmi les 3,45 millions d’enfants qui habitent «principalement avec un seul de leurs parents», seuls 900 000, soit un quart d’entre eux, séjournent «une partie du temps» chez leur autre parent. Les trois quarts restant n’y résidant «pas régulièrement», voire «épisodiquement», souvent en raison de l’éloignement géographique. Au sein même des familles monoparentales, différentes configurations existent : l’enquête révèle par exemple que ces enfants vivent en majorité chez leur mère et visitent peu leur père (65%). A contrario, seuls 8% d’entre eux vivent chez leur père en visitant peu leur mère. De même, les enfants qui habitent principalement chez leur mère et se rendent chez leur père (19%) sont plus nombreux que ceux vivant chez leur père et visitant leur mère (8%).

A LIRE AUSSILes pères solos sont-ils des mères comme les autres ?

La situation des enfants de familles monoparentales peut changer selon les moments : parmi les 2,5 millions d’enfants évoluant dans cette situation, 200 000 partagent leur résidence principale avec leur parent et un conjoint résidant principalement ailleurs, qui vient vivre une partie du temps dans leur logement.

Pour 80 000 enfants, cet autre adulte est le père ou la mère. Même si leurs deux parents sont en couple, ceux-ci ne cohabitent pas. Ces enfants vivent donc une partie du temps en «famille traditionnelle», quand leur autre parent rejoint le domicile familial. Ils vivent pour la quasi-totalité d’entre eux dans un seul logement tandis que le parent non-cohabitant alterne son temps entre son logement et celui ou vivent ses enfants. Pour les 120 000 autres, cet adulte n’est le parent d’aucun des enfants du foyer.

Les familles «traditionnelles» se transforment, elles aussi, lorsque des demi-frères et sœurs viennent vivre dans la résidence principale. Parmi les 9,8 millions d’enfants mineurs vivant avec leurs deux parents, l’Insee en recense 140 000, qui partagent «une partie du temps» leur logement avec des demi-frères ou demi-sœurs issus de précédentes unions. Ces familles «traditionnelles» deviennent alors des familles recomposées. A l’inverse, entre 90 000 et 120 000 enfants en familles recomposées vivant avec leurs deux parents, se retrouvent, une partie du temps, en famille traditionnelle, lorsque leurs demi-frères et sœurs vont chez leur autre parent.

Rozenn Morgat

Source : Plus des deux tiers des enfants vivent avec leurs deux parents – Libération

20170515 – Tomber sur «le bon» à 16 ans, une chance côté sexualité? – Le Temps

En pleine adolescence, ils sont tombés sur la personne qui leur correspondait. Chance ou boulet? Comment la vie sexuelle de ces couples évolue-t-elle?

Si nos arrière-grands-parents ne se posaient pas cette question – ou alors moins ouvertement – elle ne peut que tarauder les adultes d’aujourd’hui qui ont construit leur vie avec leur premier amour. Car il faut bien le dire: les couples qui, à 30 ans ou plus, n’ont connu dans leur lit que leur douce moitié, sont des ovnis. Alors, trouver la «bonne» personne à 16 ans, est-ce une chance ou un risque de rester bloqué dans des schémas adolescents? La sexualité évolue-t-elle de la même manière que pour ceux qui ont changé régulièrement de partenaire?

«Côté sexuel, c’est une chance, affirme la psychologue FSP et sexologue ISI Patrizia Anex. On grandit ensemble, on apprend, on expérimente, on explore dans la sécurité d’un couple naissant. Mais les couples restent parfois enfermés dans une sexualité plutôt adolescente. Une pudeur limitative peut s’installer, et l’on ne sait pas comment aborder les désirs, car on prend peu l’habitude de parler de sexualité. Adolescent, on ne se préoccupe pas de connaître ses sources d’excitation sexuelle car on est porté par les hormones.»

