20160728 – Arts – Sex Fears – De quoi avons-nous peur lorsqu’on fait l’amour | Ufunk.net

Sex Fears est une nouvelle étude qui regroupe dans une infographie les choses dont nous avons le plus peur lorsque nous faisons l’amour. Réalisée sur un panel de 2000 Européens et Américains, cette étude compare les différentes peurs liées au sexe chez les hommes et chez les femmes, mais aussi les différences entre les américains et les européens.

Source : Sex Fears – De quoi avons-nous peur lorsqu’on fait l’amour | Ufunk.net

20160711 – News  : Faut-il tout essayer sexuellement ?

[Chronique] La curiosité sexuelle doit-elle – et peut-elle – être sans limites ? Faut-il goûter avant de dire non, tout tenter pour ne rien rater ? La chroniqueuse Maïa Mazaurette répond aux chantres du tout-sexuel et de la dolce vita marathonienne et exhaustive.

 

Deux poids, deux mesures : alors qu’on apprend aux enfants à « goûter avant de dire non » (au risque de retrouver des traînées de purée carotte-camembert sur les murs), nous nous autorisons sexuellement à ne pas goûter. A détester avant d’essayer. A ne pas se faire notre propre idée. Comment justifier ce passe-droit ?

La question se pose parce que l’idée de tout essayer est finalement très implantée dans notre culture sexuelle. Les prétentieux se vantent d’avoir tout essayé, les gourmands de vouloir tout essayer.

La lecture d’un dictionnaire des paraphilies, ou des 120 Journées de Sodome, devrait poser un cadre à cet insondable appétit (nous sommes tous et toutes bien trop paresseux) : on appelle « effet Dunning-Kruger » ce biais de surconfiance qui veut que les personnes les moins compétentes sur un sujet ont l’impression d’en avoir fait trente fois le tour. Si quelqu’un prétend tout connaître en sexualité, ou avoir tout essayé, vous pouvez tabler sur sa virginité.

Univers fantasmatique en expansion

D’ailleurs, à quoi ressemble le « tout » ? Il existe quantité de cartes interactives permettant de se faire une idée de la largeur, et des largesses, de notre champ des possibles. Les niches non seulement se superposent les unes aux autres, mais se multiplient avec le temps : l’univers fantasmatique de l’humanité est en expansion, comme l’univers tout court.

Mais nous ne sommes pas, individuellement, l’humanité – nous avons des limites, forcément. Peut-être ces limites tomberont-elles avec la réalité virtuelle, mais nous n’en sommes pas encore là (ne vendons pas cette peau d’ours, très érotique sous la cheminée, au passage).

Comment pourrait-on se réclamer de toutes les sexualités – jusqu’où ? Les morts ? Les animaux ? Il faudrait vouloir coucher avec tous les humains, tous les non-humains, tous les objets, mais aussi avec la rosée du matin et un clafoutis aux cerises. Ce qui commence à faire beaucoup, même quand on est au chômage.

Voici dix exemples de ce qu’il faudrait « essayer avant de dire non » – dix possibles sur des milliers, en ne parlant que des cas recensés : la momification érotique, le fétichisme de la sueur et des aisselles, la zoophilie, la domination financière, la scatologie, la stimulation électrique, les maladies vénériennes. Et puis bien sûr, expérience sexuelle ultime : la chasteté. La frustration. La castration. Quoi, ne vouliez-vous pas tout essayer ?

Et même si c’était possible : serait-on meilleur coucheur parce qu’on a tout essayé ? Ou vaudrait-il mieux avoir moins essayé, mais mieux creusé son sujet ? L’essai implique une connaissance superficielle, un passage éclair (notez que sexuellement, d’habitude, on n’aime pas trop les passages éclair) : les vrais vantards ne devraient-ils pas plutôt vanter des spécialisations bien précises – un doctorat en anatomie interne, un master trilingue en cunnilingus ?

Vantardises

On plaisante, on plaisante, mais la question se pose de manière plus problématique que les simples vantardises après trois verres de rosé (au passage, avez-vous essayé le sexe en état de coma éthylique ? Si vous voulez tout essayer, c’est un incontournable).

La curiosité sexuelle peut en effet devenir une contrainte : une pression que l’on fait porter sur ses partenaires pour qu’ils acceptent des pratiques qui leur répugnent ou qui les indiffèrent. Les gays et surtout les lesbiennes connaissent bien le problème, eux et elles qu’on accuse régulièrement de préférer les relations homosexuelles faute d’avoir essayé les relations hétérosexuelles.

Ainsi, en Afrique du Sud, le viol correctif consiste à imposer des pénétrations aux lesbiennes pour qu’elles rentrent dans le droit chemin (surprise, surprise : ça ne marche pas). Et vous trouverez toujours des psychanalystes de comptoir pour affirmer que les prêtres pédophiles le sont parce qu’ils n’ont pas essayé avec une « vraie » femme.

On voit bien les limites de cet argument inlassablement utilisé pour « convaincre », plutôt les femmes, d’essayer le bondage (passif, comme c’est curieux) ou la sodomie (passive, tiens donc) : quand on parle de tout essayer, c’est surtout pour demander à l’autre de tout essayer.

Mourir idiot

Et en priorité le trio gagnant du fantasme pornographique martelé comme une normalité – triolisme, échangisme, sexe anal, comme si ne pas avoir couché avec deux blondes à 30 ans revenait à rater la Rolex de ses 50 ans. Vous admettrez que ça fait court, comme incarnation d’un hédonisme solaire.

Revenons donc à nos petits pots carotte-pomme de terre. Même s’il s’agit dans les deux cas de rapport au corps et au plaisir, la sexualité n’est pas la nourriture (elle n’est pas un besoin vital au niveau individuel, pour commencer). Et même en nourriture, on n’essaie pas tout : rangez immédiatement cette bouteille de Destop.

Alors même que l’accès à la sexualité est l’un des marqueurs du passage à l’âge adulte, la personne qui veut tout essayer traite son/sa partenaire comme un enfant.

Les pressions sont déjà considérables sur les jeunes gens, sommés, entre autres, de perdre leur virginité, de s’adonner au sexe oral, d’épiler leur corps, de montrer leurs parties intimes sur Internet, de jouir à tout prix.

