Parmi les mesures qui vont changer le quotidien des Français au premier janvier, il y a la prolongation du délai pour déclarer une naissance : il sera désormais de cinq jours, au lieu de trois actuellement. Les habitants des communes rurales auront même huit jours pour déclarer leur enfant.
Ils transforment la vie de famille en enfer. De 4 à 18 ans, ce sont les nouveaux tortionnaires domestiques. Une honte pour beaucoup de parents, désespérés et culpabilisés. aujourd’hui, la parole se libère. les mères – et quelques pères – se réunissent pour en discuter. Depuis un an, il existe même une consultation pour parents en détresse au chu de Montpellier. plongée dans la noirceur de ces «chers» petits.
On connaissait les Alcooliques anonymes, les Narcotiques anonymes, les Dépendants sexuels anonymes, il existe aujourd’hui les Parents anonymes. Des papas et surtout des mamans qui n’en peuvent plus, tyrannisés par leur progéniture. C’est au café de l’Ecole des parents à Paris qu’ils se retrouvent.
Grande, brune, regard bleu acier, les cheveux attachés en une très longue queue-de-cheval, Valérie participe au groupe de parole pour la première fois: «Bonjour, ma fille a bientôt 13 ans et c’est une enfant difficile, notre relation est très conflictuelle. Hier soir encore on s’est disputées de 19 heures à 23 heures, je suis épuisée.» Jusque-là, se dit-on, rien de bien original, encore une ado en conflit avec sa mère. Anne, la trentaine intello, paire de lunettes rondes sur le nez, est bibliothécaire: «J’ai deux enfants, c’est l’aîné qui pose problème… Il a 6 ans, il me parle mal, me bouscule, essaie de couvrir ma voix quand je discute avec d’autres gens…» Parmi la dizaine de parents présents ce jour-là, deux grand-mères inquiètes. «Je suis la mamie d’un petit garçon de 5 ans qui rend la vie de ses parents impossible! Ma fille redoute les moments où il rentre de l’école ou les week-ends. Elle a peur de son enfant et moi, j’ai peur pour elle et pour son couple. Elle m’a autorisée à venir à sa place pour savoir s’il existe des solutions… »
Seul un papa a accepté d’accompagner sa femme au groupe de parole: «Dès qu’on leur laisse un peu trop de liberté, ils prennent les rênes», constate-t-il, désabusé. Au fil de la discussion, la parole se libère. «Quand mon fils fait des colères, je sens monter en moi la violence, mais je ne veux pas taper mes enfants », lâche Anne, en confessant avoir elle-même été frappée par son père quand elle était jeune… Face à elle, Valérie finit par avouer avoir donné, la veille, des fessées à sa fille ! « J’ai tout essayé, la douceur, la discussion, et là j’en reviens à la bonne vieille méthode, y a que ça qui la calme.» Silence autour de la table. Une fessée à une ado de 13 ans! «Peut-être une erreur de stratégie? » suggère avec douceur Caroline Le Roux, la psychologue qui anime le groupe.
«La plupart des parents qui viennent nous voir se sentent reniés dans leur parentalité. Ils ont l’impression d’avoir perdu le pouvoir sur leurs enfants ou qu’ils ne servent plus à rien», explique Caroline. Même si la notion de tyrannie est parfois toute relative dans notre société, «ce qui tyrannise les uns laisse les autres complètement froids», ajoute la psychologue. Comme cette maman qui se sent martyrisée par sa fille tous les soirs au moment du coucher: «Ça dure des heures, se plaint-elle, elle me demande d’aller faire pipi, puis d’aller lui chercher un verre d’eau, de rester avec elle, de lui tenir la main… Et moi, quand j’ai toute une journée de travail dans les pattes, je ne supporte pas, je craque.»
