20161221 – L’orgasme, une obligation ?

Aujourd’hui, l’orgasme est partout : les magazines féminins le célèbrent et les injonctions sur la jouissance se multiplient. Jouir devient une norme incontournable, à l’origine de souffrances psychiques et de troubles sexuels. La Journée mondiale de l’orgasme, le 21 décembre, est une belle occasion de dire stop au culte de la performance et de la jouissance à tout prix, pour une sexualité épanouie et sans pression.

Les informations sur la sexualité se sont multipliées et elles favorisent l’éducation sexuelle lorsqu’elles sont pertinentes. Elles se révèlent dangereuses lorsqu’elles ne le sont pas : elles alimentent alors une société axée sur le culte de la performance et de la jouissance à tout prix. Selon le Dr Brenot*, on parlait peu de sexualité il y a trente ans. Il y a vingt ans, le désir féminin a été abordé et maintenant, l’orgasme est partout. « On en parle trop et il devient une norme », critique-t-il en dénonçant un véritable « terrorisme de l’orgasme ». Celui-ci s’expliquerait par la présence permanente du porno, organisé sur le modèle masculin (on voit les hommes jouir, mais la jouissance de la femme est peu représentée).

Ne pas jouir à chaque fois, un droit ?

Si certaines femmes ont un orgasme à chaque rapport, d’autres ne le font pas et ne sont pas frustrées pour autant car elles ont vraiment du plaisir ! Mais elles subissent une véritable tyrannie, celle de jouir à chaque fois. Ce qui n’est pas forcément en accord avec la physiologie féminine, différente de celle de l’homme : « Il y a une sorte de modèle imposé de la jouissance masculine, la femme doit jouir lors de chaque coït, sur un mode quasi-masculin, dénonce le Dr Philippe Brenot. Si la majorité des hommes ont un orgasme à chaque coït, c’est beaucoup plus variable au niveau féminin. Mais ce n’est pas moins jouissif : les femmes jouissent de multiples façons ! »

Quant aux hommes, certains subissent l’injonction de faire jouir leur partenaire à chaque rapport, faute de quoi ils ne seraient pas assez performants : « Ce qui traduirait une sorte de sentiment de toute puissance, les hommes pensant à tort être à l’origine de la jouissance féminine, estime-t-il. Or la jouissance féminine a peu de lien avec la performance de l’homme. »

Par exemple, une femme peu disponible à l’orgasme pour X raisons (trop de préoccupations, de stress, de fatigue,…) peut tout de même avoir envie de faire l’amour, sans pour autant vouloir jouir à tout prix. Les efforts répétés de son amant seront alors à l’origine de conflits au sein du couple et parfois même de ruptures, d’après le sexologue, certains hommes ne supportant pas d’avoir une partenaire qui ne jouit pas à chaque rapport.

L’inverse peut être vrai aussi, la femme peut se sentir très frustrée de ne pas voir éjaculer et prendre du plaisir son partenaire à chaque fois.

La course à l’orgasme, à l’origine de troubles

On en arrive à une situation ubuesque où les retrouvailles charnelles, qui devraient se suffire à elles-mêmes, mènent à des troubles sexuels et des conflits conjugaux ! « Cela donne des complexes aux femmes qui pensent ne pas être normales et consultent pour cette raison, regrette le Dr Brenot. Certaines femmes n’ont pas d’orgasmes profonds (NDLR : anciennement appelés vaginaux), mais elles ont énormément de plaisir ! » Bien sûr, s’il y a des interrogations douloureuses et de la souffrance, il est conseillé d’en parler à un sexologue, qui pourra dédramatiser la situation ou entamer une prise en charge si elle est vraiment nécessaire.

Autre injonction récurente et insensée : les magazines féminins prônent régulièrement la supériorité de l’orgasme simultané, les orgasmes non simultanés étant jugés comme égoïstes. « Certains couples à la recherche de cette nouvelle injonction, abîmeront leur sexualité, déplore le sexologue. Ils ne trouveront pas cette soi-disant harmonie sexuelle et seront déçus à chaque fois…  » 

Il est nécessaire d’avoir conscience de ces injonctions pour mieux s’en détacher ; ne pas rechercher l’orgasme à tout prix est le meilleur moyen de se faire plaisir. « La jouissance partagée n’est pas obligatoire ni simultanée », conclut Philippe Brenot. Et que les femmes se rassurent : il y a de multiples formes de jouissances et elles se valent toutes !