Le discours que nous avons besoin d’entendre n’est certainement pas qu’il faut tout essayer sous peine de mourir idiot/e (la fameuse FOMO des millenials, fear of missing out : l’angoisse de rater une expérience), mais au contraire, de réapprendre à essayer quand on en a envie, quand on se sent prêt/e, en prenant la liberté de ne jamais tenter. De passer à côté.

La joie de snober

Prenons donc le parti inverse, si vous le voulez bien. Il se joue quelque chose d’infiniment intéressant dans le renoncement : choisir, c’est renoncer, et quand on choisit, n’est-ce pas qu’on aime ou du moins qu’on préfère ? Qu’on accepte que tout ne soit pas pareil, équivalent, horizontal ?

Nul éloge ici, en quatre volumes cousus de fil blanc, de la sublimation par l’ascèse, mais la simple constatation qu’on peut se satisfaire de n’avoir pas tout fait. Qu’on peut apprécier de rechigner, de se refuser – comme une position, ou comme un jeu, pour faire monter la tension sexuelle.

On peut au contraire préférer se projeter, se garder pour plus tard : ah, peut-être, oui, un jour, quand l’occasion fera le larron. Ou savourer le plaisir un peu acide qu’il y a à se démarquer de la masse – bah non, pas moi.

Réhabilitons la joie de snober. D’exercer son esprit critique. De laisser de côté des tendances qui nous semblent ridicules ou immorales (rappel : parler de morale n’est pas honteux, même en 2016 et même en terrasse). Il faut pouvoir dire non pour mieux crier que oui. Restreindre pour exploser.

Quoi qu’en disent les chantres du tout-sexuel, du carpe diem intimidant, de la dolce vita marathonienne et exhaustive : s’il fallait tout essayer avant de dire non, nous serions dégoûtés du sexe. Comme des enfants malheureux de n’avoir jamais appris la frustration. Qui ne tente rien n’a rien, mais qui tente n’importe quoi n’est pas plus avancé.

Retrouvez chaque dimanche matin la chronique sexe de Maïa Mazaurette dans La Matinale du Monde.

  • Maïa Mazaurette
    Journaliste au Monde

Source : Faut-il tout essayer sexuellement ?

Avis Pimpf : Très bonne rubrique et conclusion , car après tout à quoi ça sert de vouloir suivre les tendances, ou ce que dit tel ou tel magazine, on s’en fout des normes ou de ce qu’il faut faire, chacun vit sa sexualité comme il le souhaite avec qui il le souhaite du moment que ça se fasse dans le consentement et le respect mutuel, le reste vraiment n’est que phénomène de mode… est on vraiment si influençable que cela de nos jours?

20160708 – News / Giulia Sissa : « Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas » – Le Point

Le sexe ? Les dieux en raffolent. Et pour cause, leur vie en dépend, comme l’explique cette helléniste et spécialiste de la question du genre.

Pourquoi la sexualité est-elle aussi présente chez les dieux grecs ?

Précisons d’abord que le polythéisme grec n’est pas une théologie. Il n’a ni église, ni texte sacré, ni dogme. Les textes du polythéisme grec sont des histoires racontées par des poètes. La personnalité et la sexualité des dieux varient d’un texte à l’autre, mais aussi d’une cité à l’autre, chacune les mettant en scène différemment dans ses rituels. Les divinités ne sont jamais figées, mais toujours dans des aventures différentes où s’entrelacent leur vie et celle des mortels. Les dieux ont eux aussi des soucis, des émotions, des conflits, et le sexe y est pour beaucoup. Pourquoi ? Parce que les dieux sont, certes, immortels, mais pas éternels. La différence est importante : une entité éternelle existe de tout temps, alors que les dieux grecs doivent d’abord naître. Ils ne meurent pas, mais le plus souvent, ils naissent comme les mortels de l’union sexuelle de leurs parents. Leur venue au monde les inscrit dans le temps des généalogies divines. Ils ont des parents et des enfants, si nombreux qu’il n’existe pas de liste définitive des divinités. D’où l’importance des amours qui racontent leurs origines.

La sexualité fait donc les dieux ?

Exactement. C’est le moteur qui les fait advenir et devenir, la grande machine qui les fait se multiplier et les entraîne dans leurs aventures. Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas.

Et le sexe est à l’origine du monde…

Tout à fait. Hésiode le dit de façon théâtrale dans La Théogonie. Au commencement surgit Éros du chaos, sorte d’état de vide, de confusion et de potentialité absolus. Éros, d’où vient le mot « érotique », est le plus ancien des dieux, comme nous le rappelle Agathon dans Le Banquet de Platon. Mais le modèle de l’acte sexuel qui fait exister les êtres divins, c’est l’union de la Terre, Gaïa, et du Ciel, Ouranos. La Terre, féminine, est la puissance qui supporte tout ce qui existe. Elle reçoit les œuvres érotiques du Ciel, puissance masculine, et accouche du monde. Elle porte les êtres à la lumière, et les nourrit. Du coït originel vont naître les titans, qui à leur tour engendreront les premiers dieux. C’est l’archétype de la sexualité divine.

À lire aussi : « Grèce : Zeus, Athéna, Apollon, une leçon de tolérance ? »

Les amours divines sont-elles exclusivement hétérosexuelles ?

Non, là aussi, rien n’est figé. Des récits racontent des amours au masculin, comme celui entre Zeus et Ganymède. D’autres décrivent des amours féminines, y compris par le biais de la métamorphose. Pour séduire Callisto, une suivante de la déesse Artémis, Zeus prend la forme de cette dernière. Cela dit, la sexualité fondamentale reste celle qui féconde. Comme le dit Poséidon dans L’Odyssée : « Les amours des dieux sont rarement en vain. »

Mais les dieux sont-ils définis par des attributs masculins ou féminins ? Quid de la question du genre dans l’Olympe ?

Ils sont très gendrés, soit hyper-masculins, soit hyper-féminins. Aphrodite, déesse de l’amour, Hestia, déesse de la maison, Héra, l’épouse aimante, son mari, le très viril Zeus… Mais les attributs masculins et féminins peuvent être transférés et échangés. Artémis est la déesse de la chasse, activité traditionnellement masculine, et Athéna, celle de la guerre. Ce sont des vierges qui résistent à toute séduction.

Ce sont des exceptions ?

