20161022 – Sexualité : une campagne pour réussir sa première fois

Santé publique France a lancé une campagne web sur les premières fois, et a enrichi son site Onsexprime.fr par de nouveaux contenus. De quoi décomplexer certains adolescents..

Premiers émois, premiers baisers, premières relations…, les « premières fois » suscitent bon nombre d’interrogations chez les adolescents. Ce moment est souvent alimenté par de nombreuses idées reçues. C’est pourquoi la nouvelle agence gouvernementale Santé publique France ambitionne de favoriser l’entrée positive des jeunes dans la sexualité.

Depuis quelques jours, elle a ainsi lancé une nouvelle campagne web sur les « premières fois » et enrichi, par de nouveaux contenus, son site onsexprime.fr, devenu référent chez les adolescents. En témoigne la liste de témoignages de jeunes sur la plateforme.

Des youtubeurs témoignent

« Notre dispositif onsexprime, en fournissant de l’information aux adolescents, en leur donnant les moyens d’exercer leur sens critique vis-à-vis des normes en matière de sexualité qui leur sont assénées (performance, uniformité des corps, plaisir…), leur donne les moyens de se protéger et de gagner en autonomie et satisfaction lors de leurs premières expériences sexuelles », explique dans un communiqué le Pr François Bourdillon, directeur de Santé publique France.

Avec sa chaîne YouTube onsexprime.fr, qui comptabilise plus de 6 millions de vues, l’agence sanitaire touche un public large. Sept youtubeurs très populaires ont été recrutés parmi les adolescents (1). Tous témoignent en toute transparence de leur premier rapport et de leurs premières relations. Ces interviews abordent des questions que les jeunes se posent sur le premier rapport sexuel : « 1er soir ou 10e rencard » ; « papote ou capote » ; « préparé(e) ou dépassée(e) » ; « sprint ou marathon »… (voir le clip ci-dessous).

Source : YouTube

Entre mythes et réalité

Par ailleurs, même si le site existe depuis 2009, il s’enrichit, cette année, de nouveaux contenus. Avec le module animé « Potes vs réalité », qui permet aux adolescents de prendre du recul sur les discours de leurs pairs. Les thèmes abordés sont la durée du rapport (90 min d’après le pote contre 7 min pour la durée du rapport idéal d’après une récente étude), la taille du sexe, le lieu de l’escapade, le plaisir, et enfin, le nombre de fois.
Bref, la différence est souvent très grande entre ce que les adolescents rapportent de leurs performances et la réalité. Un décalage qui, malheureusement, peut être générateur de questionnements ou de doutes chez certains adolescents.

« Toujours vierge /puceau ? A ton âge ? » est par exemple une remarque qui revient souvent dans les discussions des cours de lycée. Face à cette obligation de se dévoiler, parfois gênante, Santé publique France conseille de ne surtout pas se laisser déstabiliser : « Respirez un bon coup, et répondez aussi sec : « Oui, et alors ? C’est pas un 100 mètres, que je sache ? Et je ne m’appelle pas Usain Bolt ». »

Répondre aux questions délicates

Enfin, le site onsexprime.fr répond de manière claire et simple aux questions, y compris les plus délicates, que se posent les adolescents, garçons et filles, sur l’amour, la sexualité, la contraception, l’avortement, les IST, le VIH/sida et les préservatifs. Il comprend également un mode d’emploi des préservatifs masculin et féminin, et une liste de numéros utiles complète le document. Ces outils, s’ils s’adressent directement aux jeunes, sont aussi un soutien pour les parents et les professionnels de santé et du social afin de mieux aborder ce sujet, souvent tabou au sein des familles.

(1) Natoo, Kemar, Pat, Jeremy, My Amélie, SoUrbanGirl et Dimitris Kad

Source : Sexualité : une campagne pour réussir sa première fois

20160926 – News / Parents, faire l’amour en paix | Psychologies.com

Petits, nos enfants nous réclament tout le temps; ados, ils sont envahissants… Comment maintenir une vie sexuelle épanouie lorsque l’enfant paraît ?