* Le Dr Philippe Brenot est psychiatre et anthropologue, directeur des enseignements de sexologie à l’université Paris-Descartes, et auteur d’un blog intitulé Liberté-Egalité-Sexualité.

Source : L’orgasme, une obligation ?

20161216 – Pourquoi l’homme a perdu l’os de son pénis au fil de l’évolution – LCI

#SANTÉ: DIS POURQUOI – Les singes ont un os pénien. Les hommes, non. Cette différence a intrigué des scientifiques britanniques qui ont voulu en savoir plus… Et l’explication pourrait en surprendre plus d’un.

Source : Pourquoi l’homme a perdu l’os de son pénis au fil de l’évolution – LCI

20161212 – Le porno, une menace pour le couple ? | PassionSanté.be

Le fait de regarder des films X peut-il détériorer les relations de couple au point de conduire à la séparation ? En tout cas, quand l’un des partenaires s’y met, le risque augmente.

Ces données sont globales, bien sûr, et elles seront fortement nuancées selon les cas. Néanmoins, indique cette équipe américaine (université de l’Oklahoma), il existe une tendance assez nette. Les chercheurs ont suivi par vagues successives (sur une longue période de temps) quelque 6.000 personnes vivant en couple. Lors des interviews, il leur était demandé si elles avaient regardé au moins une vidéo pornographique pendant l’année écoulée, et si c’était – ou pas – la première fois depuis qu’elles évoluaient en couple. Et il s’avère que c’est ce second point qui fait toute la différence.

En effet, commencer à regarder du X augmente sensiblement le risque de séparation : de 6% à 11% dans l’ensemble, sachant que l’effet est plus marqué chez les femmes (de 6% à 16%) et chez les jeunes. Un autre élément porte sur le bien-être dans le couple. Parmi les répondants qui indiquaient au départ un haut degré de bonheur, l’intrusion du porno joue un rôle beaucoup plus néfaste – le risque de séparation passe de 3% à 12% – que chez ceux qui jugeaient la relation peu satisfaisante.

« Nous pensons que l’usage de la pornographie – un comportement peut-être découvert de manière fortuite par l’autre partenaire qui le prend très mal – peut briser une union heureuse, alors que cela ne semble pas contribuer à empirer une relation peu épanouissante », avancent les chercheurs. La question consiste aussi à savoir si la consommation de porno peut être considérée comme une cause de la détérioration du couple ou si elle doit être perçue comme un symptôme de la dégradation d’une relation. Les auteurs insistent sur le fait qu’ils n’ont pas d’agenda à l’esprit, en ce sens qu’ils ne soutiennent pas le bannissement de la pornographie sous le prétexte qu’elle soit susceptible de nuire aux couples. « Il ne s’agit pas d’une croisade morale, mais nous pensons qu’il est utile d’informer et d’attirer l’attention sur le fait que la pornographie, dans certaines circonstances, peut avoir des conséquences sérieuses, et nous invitons les couples à ne pas négliger cet aspect ».

Source: American Sociological Association (www.asanet.org)
publié le : 12/12/2016 , mis à jour le 11/12/2016

Source : Le porno, une menace pour le couple ? | PassionSanté.be

20161211 – La face cachée du sexe féminin

Le désir féminin serait insondable, indéchiffrable, voire incompréhensible. Cette conception a le fâcheux effet de disqualifier une libido bien réelle, nous dit la chroniqueuse de La Matinale, Maïa Mazaurette.

Cachez ce sexe qu’on ne saurait voir – depuis la feuille de vigne, nous avons bien compris le message. Quand on cache le sexe, on cache la sexualité… Mais si un sexe est « naturellement » caché, la sexualité devrait-elle l’être aussi ? Peut-on être censurée de naissance ?

Vous connaissez la chanson : le sexe féminin serait contrariant parce que invisible, au contraire de celui des hommes, qui ont un pénis bien en évidence, aux excitations spectaculaires, contenues entre l’érection et l’éjaculation.