La même position pendant vingt ans

Le risque? Vivre de sérieux dysfonctionnements, sans réaliser qu’il y a un problème. Selon la spécialiste, qui reçoit de nombreux couples dans son cabinet, il arrive que Madame n’ait jamais eu d’orgasme, que Monsieur soit un éternel éjaculateur précoce ou que le couple n’ait expérimenté qu’une seule position, sans la moindre remise en question en vingt ans. «Avec un nouveau partenaire, on réalise assez vite qu’il y a un souci! Certains couples ne se rendent pas compte de leurs blocages. C’est souvent une crise qui déclenche les questionnements.»

Etonnant, à l’heure où il est facile de s’informer. Et la pornographie? «Les gens voient cela comme un film, mais ne vont pas forcément demander ces pratiques à leur partenaire. Si on regarde un film avec un superhéros, on ne va pas essayer de voler», explique Patrizia Anex, à la fois amusée et très sérieuse.

Emilie*, 42 ans, est avec son homme depuis l’âge de 15 ans, et s’en estime très heureuse. «On a tout appris ensemble, et cela s’embellit d’année en année. On est plus à l’aise, et je repense à nos débuts en souriant.» Ensemble, ils dialoguent continuellement, un point «essentiel pour éviter qu’après vingt-sept ans, on se rende compte que l’on a pris des chemins différents. Parfois tu réalises que certaines choses se font, tu vois avec l’autre si cela le tente ou pas. Je ne dis pas que cela a toujours été rose! Mais on ne s’oublie pas, on entretient notre complicité.»

Le piège de la curiosité

Le piège, selon Patrizia Anex, c’est la curiosité. Et ce, même si la relation est satisfaisante. «Notre sexualité humaine est curieuse d’autres corps, d’autres odeurs. Ces couples vont donc parfois vers l’échangisme. C’est généralement autour de la quarantaine que ces questions font surface. Jusque-là, on est occupé avec la famille… Et tout à coup, on vieillit, le corps change, et l’on a besoin de se rassurer.»

A ces couples qui vivent une belle histoire mais sont animés par la curiosité et la peur de passer à côté de quelque chose de mieux, Patrizia Anex conseille volontiers de faire des expériences tout en restant ensemble. «Je leur dis que cela ne sert à rien de se séparer. Et tout le travail consiste à ne pas casser la famille.» Ce travail passe d’abord par la communication. «Ces couples ont une forte complicité, pensent bien se connaître, mais sont souvent étonnés lorsque je provoque la discussion autour de leur sexualité. Ils se découvrent autrement.»

Quel conseil pour les ados que cette question turlupine? «L’amour et la sexualité entre 16 et 25 ans s’imprègnent fortement dans notre corps. Les amours de jeunesse ne s’oublient pas. L’idéal serait de faire ses expériences, et de se mettre en couple vers 22-25 ans. Mais peu se font cette réflexion.»

Source : Tomber sur «le bon» à 16 ans, une chance côté sexualité? – Le Temps

20170507 – Parents : les solutions pour réduire l’anxiété | Santé Magazine

 

La vie de parent est remplie de situations anxiogènes pénibles. Découvrez les bonnes techniques pour reprendre le contrôle.

Être parent n’est déjà pas une tâche facile, mais quand l’anxiété s’en mêle, elle peut sembler insurmontable. L’angoisse peut rendre chaque petit geste difficile et gâcher des bons moments en famille. Voici quelques astuces pour reprendre le contrôle et créer une dynamique parent-enfant équilibrée :

Astuce n°1 : ne pas rester seul

Si vous sentez que le stress vous empêche de profiter des petites joies du quotidien, ne vous enfermez pas, demandez de l’aide et cherchez du soutien auprès de vos proches. Les amis et la famille peuvent vous écouter et vous aider. Le simple fait d’exprimer ses craintes peut suffire à calmer une crise. Et si vous sentez que ce n’est pas assez, n’ayez pas honte de faire appel à un professionnel de santé. L’anxiété et le stress peuvent être soulagés par de nombreuses techniques allant de la méditation jusqu’aux traitements spécifiques.

