20170317 – News / Depeche Mode : 3 choses à savoir sur leur nouvel album « Spirit »

Depeche Mode – Martin Gore, Dave Gahan et Andrew Fletcher – à New York en juillet 2016. © Anton Corbijn
Par Laure Narlian @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox

Mis à jour le 17/03/2017 à 12H07, publié le 15/03/2017 à 16H53

Dave Gahan et les siens reviennent vendredi 17 mars avec un nouvel album, « Spirit ». Un disque au discours plus urgent que jamais amorcé avec le single explicite « Where’s The revolution » et pour lequel ils ont souhaité sortir de leur zone de confort. Un 14e album qu’ils ont surtout hâte de jouer sur scène, durant le Global Spirit Tour qui fait 3 haltes en France en mai et juillet.

1.
Il souffle sur cet album un esprit d’insurrection…

Ils ont beau être à l’abri des turpitudes matérielles, Dave Gahan et Martin Gore, les deux têtes pensantes de Depeche Mode, n’en sont pas moins affectés par la marche du monde. Et notamment par l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, où ces rejetons de la classe ouvrière anglaise qui ont connu l’ère Thatcher résident depuis plusieurs décennies. Mais aussi par le Brexit, survenu durant l’enregistrement. Ce nouvel album exude leur inquiétude et reflète le trouble général et le désenchantement actuel. Il formule aussi en filigrane l’espoir d’un sursaut collectif.

Je ne dirais pas que c’est un album politique, parce que je n’écoute pas la musique de façon partisane », explique Dave Gahan dans Rolling Stone. « Mais c’est clairement un album sur l’humanité et notre place sur Terre. »

Envoyé en éclaireur dès le 3 février,  le premier single « Where’s The Revolution » a donné le la. Dans cette chanson, le groupe se demande tout haut où est passée l’idée révolutionnaire d’un esprit commun à l’humanité. « Où est la révolution ? Allez le peuple, vous me laissez tomber (…) Qui prend vos décisions, vous ou votre religion ? Votre gouvernement, votre pays ? Vos patriotes junkies ? », asticote Dave Gahan dans cet appel aux armes au refrain obsédant.

« Je n’aime pas trop m’aventurer sur le terrain de la politique, mais en ce moment, c’est difficile de se retenir », admet Dave Gahan dans Les Inrockuptibles. « Ceux qui détiennent le pouvoir (…) veulent imposer la peur. On devrait davantage explorer l’idée de rassemblement plutôt que celle de division », ajoute-t-il.

Ce malaise  court tout du long sur ce 14e album de Depeche Mode. Sur « Going Backwards », Dave Gahan critique le retour en arrière, les « fanatiques », « la mentalité d’homme des cavernes » et le manque d’humanité. Il nous voit tous coupables sur « Worst Crime » qui appelle à passer à l’action. Sur le sans pitié « Scum », il interroge notre degré d’empathie pour les autres : « Qu’as-tu jamais fait pour quiconque ? », « Tu n’offrirais pas même tes miettes », « Tu es mort à l’intérieur ».

Rebelote avec « Poorman » qui force l’auditeur à faire son examen de conscience, les passants évitant de croiser le regard d’un sans-abri grelotant dans la rue. Sur « Cover », où plane l’esprit de Bowie, expliquait Gahan à Rolling Stone, une personne envoyée sur une autre planète réalise que tout se passe hélas comme sur Terre. Et que le changement qu’il souhaite voir advenir autour de lui commence par le sien. Quant à « Fail », qui referme l’album, un titre entièrement chanté par Martin Gore et qui rappelle un peu Massive Attack, il s’agit d’un requiem, d’un poignant constat d’échec et de défaite, où aucun membre de l’humanité n’est épargné.

2.
Depeche Mode a voulu se renouveler sur « Spirit » 

A cet appel à l’insurrection au dehors répond une petite révolution au-dedans. Pour ses trois précédents albums, Depeche Mode avait travaillé avec le même producteur, Ben Hillier. Le confort qui en découlait commençait à faire sonner chaque album comme le précédent. Cette fois, le groupe a souhaité éviter la redite et tenter de nouvelles de choses.

Ca s’est très bien passé avec Ben Hillier mais c’était devenu trop familier, trop évident. Il nous fallait à tous de nouveaux challenges avant que ça ne devienne ennuyeux », se souvient Dave Gahan dans les Inrockuptibles. « Quand je fais un album, je ne veux pas avoir la sensation de partir au travail.« 

Pour cet album enregistré entre New York et le studio de Martin Gore à Santa Barbara (Californie), les auteurs de « Personal Jesus » ont fait appel au stimulant producteur James Ford,  moitié de Simian Mobile Disco, connu pour son travail pour les Arctic Monkeys (sur l’album AM), The Last Shadow Puppets, Foals et Florence & The Machine.