Les femmes seraient non seulement affublées d’un orifice, mais elles en seraient un tout entier. Leur désir serait impalpable. On ne sait ni quand une femme mouille, ni quand elle ovule, ni quand elle jouit, et ça commence à faire beaucoup. D’où, d’ailleurs, notre condamnation de la simulation – si on pouvait passer les femmes au détecteur de mensonge, on le ferait (on n’aimerait pas les résultats).

Tout cela est charmant (pas vraiment) et peut sembler pratique (pas non plus). Pourrait-on maintenant faire une pause dans la malhonnêteté intellectuelle ? Déjà, le pénis des hommes n’est pas si évident que ça – même les chanceux affublés ici-bas d’une andouillette king-size 5A ont une fâcheuse tendance à porter des vêtements (ah, les prudes).

Un set génital impressionnant

Même dans l’intimité, la majorité se couvrira de pyjamas ou de boxers – un coup de froid est vite arrivé. Dans l’espace public, le pénis n’est pas plus visible qu’un vagin, et si certains hommes le voient partout, tout le temps, ça s’appelle de l’obsession (personnellement, je parviens à regarder même Rocco Siffredi dans les yeux).

Ensuite, réduire le sexe féminin à un orifice, expliquer que les femmes se construisent dans l’absence, c’est 1) amusant, 2) condescendant, mais il faudrait peut-être leur demander leur avis. Les petites filles ayant reçu une éducation féministe n’ont pas grandi dans l’amputation.

Non seulement nous avons un sexe visible, merci bien, ça s’appelle une vulve, mais quid de cette histoire de trou ? Je suis désolée d’enfoncer des portes ouvertes, mais quelle est cette absence qu’on peut toucher, qui se contracte, qui pulse, qui a des demandes, et ce, dès les premières années ? Dans quel monde vivent les personnes qui parlent d’orifice – s’imagine-t-on que les filles mettent leurs mains dans leur culotte pour n’y trouver qu’un vide, une matière noire ? Que, même sans curiosité graphique, elles ne connaîtraient jamais ni leur goût ni leur odeur ? Qu’elles seraient prises de cécité systématique devant leurs sécrétions ?

On nous renvoie au trou comme si les parois vaginales restaient écartées, propices aux courants d’air. Comme si nos pauvres cerveaux femelles n’allaient jamais vraiment intégrer qu’une fente remonte à l’utérus – un set génital impressionnant, complet, plaisant et reproduisant. C’est exactement comme si on disait que les hommes sont un trou parce qu’ils ont un urètre. Exactement comme si on leur assénait que leur sexe était invisible, parce qu’ils ne peuvent pas voir l’intérieur de leurs testicules. Misère.

Hypocrisies

Cette conception toute politique du corps humain implique une curiosité sans borne pour le désir féminin, toujours à décrypter, contrairement au désir masculin qui serait aussi solide et constant qu’une batte de base-ball (ne vous flattez pas). Comme s’il fallait choisir entre subtilité et bourrinage. Comme si l’excitation sexuelle féminine restait nébuleuse, désincarnée (car comment incarner un trou ?), avec des pâquerettes pour la déco.

En bonnes chérubines dénuées de sexe, éternelles enfants, nous pourrions ignorer le sang qui s’accumule dans les zones érogènes, nous zapperions la lubrification, nous passerions à côté des contractions musculaires. Bienheureuses les femmes, purs esprits flottant au-dessus des réalités matérielles, jamais distraites, dérangées par rien, plus productives au boulot !

Alors d’accord : le désir féminin est plus compliqué à remarquer que le masculin. Tout serait affaire de contraste. Le premier problème, c’est que cette conception binaire invisibilise et disqualifie la moitié de la libido humaine. Le deuxième problème est qu’on ne puisse, en 2016, envisager le corps féminin qu’en relation avec le corps masculin, ou du moins à travers un regard masculin forcément neutre (un intéressant retournement du concept de norme, puisqu’il faudrait moins de la moitié de la population pour créer cette norme).

Outre la pauvreté de cette conception du sexe façon saint Thomas (« Si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point »), on se lasse de telles hypocrisies. Demander à voir, c’est dénier à l’autre une part d’intimité. C’est vouloir tout comprendre pour mieux contrôler. C’est affirmer son désir contre celui de l’autre.