Astuce n°2 : prendre le temps de souffler

Pas facile de communiquer calmement avec ses enfants lorsque l’anxiété prend le dessus. Parfois une bonne solution lorsqu’on se sent étouffé par le stress consiste à sortir de la pièce pendant quelques minutes pour prendre le temps de se calmer. Noter ses angoisses dans un carnet peut faire du bien aussi. Une fois apaisé, vous pouvez essayer d’expliquer vos sentiments à vos enfants. Masquer son ressenti peut être nocif sur le long terme, et les tout petits peuvent apprendre comment affronter les situations anxiogènes en vous observant.

Astuce n°3 : ne pas se mettre la pression

Quand les petites tâches quotidiennes prennent le dessus et nous empêchent d’avancer, un peu de recul permet de relativisez : passer du temps avec vos enfants est plus important que de bien repasser votre linge. Et prendre du temps pour vous pour faire du sport, par exemple, et apaiser vos nerfs, peut éviter d’avoir à gérer des problèmes bien plus graves.

Source : Parents : les solutions pour réduire l’anxiété | Santé Magazine

20170503 – Un parent sur deux reconnaît avoir des difficultés pour élever ses enfants

(Photo d’illustration) – Denis Charlet-AFP

Pour 46% des parents, ce n’est pas facile d’élever leurs enfants. Au cœur des sujets de discorde: en grande majorité, l’utilisation des écrans.

Source : Un parent sur deux reconnaît avoir des difficultés pour élever ses enfants

20170503 – Pourquoi les repas de famille virent à la bataille rangée dès qu’on parle politique ? – LCI

SECOND TOUR – C’est presque une tradition française : la politique, on adore en parler, en famille, à table. Avec un risque : que le repas familial ne tourne à la foire d’empoigne généralisée. Pourquoi ? Comment éviter cela ? Eléments de réponse avec Caroline Kruse, membre de l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux.

« J’ai presque fondu en larmes d’énervement ! » Marie s’en souvient encore, de son dernier repas de famille où l’on a parlé politique. Pourtant c’était il y a quelques années. « Il y avait cet oncle qui votait Front national… Personne ne s’entendait parler. Je me suis promise de ne plus jamais me remettre dans un état comme ça, ça ne servait à rien », raconte-t-elle. « Les discussions politiques, c’est intéressant à partir du moment où l’on peut échanger, convaincre. C’est peut-être plus dur avec les extrêmes… Mais j’arrête les frais. » Le combo week-ends à rallonge, réunions familiales et élections qui approchent peut être fatal dans les familles ; laissant beaucoup de prétextes, à l’heure du déjeuner, à des discussions politiques enflammées.

La politique est-elle vraiment un sujet à risque dans les discussions entre proches ? Comment éviter que le dîner familial ou entre amis ne tourne au mauvais remake de Festen, cette réunion de famille qui vire au psychodrame ? LCI a posé quelques questions à Caroline Kruse, conseillère conjugale et familiale, membre du bureau de l’Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux.

LCI : La politique peut-elle réellement faire tourner des repas de famille à la foire d’empoigne, ou est-ce un cliché ?

Caroline Kruse : Ce n’est pas une question si idiote ! En couple ou en famille, il y a des sujets sensibles, et on cherche à tout prix à les éviter. L’objectif n’est pas d’aller au conflit. C’est pour ça que du coup, les disputes surviennent souvent plutôt sur des broutilles, dans la cuisine ou des histoires de ménage… Mais elles vont aussi s’inviter dans des circonstances où c’est la matière même de l’événement qui peut être source de dispute : comme les grandes fêtes de famille, les anniversaires, où peuvent ressortir des rivalités entre les membres de la famille, des histoires d’ex, d’enfants des ex, des familles d’origine, mais aussi, les deuils avec ces questions d’héritages, ou bien encore… les élections. Les sujets de société, de l’ordre du « pour ou du contre », comme la peine de mort, le mariage pour tous, peuvent être ravageurs…

LCI : Comment expliquer ces crispations ?

Caroline Kruse : Pour prendre ce cas particulier des élections, on a l’impression que cela se passe comme si le pays se représentait à lui-même comme étant une grande famille, qui doit se choisir un père – ou une mère – , une famille composée d’enfants rivaux, qui se projettent dans les différentes propositions des candidats : il y a le rebelle, le bon garçon, le classique, le révolté… Et chacun essaie de persuader, séduire. Mais à travers les candidats qu’on défend, c’est soi-même qu’on met en avant. Du coup, on a l’impression que si l’autre rejette votre candidat, il vous rejette aussi.