«L’autorité parentale, c’est l’équilibre entre ‘donner des règles’ et ‘être à l’écoute des besoins de l’enfant’, explique Nathalie Isoré, la directrice de l’Ecole des parents de Paris. C’est mathématique. Quand je reçois les parents, je leur demande où ils se situent sur un graphique. En ordonnée, à quel point ils sont directifs ; en abscisse, à quel point ils sont à l’écoute. C’est ensuite à eux d’ajuster. On critique beaucoup les parents parce qu’ils ne savent prétendument pas poser de limites ou parce qu’ils ne sont pas assez autoritaires. Cette notion des limites, la plupart d’entre eux l’ont, c’est le ‘comment’ qui pose problème. Ils l’expriment d’ailleurs quand on les reçoit : ‘Je sais ce qu’il faut dire, mais je n’y arrive pas.’ Ces parents exercent l’autorité dans la culpabilité : ils ont été trop brimés dans leur enfance, et ils en ont souffert, ou bien ils ont peur de perdre l’amour de leurs enfants. Il faut savoir dire non, souvent un non bref et ferme suffit. Nous sommes dans une société où on parle trop aux enfants… Avant, l’autorité était verticale et les enfants soumis. Il y avait d’ailleurs beaucoup de bègues, l’un des symptômes de cette soumission. Aujourd’hui, l’autorité est devenue horizontale, les enfants sont plus rebelles, ils ont leur mot à dire, leur agressivité s’exprime davantage. D’un point de vue éducatif c’est plus intéressant mais bien plus dur. On reçoit beaucoup de parents qui sont trop à l’écoute de leurs enfants», résume Nathalie Isoré.
«J’étais une enfant sage. Et ma fille à moi me traite de salope» Une maman
«Avant, on voulait que nos enfants deviennent des adultes polis, bien élevés. Maintenant, on veut qu’ils soient épanouis.»Dans son dernier opus, «Parents sous influence» (éd. Odile Jacob), une sorte de bréviaire plein d’espoir à l’adresse des parents qui se sentent coupables, la romancière Cécile David-Weill, qui estime avoir été une «mauvaise» mère pour ses trois enfants, le rappelle : «L’ambition éducative a explosé. De nos jours, il faut être à la fois une mère exceptionnelle, une femme accomplie dans son boulot, trouver du temps pour sortir, faire du sport entres copines et, surtout, ne pas oublier son mari… La question est comment s’investir? Combien de temps y consacrer ? C’est pour cette raison que j’ai écrit tout un chapitre sur cette thématique: il faut ‘choisir ses batailles’. Quant à apprendre le job… Lorsqu’on devient parent, on n’a aucun repère, et ce n’est pas dans les livres dédiés qu’on trouve des solutions. Alors, que fait-on ? C’est très simple, soit on reproduit l’éducation de ses propres parents soit, si on en a souffert, on essaie le contraire, estime l’écrivain qui a consulté des dizaines de psys pour tenter de comprendre. Ce que j’ai constaté avec mes enfants, c’est que, en voulant faire l’inverse de mes parents, j’ai fait pire. Autre constat : mes enfants s’en sont mieux sortis dans les domaines où je leur fichais la paix. Ce n’est pas toujours simple de les voir se débattre ou souffrir, mais parfois il faut les laisser se dépatouiller tout seuls avec leurs problèmes.»
Au CHU de Montpellier, le Dr Nathalie Franc pointe du doigt la « suradaptation » des parents. Cette pédopsychiatre a mis en place, il y a un an, un groupe de parole unique en France pour les parents d’enfants tyrans. Des petits Dr Jekyll et Mr Hyde qui cachent bien leur jeu en société. Epuisés, parfois au bord du burn-out, une quinzaine de parents s’expriment. «Ma fille m’insulte, elle me bouscule, mais hier, lors de la dernière crise, j’ai suivi vos conseils et j’ai ouvert les fenêtres, raconte une mère tyrannisée par son ado de 16 ans. Elle a hurlé: ‘Non mais, ça va pas!’ et je lui ai rétorqué qu’au contraire il fallait que les gens dans la rue entendent la façon dont elle me parle», se défend-elle devant le groupe de parole. Ces parents ont peur de leur progéniture: «A tel point que, tous les jours, je préviens les deux petits que leur grand frère va rentrer de l’école et qu’il ne faut pas l’embêter pour éviter qu’il ne pète un plomb», raconte une maman de 38 ans, en guerre ouverte avec son aîné de 8 ans.