On castre les femmes

De toute façon, s’il fallait voir le désir féminin, pourquoi s’acharner à le couvrir ? Pourquoi ce double standard qui veut qu’un homme puisse montrer ses seins, mais pas une femme, alors même que cette tolérance permettrait de rendre visibles au moins certaines manifestations d’envie ? Pourquoi nous priver de parole sexuelle, de mots cochons, de la liberté de faire des avances (« Dans la bouche d’une femme c’est vulgaire ») ?

Pourquoi célébrer le mystère féminin, alors qu’on se plaint de cette opacité ? Pourquoi cette constante censure – les seins allaitants, les corps trop déshabillés sur les panneaux d’affichage, les corps trop politiques sur la plage ?

Plutôt que de s’interroger sur un désir intrinsèquement invisible, il faudrait se demander pourquoi nous refusons de voir. Pourquoi nous détournons, non pas notre regard, mais des corps en entier. On peut avancer des raisons morales ou religieuses, du double standard, une pudeur sélective. Mais aussi de la méchanceté : on castre les femmes. On les réduit à des orifices, on les réduit au vide. On tente de les anéantir. Ce n’est pas très sympa.

Même si le désir féminin était réellement invisible, on pourrait toujours le rendre dicible. Il suffirait de nous poser la question. Il suffirait de nous demander si nous avons envie. Une fois encore, si l’ordre social s’en abstient, c’est dans l’intérêt des hommes : ne pas savoir, c’est pouvoir outrepasser.

Si les femmes ne peuvent pas exprimer leur désir, il est quasiment justifiable de se raconter soit qu’elles sont toujours consentantes (c’est dans leur nature animale) soit qu’on s’est mal compris (ah, le viol par erreur de communication ! Presque aussi crédible que le crime par passion ou la violence domestique par amour).

Le sexe féminin n’est pas invisible : nous refusons de le voir. Il n’est pas impensable, seulement ignoré, par paresse intellectuelle et par pur égoïsme. Et pourtant. Le désir des femmes est là, présent, complexe, tissé de chair, de neurones et de terminaisons nerveuses. Il est mesurable. Malgré notre culture du déni, il parvient à exister, il commence même à s’exprimer : le sexe parle, tendons l’oreille – ça nous changera.

  • Maïa Mazaurette
    Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2016/12/11/la-face-cachee-du-sexe-feminin_5047052_4497916.html#1f6LzejdioqAtUtt.99

Source : La face cachée du sexe féminin

20161202 – Le rendre fou amoureux en 7 leçons

Vous avez sans doute entendu parler de la pièce de Paul Dewandre : « les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ». Dans la seconde version, Paul Dewandre a une métaphore très imagée, l’homme est un chalumeau et la femme un four.

En d’autres termes, l’homme s’allume immédiatement tandis que la femme a un temps de préchauffage plus ou moins long. Je confirme ; un homme ne fonctionne pas comme une femme et donc, forcément, pour rendre un homme fou amoureux, il ne faut pas lui faire les mêmes caresses que pour rendre une femme folle amoureuse.

“Ne tombons pas dans la caricature”

Je répète souvent : un homme a besoin de faire l’amour pour tomber amoureux tandis qu’une femme a besoin d’être amoureuse pour faire l’amour. Donc, si c’était vrai, pour rendre un homme fou amoureux, il suffirait de lui faire l’amour tous les jours, voire plus si vous avez la santé ! Mais ce serait trop simple, ne tombons pas dans la caricature.

Je vais donc vous révéler les moyens de rendre votre homme amoureux ou plutôt de garder votre homme dans cet état amoureux au fil du temps.

1) L’homme a besoin de se sentir admiré.

 N’hésitez pas à le féliciter lorsqu’il a fait quelque chose mais évitez la flatterie car il déteste ça. Ce qui signifie que vous devez être sincère mais il y a toujours des zones dans lesquelles votre homme est le meilleur.

2) Evidemment, vous devez apprécier ses qualités d’amant.