Qu’il était attendu ce nouveau-né… et voilà que, dès sa naissance, il impose à ses parents un rythme anarchique. C’est à ce moment de l’histoire que tout commence. Et que le déséquilibre s’installe. Le duo se transforme en famille, et certains parents en « bébédolâtres », selon les mots du pédopsychiatre Daniel Marcelli. Le règne de bébé est instauré, celui d’un nourrisson roi qui devient même, dans des cas extrêmes – par exemple lorsqu’il est installé dans le lit conjugal –, le censeur des rapports sexuels de ses parents. Les rôles se renversent : il prend toute la place et le couple, lui, ne parvient plus à garder la sienne.

Enfants : poser les interdits

L’enfant grandit, il se déplace seul. Parfois jusqu’au lit parental… « Une nuit, tard, alors que Jean et moi faisions l’amour, nous nous sommes rendu compte avec horreur que notre fils de 7 ans se tenait à côté de notre lit et nous regardait. Depuis combien de temps ? » se souvient Nathalie, encore sous le choc d’avoir été surprise en plein rapport sexuel. Des « scènes primitives » comme celle-là, Freud en avait abondamment commenté et disséqué. Aujourd’hui encore, des parents, soucieux de préserver leur enfant de tout traumatisme de cet ordre, peuvent en arriver à une véritable inhibition sexuelle. « Je ne peux pas me laisser aller quand tout le monde est à la maison, je suis aux aguets », confie Jean-Daniel, père de trois enfants de 12 ans, 10 ans et 6 ans.

Une situation dont Daniel Marcelli souligne le paradoxe : « Ne plus parvenir à faire l’amour sous prétexte que les petits chéris sont dans la chambre à côté revient, pour les adultes, à se mettre dans une position infantile vis-à-vis de leur progéniture, à renverser la loi. Les parents deviennent les enfants de leurs enfants, créant ainsi un lien névrotique. » Comment (re)définir les territoires ? « Il y a un âge, dès la mise en place de la marche et de la parole, où les enfants ne doivent plus entrer dans la chambre conjugale sans autorisation, répond le pédopsychiatre. Pas plus d’ailleurs que les parents ne doivent entrer sans frapper dans celle des enfants. » Faute de quoi, l’enfant est confirmé dans sa place de chef de famille, dirigeant et ordonnant l’existence de tous. « Quand on a pris le pouvoir, on ne le rend pas, c’est une règle humaine », poursuit Daniel Marcelli, qui rappelle à cette occasion que « les comportements à l’adolescence prennent leurs racines dans l’enfance ».

Afin que chacun reste à sa place, pas d’autre solution que l’affrontement. Le couple père-mère doit savoir s’affirmer, insiste le psychanalyste Jean-Claude Liaudet, « dire non à l’enfant, ne pas satisfaire tous ses désirs; ainsi le couple homme-femme retrouvera un espace à lui dans lequel il pourra laisser s’exprimer son propre désir ».

Ados : imposer le respect

Ils sont devenus ados, les choses se compliquent encore. Au risque de les choquer ou d’exciter leur curiosité s’ajoute celui de subir leurs commentaires sarcastiques. Ainsi, Marie, 43 ans, dont le fils de 16 ans, un matin au petit déjeuner, a commenté, méprisant : « Ça fait encore l’amour, les vieux ? » Situation douloureuse qu’a parfaitement comprise l’écrivaine Anne de Rancourt, auteur, notamment, de Comment élever un ado d’appartement ? (J’ai Lu) : « Les jeunes peuvent débarquer sans crier gare, ils squattent le salon, la cuisine, à deux, à plusieurs, se couchent à 2 heures du matin. Impossible d’envisager un moment érotique. On en arrive parfois à vivre des épisodes sexuels en dehors de la maison : c’est plus confortable. » Des adultes obligés de fuir leur domicile pour faire l’amour, laissant la place à des adolescents qui, eux, étalent leurs amours sans vergogne : le comble du paradoxe est atteint !