La mère d’un petit de 6 ans, ingérable lui aussi, ose alors raconter sa dernière humiliation publique: « J’étais au café avec ma meilleure amie quand mon petit me demande d’aller acheter des bonbons avec son grand frère. Je refuse et lui explique que c’est trop dangereux à cause de la route. Alors il se met à hurler devant tout le monde. Je l’ai ‘ceinturé’ fermement, raconte-t-elle, parce qu’il donnait des coups de pied dans tous les sens. Ma meilleure amie m’a regardée, les yeux ronds. C’était la première fois qu’elle vivait ce que j’endure tous les jours… et quand mon petit a vu son regard stupéfait, il s’est arrêté tout seul.» «Souvent, ces parents ont honte de leurs enfants, alors que, au contraire, le regard des autres fait partie de la thérapie. En famille, l’enfant se sent libre d’exploser, mais en société il se sent jugé», analyse la pédopsychiatre, en approuvant une autre mère qui a appelé un couple d’amis à la rescousse quand son fils a tout cassé dans l’appartement.
«Dès qu’on leur laisse un peu de liberté, ils prennent les rênes» Un papa
Depuis un an, le Dr Franc suit une cinquantaine de familles au bout du rouleau. Car ce n’est pas qu’un problème d’éducation défaillante. L’enfant qui martyrise ses parents physiquement et psychologiquement est un sujet tabou: «Je pense que cela a toujours existé mais, aujourd’hui, les parents en parlent et les enfants sont pris en charge. Il n’y a rien de pire que la culture du secret, cela conforte l’enfant dans son mal-être car un petit tyran est souvent en souffrance. La majorité a des troubles du comportement», informe le Dr Franc. La plupart des enfants suivis au CHU de Montpellier ont été diagnostiqués hyperactifs, anxieux ou à haut potentiel (QI élevé). «Depuis que mon fils a été diagnostiqué hyperactif, ça va mieux, je me sens moins isolée, je partage mes problèmes avec d’autres parents et j’ai des outils pour essayer de l’aider. Il va peut-être avoir un traitement qui va l’apaiser.» « Ces enfants-là sont comme des Cocotte-Minute, ils prennent sur eux toute la journée quand ils sont à l’école ou en société et quand ils rentrent à la maison, ils décompensent », explique une maman qui a compris que tout n’était pas de sa faute. «Au début, on se sent responsable, on se dit qu’on a dû faire une erreur quelque part…», ajoute une autre.
Les parents concernés sont dépassés. «Quand ils ont 6 ou 8 ans, ça va encore, tempère la mère de Jules, 9 ans, qui lui fait des misères du matin au réveil pour s’habiller au soir pour se coucher et qui tape son petit frère et sa petite soeur quand le programme télé ne lui convient pas. Mais les adolescents, c’est encore plus dur.» «C’est vrai, confirme une autre mère courage dont la fille de 16 ans a fait de sa vie un enfer. Moi, je n’étais pas du tout préparée à ça, j’étais une enfant sage, je n’ai jamais dit merde à mes parents et aujourd’hui ma fille me traite de salope et m’insulte…» Ces parents en arrivent à détester leurs enfants. «Vous savez, ces gens qui partent acheter des cigarettes et qui ne reviennent pas? Eh bien moi, j’en rêve», avoue froidement une des participantes.
«Le plus inquiétant, c’est quand l’enfant n’a pas d’empathie », explique le Dr Franc. Dans le groupe de parole, un seul couple, solidaire face à un petit «monstre». «Théo, il faut le surveiller tout le temps, il pourrait passer à l’acte, je le sais, raconte la mère. La dernière fois, il se disputait avec sa soeur et je l’ai vu mettre la main sur le couteau de cuisine. Et ce n’est pas la première fois. Il n’a jamais exprimé de regrets, on est de plus en plus inquiets.» Malaise. «La plupart des parents qu’on reçoit au CHU portent leur croix, certains ont tellement de difficultés avec leurs enfants qu’ils sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper d’eux. Il y en a aussi beaucoup qui sont déprimés. Alors, nous essayons de les aider à retrouver une vie normale, à prendre une distance sereine et ferme pour que chacun récupère sa place dans la famille.»
«On dit souvent que tout se joue entre 0 et 6 ans, mais ce n’est pas une règle, on peut toujours rectifier le tir», estime Nathalie Isoré qui reçoit des parents depuis quinze ans. Cécile David-Weill a réalisé qu’elle avait pris le mauvais chemin au bout de quinze ans, alors que ses enfants étaient déjà des adolescents, et « lorsque tous les voyants étaient au rouge » (dépression, addictions…). Oscillant entre l’intransigeance de ses propres parents qui l’élevaient «façon début XIXe » – selon ses mots – et la permissivité totale, elle faisait souffrir ses enfants, qui le lui rendaient bien…
Albéric de Serrant : « Frustrer un enfant le fait grandir »
Directeur du Cours Alexandre-Dumas, à Montfermeil. Il accueille une centaine d’enfants en difficulté sociale ou scolaire, leur enseigne le respect des parents, et des adultes en général, en prônant une éducation bienveillante.