Trop de femmes ont la critique facile et elles s’étonnent ensuite que leur amoureux se détache d’elles. Et si elles avaient su admirer leur virilité, leur amoureux continuerait à les traiter comme une princesse. Alors s’il n’est pas monté comme Rocco Siffredi vantez ses caresses lors des préliminaires. S’il est un peu introverti, vantez la douceur de ses caresses.

3) Ecoutez-le avec intérêt.

Il dit forcément des choses intéressantes. Surtout ne l’interrompez pas sous aucun prétexte, surtout devant des proches, il a horreur de ça.

4) Restez séduisante, vous n’avez pas besoin de vous habiller obligatoirement comme si vous sortiez mais évitez les vêtements qui ne mettent pas vos charmes en valeur.

5) Lâchez-le ! Les hommes ne supportent pas qu’on les colle. Vous devez lâcher du lest. Moins vous le tiendrez en laisse, plus il viendra à vos pieds.

6) Soyez attentive à ses petits bobos, quels qu’ils soient. Souvenez-vous de la chanson « maman bobo »

7) N’attendez pas qu’il vous écoute toujours avec attention, l’homme a besoin d’agir et laissez-le tenir la télécommande, au sens propre comme au sens figuré.

Brigitte Lahaie2 décembre 2016

Source : Le rendre fou amoureux en 7 leçons

 

Avis Pimpf : Je suis un peu surpris cela fait un peu cliché non ?

20161121 – Éduque-t-on les enfants à la sexualité ou à l’hétérosexualité? | Slate.fr

L’éducation à la sexualité est tout à fait inégale d’une école à l’autre.

«On parlait du cycle menstruel. Le jour 14, c’est le jour où tu ovules, et tout. Un élève a dit: “Merde ! J’ai fait l’amour le 14 février!” Il a fallu que j’explique que l’ovulation n’avait pas nécessairement lieu le 14 de tous les mois», raconte, perplexe, une enseignante d’école secondaire québécoise. «“En matière de sexualité, c’est au garçon d’assurer. C’est lui qui fait tout puisque c’est lui qui pénètre”. C’est le genre de commentaire qu’on entend systématiquement», rapportent des professeurs de collège français. Pour peu qu’on s’intéresse à l’éducation à la sexualité, les anecdotes abondent, navrantes et similaires des deux côtés de l’Atlantique.

La sexualité sans plaisir

Ces constats, pourtant, sont loin d’étonner les membres du Groupe académique Éducation à la sexualité de Créteil. Ce groupe d’une quinzaine de membres (infirmières, enseignant(e)s, chefs d’établissements, etc.) de l’Académie de Créteil œuvre depuis 2013 à l’information et à la formation des personnels en matière d’éducation à la sexualité. Leurs actions menées au sein de différents établissements visent à susciter chez les élèves des réflexions quant aux fausses croyances (liées notamment à une méconnaissance du fonctionnement du corps ou des pratiques sexuelles) et aux stéréotypes sexués (accordant aux filles et aux garçons des rôles distincts et complémentaires dans l’exercice de la sexualité) qu’ils peuvent entretenir.

L’exposition « Zizi sexuel », organisée en 2007 et 2014 | Olivier Dusquesne/FlickrCC BY-SA

Ces préconceptions ne sont pas entièrement prises en compte par les programmes actuels, qui misent pour la plupart sur des points d’entrée en matière essentiellement biologiques, via les sciences de la vie et de la Terre. Cela contribue à constituer, toujours selon des membres du Groupe avec qui nous avons échangé, un frein à une éducation à la sexualité plus complète et inclusive. Ils estiment que cette approche dessert les élèves LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexes) mais, plus globalement, «tous les élèves qui se questionnent ou estiment ne pas être dans la norme –du corps, du comportement, du ressenti», comme le montrait d’ailleurs l’anthropologue américaine Gayle Rubin.

Les contenus des apprentissages en éducation à la sexualité passionnent Guillaume Cyr, doctorant en éducation à l’Université du Québec à Montréal et ancien enseignant de science. L’ennui, selon lui, c’est que l’inclusion des programmes d’éducation à la sexualité se heurte à au moins deux types d’obstacles. Le premier, c’est l’insistance accordée aux enseignements sur la reproduction sexuée. «Cela évacue la question du plaisir sexuel, ce qui tend à naturaliser l’hétérosexualité». Le second, «c’est qu’on présente les corps, et donc la sexualité, selon une bicatégorisation par sexe».