Réaction de Jean-Claude Liaudet : « Finalement, les parents demandent l’autorisation à leurs ados de vivre leur vie sexuelle. Or, ce qu’ils doivent apporter à l’enfant, c’est de la trahison, lui faire savoir qu’il existe des moments d’intimité et d’amour dans lesquels il n’a aucune part ! Ils lui offrent ainsi la possibilité, plus tard, de créer son propre espace. » Cela posé, aux parents de faire en sorte que leur vie sexuelle ne provoque ni n’agresse leur ado. Le respect marche dans les deux sens. Daniel Marcelli : « Si les adultes exhibent bruyamment leurs ébats, c’est une intrusion dans l’intimité de l’enfant, à eux de faire le nécessaire pour le protéger de ces manifestations. Mais ils ne doivent pas non plus déserter la place. Leur rôle est d’énoncer la limite en termes de loi symbolique : “Tu n’as pas de commentaire à faire, je t’interdis de te mêler de notre vie.” »

Conclusion du pédopsychiatre : « Quand les interdits sont clairement définis, cela se passe bien, les conflits ne s’éternisent pas. La difficulté est d’arriver à poser des limites alors que la tendance est à la permissivité. » Si les parents n’y arrivent pas ? Un bon verrou sur la porte de la chambre à coucher peut être très utile. Les enfants, ainsi confrontés à l’existence concrète de l’amour parental, découvrent et comprennent que leur vie est différente de celles de papa-maman, et qu’ils doivent la respecter. Cette découverte leur permettra d’élaborer, plus tard, leur propre sexualité.

Il vous a surpris : comment réagir ?

Pour le psychanalyste Jean-Claude Liaudet, quelles que soient les circonstances, un enfant qui surprend ses parents en train de faire l’amour vit avec un traumatisme qu’il convient de désamorcer. « L’enfant a vu une scène interdite. Malgré lui, il a transgressé un tabou : la sexualité des parents. Par ailleurs, cette vision troublante satisfait chez lui une curiosité fondamentale de la sexualité et des origines. Il sait désormais comment il a été conçu. Si la vision en reste là, il peut en garder une image “animalière” de la sexualité, c’est-à-dire dépourvue de sens, d’affectivité, comme dans la pornographie. C’est cela qu’il faut réparer », explique Jean-Claude Liaudet.

« Pour réparer, il faut parler. La parole est vitale, pour redonner sa dimension d’amour à la sexualité, pour que l’enfant ne s’imagine pas issu d’un rapport brutal », poursuit le psychanalyste. En invitant à la parole, en aidant l’enfant à dire ce qu’il a vu, en expliquant, le sens reprend sa place : « Nous avons fait l’amour parce que nous nous aimons. L’amour des parents est différent de celui des enfants. C’est un amour d’amoureux. C’est parce que nous nous aimons que nous avons voulu ta naissance. » L’intervention d’un adulte de la famille (une grand-mère, un oncle…) suffisamment compréhensif et ouvert peut faciliter cette prise de parole. « Une personne différente des parents permet à l’enfant, qui se sent coupable, de s’exprimer sans craindre de les affronter », commente Jean-Claude Liaudet. Et peu importe combien de temps sépare la scène de son récit : le plus vite est le mieux, mais le plus important reste d’en parler…

Idés clés

– Imaginer que l’enfant puisse surprendre ses parents est l’un des plus gros freins à la sexualité.
– Le couple a besoin d’un territoire intime pour exister.
– On ne laisse pas les enfants occuper la chambre conjugale.
– Des limites posées dès le plus jeune âge habituent l’enfant, et plus tard, l’adolescent, au respect mutuel.

Source : Parents, faire l’amour en paix | Psychologies.com

20160910 – News : Comment parler de sexualité à des élèves ?

De l’école au collège, « l’éducation à la sexualité » fait partie du programme. Mais en pratique, la question n’est pas toujours simple à traiter.

« Comment un clitoris 3D va aider les élèves français à en apprendre sur le sexe »,titrait, en août, The Guardian, au sujet de l’invention d’Odile Fillod. Cette dernière, qui se définit comme une « chercheuse indépendante en sciences médico-sociales », a mis au point, avec l’aide d’une amie artiste, un modèle de clitoris en trois dimensions, imprimable au moyen d’une imprimante 3D. Son objectif : aider les enseignants français à enseigner le plaisir sexuel, et notamment le plaisir féminin, aux élèves. Selon Libération, le clitoris 3D devrait même être diffusé en janvier aux enseignants, « sur une plateforme de ressources pédagogiques anti-sexistes », qu’ils ne seront pas obligés d’utiliser. En attendant, les professeurs peuvent déjà librement s’appuyer dessus dans le cadre de leurs cours d’éducation à la sexualité.