« James Ford n’est pas seulement un bon producteur, c’est aussi un super musicien. Il a donc été capable de nous guider et d’emmener nos démos à un autre niveau », soulignait Dave Gahan en octobre dernier lors de leur conférence de presse internationale à Milan.

Musicalement, la tonalité de l’album est sombre, voire glaciale. Cependant, James Ford a cherché à créer une atmosphère de live et ne s’est pas privé d’ajouter sa petite touche personnelle organique, comme la pedal steel guitar sur « Cover Me ».

3.
Un album qu’ils ont hâte de jouer sur scène 

Dès l’annonce de la sortie de leur album en octobre dernier, Dave Gahan, Martin Gore et Andrew Fletche manifestaient l’envie de présenter « Spirit » sur scène.

« Nous sommes bien vivants. Nous faisons toujours de la musique ensemble dont nous sommes fiers et nous avons hâte de la jouer pour le public. Collectivement, nous pensons toujours que la musique est une des seules formes d’art qui rassemble les gens.« 

De fait, le groupe est attendu. Plus d’un million de billets de concerts se sont déjà écoulés pour le premier volet du « Global Spirit Tour » qui sillonnera 21 pays européens et passera par Nice (le 12 mai), Lille (le 29 mai) et Paris (Stade de France le 1er Juillet). Cette fidélité du public semble galvaniser la troupe qui a commencé les répétitions à la mi-février.

Cet album marque aussi le rapprochement de Depeche Mode avec Anton Cobijn qui a réalisé dans le passé des dizaines de clips pour eux (dont « Personal Jesus »). Pour « Spirit » le réalisateur néerlandais signe toutes les photos et tous les clips du groupe, y compris les visuels de scène. Et sur ce point, il promet de se surpasser en usant notamment des dernières technologies en la matière. Cette perspective de live alléchant comporte hélas son revers. Chaque chanson étant accompagnée de visuels précis, le show est millimétré et laisse peu de place à l’improvisation.

« En général, nous répétons beaucoup de chansons mais une fois que nous avons bouclé le set que nous voulons, il change très peu », expliquait Dave Gahan à Milan en octobre. « Si les visuels accompagnent certaines chansons ce n’est pas par hasard. »

La setlist de la tournée qui mettra à l’honneur les 12 titres de « Spirit » tout en faisant de la place aux classiques de Depeche Mode, devrait donc peu bouger. Les chansons ne seront pas interchangeables selon l’humeur ou la demande des fans. Il faudra se faire une raison.

Album « Spirit » (Columbia/Sony) sortie le 17 mars. La version deluxe comportera un disque de 5 remixes en bonus.
Depeche Mode en concert le 12 Mai à Nice, le 29 Mai à Lille et le 1er Juillet au Stade de France (Paris Saint-Denis).

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Source : Depeche Mode : 3 choses à savoir sur leur nouvel album « Spirit »

20170317 – News /«Spirit», le nouvel album de Depeche Mode | www.cnewsmatin.fr

Depuis ses débuts, le groupe a vendu plus de cent millions d’albums dans le monde. [(C) Theo Wargo / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Quatre ans après «Delta Machine», Depeche Mode revient avec «Spirit». Ce nouvel album qui sortira le 17 mars 2017 s’accompagnera d’une tournée mondiale.

Après plus de trente-cinq ans de carrière, ils auraient pu rester sur leurs acquis et reprendre les recettes qui ont largement contribué à leur succès. Mais ce serait bien mal connaître Dave Gahan, Martin L. Gore et Andy Fletcher, membres de Depeche Mode, qui ne cessent de se réinventer musicalement, et ressentent ce besoin constant de ne pas être enfermés dans un style.

A lire aussi : Martin L. Gore :  «C’est l’un des meilleurs albums de Depeche Mode»

La preuve avec la sortie, cette semaine, de leur quatorzième album studio «Spirit» (Columbia/ Sony). Avec ce nouveau disque encore plus énergique que les précédents, le trio de Basildon, marqué par l’élection présidentielle américaine, dresse le bilan d’un monde instable et prône, dans des textes engagés, l’éveil des consciences, à l’instar du morceau «Where’s the Revolution». Il évoque également un autre aspect sombre de l’existence, celui de la rupture amoureuse, comme dans «Poison Heart».

Pour ses douze titres inédits qui parlent avant tout d’humanité, Depeche Mode a fait appel au producteur James Ford, connu pour ses diverses collaborations avec Foals, Arctic Monkeys et Florence and The Machine. «Nous avons fait un album que je crois véritablement puissant, tant au niveau du son que dans son message», confiait récemment le chanteur Dave Gahan.

Le groupe défendra ces nouvelles compositions dans le cadre d’une tournée européenne qui sera lancée en mai, et qui devrait rassembler plus d’un million et demi de fans. Ce «Global Spirit Tour» fera étape en France avec trois dates déjà annoncées : le 12 mai à Nice, le 29 mai à Lille et le 1er juillet au Stade de France. Pour tous ceux qui n’auraient pas encore obtenu leur précieux sésame, des billets sont encore disponibles.

