Depuis peu, géographes, urbanistes et élus locaux s’intéressent à la question de la place des femmes dans l’espace public.
Souvent, le soir, certaines préfèrent éviter les rues sombres, ne s’arrêtent pas à une station de métro jugée trop risquée. Beaucoup optent pour un pantalon plutôt qu’une jupe, privilégient le vélo ou la voiture, et, si elles sont à pied, veillent à ne pas croiser le regard d’un inconnu. Dans toutes les villes, pour répondre à un sentiment d’insécurité, des femmes développent des stratégies d’évitement. Des gestes, devenus des réflexes.
« Dès l’âge de onze ans, les parents apprennent aux filles que l’espace public est dangereux, explique Marylène Lieber, sociologue et auteure, en 2008, d’un ouvrage sur les violences faites aux femmes dans l’espace public. Et tout au long de leur vie, on leur rappelle le risque de se retrouver dans une situation délicate. » Car, dans l’imaginaire collectif, poursuit-elle, « une femme seule, le soir, dans la rue est [encore] une femme disponible ».
Depuis quelques années, après avoir longtemps intériorisé cet état de fait, des femmes ont choisi de dénoncer ces violences sexistes qui font partie de leur quotidien. Leur parole se libère. De plus en plus de témoignages fleurissent sur les réseaux sociaux sur lesquels sont rapportées les paroles salaces, les mains aux fesses et autres agressions verbales ou physiques. Des vidéos – délibérément choquantes –, tournées dans des rames de métro ou dans les rues des grandes villes, ainsi que des reportages sensibilisent également l’opinion publique.
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Source : Sexisme, harcèlement de rue, mixité : les femmes à la reconquête de l’espace public