>> Mais le clitoris 3D a-t-il vraiment sa place en salle de classe? De manière générale, est-ce le lieu pour enseigner le plaisir sexuel ? Comment aborder ces questions face à des adolescents ou des enfants ? Que valent les cours « d’éducation sexuelle » aujourd’hui ? Europe 1 a mené l’enquête.

Parler du plaisir oui, mais sans le « standardiser ». Pour Valérie Sipahimalani, professeure de SVT à Paris et secrétaire générale adjointe du SNES, le clitoris 3D ne doit pas être « une obligation ». Mais « s’il peut permettre de mieux comprendre le corps et le plaisir des femmes, c’est important », soutient-elle. « Le plaisir féminin est souvent oublié. Le professeur doit choisir son outil pédagogique. Mais c’est bien s’il a la palette la plus large possible », estime l’enseignante. Odile Fillod, la conceptrice du clitoris 3D, ne dit pas autre chose. « Il est essentiel que les femmes sachent que l’équivalent du pénis chez elles n’est pas le vagin, mais le clitoris. Les femmes ont des érections lorsqu’elles sont excitées, mais elles restent invisibles parce que le clitoris est interne. Je voulais montrer que les hommes et les femmes ne sont pas foncièrement différents », détaille-t-elle dans le Guardian.

>> Le fameux clitoris 3D :

https://player.vimeo.com/video/166628201

L’objet est, toutefois, encore loin de faire l’unanimité. « Avec un clitoris 3D, le risque est double », juge ainsi Stéphane Clerget, pédopsychiatre et auteur de Bien vivre ta première relation sexuelle si tu es une fille et Bien vivre ta première relation sexuelle si tu es un garçon. Et de poursuivre : « Cela créé un risque de provoquer l’excitation et l’agitation dans la classe. Mais il y a aussi un risque de malentendu : celui de croire que le plaisir s’apprend par un professeur, alors que c’est quelque chose de personnel. Avec un professeur qui montre un modèle 3D, il y a une idée d’injonction. Des élèves risquent de se dire : ‘ah, si je ne prends pas du plaisir comme ça c’est que je suis bizarre' ».

« Les fondamentaux dans la sexualité sont le respect, l’intimité et la découverte. La construction du plaisir sexuel doit se faire avec la découverte. Parler du clitoris à des adolescents est important pour évacuer la honte. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose de le montrer en 3D », avance également Hélène Romano, sexologue et auteure de École, sexe et vidéo. « Cela transgresse cette notion de découverte. Les adolescents ont une représentation du corps qui est imaginaire. Ils ont besoin de rêver, de fantasmer, de se représenter. En montrant un objet standardisé comme un clitoris 3D, on fixe cet imaginaire. Cela ne leur apprend pas la différence qu’il y a d’une femme à l’autre. Il n’y a pas un seul corps comme un autre. Si on va jusqu’au bout de la logique (d’un clitoris 3D), on peut aussi mettre un couple en train de faire l’amour au milieu de la classe ou apprendre à faire une fellation. Mais je ne pense pas que ça apprenne à avoir du plaisir ! En parler oui, mais le montrer, je suis sceptique », conclut la sexologue.

Ce n’est pas forcément facile d’aborder ces questions
VALÉRIE SIPAHIMALANI, PROFESSEURE DE SVT

L’Education nationale trop frileuse ? Pour Stéphane Clerget, s’il faut parler du plaisir à l’école, cela ne peut être qu’au moyen de termes très généraux. « Il faut dire qu’il n’est pas interdit de faire tel ou tel chose, expliquer les différentes manières d’avoir du plaisir, chez la femme comme chez l’homme. Il faut donner des informations sur les moyens de protections, les contraceptifs. Et en même temps bien souligner ce qu’il y a d’acceptable et de non acceptable (forcer quelqu’un, se masturber en public etc.). C’est même ça la première chose à faire », détaille le pédopsychiatre.  Le problème, pour Stéphane Clerget, c’est que ce « B.A.B.A n’est même pas encore correctement enseigné ». Et là-dessus, tout le monde est d’accord : l’éducation sexuelle, même la plus basique, peine à s’imposer à l’école.