Source : «Spirit», le nouvel album de Depeche Mode | www.cnewsmatin.fr

20170317 – News / « Spirit », l’album de la révolte de Depeche Mode

Martin Gore, Andrew Fletcher et Dave Gahan © Anton Corbijn

Depeche Mode fait son grand retour, quatre ans après « Delta machine », avec « Spirit », 14ème album du nombre. Notre programmateur Thierry Dupin l’a écouté pour vous.

Les fans du groupe de Basildon ne seront pas déçus en retrouvant le son électro-pop mêlé aux guitares et à la batterie qui est devenu, au fil du temps, la marque du trio Dave Gahan / Martin Gore / Andrew Fletcher qui sévit sur les scènes du monde entier depuis maintenant 36 ans !

« Spirit », enregistré entre New York et le studio de Martin Gore à Santa Barbara (Californie), propose douze titres réalisés sous la houlette du stimulant James Ellis Ford, producteur, entre autres, de Simian Mobile Disco, des Arctic Monkeys, The Last Shadow Puppets (dont il est aussi le batteur), Foals, Klaxons, marquant une rupture avec Ben Hillier qui avait collaboré sur les trois précédents albums du groupe.

Ford a insufflé à l’album un son lourd et dense en cohérence avec la gravité des textes.

Paru le 3 février dernier, le premier single Where’s the revolution donnait le ton du nouvel opus, sombre et tourmenté qui dresse le bilan d’un monde instable et du désenchantement actuel, notamment par l’élection de Donald Trump aux États-Unis, où ces enfants de la classe ouvrière anglaise qui ont connu l’ère Thatcher résident depuis plusieurs décennies, mais aussi par le Brexit, survenu durant l’enregistrement. Les textes, très engagés, en appellent quasiment à la révolte et prônent l’éveil des consciences : « Je n’aime pas trop m’aventurer sur le terrain de la politique, mais en ce moment, c’est difficile de se retenir », déclare Dave Gahan dans « Les Inrockuptibles ».

Le groupe défendra ces nouvelles chansons au cours d’une tournée européenne qui démarrera en mai.

Aller plus loin

Depeche Mode Spirit

Source : « Spirit », l’album de la révolte de Depeche Mode

20170317 – News / Depeche Mode : black spirit – Toute l’actu 24h/24 sur Lavenir.net

Martin Gore, Dave Gahan et Andy Fletcher livrent un album au son lourd, qui laisse peu de répit à l’auditeur.-Anton Corbijn

Sur «Spirit», Depeche Mode s’inquiète de la tournure du monde. Et avec James Ford aux manettes, ils sortent un album oppressant et sombre.

Pas de concessions. Pour son quatorzième album studio, Depeche Mode hisse le drapeau noir, symbole de mort mais aussi de rébellion. Ce n’est pas pour rien si le single qui a lancé …

Source : Depeche Mode : black spirit – Toute l’actu 24h/24 sur Lavenir.net

20170317 – News / Depeche Mode, un album majeur pour une époque bouleversée – Le Temps

Depeche Mode, un album majeur pour une époque bouleversée

Le cargo «synth-pop» anglais aura tout connu: triomphes et déchirements. Pour autant, alors que paraît ce vendredi un nouvel album baptisé «Spirit», il tient encore bon. Itinéraire de garçons coiffeurs devenu géants

Dans le clip de «Where’s the Revolution», Dave Gahan se découvre poivre et sel, marqué des rides et cernes de qui a autrefois touché le fond. A ses côtés, Martin L. Gore et Andy Fletcher ne paraissent pas plus frais. Depuis trente-sept ans, les Anglais portent à bout de bras un groupe hier méprisé des puristes rock pour ses claviers et postures étudiées. Aujourd’hui? Tout le contraire! Pour avoir élaboré en toute indépendance une œuvre racée marquée par une somme ahurissante de tubes patrimoniaux, Depeche Mode s’aborde comme un monument pop. Surprise. Il subjugue encore alors que sort un quatorzième album studio.