Certes, c’est d’ailleurs ce qu’indique L’ Hymne homérique à Aphrodite, sorte de mini-bible sur la question du sexe. Avec son armure et son casque, Athéna, c’est Athènes, la cité inviolable. Cet équipement militaire clôture son corps et la protège, comme elle protège la cité. C’est une déesse hybride.

Des récits évoquent la bisexualité. Que représente-t-elle ?

Il y a bien sûr Hermaphrodite, doté des organes génitaux mâle et femelle. Il aura des amours féminines comme masculines. Dans Le Banquet de Platon, Aristophane, le poète comique, fait un éloge d’Éros. Pour lui, les êtres humains sont les descendants de sphères originelles, une espèce disparue. Depuis, nous cherchons à reformer ces boules vivantes, et à retrouver nos autres moitiés par l’amour. Par une extraordinaire ironie, il présente le couple femme-homme comme une sorte d’androgyne. En réalité, c’est un éloge des relations homosexuelles, fort appréciées en Grèce, du moins parmi les intellectuels et les aristocrates.

Mais les dieux poussent plus loin les formes de sexualité. Zeus se transforme en cygne, en vache ou en aigle pour séduire. Irrésistibles, les animaux ?

En effet, dans la mythologie grecque, les animaux plaisent. Et une métamorphose est un artifice habile pour cacher sa vraie nature. Zeus ne ménage ainsi jamais les moyens. Il est le séducteur par excellence. Mais aussi le plus puissant des dieux. Pourquoi veut-il séduire ? Sans doute parce que c’est dans ses attributions, et que la séduction plaît aux dieux comme aux mortels.

La violence est très présente dans ces récits divins. Zeus enlève ainsi Europe, dont il est follement amoureux…

Oui, l’amour peut être violent. Hésiode raconte que la Terre en vient à ne plus vouloir subir les trop nombreux assauts du Ciel. Son fils Kronos se chargera d’émasculer Ouranos, une violence originelle qui sera suivie de bien d’autres récits sexuels empreints de violence. Aphrodite, déesse des unions érotiques comme du mariage – l’un n’empêche pas l’autre –, vient de là : elle surgit du sperme du Ciel répandu dans la mer Égée.

Pourquoi les dieux se méfient-ils autant de cette déesse de l’amour ?

Aphrodite, c’est la séduction, la sensualité, le désir du désir de l’autre. Si Éros est la forme primordiale de la sexualité, elle en est l’incarnation féminine. Mais le sexe n’est pas que plaisir. Pour faire tomber amoureux les hommes et les femmes, elle leur tourne la tête, les dépossède d’eux-mêmes, joue contre leurs volontés. Un jour, Zeus en aura assez. Dans L’ Hymne homérique à Aphrodite, il lui tend un piège pour la faire tomber amoureuse d’un mortel, Anchise. De leur union naîtra Énée, le Troyen, mi-dieu mi-mortel, et futur fondateur de Rome… Un jour l’époux de la déesse, le disgracieux Héphaïstos, la surprend en flagrant délit d’adultère… La sexualité est aussi source de conflits, de luttes et de souffrances.

Y a-t-il des tabous sexuels chez les dieux ?

La relation incestueuse avec la mère est problématique. Si elle a lieu, une tragédie s’engendre. Mais l’inceste entre frère et sœur est admis. Zeus et Héra ont les mêmes géniteurs.

La mythologie permet-elle de comprendre le rapport des anciens Grecs au sexe ?

Il s’agit évidemment d’un fantasme généralisé. Cela dit, la situation érotique prédominante est la même entre mortels et immortels. C’est celle du couple hétérosexuel stable. Avec du plaisir, des infidélités, de la jalousie. La sexualité divine est très conventionnelle…

Source : Giulia Sissa : « Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas » – Le Point

20160707 – Sexe après un break – Reprendre une sexualité après un break – Doctissimo

Les raisons de ne plus s’ébattre sous la couette où ailleurs avec un partenaire sont multiples : l’âge, une rupture douloureuse, l’arrivée d’un enfant, la routine… Rallumez le feu après une période d’abstinence plus ou moins longue ne va pas toujours de soi. Les pistes du médecin sexologue Dr Ghislaine Paris.

« Nous ne sommes pas tous, ni toutes, animés de désir himalayen permanent, et des périodes d’abstinences sexuelles sont plus courantes qu’on ne pense » confie le Dr Ghislaine Paris, auteur du livre « Un désir si fragile ». L’absence prolongée de relations sexuelles peut découler de différents facteurs, à savoir l’âge, l’absence de partenaire, ou bien une baisse de désir au sein du couple. Quelles que soient les raisons, il n’y a pas de quoi s’alarmer ! Certaines phases de la vie nécessitent de mettre son énergie dans un autre secteur que la sexualité. Toutefois, si vous ne souhaitez pas augmenter les rangs des adeptes de la révolution asexuelle, il va falloir à nouveau faire preuve d’audace et d’impudeur. Car après tout, le sexe fait partie de la vie et du couple…

Pas de limite d’âge pour se faire du bien

« Les premières causes d’abstinence sont dues à l’âge » note le Dr Ghislaine Paris au sein de ses consultations. Si aujourd’hui, on s’autorise davantage à aimer après 60 ans, il n’en va pas de même pour le sexe. S’ébattre sans retenu passé un certain âge est encore tabou. Comme en témoigne 7ème Ciel, le film polémique d’Andréas Dresen, qui célèbre les élans d’une femme de soixante ans et d’un octogénaire.

Plus qu’une image de soi en berne, c’est surtout le corps qui est en cause, avec davantage de problèmes d’érection et de sécheresse des muqueuses pour les femmes. « C’est pourquoi, après une période d’abstinence, je recommande une consultation » précise le Dr Paris. De la patience, bien sûr, et une aide médicamenteuse ponctuelle peuvent être nécessaires. L’important est de ne pas s’enfermer dans une spirale d’échec.

Au sein de la relation de couple, qu’elle soit nouvelle ou récente, il faut à nouveau privilégier un contexte favorable au désir où priment un toucher doux, des caresses, et davantage de sensorialité.