Durant tout son parcours scolaire un élève doit, en théorie, suivre des cours « d’éducation à la sexualité ». Depuis 2003, en effet, ces enseignements sont obligatoires. Si, à l’école primaire, les maîtres ne sont tenus de délivrer que quelques connaissances de base (anatomie, définition de l’intimité, de la pudeur…) les choses sont censées s’intensifier dans le secondaire. Trois séances  par an doivent être proposées aux  élèves de collège et de lycées. Généralement, cela se passe en cours de SVT : l’enseignant assure la séance ou demande l’intervention d’une association. Cela se décide chaque année lors de réunions des équipes pédagogiques.

Les objectifs sont résumés, ici, sur le site du ministère de l’Education nationale. Parmi eux : « apporter aux élèves des informations objectives et des connaissances scientifiques « , « permettre une meilleure perception des risques » ou encore « faire connaître aux élèves les dimensions relationnelle, juridique, sociale et éthique de la sexualité ». Avec les nouveaux programmes, les professeurs de SVT, sont, en outre, désormais tenus de dispenser un cours pour « expliquer sur quoi reposent les comportements responsables dans le domaine de la sexualité », lit-on sur le site du ministère de l’Education nationale. Les professeurs sont incités, par exemple, à « expliquer la distinction entre reproduction et de sexualité ». Pour la secrétaire générale du SNES, cela peut offrir, enfin, un bon cadre « pour parler enfin du plaisir. Alors qu’historiquement, le sexe est abordé via les interdits ».

Mais dans la pratique, ces enseignements ont du mal à trouver leur place. De l’avis de nombreux acteurs, l’éducation sexuelle n’est évoquée qu’une ou deux fois par an, voire pas du tout. Et beaucoup prédisent le même avenir à ces questions dans les nouveaux programmes. « Il y a tout ce qu’il faut en termes juridiques. Mais sur le terrain, c’est plus difficile. Les équipes pédagogiques ont toujours autre chose à faire. Et elles ne savent pas toujours à qui s’adresser », explique ainsi Véronique Soulier, présidente d’Estim’, la principale association qui intervient dans les établissements et forme les enseignants sur ces questions.

« Ce n’est pas forcément facile d’aborder ces questions. Les cours d’anatomie sont abordés comme un cours de science comme un autre. Mais les cours d’éducation sexuelle, c’est différent. Il faut savoir s’y prendre avec un adolescent. Même avec toute la bonne volonté du monde, on peut aboutir à des effets inverses de ce que l’on voudrait. Il vaut donc mieux être formé », confirme Valérie Sipahimalani, la professeure de SVT. « La formation, en théorie, les enseignants y ont droit. Mais dans les faits, peu y ont recours. Il n’y en a pas assez pour tout le monde, et l’on prétexte qu’il y a toujours autre chose à faire », regrette-t-elle.

Certains élèves font dans la provocation

Comment parler de sexe à des adolescents ? L’enseignante, qui a plusieurs fois abordé ces questions en classe, notamment face à des élèves de première (14 à 16 ans en moyenne), a bien en tête les difficultés : « Certains élèvent parlent facilement, d’autres pas du tout. Parfois cela déclenche des fou-rires. Certains font dans la provocation : cela peut-être des blagues sexistes, des commentaires homophobes etc. Et il n’y a pas de recette miracle pour calmer l’attention. Il faut cadrer, parfois rappeler la loi, expliquer par exemple aux élèves : ‘certes, ta religion interdit l’homosexualité, mais tes propos sont répréhensibles par la loi’. En revanche, il ne faut pas juger la personne. On peut juger des propos, mais pas la personne ».

Selon la professeure de SVT, il y a surtout un piège dans lequel il ne faut pas tomber : « il ne faut pas se projeter soi-même ». « Certains enseignants, même à l’insu d’eux-mêmes, peuvent condamner certaines choses, ou donner l’impression qu’ils condamnent. Il faut arriver à faire dire les choses sans que l’élève se sente jugé. Un élève vierge, par exemple, c’est tout à fait acceptable. Tout comme un  élève plus débridé. L’enseignant ne doit pas projeter son propre jugement, ni parler de sa propre expérience », assure-t-elle. Et de poursuivre : « Il faut être capable de lancer des débats. La sexualité est quelque chose de personnel, il faut apprendre aux élèves à réfléchir par eux-mêmes pour qu’ils puissent s’emparer eux-mêmes du sujet, sans risque ».