Lire aussi: «Spirit», musique puissante et textes engagés

Depeche Mode aurait dû depuis longtemps crever, laissant derrière lui une suite de disques que les quadras d’aujourd’hui, grandis en écoutant ces types, se conteraient avec tendresse. «Some Great Reward» (1984): massif! «Music for the Masses» (1987): énorme! «Violator» (1989): archiculte! Et pareil pour les glorieuses tournées mondiales qui voyaient des ex-petites frappes du sud-ouest britannique propager la parole synth-pop jusque dans les trous d’Amérique. Cul, foi, rédemption, gueule de bois, cœurs fanés: passé ses airs crâneurs, «DM» disait toute la douleur qu’il y avait à vivre dans un siècle agonisant, ère vulgaire dont il célébrait sur beats lourds et textures industrielles l’effondrement annoncé. Alors voilà, on devrait être une poignée, pas plus, à se souvenir de ce que Gore & Cie ont un jour accompli: traduire le Zeitgeist, contribuer à démocratiser les esthétiques robotiques, et incarner une idée déterminée, malgré le succès, de l’indépendance artistique. Marchant sur les mêmes brisées, laminés par le fric facile, les excès, la paresse conceptuelle, enfin la dépression, d’autres ont coulé net – ou bouclent à cette heure quelques deals opportunistes auprès d’enseignes planétaires pourvu que soit retardée l’heure de la retraite. Pas «DM»! A 50 ans bien tapés, Dave Gahan et ses gars incarnent même toujours et avec une farouche autonomie une promesse parmi les plus précieuses avancées par la pop: offrir une synthèse des avant-gardes acceptable par le plus grand nombre.

«Tocards crêpés»

On l’a un peu oublié. Mais aimer Depeche Mode a parfois pris des airs de chemin de croix. Durant les années 1980, ça va encore. On en a provisoirement fini avec le punk. L’ère est aux «nouveaux romantiques», un mouvement pop lié au glam rock qu’on observe aujourd’hui avec embarras, mais qui sous Thatcher et à coups de synthés cheap traduit toute la détresse qu’il y a à s’inventer un futur dans une Angleterre épuisée. Spandau Ballet ou The Human League tiennent la dragée haute. Délires textiles et capillaires, maquillage et poses outrées de vermine efféminée se succèdent. Là, apparaît Depeche Mode. D’abord, un navire comme un autre, arborant Moog, permanentes et cuir, gueules d’amour et postures d’anges déchus.

Le single «I Just Can’t Get Enough» cartonne. On pense en rester là, alors que leurs pairs connaissent pluies de coke, bientôt hécatombe. Mais «DM» déjoue les pronostics, alignant une suite de disques populaires, ténébreux, sensuels, où le groove verglacé se pique chez Kraftwerk, le venin chez le Heroes de Bowie, les corrosions chez Einstürzende Neubauten. Mais pour les puristes, bourrins déguisés et spécialistes inutiles comme l’on sait, rien à faire! Depeche Mode s’accroche à ses claviers? Il ne peut alors s’agir que de «pédales camées», de «tocards crêpés». Alors que le hip-hop s’épanouit ou que la house music devient la B.O. du Summer of Love anglais, le rock retrouve son mordant avec les Guns et Kurt Cobain. Là, s’obstiner à voir en Gore et Gahan des demi-dieux pop vous attire des quolibets.

Sans remède

On a passé la quarantaine, à présent. On s’amuse de voir les troupeaux qui aimaient autrefois à prendre «DM» comme punching-ball lui tresser des lauriers. Navrant, mais il a fallu cette éternité pour que l’art de ces types soit reconnu pour ce qu’il est: un blues blanc sans peau ni os où s’étalent les souffrances de qui perd un jour foi, confiance, amour, soutien, direction. De qui regarde sa solitude, ses regrets ou sa déchéance dans les yeux. Dans le chant de Dave Gahan, il est ce tourment de qui s’est un jour pour de bon cru perdu. Dans les mélodies de Martin L. Gore, l’angoisse de qui se débat parmi les ruines, mais sans issue. Depeche Mode: du blues, alors. A renfort de rythmiques martiales ou up-tempo, de claviers vintage et de Gretsch double caisse, peut-être. Mais du blues, ce chagrin sans remède où puisent des chansons immenses: «Walking In My Shoes» ou «Never Let Me Down Again».

A lire également: Depeche Mode célèbre vingt ans de pop existentielle

Revenu de tout, Depeche Mode bouge ainsi encore. Et on se reconnaît encore en eux, comme trois décennies plus tôt. Vieilli, c’est vrai. Le déhanché moins souple, la gueule marquée par les coups, et le mode survie pour Table de Loi. Mais toujours là. Pour le symbole qu’ils incarnent dans nos années traversées, et la place souveraine qu’ils occupent dans la mémoire collective désormais, ces garçons se saluent sans réserve, avec admiration. Peut-être dévotion…

Source : Depeche Mode, un album majeur pour une époque bouleversée – Le Temps

20170317 – News /Avec son nouvel album Spirit, Depeche Mode ose et frappe fort – La Libre.be

CHARLES VAN DIEVORT Publié le vendredi 17 mars 2017 à 08h36 – Mis à jour le vendredi 17 mars 2017 à 08h42

Avec Spirit, son nouvel album, le groupe défie une nouvelle fois le temps qui passe.Après quatre années d’attente, Depeche Mode sort aujourd’hui Spirit, son 14e album studio. Un disque fort qui s’annonce déjà comme un des albums de l’année et un nouveau classique pour le trio britannique.