Paris Match. Qu’est-ce qu’un enfant-roi? Albéric de Serrant. C’est un enfant qui ne sait pas demander, qui revendique. Quand il y a enfant-roi, il y a parent-roi, chacun défend son ‘je’ et c’est un combat mené par la revendication. Le ‘je’ s’impose alors qu’on sait très bien que la clé des rapports au sein de la famille, c’est le ‘nous’. Si on n’échange pas et si on ne pense pas avec le ‘nous’, tout est foutu. L’éducation, c’est l’apprentissage du vivre ensemble et l’épanouissement personnel dans le vivre ensemble. Le ‘je’ ne doit pas s’effacer, il doit s’harmoniser avec le ‘tu’ et le ‘nous’. Exemple: je suis un père de famille fatigué qui demande à son enfant qui regarde la télé de ‘dégager’. Ce dernier revendique à son tour son envie de continuer avec un argument de taille: ‘Maman m’a dit qu’elle était d’accord’, utilisant alors la mère comme une arme redoutable contre le père.
Beaucoup de parents ne sont pas d’accord sur la façon d’éduquer leurs enfants. Le problème ne réside-t-il pas dans ce conflit?
L’éducation, c’est éveiller l’enfant. Et, dans cette construction, l’éducateur peut aider les parents à retrouver leur autorité. C’est ce que nous faisons au Cours Alexandre-Dumas mais sans nous substituer à eux. Il faut autant que possible arriver à parler d’une seule voix. Le ‘nous’ doit d’abord s’exprimer au sein du couple, quelle que soit la situation (parents divorcés, séparés ou du même sexe…), puis dans le rapport parents-enfants. Chaque parent, chaque tuteur est responsable – non pas à 50% mais à 100% – de l’éducation de ses enfants, ce qui implique des échanges et des décisions communes avant de s’adresser à lui. Pour parler d’une seule voix, il faut que l’amour soit le guide, l’amour comme expression du respect de l’autre ou celui que les deux parents ont pour l’enfant. Il faut inverser le jeu du conflit conjugal et ‘rester uni face à l’aimé commun’.
Vous-même, vous arrive-t-il de commettre des erreurs avec votre progéniture?
Bien sûr! Je suis père et je ne respecte pas toujours la règle du ‘front uni’. Un jour, j’ai voulu expliquer à mon fils comment chercher un mot dans le dictionnaire. Ma femme est intervenue: elle n’était pas d’accord sur la méthode. Je me suis alors défendu de mieux connaître le sujet en tant qu’enseignant, et elle s’est vexée. Plus tard, elle m’a rétorqué que c’était elle qui s’acquittait des devoirs et que je l’avais décrédibilisée. J’ai reconnu mon erreur: j’aurais dû la laisser intervenir, mon fils ne se serait pas retrouvé face à deux parents désunis. C’est la clé de la transmission. Se répartir les tâches dans le couple n’est pas s’effacer dans une activité, mais rejoindre l’autre. On peut appliquer cette règle dans tous les domaines: la gestion des conflits avec l’enfant comme les moments de partage heureux avec eux!
Beaucoup de parents ont peur du conflit. L’autorité parentale passe-t-elle uniquement par le conflit?
Les parents n’ont pas peur du conflit, ils ont peur de la frustration. Notre société la refuse. Accéder systématiquement à la pulsion d’acquisition d’un enfant est en réalité d’une grande cruauté. Manger une glace est un plaisir, mais avoir une glace tous les jours n’est plus un plaisir, cela devient un dû. Frustrer un enfant le fait grandir. C’est bon de désirer une glace, on l’apprécie encore plus! La frustration apprend à être patient et laisse à l’autre la liberté de faire un cadeau quand il est prêt. Le vivre ensemble rime pour moi avec liberté et non avec esclavage. Certaines familles ont besoin du conflit, d’autres au contraire se targuent de ne jamais devoir élever la voix; l’autorité peut s’exercer de différentes manières. Mon père n’avait qu’à faire les gros yeux quand j’étais enfant pour que je m’arrête, mais ma soeur le faisait hurler. Cela dépend de la personnalité et de la psychologie de l’enfant.