Pour Stéphane Clergét, ce n’est pas forcément à un enseignant d’aborder ces questions-là. « Je pense que des membres d’associations spécialisées sont plus adaptés », glisse le pédopsychiatre. Et de s’expliquer : « Tous les profs ne sont pas à l’aise avec ces questions. Et les élèves n’osent pas forcément poser des questions à leur prof, qu’ils vont revoir tout au long de l’année. L’intervenant extérieur peut faire office de tiers. A condition que les parents d’élèves soient associés au recrutement de ces intervenants ».

Véronique Soulier, présidente d’Estim’, l’association qui intervient en collège et lycée, est effectivement rodée. Pour elle, un professeur peut très bien parler de sexe à ses élèves. Mais il doit connaître quelques principes de base. « On doit mettre un cadre en place, ne pas se moquer. On explique que la sexualité ce n’est ni tout blanc ni tout noir, c’est gris. Il faut aborder les questions sans tabou, mais dans la limite du respectable. Généralement, les élèves sont surpris et ils écoutent », raconte-t-elle. « Le plus souvent, ce qu’il se passe sous la couette, les élèves le savent. C’est plus dans la relation affective, humaine, qu’ils ont à apprendre. On met l’accent sur le plaisir, le respect, le consentement. On leur apprend à se construire des valeurs : on leur dit, par exemple, qu’ils ne doivent pas tout accepter s’ils n’en ont pas envie, qu’ils peuvent réfléchir à comment dire non », poursuit-elle. Et de conclure : « Tous les intervenants ne sont pas forcément à l’aise avec le sujet. Ils ont l’impression de rentrer dans l’intime des jeunes. Un jour, une infirmière m’a confiée qu’elle refusait de parler de masturbation avec des garçons. Or, on ne leur demande pas de rentrer dans l’intime, mais de parler de ces choses de manière générale ».

Source : Comment parler de sexualité à des élèves ?

20160731 – Arts – Faites l’amour, pas la guerre – Une étonnante campagne contre le SIDA | Ufunk.net

Faites l’amour, pas la guerre est une nouvelle campagne étonnante et créative contre le SIDA, imaginée par l’agence TBWA/Paris pour la fondation AIDES. Quand les couleurs des drapeaux du monde entier se mélangent grâce au body painting, une campagne osée et décalée qui rappelle l’importance de se protéger contre le VIH.

 

Source : Faites l’amour, pas la guerre – Une étonnante campagne contre le SIDA | Ufunk.net

20160728 – Arts – Sex Fears – De quoi avons-nous peur lorsqu’on fait l’amour | Ufunk.net

Sex Fears est une nouvelle étude qui regroupe dans une infographie les choses dont nous avons le plus peur lorsque nous faisons l’amour. Réalisée sur un panel de 2000 Européens et Américains, cette étude compare les différentes peurs liées au sexe chez les hommes et chez les femmes, mais aussi les différences entre les américains et les européens.

Source : Sex Fears – De quoi avons-nous peur lorsqu’on fait l’amour | Ufunk.net

Epices : sexualité et bonheur — echodecythere

Très bon article à lire sur le blog Echo de Cythere

Parce qu’elles sont échauffantes, qu’elles piquent, qu’elles brûlent ou anesthésient la langue, les épices ont toujours eu la réputation d’être aphrodisiaques. C’est vrai qu’à partir d’un afflux de sang au visage consécutif à l’ingestion d’un piment fort ou d’une autre épice, il n’est pas difficile de le concevoir dans le reste de l’organisme et plus […]

via Epices : sexualité et bonheur — echodecythere

20160711 – News  : Faut-il tout essayer sexuellement ?

[Chronique] La curiosité sexuelle doit-elle – et peut-elle – être sans limites ? Faut-il goûter avant de dire non, tout tenter pour ne rien rater ? La chroniqueuse Maïa Mazaurette répond aux chantres du tout-sexuel et de la dolce vita marathonienne et exhaustive.

 

Deux poids, deux mesures : alors qu’on apprend aux enfants à « goûter avant de dire non » (au risque de retrouver des traînées de purée carotte-camembert sur les murs), nous nous autorisons sexuellement à ne pas goûter. A détester avant d’essayer. A ne pas se faire notre propre idée. Comment justifier ce passe-droit ?

La question se pose parce que l’idée de tout essayer est finalement très implantée dans notre culture sexuelle. Les prétentieux se vantent d’avoir tout essayé, les gourmands de vouloir tout essayer.