Sexualité après une rupture douloureuse

Les raisons de se réfugier dans l’abstinence suite à une séparation douloureuse sont différentes pour les hommes et les femmes. Loin des clichés qui les stigmatisent dans un rôle de chasseur collectionnant les « coups » d’un soir, pour se réconforter, les hommes souffrent aussi. Une rupture douloureuse peut s’accompagner d’un « vraie » chagrin et d’une perte de confiance en soi, surtout s’il y a eu défaillance sexuelle. « Les femmes ne sont pas tendres avec leséjaculateurs précoces, ni avec ceux qui ne « savent » soi-disant pas leur donner de plaisir » constate le Dr Paris. Pour ces derniers, se confronter à une nouvelle relation sexuelle n’est pas simple !

Les femmes qu’on a quittées ou trompées se réfugient, elles, dans l’abstinence pour d’autres raisons. Fragilisées, elles ne souhaitent pas s’exposer trop vite sur un terrain qui est celui de l’intime. Si en plus, elles ont la garde des enfants, le sexe a tôt fait de disparaître de leurs priorités.

Sortir de cette abstinence demande tout d’abord de prendre conscience qu’on est dans une situation d’évitement. Ensuite, le mieux est de privilégier des relations où l’on se sent bien et de prendre le temps de flirter, même si ça peut paraître désuet. Rappelons que l’appréhension peut entraîner chez l’homme une sécrétion d’adrénaline, un facteur aggravant d’éjaculation précoce. Et chez les femmes, des difficultés à atteindre l’orgasme. Evitez dans tous les cas de vous fixer des objectifs, qui vous mettront en difficulté, si vous ne les atteignez pas !

La sexualité du couple quand l’enfant paraît…

Les transformations pendant la maternité peuvent avoir des effets tout à fait contraires chez les uns et les autres. A savoir, un regain de libido pour elle ou une vraie réticence face à la future « mère » pour lui. Dans tous les cas, une période d’abstinence de 3 mois après l’accouchement est normale. Ensuite, c’est bien de s’y remettre… Ce qui ne va pas toujours de soi car l’énergie libidineuse de la mère est focalisée sur l’enfant.

Il va falloir ré-érotiser le couple. La plupart du temps, la tendresse et les sentiments sont là, en revanche Eros, moins. La clé pour elle : se remettre dans un mode séduction, et regarder à nouveau son Jules comme un amant, plus que le père de son marmot. Quant à lui, il va devoir faire preuve de patience et de douceur. Bien souvent la jeune mère est exténuée et très chamboulée physiquement. Se mettre en « option sexuel » sur un mode agacé et crispé risque fort de se solder par un refus.

L’endormissement sexuel dans le couple

La passion du départ s’est délitée et l’élan naturel qui vous précipitait dans les bras l’un de l’autre a disparu. Les rapports deviennent moins gratifiants et peu à peu on se laisse gagner par « l’endormissement », comme l’appelle le Dr Paris. Par ailleurs, la phase de construction s’accompagne d’une sorte de familiarité, préambule d’une véritable intimité, mais qui parasite le désir. Les ébats s’espacent et avec ce ralentissement se profile la menace de l’abstinence… Selon le Dr Paris, « elle devient effective après plus de six mois sans rapports« .

Pour rallumer la flamme, c’est simple : redécouvrez-vous et flirtez, comme au début. Une sexualité épanouie demande d’y consacrer du temps, c’est primordial. Prenez soin du contexte de vos relations, sortez au restaurant, au cinéma, en week-end tous les deux… Gardez en tête qu’il ne faut pas vous fixez d’obligation de résultat, ni de contrainte. Misez uniquement sur les sensations de plaisir, le reste suivra…

Catherine Maillard

Source : Sexe après un break – Reprendre une sexualité après un break – Doctissimo

20160706 – News : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy

Clitoris, vulve, gland… ces mots ne vous disent rien ? Et pourtant vous devriez avoir reçu, dès le primaire, des cours d’éducation sexuelle. Pourquoi l’école est-elle aussi timide ? Trendy fait le point pour vous.

Le mercredi 15 juin 2016, l’HCEfh (Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes) a publiéun rapport sur l’éducation sexuelle dans les écoles publiques françaises et le résultat n’est pas terrible. Ce n’est malheureusement pas une surprise, mais ce document donne quelques pistes de réflexion qui réveilleront peut-être l’Éducation nationale.

 

Pas très légal tout ça !

Nous avons tous eu des réunions de prévention en CM2, puis au collège voire même au lycée (pour les plus chanceux). Pourtant, la loi de 2001 modifiée en 2004 oblige écoles, collèges et lycées à trois séances d’information et d’éducation sexuelle par an. Or nous sommes loin du compte ! Seulement 25 % des 3.000 établissements publics respectent cette loi. Malgré un phénomène croissant de libéralisation des mœurs, la sexualité est encore un sujet tabou dans le milieu scolaire.

« La sexualité, on nous en parle qu’en SVT » nous explique une lycéenne. Un peu tardif, l’enseignement de quatrième se limite à la biologie et ne sort pas de ce domaine.

 

Un apprentissage bricolé

Selon l’INED, c’est en moyenne à 17 ans que l’on connaît sa première fois. Mais beaucoup savent depuis longtemps comment se déroulent les rapports sexuels. Et ce n’est pas grâce à l’école !

Malheureusement, les sites pornographiques sont souvent ceux qui forment l’éducation sexuelle des adolescents. Ainsi, 18 % des garçons de 15 à 24 ans pensent que le porno est un bon moyen pour apprendre. Bien sûr, les amis ou la famille jouent aussi un rôle dans cet apprentissage. Mais entre les tabous, la gêne ou les « mythos » pour se faire bien voir, difficile de trouver les bonnes infos. Ainsi, beaucoup se tournent vers Internet pour trouver des réponses. Des réseaux sociaux aux magazines féminins en passant par des forums comme Doctissimo, tous ces supports sont devenus les nouvelles encyclopédies.

 

Que faire alors ?

Le rapport du HCEfh donne 4 axes de réflexion : mieux connaître la sexualité des jeunes, renforcer la politique d’éducation à la sexualité, renforcer l’action de l’Éducation nationaleaujourd’hui « parcellaire » et « inégale », et responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes.

Lors des séances d’information à l’école, les professeurs, pas forcément formés à ces questions, ne savent pas toujours comment aborder ces sujets face à des élèves gênés. « Forcément, au début on ne parle pas. Mais s’il y avait plus de séances, au bout d’un moment, on n’est plus timide et on pose des questions », explique une adolescente. Connaître son corps, accepter sa sexualité et respecter celles des autres sont des notions importantes mais pas innées. Il est donc nécessaire de renforcer cette éducation mais surtout de l’élargir aux thèmes du plaisir, de l’orientation sexuelle, de l’égalité des sexes ou du respect, trop souvent oubliés.