Notre société prône l’empathie avec l’enfant. Qu’en pensez-vous?
Il faut trouver un juste milieu entre le discours de nos grands-parents, le fameux ‘tais-toi, fais ce que je te dis, c’est moi qui ai raison’, et les parents d’aujourd’hui auxquels on impose de se taire et d’être à l’écoute des jeunes. La crise de l’autorité parentale réside dans le fait qu’on ne se donne plus le droit d’utiliser le patrimoine transmis par ceux qui nous ont précédés: prendre ce qui était bon chez nos grands-parents et ce qui est bon chez nos enfants dans l’intelligence du contexte actuel bouleversé par les nouvelles technologies.
Il y a aujourd’hui tout un débat sur la fessée. Doit-on punir les enfants qui ne respectent pas les limites? Et comment?
Je préfère le mot sanction au mot punition. La sanction est essentielle car c’est un avertisseur. Sur la route, la première sanction est la ligne blanche qui nous rappelle qu’on dévie du droit chemin. Le radar a la même fonction quand on va trop vite, mais la sanction est plus forte car elle nous supprime des points et de l’argent. Une sanction peut également être une récompense quand on récupère ses points au bout de deux ans. Elle a toujours vocation à définir la limite et elle doit s’adapter à la gravité du dépassement de cette limite. On ne gronde pas de la même façon un enfant qui va toucher un bibelot fragile ou qui s’apprête à mettre les doigts dans une prise. Quand un enfant se met en danger ou qu’il met en danger les autres, la sanction doit être plus forte. Je ne suis pas un partisan de la fessée; si elle pouvait disparaître, ce serait bien. Ainsi la modification du Code civil va dans le bon sens. Une fessée, si elle advient, ne doit pas être répétitive. Je me souviens des deux seules fessées de ma vie. Elles m’ont marqué! Je pense qu’il faut éviter les gifles et, après 10 ans, plus de fessée. Si l’enfant est insupportable, il va s’isoler dans sa chambre jusqu’à ce qu’il retrouve son calme.
Les jeunes doivent attendre avant de prendre leur indépendance. C’est ce que révèle une enquête menée par l’Insee et la Drees. Selon ces travaux, un jeune adulte (18-24 ans) dispose de 9530 € par an pour vivre. Ce qui ne lui permet pas de louer un appartement ou une chambre. « Ils ont des ressources limitées qui ne leur permettent pas de partir ou économisent pour préparer leur autonomie résidentiellehttp://news.radins.com/actualites/7-jeunes-sur-10-recoivent-argent-leurs-parents,24693.html», explique Laurence Rioux chef de la division études sociales de l’Insee.
Par ailleurs, parmi les 43 % de jeunes qui disposent de leur propre logement, l’autonomie financière n’est pas encore réelle car 29 % d’entre eux se font aider par leurs parents pour payer leur loyer. Même avec un salaire, certains jeunes préfèrent rester chez leurs parents pour faire des économies. Le coût d’un loyer empiète forcément sur le confort de vie : moins de sorties, moins de dépenses, un réfrigérateur vide?
Une situation que subissent de nombreux jeunes
Toujours selon les résultats de cette enquête, les trois quarts des jeunes au chômage ou inactifs sont contraints d’habiter chez leurs parents car ils vivent avec moins de 300 € par mois. Cette situation est moins bien vécue parce qu’elle est subie mais en règle générale les jeunes expliquent bien s’entendre avec leurs parents.
« Résider avec ses parents n’est pas globalement vu comme une contrainte, car cela permet de bénéficier d’aides en nature, comme l’alimentation, les équipements, la voiture… », analyse Laurence Rioux. Parmi les jeunes sans emploi habitant chez leurs parents, ils ne sont tout de même que 6 sur 10 à se déclarer satisfaits de leurs conditions de vie et 43 % d’entre eux expliquent avoir des difficultés financières.
Il apparaît évident que, en grandissant, on adopte les opinions politiques de nos parents. Après tout, notre environnement familial constitue le premier lien avec ce monde-là, que ce soit devant la télé, en écoutant la radio ou en lisant la presse. Plusieurs études sont allées dans ce sens.
