20170220 – News / Sexualité classique : témoignages de jeunes femmes

 

Des jeunes femmes qualifiant leur sexualité de « classique » racontent leur rapport aux autres, leur vie sexuelle et leurs pratiques favorites.

Existe-t-il une injonction à la sexualité débridée ? Dernièrement, sous les articles de madmoiZelle parlant de cul, de nombreux commentaires l’évoquent.

Il est vrai que les articles sexe tournent souvent autour de pratiques relativement originales. Rien que la semaine dernière, on pouvait lire en une de madmoiZelle un récit de sextape (ratée) ainsi qu’une immersion dans un événement BDSM.

Alors pour redonner la parole à celles et ceux qui ont l’impression de l’avoir perdue (ou de ne l’avoir jamais eue) en matière de sexualité, j’ai questionné des lectrices sur le thème de la sexualité « banale ». Avec des guillemets, car comme Marie-Charlotte l’explique :

« C’est compliqué de définir une sexualité dite classique vu qu’on essaie tous les jours d’expliquer qu’il n’y a pas de sexualité « anormale » (tant qu’on reste dans le cadre de la loi quand même…) »

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C’est quoi, une sexualité « classique » ?

Les réponses que j’ai reçues à cette question sont plutôt similaires. On me parle de sexualité au sein d’un couple monogame longue durée, de rapports souvent associés aux sentiments amoureux.

Alixe, 22 ans donne sa propre vision des choses :

« Finalement, ce serait une sexualité tranquille, où l’on n’utilise pas forcément tout un tas d’accessoires, où les positions ne s’enchaînent pas à une vitesse folle pendant les rapports, qui peut avoir un aspect un peu « routinier » la plupart du temps…

Avec des soirs plus extravagants que d’autre, on est pas des machines non plus ! »

Dans les messages, on mentionne les mêmes pratiques : missionnaire, andromaque et parfois levrette. On me parle aussi de fellations, plus rarement de cunnilingus (est-ce un oubli ?).

Souvent, cette sexualité classique est mise en opposition avec celle comportant du BDSM, des lieux extraordinaires et plans à plusieurs… enfin, plus que deux, quoi !

Nolwenn tempère, rappelant que la norme reste un concept fluctuant :

« Pour moi il n’y a pas de vraie définition d’une sexualité classique, d’autant plus que la sexualité de quelqu’un évolue au cours de sa vie.

D’ailleurs, je ne sais pas quelle place donner à la masturbation dans tout ça, ni aux plans cul qui pourtant sont de moins en moins considérés comme inhabituels ! »

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La sexualité… et le plaisir qu’on prend à la pratiquer !

La technique, c’est bien, mais qu’en est-il du plaisir ? Une madmoiZelle anonyme témoigne :

« Si je définissais ma sexualité actuelle en un mot : épanouie. J’ai des rapports deux ou trois fois par semaine avec mon mari — parfois plus, parfois moins, on suit nos envies ! (…)

J’ai essayé quelques pratiques vues comme moins habituelles par le passé, cela ne m’a pas spécialement plu, je n’ai pas trouvé ça plus agréable que le sexe que nous pratiquons aujourd’hui, du coup je ne vois pas l’intérêt de me fatiguer pour le même résultat. »

Nolwenn est bien d’accord : c’est comme ça qu’elle aime faire l’amour et qu’elle prend du plaisir.

« Ça me convient tout simplement parce que je fais ce que j’ai envie, quand j’en ai envie (et qu’il en a envie aussi bien sûr), que je m’éclate au lit et je prends mon pied !

Ce n’est pas par timidité ou par honte que je ne fais pas tel ou tel acte sexuel, simplement car je n’en ai pas envie. »

Beaucoup des personnes qui ont témoigné parlent du plaisir qu’elles prennent. L’une d’elles raconte que c’est d’ailleurs cette sexualité basée sur la simplicité qui lui a permis d’être très à l’aise avec son amoureux et d’aimer encore plus l’acte !

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La pression médiatique sur la sexualité

Si, dans la sphère privée, tout va bien, certain•es reconnaissent avoir ressenti un certain malaise face à l’image que des médias leur renvoient : celle d’une sexualité qui DOIT aller plus loin.

Une femme me parle de la fréquence de ses rapports, qu’elle imagine peu élevée au regard de ce qu’elle entend dans les médias.

À lire aussi : La culpabilité sexuelle – Le dessin de Cy.