 

Et ailleurs, ils font comment ?

En juillet 2015, l’OMS avait rendu un rapport dans lequel il préconisait aux pays européens d’aborder la sexualité d’un point de vue biologique mais aussi sociologique. Quand on sait qu’aujourd’hui une femme sur dix de moins de 20 ans a été victime d’agression sexuelle en France, la mesure semble, en effet, urgente. Certains pays européens ont suivi le conseil voire l’ont devancé.

Récemment en Suède, la chaîne SVT Barnkanalen a diffusé une vidéo qui a fait scandale. Faisant chanter pénis et vulve, le programme s’adresse aux tout-petits pour leur expliquer la sexualité. Même si cette émission semble avoir dépassé les limites d’acceptation des Suédois, rappelons que l’éducation sexuelle y est obligatoire depuis 1995. Aucun programme spécifique n’est déterminé par le gouvernement, mais des objectifs sont annoncés, accompagnés d’un atlas sexuel. Les professeurs peuvent ainsi aborder à leur manière le sujet et l’adapter à leurs élèves.

Les Pays-Bas suivis par l’Angleterre proposent des cours adaptés à chaque âge. Au primaire, on apprend toutes les parties du corps, on analyse les liens avec les autres. On parle aussi de puberté, d’émotions, de mariage et de divorce. Au collège et au lycée, on étudie en profondeur la reproduction, la contraception mais aussi les MST, les relations amoureuses ou la grossesse. En parallèle, les professeurs n’hésitent pas à donner les endroits où trouver des informations fiables.

Au Canada enfin, le gouvernement a imposé entre 5 et 15 heures d’enseignement sur le sujet.Obligatoire dans toutes les écoles, le but étant de casser les stéréotypes sexuels encore bien ancrés dans les têtes.

Alors on s’y met quand ?

Julie Chapman  |  Publié le 04.07.2016 à 10H10

Source : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy

20160627 – News :Homosexuels : « qui sommes-nous pour juger? », demande le pape

Le pape François s’est insurgé contre l’homophobie. Interrogé sur la tuerie commise dans une boîte gay d’Orlando, en Floride, dans l’avion qui le ramenait d’Arménie, le souverain pontife a rappelé que, selon le catéchisme, les homosexuels « ne doivent pas être discriminés mais respectés ».

« Qui sommes-nous pour juger? » Le pape François a répété dimanche sa phrase sur l’homosexualité, en affirmant que les chrétiens devaient savoir présenter des excuses et demander pardon, aux gays comme à beaucoup d’autres personnes.

Interrogé dans l’avion qui le ramenait d’Arménie sur l’homophobie après la tuerie d’Orlando le 12 juin, le pape a rappelé que selon le catéchisme, les gays « ne doivent pas être discriminés, mais respectés, accompagnés sur le plan pastoral ».

« Une personne qui vit cette condition, qui a une bonne volonté, qui cherche Dieu, qui sommes-nous pour la juger? », a-t-il déclaré, reprenant ses propos dans l’avion qui le ramenait de Rio de Janeiro à Rome à l’été 2013.

Demander pardon aux homosexuels

Lors de ce quatorzième voyage à l’étranger dans ce petit pays du Caucase, le pape François a estimé que les chrétiens devaient demander des excuses et pardon aux homosexuels, mais devaient également « les demander aux pauvres, aux femmes exploitées, aux enfants contraints au travail forcé ».

Relevant que lui-même à Buenos Aires avait été baigné dans « une culture catholique étroite », il a noté que parfois certains homosexuels font « des manifestations trop offensives », mal comprises par des « mentalités différentes ».

Ce n’est pas la première fois que le pape François fait un pas envers les homosexuels. En septembre dernier, il recevait un couple d’hommes à l’ambassade du Vatican à Washington lors d’une visite aux Etats-Unis.

Le mariage gay, « un modèle anormal »

Pourtant le lendemain, il rencontrait une égérie controversée des opposants au mariage gay. Deux jours plus tard, le Souverain pontife faisait également une allusion à la tribune de l’ONU sur les unions de personnes de même sexe, dénonçant des « modèles de vie anormaux ».

La position du pape sur l’homosexualité, bien que plus moderne et tolérante que son prédécesseur, s’est souvent contredite. Début 2014, le pape demandait de reconsidérer le comportement de l’Eglise Catholique vis-à-vis des enfants des couples homosexuels. Puis démentait cette position quelques jours plus tard.

Source : Homosexuels: « qui sommes-nous pour juger? », demande le pape

Avis Pimpf : bizarre ce  problème de discours, dire une chose et le contraire ensuite comment faire progresser les choses?  se baser sur l’amour et le respect de l’autre quel que soit sa sexualité  devrait être une des bases, mais il  y a tellement de retard dans l’église catho à ce niveau…. Déjà un premier pas de dire que l’église catholique a eu de mauvais jugements et comportements envers les homosexuels, mais ce n’est pas suffisants…

20160623 – News : Brigitte Lahaie, l’interview sans langue de bois : « La sexualité des Français est misérable » – metronews

Le Festival du Film de Fesses est l’unique événement français dédié au cinéma érotique qui se déroule dans les salles obscures. Pourquoi cette initiative est-elle importante selon vous ?
Importante, je ne sais pas. En revanche, ce qui est très marquant, c’est de constater que ce sont majoritairement des femmes qui l’organisent. Je trouve que c’est intéressant à noter du point de vue de l’évolution des mœurs. Il y a 40 ans, cela aurait été fait par des hommes. (…) De manière plus ou moins souterraine, il y a toujours eu des jeunes qui ont défendu l’érotisme, voire même la pornographie.

Pourquoi les longs-métrages X ont-ils complètement déserté les salles de cinéma ? Internet en est-il le responsable numéro 1 ?
En fait, les gens n’ont toujours pas compris ce qu’était la sexualité. La pornographie montre du sexe quand l’érotisme illustre la sexualité, titille des choses enfouies en nous et développe notre imaginaire. J’insiste : l’érotisme est destiné à réveiller notre libido et non pas à engendrer une éjaculation immédiate. (…) Je pense malheureusement qu’on est dans une dérive de consommation sexuelle. Alors oui : deux organes sexuels se rencontrent. Mais ils réunissent deux personnes qui ont aussi un cœur, une âme, un esprit… La pornographie se résume à un pénis et un vagin. Je préfère encore 9 semaines et demi, qui m’a excitée à sa sortie…

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Et 50 nuances de Grey ?
C’est une merde.