Mais comme le signale le site Vox.com, ces études posaient un problème: elles sous-entendaient que les enfants connaissaient les opinions politiques de leurs parents, qu’ils étaient à même de les resituer dans le schéma en place dans nos sociétés. Ce qui n’est pas forcément le cas quand on est adolescent. Ainsi, seuls deux tiers des enfants interrogés dans ces fameuses études pouvaient clairement identifier les affinités politiques de leurs parents, et un quart d’entre eux les rejetaient. C’est pour cela que deux chercheurs spécialisés en politique ont, de manière plus simple, cherché à comparer ceux que pensent les enfants et ce que pensent leurs parents.
«Ils ont trouvé que moins de la moitié des Américains perçoivent correctement les penchants politiques de leurs parents et les adoptent,écrit Vox. Et une grande partie de ce processus dépend de la relation entre un parent et son enfant.»
Les parents connaissent moins bien l’opinion de leur enfant
Ainsi, un enfant aura plus de facilité à déterminer l’opinion politique de ses parents si les conversations sur le sujet sont riches. En revanche, l’adoption de ces opinions se joue au niveau de la connexion dans leur relation. «Si un enfant se sentait soutenu et connecté à son parent, il était plus à même d’adopter ce qu’il pense être l’orientation politique de son père», note Vox.com. Mais ce double facteur peut amener une situation paradoxale: si un enfant parle peu politique avec ses parents mais qu’ils se sentent proche d’eux, il peut facilement adopter une opinion qu’il pense être celle de ses parents mais qui ne l’est pas forcément.
Cette configuration est d’autant plus intéressante que l’étude montre que seuls 42% des parents connaissent l’opinion politique de leurs enfants. Ce qui, autour de la table d’un repas familial, peut entraîner une discussion remplie de fausses perceptions sur les uns et les autres.
On le voit, la transmission politique dans une famille n’est pas forcément le fruit d’un héritage génétique ou d’un besoin de contradiction. Il s’agit avant tout de quelque chose de profondément intime et personnel. Une information importante à prendre en compte le jour où votre enfant vous demandera qui sont les gens en costume qui s’écharpent sur un plateau de télévision.
Une nuit, Thomas a surpris une conversation téléphonique entre ses parents. Sa mère hurlait, pleurait, débouchait des bouteilles de vin frénétiquement. Bientôt il irait la consoler. Un divorce suivrait. L’effondrement d’un modèle de vie. Ni lui si sa mère ne sortiraient jamais du cercle infernal dans lequel ils venaient d’entrer. Celui de l’inversion des normes, où l’enfant devient l’adulte et l’adulte l’enfant. Où le fils devient protecteur de la mère, pourvoyeur d’amour.
En 2016, les couples durent de moins en moins longtemps, et le nombre d’enfants qui subissent la séparation de leurs parents augmente, comme l’expliquait L’Express en décembre 2015: «le nombre de mineurs impliqués est passé en moyenne de 145.000 par an à 191.000 par an entre 2009 et 2012, par rapport à la période 1993-1996. En 2009, près de 60% des 130.000 divorces ont impliqué au moins un enfant mineur.»
Parentification
Les situations de divorce génèrent parfois (à l’instar de beaucoup d’autres situations de fragilisation d’un couple, y compris le fait de rester ensemble malheureux*) ce que la psychothérapeute Stéphanie Haxhe appelle la «parentification» de l’enfant dans son ouvrage L’enfant parentifié et sa famille. Soit le phénomène qui consiste à inverser le rôle du parent et de l’enfant dans une famille précise un blog de l’Université de Liège qui propose une rencension du livre:
«Lorsqu’il perçoit un mal être chez un de ses parents, [l’enfant] va tout mettre en œuvre pour lui venir en aide. Ce soutien mutuel est tout à fait normal et constitue un véritable point d’équilibre dans l’harmonie familiale. Il arrive pourtant que l’aide recherchée par le parent et inconsciemment formulée à l’égard de son enfant dépasse des limites raisonnables pour prendre des tournures beaucoup plus sérieuses. Le parent émet de façon tout à fait implicite des signaux de détresse envers son enfant afin qu’il lui vienne en aide et qu’il le rassure. L’enfant se voit contraint de se détourner de ses préoccupations infantiles, d’occulter ses souffrances, de refouler ses propres besoins pour répondre à ceux de son parent et les prendre en charge. Pour pouvoir faire face à cette situation et assumer des responsabilités qui ne lui incombent logiquement pas, l’enfant fait preuve de maturité précoce. Il devient ainsi un parent pour son parent.»