LCI : Cela n’arrive pourtant pas dans tous les cas…

Caroline Kruse : Pour que vraiment cela s’enflamme, il faut qu’il existe une certaine proximité, à la fois entre les gens, et les choix. D’abord parce qu’entre collègues de travail ou groupes d’activité, on évite les sujets qui fâchent, on cherche à se montrer sous son meilleur jour, notamment parce que cela peut avoir des conséquences sur le travail, les relations sociales. Ensuite, le débat sera sans doute plus enflammé entre des partisans de Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon, ou Emmanuel Macron, qu’avec quelqu’un qui vote FN. Car quand les positions de départ sont trop différentes, il n’y a pas de vrai désir de convaincre l’autre. Alors que si vous pensez de quelqu’un qu’il est comme vous, il y aura une certaine tristesse à constater qu’en fait il est différent là-dessus. Et la perception de ces différences peut susciter de la violence, avec la volonté de convaincre.

LCI : Est-ce que ces discussions enflammées peuvent affecter en profondeur les liens affectifs ?

Caroline Kruse : Cela dépend. Il y a les cas où l’on « s’attrape » un peu, et puis cela passe. Mais si à cette occasion, dans des circonstances où un couple ne va pas bien, on fait passer un message vraiment méprisant, s’il y a quelque chose de l’ordre de l’emprise, du mépris (« Tu ne comprends vraiment jamais rien, pauvre cruche ! », par exemple), la discussion peut évidemment affecter. Il faut être un peu vigilant à ne pas être trop personnel dans ses arguments ou ses attaques, ne pas se servir de la discussion comme prétexte pour faire passer d’autres messages.

LCI : Comment, alors, éviter ces situations de tension ?

Caroline Kruse : On trouve des tas de sites de développement personnel qui donnent des conseils type coaching : il faut s’entraîner à la communication non-violente ou bienveillante, dire « je » au lieu de dire « tu », exprimer ses sentiments, prendre des précautions, être empathique… On peut reconnaître le bon sens et le bien-fondé de ces méthodes mais… elles ne sont pas forcément faciles à appliquer. Car quand le débat commence à réellement s’enflammer, que l’agressivité est très forte, c’est souvent qu’il y a autre chose qui ressort derrière : quand ça s’enflamme, on n’est plus dans la raison, mais dans le « tu ne n’aimes pas ».

LCI : Comment enrayer cette réaction ?

Caroline Kruse : Soit on décide, au cours d’un repas de famille, de ne pas parler politique… soit être conscient que celui qui attaque mon candidat, se trouve tout aussi attaqué personnellement quand j’attaque le sien. Comme je l’ai dit, quand cela s’enflamme, on n’est plus dans la raison, on prend les choses comme des attaques personnelles. On est en quelque sorte « au-delà », on est dans une espèce de « jouissance d’agressivité ». Si on a déjà conscience de cela, on peut peut-être jouer là-dessus. Il faut éviter de rentrer dans cet état-là. Mais pour éviter d’y rentrer, soit donc on passe la consigne d’éviter ce genre de sujet, soit on essaie de réfléchir à « pourquoi ça me blesse tellement, quand on attaque mon candidat », « pourquoi je me mets hors de moi, je suis agressif, violent, en colère ». En essayant de réfléchir sur soi, on peut faire tomber un peu la pression, mettre de la distance. On peut aussi se demander si cela vaut la peine de se mettre dans des états comme ça… pour des gens qu’on aime !

Source : Pourquoi les repas de famille virent à la bataille rangée dès qu’on parle politique ? – LCI

20170501 – Epargne : 7 Français sur 10 aident financièrement leur famille

Pour 86 % des Français, l’entraide familiale est une évidence, selon le baromètre annuel la Carac, avec Opinionway. – Shutterstock

Quel est le poids de l’entraide financière au sein de la famille ? La Carac, mutuelle d’épargne et de retraite, vient de publier les résultats de son baromètre annuel sur le sujet.