Les livres d’E.L. James vous inspirent-ils le même sentiment de détestation ?

Je respecte son succès. Sa trilogie a parlé à plein de femmes et répondu à leur fantasmatique. Mais je trouve ça mal écrit, atterrant et plein de clichés : c’est peut-être pour ça que ça a autant fonctionné. Il ne sera néanmoins jamais un classique comme l’est par exemple Histoire d’O de Pauline Réage.

Fermons cette petite parenthèse. Avec un public qui consomme vite et court, la perspective de vraies œuvres artistiques X est-elle utopique ? 
Dans des salons spécialisés, j’interroge souvent les jeunes hommes ou les couples sur le temps qu’ils passent devant des vidéos X. Résultat ? Les gens les consomment le temps d’une masturbation. Et basta. L’imaginaire ne fonctionne pas. Cette attitude pose ainsi de réels problèmes. Beaucoup d’individus sont en effet devenus drogués à la pornographie au point de faire exploser les consultations médicales pour addiction. Si on en abuse, on finit par trouver ça dégoutant.

En quoi un film de sexe est-il, comme on le dit souvent, un instantané du monde ?

L’histoire de la pornographie va de pair avec celle du monde, toutes proportions gardées. J’ai tourné de 1976 à 1980 de vrais films avec de vraies histoires. C’était un âge d’or. Nous étions de jeunes hippies qui avions le sentiment de donner un sacré coup de pied dans la fourmilière. Notre travail n’était visible que dans les salles obscures. On pouvait très bien être actrice X sans que le voisinage le sache. Heureusement que je l’ai dit tôt à mes parents parce qu’ils ont reçu un jour une lettre anonyme me dénonçant. (Réflexion) Je me souviens : le soir, dans les dîners mondains, j’adorais révéler mon métier. Ça créait d’incroyables moments de silence. Un parfum de scandale flottait.


Avec votre émission radio sur RMC, vous êtes à la pointe des préoccupations sexuelles des Français. A ce jour, quelle est la plus grande problématique qu’ils rencontrent ? 

Vous savez, ce sont toujours les mêmes et ça le restera : il y a les hommes qui n’arrivent pas à tenir assez longtemps et qui éjaculent trop vite, ou qui ont une panne d’érection et les femmes qui n’ont plus de désir. C’est toujours pareil. On n’avance pas.

Comment expliquez-vous que les affaires de sex-tape des stars prennent autant de place dans les médias ?
Parce que ça a toujours été comme ça. Avant la télé, les gens regardaient derrière leurs rideaux. S’ils voyaient la voisine au bras du boucher, tout le village était au courant. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas de sexualité. (Réflexion) Vous savez, la sexualité des Français est misérable. Donc il faut bien s’occuper de celle des autres.

Misérable, vraiment ?

Oui. Ça fait 30 ans que j’écoute les gens, leurs confidences, que je lis des enquêtes… Ils disent qu’ils font l’amour deux fois et demi par semaine mais c’est archifaux. La femme s’emmerde en baisant, Brassens le chantait déjà il y a 40 ans. Et le mec n’a pas les érections et les coïts auxquels il aspire.

Source : Brigitte Lahaie, l’interview sans langue de bois : « La sexualité des Français est misérable » – metronews

20160616 – News : Education à la sexualité : insuffisante et inégalitaire | Viva magazine

Le Haut Conseil à l’égalité a rendu son rapport : en France, l’éducation à la sexualité est insuffisante et les stéréotypes sexistes ont la vie dure.

L’éducation à la sexualité en France n’est pas satisfaisante et très inégalitaire selon les territoires. Les tabous et les stéréotypes hommes/femmes persistent.

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (Hce) a rendu public, mercredi 15 juin, son rapport relatif à l’éducation à la sexualité dont le but était de : « répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes. »

La sexualité : un domaine emprunt d’inégalités entre les filles et les garçons

Dans son constat, le rapport du Haut conseil dresse d’importantes inégalités entre les filles et les garçons. Très tôt, dans un contexte d’hypersexualisation influencé par la pornographie, les filles sont victimes de la double injonction d’être « respectables » tout en étant « désirables ».

D’autre part, elles connaissent très mal leur corps et le plaisir féminin est perçu comme secondaire : 1 jeune fille de 15 ans sur 4 ne sait pas qu’elle a un clitoris.

Elles sont toujours victimes de violences sexuelles : 7,5 % des filles déclarent avoir été victimes, à l’école, de voyeurisme, de caresses ou de baisers forcés et une jeune femme sur dix de moins de 20 ans déclare avoir été agressée sexuellement au cours de sa vie.

Une collégienne sur cinq  a été victime de cyberviolence. En Ile-de-France, une lycéenne sur quatre déclare avoir été victime d’humiliations et de harcèlement en ligne, notamment concernant son apparence physique ou son comportement sexuel ou amoureux. Ce terreau inégalitaire rend très difficile la construction d’une société équilibrée entre les femmes et les hommes.

Education sexuelle à l’école : carton rouge pour la France

Le rapport pointe aussi l’éducation à la sexualité en milieu scolaire, qui reste anecdotique, inadaptée et centrée sur la reproduction et l’anatomie. Il y a un réel problème à faire passer les messages d’information concrets et réalistes sur la sexualité. Les jeunes gens sont très vite confrontés à des images véhiculées par les medias, les réseaux sociaux, la publicité, qui devienent leurs références. De leur côté, les associations (Planning familial, associations féministes…) qui revendiquent depuis longtemps plus de moyens ont du mal à répondre aux sollicitations des établissements.

Les propositions du Haut conseil

Pour une société avec plus d’égalité enre les hommes et les femmes, il est important d’après le Haut conseil de travailler sur plusieurs pistes de réflexion :

– un meilleur l’accès à l’Ivg et à la contraception, à  la prévention des grossesses à l’adolescence,

– la prise en compte du désir et du plaisir des jeunes femmes, des inégalités et violences sexistes, étudier l’instrumentalisation des codes culturels et religieux justifiant l’inégalité filles-garçons et l’intolérance vis-à-vis de l’homosexualité.