Il est vrai que depuis la fin des années 2000, que ce soit avec Sounds of the Universe ou Delta Machine, on restait un peu sur notre faim. Bien sûr, les disques n’étaient pas mauvais, mais ils manquaient de cette petite étincelle qui fait les grands albums comme Violator ou Songs of Faith and Devotion. Ça sentait si pas la facilité, au moins le train-train quotidien.

Avec Spirit, Dave Gahan, Martin L. Gore et Andy Fletcher osent à nouveau tout en conservant les ingrédients qui ont fait leur succès ces 35 dernières années. De quoi renouveler leur fanbase tout en conservant l’ancienne garde.

Car le trio de Basildon a ceci de fascinant : il a traversé les modes sans se perdre, comme s’il était inoxydable. Malgré le temps qui passe, Depeche Mode est l’un des seuls groupes des années 80 – si pas le seul ! – à être resté fidèle à ce qu’il était à ses débuts. Pionnier de la pop synthétique à l’aube des eighties, le groupe a toujours soigneusement évité de se laisser embarquer dans les modes alors que la musique électronique en a connu à profusion depuis, tout en offrant à sa musique de nouveaux horizons. Avec l’arrivée des guitares par exemple, au début des années 90. « Ils ont toujours gardé leur identité, c’est leur force, explique Dan Lacksman, pionnier des synthétiseurs en Belgique, membre de Telex avec Marc Moulin et Michel Moers. Ils revenaient régulièrement dans l’actualité sans être présents tout le temps comme U2 et Bono, et toujours un très bon album et une tournée. Ils ont toujours gardé une identité sonore avec les mêmes sons minimalistes. Quand ils sont arrivés, ils étaient précurseurs parce que ce sont eux qui utilisaient des sons électroniques partout, même pour les percussions. Ils sont ensuite devenus à la mode parce d’autres les ont imités. Ce qui est mon cas avec Telex. Un peu plus tard, ils sont passés de mode parce que tout le monde a évolué vers d’autres sonorités. Mais eux ont gardé leur identité sonore et après quelques années, ils sont plus que jamais redevenus à la mode. »

Et Dan Lacksman sait de quoi il parle, lui qui, avec Telex, a été sollicité par Depeche Mode en 2005 pour remixer leur titre A Pain That I’m in Used To. « Sur Spirit , il y a quelques années de travail, dit-il . C’est un chef-d’œuvre ! Cet album est tellement riche qu’il mérite d’être écouté et réécouté. Ils sont parvenus à faire la synthèse de tout ce qu’ils ont fait avant, notamment en utilisant intelligemment certains sons qui rappellent ce qu’ils ont fait dans le passé. Mais ce n’est jamais caricatural. Ils ont toujours la pêche et ils sont toujours à la mode ! »

Même si avec le temps la musique dansante des débuts s’est faite plus sombre, Depeche Mode a réussi le tour de force de ne jamais être hors-jeu. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance comme le rappelle Martin L. Gore : « Nous avons contribué à faire accepter la musique électronique. À nos débuts, c’était un combat permanent, les gens ne la prenaient pas au sérieux. Ils considéraient que c’était un phénomène éphémère, que ce n’était pas de la musique. » L’histoire a jugé.

Spirit, un disque sombre qui propulse le groupe vers de nouveaux sommets

Avec Spirit, Depeche Mode envoie du lourd. Sur des rythmes puissants mais relativement lents, le groupe tisse des ambiances sombres et oppressantes qu’illumine cependant la somptueuse voix de Dave Gahan. Le chanteur propose une énorme performance vocale mise en valeur – tout comme la musique très électro – par James Ford (Florence&the Machine, Arctic Monkeys, etc.), le nouveau producteur choisi par le trio britannique.

Délaissant en partie leurs thèmes de prédilection (la souffrance, la misère, le sexe et la mort), Martin L. Gore, Dave Gahan et Andy Fletcher offrent un album d’une très grande cohérence à travers lequel ils portent un regard sur l’état du monde, à l’image du single Where’s the Revolution. « Je sais que pour certaines personnes, cela peut ressembler à des propos de rockstars nanties qui vivent dans leurs grandes villas de Santa Barbara sans se soucier du reste de la planète, et c’est vrai que nous avons de la chance, dit Martin L. Gore cité dans Rolling Stone. Mais cela ne veut pas dire qu’on se fiche de ce qu’il se passe dans le monde. Ça me touche vraiment. » Dès les premières minutes, la messe est dite. « We’ve lost control/We’re going backwards » (« Nous avons perdu le contrôle/Nous avançons à reculons ») chante Dave Gahan pour planter le décor.

Depeche Mode a retrouvé la grâce et ça s’entend sur des perles comme The Worst Crime, Eternal ou Cover Me, un des quatre titres signés ou co-signés par le chanteur. C’est comme un grand vin, avec l’âge le groupe s’est bonnifié. Sa musique a gagné en rondeur et en richesse. Un grand disque !