C’est ce qui est arrivé à Thomas, qui du jour où il a dû secourir sa mère, n’a plus jamais été un enfant. En perdant ainsi son quota d’heures infantiles, son monde s’est renversé. Il n’avait plus de modèle. Il ne savait plus ni comment grandir, ni comment vivre.
*Cette précision a été ajoutée à la suite de nombreux commentaires estimant que l’article faisait l’apologie du mariage à tous prix, ce qui n’était pas l’intention première.
En trente ans, l’évolution de la structure familiale a chamboulé le quotidien des agents immobiliers et notaires. L’un d’eux raconte.
C’est un nouveau marché qui s’est doucement mais sûrement immiscé dans les portefeuilles des agents immobiliers français : le business des séparations.
Lorsqu’il a démarré sa carrière d’agent immobilier à Châlons-en-Champagne, il y a trente ans, Dominique Vatel se souvient qu’une femme mariée n’avait pas le droit de prendre un bail à son nom : « Si elle était virée du foyer, elle ne pouvait pas louer seule ! Pour nous, agents immobiliers, c’était une faute professionnelle de louer sans l’autorisation du mari. »
Les femmes, plus indépendantes, réfléchissent à leur départ
Aujourd’hui, les femmes, bien plus indépendantes (notamment financièrement), n’hésitent plus à mettre leurs époux dehors. « Tous les deux mois environ, j’ai un bonhomme qui entre à l’agence en me disant : Il me faut un logement pour demain. »
L’agent a évidemment aussi à faire à des dames, lesquelles, souvent, « ont pris la décision de partir ». « Elles ne viennent jamais seules, toujours avec leurs enfants. Souvent propriétaires elles cherchent à louer. La démarche est souvent plus réfléchie, plus posée mais le ressenti est assez négatif. Au contraire, il y a bien plus de fatalisme chez les hommes. »
Observateurs privilégiés des profondes mutations de la société, les agents immobiliers savent souvent avant le principal intéressé qu’il va être quitté.
Dominique Vatel admet sans problème que c’est là une partie de son fonds de commerce et il a constaté avoir souvent vu des couples se déchirer à la remise des clefs de la maison qu’ils avaient mis tant de temps à construire ainsi que « des couples, qui vivaient ensemble depuis quinze ou vingt ans, qui décident de se marier et qui se séparent quelques mois plus tard ».
« Tous les deux mois environ, j’ai un bonhomme qui entre à l’agence en me disant : Il me faut un logement pour demain. »
Dominique Vatel, agent immobilier
Il est un phénomène qui marque encore plus le vendeur de biens : celui des divorces des personnes âgées, lesquelles sont, d’une manière générale, des clients « plus compliqués à gérer ». Plus exigeants, plus pointilleux également. « Cela n’arrive pas tous les jours, heureusement, car c’est d’une dureté incroyable. Je me souviens d’un couple qui avait passé les 75 ans qui se séparaient. L’homme avait visité un appartement le lundi et voulait le louer, le mardi matin sa femme était là pour le prendre car elle ne voulait pas qu’il l’ait ! »
Les nouveaux modes de vie découlent ainsi sur de nouveaux problèmes. De plus en plus de couples, non mariés, ont trois comptes bancaires : un chacun, plus un compte commun. Ainsi des acquisitions peuvent désormais se faire au pourcentage.
De la même manière, l’idée même de la « maison de famille » a peu à peu disparu. « Quand ils achètent, les gens savent qu’ils vont déménager et prévoient la revente… Un jour ou l’autre les enfants vont habiter ailleurs. D’ailleurs, l’isolement des propriétaires est une question qui se pose de plus en plus. Il faut adapter les logements au vieillissement et surtout au vieillissement seul… même si cela pose problème à la revente. Un monte escalier dans une maison, cela n’attire pas les jeunes. »
Les couples avec enfant de moins de 3 ans qui travaillent à temps complet doivent choisir entre différents modes de garde, y compris à domicile par l’un d’eux. Quel est leur premier choix ? Une étude du ministère de la Santé répond à cette question.