Selon ces enseignements, au-delà des anatomies féminine et masculine, il y aurait des manières acceptables de draguer, de solliciter les rapprochements sexuels, de se comporter pour plaire à l’autre, de concevoir le plaisir sexuel, qui seraient distinctes en fonction du sexe. Ces représentations limitées de la sexualité humaine (presqu’exclusivement associées à la pénétration vaginale) contribueraient de surcroît à présenter une sexualité associée au plaisir pour les garçons/hommes, et à la responsabilité et à la gestion du risque pour les filles/femmes. Bref, les programmes auraient tendance à reconduire une série de normes en matière de sexualité qui seraient largement genrées.

Tabous, clichés et controverses

Les tensions autour des contenus à transmettre en éducation à la sexualité n’étonnent guère les sociologues du curriculum. La sexualité est peut-être l’une des thématiques dont l’inclusion dans le curriculum scolaire a fait –et continue de faire– l’objet du plus de controverses, et dans plusieurs pays. Au Canada, le gouvernement de la province de l’Ontario a dû retourner à la table de travail en 2010 après que sa tentative d’introduire un nouveau programme d’éducation à la sexualité abordant les notions d’orientation sexuelle et d’identité de genre ait déplu à des groupes de parents d’élèves. Au Royaume-Uni, de 1988 à 2003, les enseignant(e)s désireux de parler d’homosexualité étaient largement freinés en raison de la section 28 de l’acte de gouvernement local interdisant de faire la promotion de l’homosexualité.

Détail du temple indien de Khajuraho. Aotearoa/FlickrCC BY-NC-SA

En France, la controverse la plus récente date de 2011 et concerne l’introduction des notions d’identité et d’orientation sexuelles dans les manuels scolaires de science et vie de la terre. Cette initiative a engendré une importante levée de boucliers, ses opposants reprochant à l’Éducation nationale de se faire porteuse d’une supposée «théorie du genre».

On identifie trois courants dominants d’intervention en éducation à la sexualité, qui correspondent à autant de manières d’inclure la sexualité dans le curriculum: le modèle traditionnel, préconisé par plusieurs états américains se caractérise par la promotion de l’abstinence avant le mariage, la valorisation de l’union hétérosexuelle et la condamnation de l’homosexualité. Ces programmes accentuent la construction d’un certain type de «normalité sexuelle», encensant les notions de monogamie, de relation sexuelle comme étant uniquement centrée sur la pénétration, de la conformité des partenaires aux rôles de genre conventionnels; le modèle préventif, sur lequel s’axe notamment le programme scolaire français, aborde la sexualité sous l’angle de ses risques inhérents (infections transmissibles sexuellement, grossesse à l’adolescence, violence dans les relations amoureuses, etc.) et des manières d’y faire face (principalement la contraception); quant au modèle libéral, en vigueur dans les pays scandinaves, il est axé sur la promotion du plaisir et la discussion des différentes orientations sexuelles.

L’Unesco a publié en 2010 des principes directeurs internationaux sur l’éducation à la sexualité, mais suggère qu’une approche uniforme des contenus liés à la sexualité n’est ni possible, ni souhaitable. L’efficacité des initiatives d’éducation sexuelle dépend ainsi des influences culturelles spécifiques à chaque région.

Pas d’uniformisation des savoirs

Au-delà des contenus scolaires, le manque d’uniformisation des connaissances transmises d’une école à l’autre, même d’une classe à l’autre, règne en maître au chapitre des préoccupations. «L’éducation à la sexualité est tout à fait inégale d’une école à l’autre», constate Guillaume Cyr. «Au Québec, on a peu d’informations, autres qu’anecdotiques, sur ce qui se passe dans les écoles.»

Il faut dire que l’éducation à la sexualité a connu son lot de pérégrinations dans la province. Instaurés en 1986 comme module du cours de formation personnelle et sociale, les enseignements liés à la sexualité ont à toutes fins utiles disparu du cursus scolaire en 2000, avec la modification du programme de formation de l’école secondaire. Malgré cette réforme des contenus, ces sujets demeuraient en théorie sous la responsabilité de l’école. Les enseignant(e)s et les personnels scolaires se partageaient donc la tâche d’évoquer, ici les mécanismes de la reproduction humaine, là la puberté, là encore, l’épineuse question des orientations sexuelles. En septembre 2015, un programme pilote d’éducation à la sexualité a vu le jour dans dix-neuf écoles secondaires, mais n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements.