Argent et famille ne font pas toujours bon ménage… mais restent indéfectiblement liés. D’après le dernier baromètre annuel de la mutuelle d’épargne et de retraite la Carac, avec Opinionway (*), l’entraide financière en famille ne faiblit pas. Ainsi, pour 86 % des Français, l’entraide familiale est une évidence. Ils étaient 85 % à déclarer la même chose en 2016 et 90 % en 2015. Cette entraide financière est répandue puisque 7 Français sur 10 disent avoir déjà apporté une aide de ce type à un membre de leur famille.

194 euros par mois aux enfants

Les Français donnent en moyenne 154 euros par mois quelle que soit la personne aidée. Cette somme passe à 194 euros mensuels quand il s’agit des enfants. Au cours des 12 derniers mois, 1.972 euros ont ainsi été distribués aux enfants et 1.096 euros aux parents.

Mais qui aide-t-on le plus en 2017 et sous quelle forme ? La majorité des Français interrogés aident en priorité leurs frères et/ou soeurs (76 %), devant les parents (non dépendants) à 53 % et les enfants à 50 %. Pour 69 %, aider c’est donner de l’argent (particulièrement chez les 55/75 ans pour 74 % d’entre eux).

Au coeur des discussions

Autre enseignement de cette enquête, parler d’argent en famille n’est pas un sujet aussi tabou qu’imaginé. Le contexte économique « plus optimiste mais toujours fragile » y est pour beaucoup, puisque selon les auteurs, celui-ci « incite à parler d’argent avec les membres de sa famille ». C’est le cas pour 68 % des sondés. Mais de quoi parlent-ils précisément s’interroge le baromètre ? L’argent s’invite au centre des discussions familiales particulièrement quand : un membre de sa famille a des problèmes financiers (36 % contre 42 % en 2015) ; il traverse un moment difficile (divorce, perte d’emploi,…) pour 32 % (39 % en 2015) ; l’avenir de ses enfants est évoqué (études, permis de conduire…) pour 29 % (30 % en 2015).

Progression de l’épargne de précaution

Dès lors, si 34 % des interviewés déclarent épargner pour leurs proches, cet argent mis de côté est essentiellement consacrée aux études supérieures, au permis de conduire ou à un premier achat immobilier. 60 % des sondés considèrent d’ailleurs l’épargne comme le meilleur moyen de protéger sa famille. Ils étaient 72 % en 2016. A ce sujet, les livrets d’épargne gagnent du terrain avec 69 % contre seulement 52 % en 2016. L’assurance-vie arrive en seconde position avec 54 % des suffrages contre 41 % l’an dernier.

Par ailleurs, épargner pour anticiper une perte d’autonomie, la sienne ou celle de ses proches, gagne un peu de terrain. Le baromètre relève ainsi qu’un tiers des Français affirment avoir déjà abordé le sujet avec un membre de leur famille. Mais, seuls 2 Français sur 10 déclarent avoir commencé à préparer financièrement leur perte d’autonomie. Enfin, quand ils se projettent face à la perte d’autonomie d’un parent ou d’un grand-parent, les sondés considèrent à 64 % que le maintien à domicile est la meilleure solution. Au demeurant, l’épargne est encore le moyen le plus souvent envisagé pour préparer financièrement sa propre perte d’autonomie devant les contrats spécialisés de prévoyance ou de dépendance (66 % contre 60 % en 2016). Elle est toujours en première position quand il s’agit de préparer la perte d’autonomie d’un de ses parents et gagne 6 points par rapport à la précédente édition du baromètre (58 % contre 52 % en 2016).

(*) Échantillon de 1.000 Français âgés de 18 à 75 ans ayant au moins 1 enfant, frère, soeur, parent ou grand-parent au sein de leur cercle familial actuel. Individus issus d’un échantillon national représentatif de la population française selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle et de région de résidence. Questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI. Dates de terrain : interviews réalisées du 22 février au 3 mars 2017.

Source : Epargne : 7 Français sur 10 aident financièrement leur famille