Quand les deux parents travaillent à temps complet, la question de la garde de l’enfant se pose rapidement si ce dernier a moins de 3 ans. Une étude de la Direction de la recherche des études et évaluation et statistiques (DREES), organisme rattaché au ministère des Affaire sociales et de la Santé, a analysé le schéma que met en place le plus souvent ce type de famille. Les conclusions révèlent que près de 3 enfants sur 4 sont confiés à un tiers la majeure partie du temps. 4 fois sur 10, il s’agit d’une assistante maternelle, et 2 fois sur 10 d’un établissement d’accueil du jeune enfant.
Un coût non négligeable
Toutefois, un peu plus de 1 enfant sur 4 est gardé par ses parents. Dans ce cas, les parents ont en grande majorité des horaires de travail décalés leur permettant de se relayer et, deux fois sur 10, c’est la mère qui travaille au moins en partie à domicile. « Malgré la progression de l’activité des femmes, les pères restent moins investis que les mères dans la vie familiale, et une naissance a peu d’incidence sur leur activité professionnelle », expliquent les auteurs de l’étude, qui précisent qu’en définitive, seul un enfant de moins de 3 ans sur trois a ses deux parents qui travaillent à temps complet.
Certains d’entre eux souhaiteraient cependant réduire leur activité pour consacrer plus de temps à leur enfant. L’impact financier entre également en jeu, car quand les enfants sont confiés à un autre intervenant, ils passent près de 36 heures et demie par semaine sans leurs parents. « En moyenne, les parents qui travaillent à temps complet versent 446 euros par moiset par enfant avant déduction des aides éventuelles, et 215 euros une fois ces aides déduites », précise l’étude. Le coût peut néanmoins varier en fonction du mode de garde, les plus chers étant l’assistante maternelle agréée et la garde à domicile.
Le premier site gratuit de colocation pour familles monoparentales fait des adeptes en Aquitaine, la région où il est né grâce à Jessica Levy et Leslie Mohorade. Une première en France.
Depuis son entrée en primaire, votre enfant est devenu très secret sur ce qu’il fait en classe ?
Il faut lui répéter plusieurs fois la même question pour obtenir la moindre information ? Pas d’inquiétude. A son âge, cette tendance soudaine à la discrétion est assez habituelle.
L’entrée au CP coïncide avec de grands progrès côté langage. Paradoxalement, c’est souvent le moment où les enfants deviennent moins bavards. Et c’est assez frustrant pour les parents, surtout à l’heure de la sortie des classes. Mais il faut voir le bon côté des choses. « Aux alentours de 6 ans, les enfants ne gagnent pas seulement en autonomie sur un plan pratique. Ils deviennent aussi plus indépendants sur le plan de la pensée », explique Aurélie Crétin, psychologue et psychothérapeute. « Désormais conscients que les adultes ne lisent pas dans leur esprit, ils commencent à faire le tri entre ce qu’ils vont dire et garder pour eux. » C’est une étape importante de leur développement. Autre bon point : votre enfant a désormais assez confiance en lui pour gérer seul de petites problématiques rencontrées dans la journée. Mais rassurez-vous, votre bambin continuera à se confier à vous..
Laissez-le venir
Pour maintenir une bonne communication, laissez-le choisir le moment où il aura envie de vous parler de sa journée. Si ce n’est pas au retour de l’école ni au goûter, ce sera peut-être au moment du dîner ou du coucher. D’où l’importance de limiter les repas devant la télévision et de conserver un petit rituel du soir. A l’inverse, s’il lui prend subitement l’envie de vous raconter ses démêlés avec son ennemi juré quand vous êtes au téléphone, autorisez-vous à lui répondre « ce que tu me dis m’intéresse beaucoup mais pour l’instant je suis occupée. On en reparle dès que j’ai fini. » Enfin, n’oubliez jamais que vous restez malgré tout son premier modèle. S’il vous entend le soir raconter les bons et moins bons moments de votre journée – sans vous plaindre mais pour partager – il sera probablement tenté de vous imiter.
A noter : Un soudain mutisme doit vous alerter s’il s’accompagne sur plusieurs jours d’autres signes qui affectent le quotidien de votre petit écolier : il dort mal, il mange moins bien, il s’amuse moins. Si la situation perdure malgré plusieurs tentatives d’échange avec votre enfant, n’hésitez pas à en parler à son médecin traitant ou à son pédiatre pour comprendre l’origine du trouble.