La situation n’est ni plus simple, ni plus rose en France. L’éducation à la sexualité est obligatoire dans les écoles françaises depuis l’adoption de la loi du 4 juillet 2001. Les écoles, les collèges et les lycées sont tenus d’assurer au moins trois séances annuelles d’éducation à la sexualité. Comme au Québec, on fait rapidement le constat d’initiatives inégales en fonction des écoles et des territoires, puisqu’étroitement liées aux bonnes volontés d’enseignants et de personnels.

Le 15 juin 2016, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publiait un rapport relatif à l’éducation à la sexualité. Ce rapport tirait la sonnette d’alarme quant aux inégalités filles-garçons en matière de sexualité : poids des attentes de genre et des stéréotypes de sexe, enjeux liés à la préservation d’une réputation féminine, popularité des violences sexistes et cybersexistesméconnaissance du plaisir et du corps féminin, inégalité des responsabilités en matière de prévention des maladies sexuellement transmissibles et des grossesses non désirées, etc.

Comment aller de l’avant, alors, avec une éducation à la sexualité répondant dans les faits aux besoins de tous les élèves? Le caractère inclusif du programme devrait être dans la mire des ministères d’éducation et du corps enseignant, suggère Guillaume Cyr.

«Le programme d’éducation à la sexualité devrait faire mention des réalités des personnes LGBTI, inclure une historicisation des contenus des programmes afin d’éviter de les présenter et de les percevoir comme universels, et les présenter de manière non genrée afin d’éviter la bicatégorisation par sexe.»

Selon le Groupe académique Éducation à la sexualité de Créteil, il faudrait a minima que l’on questionne la manière dont les membres des équipes éducatives se représentent eux-mêmes la sexualité. Car si les tabous en matière de sexualité sont surtout verbalisés par les jeunes, ils n’en sont pas moins partagés par les adultes à l’école.

Cet article a été initialement publié sur le site The Conversation

Source : Éduque-t-on les enfants à la sexualité ou à l’hétérosexualité? | Slate.fr

20161120 – Quand Olivia Ruiz démonte les clichés sur le désir féminin

Parler de sexe ? C’est ce que fait, sans hypocrisie, Olivia Ruiz dans son dernier album. La chanteuse en avait marre des clichés sur le désir féminin… et elle les a démontés !

Source : Quand Olivia Ruiz démonte les clichés sur le désir féminin

20161105 – Le fantasme sexuel ? Un excellent moyen de relancer le désir et un redoutable aphrodisiaque

Il faudrait être apte à connaître vraiment ses fantasmes. Posez la question à vos proches, vous serez étonnés du peu de réponses que vous obtiendrez. Alors bien sûr, parler de ses fantasmes est du domaine de l’intime et cela semble normal que l’on ne veuille pas les évoquer comme ça.

Pourtant, j’ai constaté que de nombreuses personnes ne savent pas très bien ce qu’est un fantasme et forcément quels sont les leurs. Ne compliquons pas les choses, un fantasme, c’est un désir, un rêve éveillé ou encore une vague envie pas tout à fait consciente.

Qui n’a pas eu le désir de se retrouver dans le lit d’un acteur célèbre ou d’une personnalité sexy ? Qui n’a pas eu un flash en croisant le regard d’un ou d’une inconnu(e) ? Qui n’a pas souri en voyant une séquence de film en se disant que ce que vivent les comédiens serait tout de même bien sympathique à vivre ? Nos fantasmes sont multiples, infinis et parfois fugaces. Malheureusement, il y a souvent un mur infranchissable entre eux et notre conscience. Ainsi si votre partenaire vous répond qu’il n’a pas de fantasmes, il ne vous ment pas, il n’y a juste pas accès. Mais bien sûr, certaines personnes en ont bien plus que d’autres. Quoiqu’il en soit, nos fantasmes font tout de même partie de notre jardin secret. Inutile donc de dévoiler vos désirs à tout bout de champ.

