20160706 – News : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy

Clitoris, vulve, gland… ces mots ne vous disent rien ? Et pourtant vous devriez avoir reçu, dès le primaire, des cours d’éducation sexuelle. Pourquoi l’école est-elle aussi timide ? Trendy fait le point pour vous.

Le mercredi 15 juin 2016, l’HCEfh (Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes) a publiéun rapport sur l’éducation sexuelle dans les écoles publiques françaises et le résultat n’est pas terrible. Ce n’est malheureusement pas une surprise, mais ce document donne quelques pistes de réflexion qui réveilleront peut-être l’Éducation nationale.

 

Pas très légal tout ça !

Nous avons tous eu des réunions de prévention en CM2, puis au collège voire même au lycée (pour les plus chanceux). Pourtant, la loi de 2001 modifiée en 2004 oblige écoles, collèges et lycées à trois séances d’information et d’éducation sexuelle par an. Or nous sommes loin du compte ! Seulement 25 % des 3.000 établissements publics respectent cette loi. Malgré un phénomène croissant de libéralisation des mœurs, la sexualité est encore un sujet tabou dans le milieu scolaire.

« La sexualité, on nous en parle qu’en SVT » nous explique une lycéenne. Un peu tardif, l’enseignement de quatrième se limite à la biologie et ne sort pas de ce domaine.

 

Un apprentissage bricolé

Selon l’INED, c’est en moyenne à 17 ans que l’on connaît sa première fois. Mais beaucoup savent depuis longtemps comment se déroulent les rapports sexuels. Et ce n’est pas grâce à l’école !

Malheureusement, les sites pornographiques sont souvent ceux qui forment l’éducation sexuelle des adolescents. Ainsi, 18 % des garçons de 15 à 24 ans pensent que le porno est un bon moyen pour apprendre. Bien sûr, les amis ou la famille jouent aussi un rôle dans cet apprentissage. Mais entre les tabous, la gêne ou les « mythos » pour se faire bien voir, difficile de trouver les bonnes infos. Ainsi, beaucoup se tournent vers Internet pour trouver des réponses. Des réseaux sociaux aux magazines féminins en passant par des forums comme Doctissimo, tous ces supports sont devenus les nouvelles encyclopédies.

 

Que faire alors ?

Le rapport du HCEfh donne 4 axes de réflexion : mieux connaître la sexualité des jeunes, renforcer la politique d’éducation à la sexualité, renforcer l’action de l’Éducation nationaleaujourd’hui « parcellaire » et « inégale », et responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes.

Lors des séances d’information à l’école, les professeurs, pas forcément formés à ces questions, ne savent pas toujours comment aborder ces sujets face à des élèves gênés. « Forcément, au début on ne parle pas. Mais s’il y avait plus de séances, au bout d’un moment, on n’est plus timide et on pose des questions », explique une adolescente. Connaître son corps, accepter sa sexualité et respecter celles des autres sont des notions importantes mais pas innées. Il est donc nécessaire de renforcer cette éducation mais surtout de l’élargir aux thèmes du plaisir, de l’orientation sexuelle, de l’égalité des sexes ou du respect, trop souvent oubliés.

 

Et ailleurs, ils font comment ?

En juillet 2015, l’OMS avait rendu un rapport dans lequel il préconisait aux pays européens d’aborder la sexualité d’un point de vue biologique mais aussi sociologique. Quand on sait qu’aujourd’hui une femme sur dix de moins de 20 ans a été victime d’agression sexuelle en France, la mesure semble, en effet, urgente. Certains pays européens ont suivi le conseil voire l’ont devancé.

Récemment en Suède, la chaîne SVT Barnkanalen a diffusé une vidéo qui a fait scandale. Faisant chanter pénis et vulve, le programme s’adresse aux tout-petits pour leur expliquer la sexualité. Même si cette émission semble avoir dépassé les limites d’acceptation des Suédois, rappelons que l’éducation sexuelle y est obligatoire depuis 1995. Aucun programme spécifique n’est déterminé par le gouvernement, mais des objectifs sont annoncés, accompagnés d’un atlas sexuel. Les professeurs peuvent ainsi aborder à leur manière le sujet et l’adapter à leurs élèves.

Les Pays-Bas suivis par l’Angleterre proposent des cours adaptés à chaque âge. Au primaire, on apprend toutes les parties du corps, on analyse les liens avec les autres. On parle aussi de puberté, d’émotions, de mariage et de divorce. Au collège et au lycée, on étudie en profondeur la reproduction, la contraception mais aussi les MST, les relations amoureuses ou la grossesse. En parallèle, les professeurs n’hésitent pas à donner les endroits où trouver des informations fiables.

Au Canada enfin, le gouvernement a imposé entre 5 et 15 heures d’enseignement sur le sujet.Obligatoire dans toutes les écoles, le but étant de casser les stéréotypes sexuels encore bien ancrés dans les têtes.

Alors on s’y met quand ?

Julie Chapman  |  Publié le 04.07.2016 à 10H10

Source : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy

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