En concert au Sportpaleis d’Anvers le 9 mai.

Source : Avec son nouvel album Spirit, Depeche Mode ose et frappe fort – La Libre.be

20170317 – News / 7 secrets de longévité de Depeche Mode, Les Echos Week-end

 

Karl de Meyer / Rédacteur en chef Les Echos Week-End | Le 17/03 à 06:00, mis à jour à 11:20

Quelque 37 ans après ses débuts à Basildon dans l’Essex, Depeche Mode publie son 14 e opus, « Spirit », avant d’entamer au printemps une tournée monstre – qui passera par le Stade de France le 1er juillet. Voici 7 raisons pour lesquelles « we just can’t get enough of them ».

01 – L’émulation créative
  • Morceau-clé : Suffer Well (2006), premier single écrit par Dave Gahan

Après le départ, dès 1981, du fondateur Vince Clarke, Depeche Mode (DM) – baptisé d’après un magazine français – va se structurer autour de la relation tumultueuse entre Martin Gore, l’auteur-compositeur qui aime à se présenter comme le cerveau de la bande, et Dave Gahan, le chanteur charismatique qui assure en concert. Andrew Fletcher sert surtout de stabilisateur. Au début des années 2000, Gahan veut prouver qu’il n’est pas qu’une voix et un déhanchement. En 2003, il publie un album solo, « Paper Monsters ». Il écrit ensuite régulièrement des titres pour les albums de DM. Une fois leur rapport rééquilibré, les deux hommes, comme dans un vieux couple, savent se donner de l’air. Martin Gore, marqué par ses années berlinoises, produit en 2003 un disque de reprises sublimissime de dépouillement, « Counterfeit2», et sort en 2015 un album instrumental ultracérébral, « MG ». Dave Gahan collabore depuis cinq ans avec les bien nommés Soulsavers.

02 – Le jeu scénique de Gahan
  • Morceau-clé : Never Let me Down Again, au Rose Bowl de Pasadena (1988), met le public en transe

Dans une industrie où les ventes d’albums souffrent, les tournées assurent d’importants revenus et, surtout, entretiennent la légende. Coup de chance pour DM, Dave Gahan est une bête de scène. On trouve sur YouTube une vidéo tournée au début de leur aventure, dans laquelle il explique que ses camarades « étant collés à leurs claviers, j’ai toute la scène pour moi et j’aime ça ». À maintenant 54 ans, il a gardé sa silhouette de jeune homme et ne se ménage pas sur scène. Un jour, mon corps refusera une performance de deux heures. Mais tant que je pourrai, je le ferai », témoigne-t-il. Pour durer, il a toutefois dû faire des efforts sur son hygiène de vie (voir n° 06). Quant à Martin Gore, il a su assurer une partie du spectacle avec ses audaces vestimentaires – on se souvient de sa guêpière.

03 – Une influence intergénérationnelle
  • Morceau-clé : Personal Jesus revu par Johnny Cash (2002)

Au fil des années, DM est devenu un groupe culte et les reprises de très haut niveau se sont multipliées. Ce n’est guère étonnant de la part de formations « de leur génération », comme les Cure avec The World in my Eyes ou les Smashing Pumpkins avec Never Let me Down Again. C’est plus inattendu de la part du bluesman Johnny Cash, qui livre en 2002 un Personal Jesus habité. « L’entendre reprendre ce titre a été l’un des plus beaux jours de ma vie », dit Martin Gore. La musique de DM a inspiré des musiciens de tous horizons. Les remixeurs autrichiens Kruder et Dorfmeister ont porté Useless à des hauteurs stratosphériques, la reine anglaise de la goth-pop Bat for Lashes s’est fendue en 2011 d’une version ensorcelée de Strangelove et en 2012 les Norvégiens de Röyksopp ont repris Ice Machine, face B de leur tout premier single, Dreaming of Me. Autant de « tributes » qui transmettent la flamme aux plus jeunes, notamment les Français Lescop et Tristesse contemporaine.

04 – Des vues politiques subtiles
  • Morceau-clé : Shame (1983), cri contre la pauvreté

Le groupe n’est pas véritablement engagé, ce qui ne l’empêche pas de faire passer des messages. Le premier single de « Spirit », Where’s the Revolution, est à écouter dans le contexte du Brexit et de l’élection de Donald Trump : « You’ve been lied to/You’ve been fed truths. » Quand, en février, Richard Spencer, le leader de l’alt-right, mouvance américaine cryptofasciste, a nommé Depeche Mode groupe officiel de son mouvement, les Anglais ont immédiatement récusé tout lien avec lui. Parmi les titres les plus politiques de leurs disques précédents : The Lanscape is Changing, charge contre la dégradation de l’environnement ; Everything Counts, critique du capitalisme thatchérien, People are People, plaidoyer pour la tolérance ; John the Revelator, réquisitoire contre la politique étrangère de George W. Bush.