Il faut « renforcer de manière ambitieuse la politique interministérielle d’éducation à la sexualité ; organiser, financer, évaluer et renforcer la visibilité de l’action de l’Education nationale en matière d’éducation à la sexualité et responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes hors école pour prendre en compte leur parcours de vie. »

Pour consulter le rapport, cliquez ici.

Source : Education à la sexualité : insuffisante et inégalitaire | Viva magazine

20160525 – Ce que personne ne vous a jamais dit sur l’orgasme féminin | Rebecca Amsellem

« Quoi tu n’as jamais eu d’orgasme vaginal ? Oh mais la dépression ! Du coup c’est la loose au lit non ? » Autant dire qu’on était interloquées la semaine dernière quand on a entendu cet échange entre deux femmes assises à la terrasse d’un café.

D’où vient cette obsession des femmes pour le sacro-saint orgasme ? Pourquoi cette quête n’a-t-elle pas lieu d’être ? Parce que toutes les femmes sont différentes et que chacune jouit différemment, en fonction d’un subtil équilibre physique et psychologique.

L’orgasme comme passage obligé ?

Merci Hollywood, la littérature érotique et bien entendu le porno… L’orgasme est sensé être la touche finale de tout échange sexuel du côté de la femme. Quand l’orgasme ne vient pas, c’est qu’un des partenaires a un problème. En sous-titre donc : les humains sont des machines à orgasmes et si on fait ça, ça et ça, paf ça fait un orgasme (et / ou des chocapics).

Comme l’a très bien montré Iris Brey dans son ouvrage Sex and the Series, une révolution télévisuelle des séries de femmes ont commencé à prendre le relais afin de nous démystifier tout ça. Sex and the city bien sûr mais aussi plus récemment les séries Girls, Broad City, et Orange is the New Black… Ce sont toutes des séries au sein desquels les personnages féminins sont forts, ambitieux et sexuellement libres. « Les séries peuvent avoir un grand impact sur la manière dont les femmes et hommes perçoivent la sexualité féminine. C’est évidemment libérateur de voir des personnages féminins qui ont des vies sexuelles riches et variées. Les personnages féminins font des erreurs. Les rapports sexuels qui n’aboutissent pas forcément à ce qui avait été espéré, orgasme ou pas. Nous ne sommes plus dans la culture de la performance. » nous dit-elle.

Comment ça marche ?

C’est ce que la doctoresse Odile Buisson nous explique dans une conférence donnée à l’ENS. Cette gynécologue et obstétricienne a été la première à réaliser une échographie du clitoris durant le coït. Elle prouve que le clitoris, loin d’être un « petit bouton » sur lequel il faut appuyer, est en fait un organe beaucoup plus large constitué d’une double-arche, et de corps caverneux mesurant de 12 à 15 centimètres et qui entourent le vagin. Ainsi, tout porte à croire que l’orgasme implique toujours le clitoris. En d’autres mots, la quête du point G ne devrait pas nous préoccuper.

Déculpabilisons-nous !

Camille Emmanuelle déconstruit les clichés qui nous enferment dans une vision normative du sexe et de l’orgasme dans son nouvel ouvrage Sexpowerment. Cessons de culpabiliser, nous dit-elle, nous parlons plaisir après tout. Mais comment faire ? « Il y a deux éléments à prendre en considération Tout d’abord, déconstruire les clichés sur la sexualité masculine et féminine et le schéma préliminaire / pénétration. Puis, faire un apprentissage physiologique. Les femmes doivent pouvoir répondre à la question : comment est fait mon corps ? Ce n’est pas anodin quand on sait que la face cachée de la Lune est plus étudiée que le clitoris. Ce n’est qu’en 1998 que la chercheuse Helen O’Connell en a proposée un schéma. Comme le dit Esther Perel, nous pouvons développer notre intelligence érotique. Pour cela, on peut lire de la bonne littérature pornographique comme celle d’Anaïs Nin, s’ouvrir à la pornographie alternative qui donne une vision positive du plaisir féminin. »

Lire la fin de la newsletter et des interviewes de Iris Brey et Camille Emmanuelle : lesglorieuses.fr

« Retrouvez ce texte sur Les Glorieuses, la newsletter féministe qui réinvente l’information sur les femmes »

Plus d’informations sur le compte Twitter Les Glorieuses et sur leur compte Instagram.

Source : Ce que personne ne vous a jamais dit sur l’orgasme féminin | Rebecca Amsellem

20160517 – Sexualité : Le plaisir féminin, à bouche que veux-tu

On a bien répété aux femmes que leur sexe était sale. Elles en déduisent donc que le cunnilingus est une faveur, voire un sacrifice… alors même que la majorité des hommes le pratiquent pour leur plaisir.

Il est loin le temps où le cunnilingus passait pour une pratique élitiste ou subversive ! Plébiscité par les Français, l’embras(s)ement du sexe féminin compte pas moins de 87 % d’adeptes selon les manifestants, 73 % selon la police – deux scores de république bananière. Ou de république ostréicole.

Recevoir un cunnilingus demande une certaine confiance. Or, comme chacun sait en cette période de prolifération des complexes, la confiance ne coule pas de source. Il est normal d’être gênée : comment ne pas intérioriser des millénaires d’associations douteuses entre vulve et moiteur, maladie, mauvaises odeurs et putréfaction ?

Normal d’être gênée aussi, quand il s’agit de montrer une partie du corps qui normalement ne se voit pas, et ce, sans pour autant se faire accuser de pruderie. Hors de toute sacralisation du sexe, ce sont des questions qu’on se pose en allant chez le dentiste, ou quand le docteur fouine nos oreilles – ce petit doute quant à des points anatomiques échappant à notre contrôle, voire à notre connaissance. A ce titre, pour recevoir un cunnilingus, les complexées trouveront intéressant de s’habituer à regarder leur sexe, avec un miroir. Si la pression est due à l’inconnu, vous pouvez faire connaissance.