Une autre, Alixe, a l’impression, en lisant certains articles, que tout le monde est libéré du slip… sauf elle. Elle ajoute :

« Le but n’est bien sûr pas de faire culpabiliser les autres, mais ça peut amener à se demander si notre sexualité est « normale » et si on ne passe pas à côté d’expériences trop cool juste parce qu’on a peur/pas envie d’essayer. »

Petit conseil : si une pratique ne vous donne pas envie, n’y allez pas. Mélanie le dit d’ailleurs très bien :

« On ne va pas obliger quelqu’un à manger des poireaux s’il n’aime pas ça ! »

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Sexualité classique, préjugés et pornographie

D’autres personnes blâment l’influence du porno. Sur notre forum, ElectraHeart a écrit :

« Actuellement, je trouve qu’il y a une certaine pression « pro-BDSM » et « pro-kink » en général. Ce n’est pas un jugement de valeur, les gens font ce qu’ils veulent de leurs fesses, aucun souci, mais je trouve qu’on nous incite beaucoup à ça depuis quelques années (…)

La pornographie de base n’a jamais été aussi brutale.

Il y a tout juste dix ans, les gifles et les strangulations étaient strictement réservées au porno BDSM, désormais, c’est un truc quasiment obligatoire, les pratiques de ce genre sortent des niches pour se banaliser.

(…) beaucoup de mineur•es sont confronté•es à de telles images, quel impact peuvent-elles avoir sur leur psychisme ? (…) »

Selon Manon, ces films jouent dans la représentation de ce que devrait être la sexualité.

« Ma sexualité n’y est pas forcément représentée, ce qui peut me donner l’impression qu’elle est « banale », même si je sais que le porno ne représente pas la réalité. »

Une autre lectrice raconte que quand son copain cherche à aller plus loin dans ses pratiques, elle se sent mal à l’aise… « comme dans un porno ».

La pression sociale autour de la sexualité

Parfois c’est l’entourage proche qui se permet de faire des remarques dérangeantes. Souvent, ça peut sembler anodin : un•e ami•e qui s’étonne que son interlocuteur/interlocutrice n’ait jamais tenté une pratique, par exemple.

Le but n’est pas forcément de faire culpabiliser…. Mais ça peut générer des angoisses.

Hélène raconte une anecdote qui l’a particulièrement marquée :

« Je me rappelle du commentaire d’une amie, qui jugeait assez sévèrement les rapports sexuels classiques. Elle affirmait que le missionnaire l’ennuyait et qu’elle plaignait les couple qui ne faisaient que ça.

Si je n’ai rien dit sur le coup, je me suis bien sûr sentie légèrement vexée, mais certainement pas à plaindre. Le missionnaire est notre position préférée, à mon compagnon et moi-même, à cause de la proximité des corps et de l’intimité que cette position procure.

Sans parler du plaisir, qui n’est certes pas le même pour tous les couples, mais qui fonctionne bien chez nous. »

Une madmoiZelle anonyme parle, elle, d’une pression plus diffuse, présente partout, qui l’a poussé à tenter des pratiques qui ne lui donnait pas forcément envie.

« Avec mon copain, on avait avant un peu l’impression qu’il fallait au moins essayer, qu’on raterait peut-être quelque chose si on n’essayait pas.

Avec le temps, on a compris qu’il fallait ignorer cette pression et que l’important était d’avoir NOTRE sexualité, qui nous plaise à NOUS, peu importe celle-ci ! (…)

En matière de sexualité, on n’a de compte à rendre à personne. Ce n’est pas un concours ! »

Dans le sexe, l’important reste d’aimer ce que l’on fait

Tout le monde a des sexualités différentes, il n’y en a pas une meilleure qu’une autre. D’ailleurs, Hélène rappelle avec justesse :

« Il faut se rendre compte que, peu importe les pratiques sexuelles que ces personnes préfèrent, elles seront toujours critiquées d’un côté ou de l’autre : les « débridés » les traiteront de prudes, et les « classiques » les traiteront d’animaux en chaleur. »

Alors si elle n’avait qu’un seul conseil à donner, Nolwenn donnerait celui-ci :

« Tout ce qui importe est de se respecter, respecter ses envies, respecter l’autre. Si vous prenez votre pied avec un missionnaire, et que rien d’autre ne vous intéresse, où est le problème ?

Ayez confiance en vous, en votre corps, écoutez-vous avant tout.

Lâchez-vous au lit, laissez-vous aller. Essayez de nouvelles choses si le corps vous en dit, sinon, ne vous forcez pas ! Il n’y a pas de honte à avoir une sexualité, quelle qu’elle soit. Soyez vous-mêmes !

Et communiquez avec votre/vos partenaire•s. »

Il n’y a pas une manière de faire l’amour, il y en a une infinité. L’important, c’est de s’assurer que tout le monde soit consentant et ensuite, il ne reste qu’à passer un bon moment !

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Source : Sexualité classique : témoignages de jeunes femmes

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