05 – Une vidéographie remarquable
  • Morceau-clé : Strangelove (1987), quintessence du style Corbijn

De leur premier clip pour Just Can’t Get Enough jusqu’à Where’s the Revolution, DM a produit plus de 70 vidéos. Ces films déroulent un univers trouble et sombre, souvent sulfureux, qui se prête particulièrement bien au noir et blanc. Le groupe a noué une relation très privilégiée avec le photographe-cinéaste Anton Corbijn, obsédé du monochrome, passionné de musique. Le Néerlandais a tourné près d’une trentaine de vidéos pour DM, parmi lesquelles quelques chefs-d’oeuvre, de Personal Jesus à Enjoy the Silence, en passant par Behind the Wheel.

06 – Une sobriété chèrement acquise
  • Morceau-clé : Walking in my Shoes (1993), l’exposé du problème

Autant le dire : Gahan et Gore n’ont pas toujours bu que de l’eau minérale. Accro à l’héroïne, Dave Gahan a eu une crise cardiaque en 1993 en plein concert. En 1995, il se coupe les veines et en réchappe de peu. En 1996, à Los Angeles, c’est l’overdose : son coeur s’arrête de battre pendant deux minutes. Les secours parviennent à le ranimer et il gagne le surnom de « The Cat », puisqu’il semble avoir neuf vies. Martin Gore, lui, a depuis sa jeunesse un gros problème d’alcool. Les deux hommes, aujourd’hui pères de famille, sont désormais « clean ».

07 – La technophilie de Gore
  • Morceau-clé : Europa Hymn (2015), sur l’album solo de Gore, « MG »

Martin Gore, qui voue un culte à Kraftwerk, pionniers allemands de l’électronique, est un geek musical. Les machines lui apportent « une grande source d’inspiration » : « Le fait d’utiliser les nouvelles technologies fait de Depeche Mode un groupe toujours contemporain. » C’est au gré de ses découvertes et aussi au hasard des rencontres et des collaborations, que le groupe change de son, tantôt plus rock industriel, tantôt plus électronique, sans s’interdire une passade avec le grunge.

Source : 7 secrets de longévité de Depeche Mode, Les Echos Week-end

20170317 – News / L’album antirévolutionnaire de Depeche Mode – Le Point

PAR

Modifié le 17/03/2017 à 16:55 – Publié le 17/03/2017 à 16:32 | Le Point.fr

Le trio sort Spirit, un quatorzième disque sombre et mystique… comme tout ce qu’il fait depuis 25 ans ! Serait-il devenu son propre cliché ?

Le 5 octobre 1981, Depeche Mode révolutionnait la musique britannique, en sortant Speak & Spell, un premier album aux mélodies sautillantes entêtantes (comment oublier les sept notes vivement pressées sur un synthé de « I just can’t get enough » ?), qui influença – pour le meilleur et pour le pire – le paysage sonore de la décennie qu’elle ouvrait.

Trente-six ans et 100 millions d’albums vendus plus tard, le trio de Basilson (Essex) est de retour, et contrairement à tous ceux qui ont laissé leur marque sur l’histoire du rock, ils ne portent pas sur leur visage les stigmates de leurs excès (de drogue, d’alcool, de fêtes, de femmes). « C’est un des rares groupes des années 80 qui a survécu et qui conserve un certain niveau de qualité musicale », s’enthousiasme le journaliste Jacques Braunstein, fan de la première heure.

Leur musique a en effet peu évolué depuis 1982, date à laquelle Martin Gore remplaça Vince Clarke à la composition. Dans Spirit, le quatorzième album de Depeche Mode, sorti ce vendredi, on retrouve ainsi les sombres mélodies post-punk de Gore, toujours aussi inquiétantes, quasi-fascistes, et dans ses textes les mêmes interrogations sur Dieu, le monde qui part en vrille et les politiciens pourris. « On n’y est pas encore, on n’a pas évolué », annonce d’emblée Dave Grahan dans « Going Backwards », de sa belle voix traînante, étonnamment peu altérée par les overdoses à répétition, magnifiée par des synthés mystiques qui sonnent presque comme des orgues. Clean depuis vingt ans, il a même réussi à s’imposer comme coauteur des chansons du groupe.

Pourtant ces vétérans ne parviennent toujours pas à se renouveler, et les chansons se succèdent et se ressemblent encore. D’ailleurs, Anton Corbijn, photographe et compagnon de toujours du groupe (il a réalisé 19 de leurs clips depuis 1986), est encore une fois derrière la caméra pour la vidéo de « Where’s The Revolution ? », leur dernier single. Alors, elle est où la révolution ? Chez Depeche Mode, nulle part, mais c’est ce qui devrait ravir leurs fans.