Couleurs et variations

Contrairement à la vulve médiatique qui se duplique sur un même moule, la vulve humaine se déploie en toutes les couleurs et variations. Tant que vous n’avez pas d’écailles qui poussent autour du clitoris, tout roule. Et s’il faut aborder les angoisses les plus fréquentes : il est parfaitement répandu d’avoir des petites lèvres qui dépassent des grandes, et parfaitement banal d’avoir une petite lèvre plus grosse que l’autre. Votre partenaire ne sera pas surpris. Dans le cas contraire, il est puceau (et il regarde trop la télévision) – pensez donc à lui indiquer la position de votre clitoris grâce à des panneaux indicateurs en néon.

Pour recevoir un cunnilingus, beaucoup de femmes se sentent dans l’obligation de se préparer – non seulement avec une douche mais à coups de bandes dépilatoires. Chacune fait comme elle veut, mais on peut déceler là une forme d’autocensure : en estimant par avance qu’aucun homme n’aime les poils, les femmes alimentent une culture où leurs amants perdent l’habitude de se confronter aux buissons velus. Or, le cunnilingus n’est pas synonyme de pubis glabre sous prétexte qu’il faudrait mieux voir. La langue n’a pas d’œil. Certains hommes préfèrent sincèrement la version poilue, qui offre des sensations particulières et d’intéressants jeux de texture. Et de toute façon, l’éventuelle préférence masculine n’est pas parole d’évangile : c’est vous qui décidez. Le cunnilingus est censé vous procurer du plaisir. Si la préparation vous plonge en plein malaise et qu’elle vous fait mal, sortez plutôt le jeu de Scrabble.

Frais de participation

Nous avons déjà abordé cette question pour la fellation : nos partenaires ne sont pas télépathes. Nous sommes donc chargées, soit de leur confier notre manuel d’utilisation, soit de miser sur une compatibilité tombée du ciel, soit d’accepter la déception. Offrir le guide du cunnilingus pour les nuls est inutile : il ne s’agit pas pour le partenaire d’apprendre à prodiguer des caresses à toutes les femmes, ou à une femme moyenne. Il s’agit de se spécialiser. Ce que préfèrent les autres femmes, on s’en fiche.

Cet enseignement ne passe pas forcément par les mots : vous pouvez filer un coup de main (en écartant les grandes lèvres pour faciliter l’accès au lieu du crime, par exemple). Vous pouvez participer, montrer comment vous vous masturbez. A ce titre, il serait crucial d’introduire une nuance dans le débat bucco-génital public. On parle du cunnilingus générique alors que cette pratique existe, pour les femmes, en version passive ou active. Parfois l’ambiance est à la détente, parfois à la passion. Nous ne sommes pas toujours des étoiles de mer face aux langues de nos partenaires…

Le paradoxe du mec bien

L’enfer, pavé de bonnes intentions : vous connaissez la musique. Ici, nous affrontons le problème de la gratitude. Les femmes ont en effet tendance à se montrer extra-reconnaissantes dès qu’un homme bouge un orteil – qu’il s’agisse de faire la vaisselle ou d’honorer notre bouton de rose. On nous a bien répété que notre vulve était sale. Nous en déduisons donc, plus ou moins consciemment, que le cunnilingus est une faveur, voire un sacrifice, comme s’il s’agissait pour notre partenaire de partir au feu… alors même que la majorité des hommes le pratiquent pour leur plaisir.

Ce raisonnement est le pire ennemi de la réceptrice parce qu’il la met sous pression : déjà que monsieur se donne un mal de chien, on essaie d’abréger ses souffrances. Quitte à ne jamais atteindre l’orgasme. Recevoir un cunnilingus avec grâce consiste pourtant à le recevoir dans la longueur, sans culpabiliser parce que ce serait trop demander – dix ou vingt minutes, ce n’est pas trop demander. Les hommes qui descendent en eaux profondes le savent. Cette timidité, qui joue contre notre plaisir, peut être rangée au placard.

La gratitude empêche en outre de formuler des critiques. Or, justement parce que les hommes aiment cette pratique, ils sont parfaitement aptes à entendre des suggestions et modifier leur routine – par ailleurs, en les protégeant, nous les infantilisons. Ils n’ont rien demandé, et n’ont aucune envie d’être infantilisés.

Autre conséquence de la gratitude excessive : elle prive les femmes de leur droit à ne pas aimer le cunnilingus. Lequel ne constitue ni la pratique ultime ni un Graal sexuel. Il existe mille raisons de ne pas aimer le cunnilingus – sans même s’en justifier. Certes, la langue offre des monceaux de douceur et de très commodes lubrifications, mais elle manque de précision. Elle manque également, parfois, de puissance et de vitesse, surtout en comparaison avec les doigts. On peut détester le contact visqueux de la langue.

Recevoir un cunnilingus implique donc de se demander honnêtement si on aime le cunnilingus. Ou si on aime le cunnilingus ce jour-là – quand on a ses règles, quand on pense à autre chose, ou quand c’est un mardi.

Fin de partie

Recevoir un cunnilingus inclut l’art délicat de savoir arrêter les frais : soit parce qu’on a joui, soit parce qu’on en a assez, soit parce qu’on voudrait passer à autre chose. Changer de position suffit le plus souvent − soyons honnêtes : votre partenaire a une crampe, il ne se vexera pas. Si votre amant est du genre à penser que tout cunnilingus doit aboutir à un orgasme (non), et que vous préférez vous épargner une conversation embêtante, simuler est une option. Pas forcément une bonne, mais une option quand même.

Rappelons enfin qu’on n’arrête pas forcément un cunnilingus pour passer à l’étape suivante, ou pire, à l’étape « supérieure ». Nous parlons d’une pratique à part entière, comme le baiser ou le bœuf bourguignon. La pénétration vaginale n’est pas le prix à payer pour un cunnilingus. Lequel n’est pas un passage obligé, quand on voudrait être pénétrée tout de suite.

Car enfin, on ne reçoit pas un cunnilingus comme un amuse-bouche : on ne peut pas honorer cette attention tout en l’appelant « préliminaire » − un mot qui induit une hiérarchie des pratiques sexuelles. Le meilleur moyen de rendre grâce à ce baiser est de le prendre au sérieux. Comme cœur du sujet, certainement pas comme accessoire.

Retrouvez chaque dimanche matin la chronique sexualité de Maïa Mazaurette dans La Matinale.

  • Maïa Mazaurette
    Journaliste au Monde

Source : Le plaisir féminin, à bouche que veux-tu