20170321 – News / Depeche Mode. Dave Gahan garde ses démons à distance

Paris Match| Publié le 18/03/2017 à 06h00

Depeche Mode, les fondateurs de l’électro-pop reviennent avec «Spirit», créé dans la rivalité toujours forte entre le compositeur Martin Gore et le chanteur Dave Gahan. Rencontre avec ce dernier.

Pour son 14e album studio, Depeche Mode a confié la production au Britannique James Ford,connu pour son travail auprès des Arctic Monkeys. Enregistré entre la Californie et New York, où vivent respectivement Martin Gore et Dave Gahan, «Spirit» s’inscrit parfaitement dans la trajectoire sonore et émotionnelle du groupe. Album sombre, inquiet et menaçant, il met en avant des rythmiques lourdes, des beats techno house posés sur des nappes synthétiques très kraftwerkiennes. Tous les textes sont dominés par une inquiétude politique palpable et l’album se termine par «We’re fucked», lancé par Martin Gore, qui résume bien la situation.

Lire aussi : Martin Gore : « Depeche Mode sera encore là dans vingt ans! »

Paris Match. Comment s’est passé l’enregistrement?
Dave Gahan.Quand je prépare un nouvel album, je suis assez anxieux, j’y pense constamment. J’ai tout le temps des idées de mélodies ou de textes. Puis je les soumets à ceux avec lesquels je collabore. C’est pour cela que j’aime travailler avec mon autre groupe, les Soulsavers. Nous sommes sur la même longueur d’onde et c’est moi le patron.

Ce qui n’est pas le cas chez Depeche Mode. Comment gérez-vous les problèmes d’ego entre vous et Martin Gore?
Je suis d’abord allé chez Martin. Il a aimé ce qu’il a entendu, et il a ensuite emporté mes compositions pour choisir les morceaux que nous allions enregistrer. Mais c’est vrai qu’il existe toujours une rivalité entre nous. Après notre première séance à Santa Barbara, j’ai réalisé que c’était très important à ses yeux que la plupart des chansons viennent de lui. Le travail de Martin et ses idées forment une grande partie de l’ADN de Depeche Mode. Il a clairement exprimé que c’était son domaine de prédilection, même s’il était heureux de travailler sur mes compositions. Au final, sur douze titres, quatre sont de moi. Les disputes et les frustrations font partie du processus de création ; elles sont inévitables, surtout pour un groupe comme le nôtre qui existe depuis trente-cinq ans. Ce sont les changements et les bagarres d’ego qui nous ont empêchés de tomber dans une routine créatrice. Et c’est ce qui rend Depeche Mode encore intéressant à écouter, me semble-t-il…

Vous fréquentez-vous en dehors du groupe?
Non. A nos débuts, nous étions tout le temps ensemble, en tournée comme en studio. Aujourd’hui, quand Martin vient à New York ou quand je vais en Californie, nous prenons un café, mais c’est tout. Nous communiquons principalement par e-mail.

« Ce sont les changements et les bagarres d’ego qui nous ont empêchés de tomber dans une routine créatrice »

Composez-vous différemment selon que ce soit pour Depeche Mode ou pour vos projets en solo?
Autrefois, j’écrivais et je composais mes chansons en fonction de ce que je pensais que Martin voulait pour le groupe. Je ne le fais plus, je compose sans chercher à me formater.

Qu’avez-vous pensé du festival Desert Trip qui a réuni les Rolling Stones, les Who, Neil Young, Bob Dylan, Paul McCartney et Roger Waters?
J’ai demandé à notre manager si nous devions envisager de nous y produire. ‘Vous ne serez pas éligibles avant dix ans’, m’a-t-il répondu. Dix ans, c’est long. Pour être honnête, je ne sais pas combien de temps je pourrai continuer à faire tout ça… Je me suis toujours posé la question et, d’année en année, celle-ci devient plus pressante. Pourtant, dès que je suis sur scène, toutes ces inquiétudes s’envolent. L’adrénaline, l’excitation prennent le relais. Mais le lendemain matin, quand je me réveille, je me demande: ‘Mon Dieu qu’est-ce que j’ai fait hier soir, pourquoi ai-je mal partout?’

Les démons, drogues, alcool, qui ont failli plusieurs fois vous tuer sont-ils toujours là?
Je sais les garder à distance, je peux choisir d’y aller ou pas. Mais ils rôdent toujours… Je suis conscient de cette partie très sombre de moi-même. Je peux y faire un tour de temps en temps, mais je n’y reste pas très longtemps.

«Spirit» (Sony Music), sortie le 17 mars. En concert le 12 mai à Nice (stade Charles-Ehrmann), le 29 à Lille (stade Pierre- Mauroy) et le 1er juillet à Paris (Stade de France).

Source : Depeche Mode. Dave Gahan garde ses démons à distance

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