Source : L’album antirévolutionnaire de Depeche Mode – Le Point

20170317 – News / Depeche Mode éclaire l’obscur – Culture / Next (Liberation)

Les stars britanniques reviennent avec un quatorzième album ténébreux où s’affine leur son.

Il est toujours fascinant d’être confronté aux mesures drastiques visant à éviter les fuites des rares albums d’artistes dont les ventes sont encore significatives. Ecoute en petit comité, avec clause de confidentialité, ou au casque sous surveillance de l’unique exemplaire d’un disque conservé dans un placard fermé à double tour… Spirit, le quatorzième album de Depeche Mode, s’ouvre sous conditions. Livrant depuis 1997 avec une précision d’horloger un nouveau disque tous les quatre ans, le trio anglais est loin de ses pics créatifs et commerciaux, mais reste l’un des poids lourds de l’industrie musicale, avec plus d’un million de copies de Delta Machine, classé 31e des ventes mondiales en 2013. Ceci posé, qu’attendre d’un groupe présent depuis plus de trente-cinq ans et dont chaque livraison, de plus en plus sombre, est d’abord destinée à vendre des billets de concert ? Rien, et c’est ce qui rend ce Spirit d’autant plus agréable. Après trois albums qui mixaient avec routine chansons tristes-obsessions blues-titres nerveux, Depeche Mode s’est acoquiné avec James Ford de Simian Mobile Disco pour évoluer à défaut de se réinventer. Lourd et pessimiste, Spirit surprend par sa cohérence sonore. Le sound design est impressionnant de précision et de puissance, les ambiances sont plombées à souhait, et le mix entre guitares et électronique fonctionne à merveille. Expression d’une vision du monde désenchantée, dans laquelle il n’est pas difficile de voir le reflet de la situation politique, Spirit se permet une entame empreinte d’emphase avec Going Backwards et ses paroles catastrophistes, suivi du single Where’s the Revolution, appel engagé au réveil citoyen, avant de voir son tempo général tomber pour une succession de titres à la rage sourde, qui rappellent par instants la discographie passée du trio. You Move et Poison Heart ont des faux airs de l’album Songs of Faith and Devotion (1993), quand Eternal nous rappelle un Little 15 (1987) qu’on aurait englué dans un baril de dissonance. Avec ce poisseux Spirit, qui nécessitera plusieurs écoutes pour révéler ses charmes, on ne peut que mesurer le chemin parcouru par les quinquagénaires, loin de l’image de garçons coiffeurs et leur aimable pop synthétique des débuts.

Benoît Carretier

Depeche Mode Spirit (Venusnote Ltd/Columbia/ Sony Music)

Source : Depeche Mode éclaire l’obscur – Culture / Next

20170317 – News / Musique : Depeche Mode, révolutions permanentes

Après quatre ans d’absence, Depeche Mode sortent ce vendredi « Spirit ». Avant une grande tournée mondiale et notamment un passage cet été au Stade de France, les Anglais signent un disque très sombre, très politique aussi. Tout simplement un album qui va compter.

C’est à chaque fois la même rengaine avec un tel groupe : qu’ont-ils encore à dire, quelles couleurs musicales vont-ils dessiner, quelle mode vont-ils suivre ? La réponse est immédiate sur Spirit ; Depeche Mode et ses trois quinquagénaires suivent toujours leur propre agenda. Ce 14e album, à classer dans le haut du panier d’une carrière discographique longue de 36 ans, est tout entier fait de colère rentrée, de mots d’ordre scandés, de révolutions prônées.

Nos gouvernements nous mentent, le repli sur soi est à l’oeuvre partout dans le monde, les hommes sont les pions silencieux des puissants… La plume de Martin Gore est trempée dans les désordres mondiaux de ces dernières années, dans une ère où Donald Trump est devenu le héraut de la post-vérité. Les machines ajoutent à l’ambiance crépusculaire et la voix de Dave Gahan émerge, pleine de beauté et d’aspérités, comme sur le très beau Cover Me.

Toujours aussi frappant, le fait que Depeche Mode ne vive pas de son glorieux passé. Le concept de tendance ne survit pas à l’élaboration de leur son, plus synthétique et robotique, malaxé en studio par un nouveau producteur, James Ford, par ailleurs membre de Simian Mobile Disco. Oui, le groupe a encore des choses à dire et ce n’est pas très emballant : « Nos âmes sont corrompues, nos esprits embrouillés, nous sommes foutus » (sur le dernier titre de l’album, Fail).

Depeche Mode, Spirit (Columbia Records). Album disponible. En concert le 12 mai à Nice (stade Charles-Ehrmann), le 29 mai à Lille (stade Pierre-Maurroy) et le 1er juillet au Stade de France (complet).

Source : Musique : Depeche Mode, révolutions permanentes