Méfiez-vous d’ailleurs si la prochaine fois que votre partenaire évoque un désir fantasmatique durant le rapport sexuel, il le fait peut-être sous le coup de l’excitation mais rien ne dit qu’il ou elle désire vraiment que vous passiez à l’acte ! Par exemple, un homme qui demande à sa partenaire de raconter comment un autre homme lui fait l’amour s’excite mais il n’a pas forcément envie qu’elle s’autorise cette fantaisie.

Jouer avec les fantasmes peut relancer le désir

La fantasmatique, c’est un peu comme de la nitroglycérine, elle est donc à manier avec précaution. En revanche, jouer avec les fantasmes peut relancer le désir et c’est un excellent aphrodisiaque. A condition de comprendre qu’il est permis de tout imaginer sans se sentir obligé de pratiquer. Ce qui demande tout d’abord une bonne entente dans votre relation. En d’autres termes, vous ne devez jamais prendre au premier degré les propositions que l’on vous fait. J’ai par exemple remarqué que de nombreuses personnes évoquent le fantasme   de   l’échangisme   mais   en   fait,   elles   ne   savent   pas franchement ce qu’elles désirent et en évoquant de but en blanc ce désir   de   libertinage,   elles   risquent   d’instaurer   de   nombreux malentendus. L’autre partenaire peut imaginer qu’il ou elle ne lui suffit plus,   que   c’est   une   manière   déguisée   d’envisager   l’adultère   ou   au contraire,   il   ou   elle   peut   s’engouffrer   dans   la   brèche   pour   enfin s’autoriser d’autres aventures sexuelles.  Avoir du  désir  pour  quelqu’un  d’autre est naturel,  il n’y a  rien de répréhensible. Seul le passage à l’acte est à prendre en compte et peut être répréhensible. Faites   fonctionner   votre   imaginaire   érotique,   comme   lorsque   vous étiez enfant, racontez-vous des histoires. La réalisation de ces actes n’est pas nécessaire. D’ailleurs ne dit-on pas qu’un fantasme qui a été réalisé perd tout son pouvoir érotique et excitant ? Alors oui, osez de nouvelles fantaisies dans le respect et la complicité mais à dose homéopathique. Jouez à imaginer des situations érotiques intenses, torrides. Mais ne pratiquez pas si cela vous inquiète. Car oser des   pratiques   particulières   sans   être   à   l’aise laisse   ensuite   des sentiments assez complexes comme de la honte, de la culpabilité ou du dégoût. Le sexe, ce n’est pas anodin mais c’est pour ça que c’est si bon, si fort…

Source : Le fantasme sexuel ? Un excellent moyen de relancer le désir et un redoutable aphrodisiaque

20161101 – News : Sexualité des seniors : « On n’a pas l’âge de ses artères mais de ses désirs »

La sexologue Manon Bonnet aborde sans tabou la question de la sexualité chez les seniors. Elle en parlera en public jeudi 3 novembre à Avignon.

Sexologue à Avignon, Manon Bonnet aborde, jeudi soir en public, le sujet parfois tabou de la sexualité chez les seniors. Cette spécialiste de l’intimité nous parle sans détour de ce sujet. Jusqu’à quel âge peut-on avoir une sexualité ? Jusqu’à la mort ! Un monsieur de 83 ans vient me consulter. On a du mal à imaginer la sexualité après 70 ans, la sexualité de nos parents… mais il n’y a pas de rupture dans la vie sexuelle, la manière dont on a vécu avant 50 ans détermine la sexualité d’après. Pourquoi les seniors viennent-ils vous consulter ? Pour les mêmes problèmes qu’avant. Manque de désir, problèmes d’orgasme, mais surtout pour des douleurs chez la…

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20161031 – News / La rançon de la honte : les chantages à la webcam se multiplient (avis aux amateurs de sexe en ligne…)

Une nouvelle arnaque prend de l’ampleur sur le web : le scam sex. Le principe ? Se faire passer pour une jeune femme, flirter avec un internaute, le pousser à se masturber devant sa webcam… puis le menacer de diffuser la vidéo s’il ne paie pas une rançon.

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