La lecture d’un dictionnaire des paraphilies, ou des 120 Journées de Sodome, devrait poser un cadre à cet insondable appétit (nous sommes tous et toutes bien trop paresseux) : on appelle « effet Dunning-Kruger » ce biais de surconfiance qui veut que les personnes les moins compétentes sur un sujet ont l’impression d’en avoir fait trente fois le tour. Si quelqu’un prétend tout connaître en sexualité, ou avoir tout essayé, vous pouvez tabler sur sa virginité.

Univers fantasmatique en expansion

D’ailleurs, à quoi ressemble le « tout » ? Il existe quantité de cartes interactives permettant de se faire une idée de la largeur, et des largesses, de notre champ des possibles. Les niches non seulement se superposent les unes aux autres, mais se multiplient avec le temps : l’univers fantasmatique de l’humanité est en expansion, comme l’univers tout court.

Mais nous ne sommes pas, individuellement, l’humanité – nous avons des limites, forcément. Peut-être ces limites tomberont-elles avec la réalité virtuelle, mais nous n’en sommes pas encore là (ne vendons pas cette peau d’ours, très érotique sous la cheminée, au passage).

Comment pourrait-on se réclamer de toutes les sexualités – jusqu’où ? Les morts ? Les animaux ? Il faudrait vouloir coucher avec tous les humains, tous les non-humains, tous les objets, mais aussi avec la rosée du matin et un clafoutis aux cerises. Ce qui commence à faire beaucoup, même quand on est au chômage.

Voici dix exemples de ce qu’il faudrait « essayer avant de dire non » – dix possibles sur des milliers, en ne parlant que des cas recensés : la momification érotique, le fétichisme de la sueur et des aisselles, la zoophilie, la domination financière, la scatologie, la stimulation électrique, les maladies vénériennes. Et puis bien sûr, expérience sexuelle ultime : la chasteté. La frustration. La castration. Quoi, ne vouliez-vous pas tout essayer ?

Et même si c’était possible : serait-on meilleur coucheur parce qu’on a tout essayé ? Ou vaudrait-il mieux avoir moins essayé, mais mieux creusé son sujet ? L’essai implique une connaissance superficielle, un passage éclair (notez que sexuellement, d’habitude, on n’aime pas trop les passages éclair) : les vrais vantards ne devraient-ils pas plutôt vanter des spécialisations bien précises – un doctorat en anatomie interne, un master trilingue en cunnilingus ?

Vantardises

On plaisante, on plaisante, mais la question se pose de manière plus problématique que les simples vantardises après trois verres de rosé (au passage, avez-vous essayé le sexe en état de coma éthylique ? Si vous voulez tout essayer, c’est un incontournable).

La curiosité sexuelle peut en effet devenir une contrainte : une pression que l’on fait porter sur ses partenaires pour qu’ils acceptent des pratiques qui leur répugnent ou qui les indiffèrent. Les gays et surtout les lesbiennes connaissent bien le problème, eux et elles qu’on accuse régulièrement de préférer les relations homosexuelles faute d’avoir essayé les relations hétérosexuelles.

Ainsi, en Afrique du Sud, le viol correctif consiste à imposer des pénétrations aux lesbiennes pour qu’elles rentrent dans le droit chemin (surprise, surprise : ça ne marche pas). Et vous trouverez toujours des psychanalystes de comptoir pour affirmer que les prêtres pédophiles le sont parce qu’ils n’ont pas essayé avec une « vraie » femme.

On voit bien les limites de cet argument inlassablement utilisé pour « convaincre », plutôt les femmes, d’essayer le bondage (passif, comme c’est curieux) ou la sodomie (passive, tiens donc) : quand on parle de tout essayer, c’est surtout pour demander à l’autre de tout essayer.

Mourir idiot

Et en priorité le trio gagnant du fantasme pornographique martelé comme une normalité – triolisme, échangisme, sexe anal, comme si ne pas avoir couché avec deux blondes à 30 ans revenait à rater la Rolex de ses 50 ans. Vous admettrez que ça fait court, comme incarnation d’un hédonisme solaire.

Revenons donc à nos petits pots carotte-pomme de terre. Même s’il s’agit dans les deux cas de rapport au corps et au plaisir, la sexualité n’est pas la nourriture (elle n’est pas un besoin vital au niveau individuel, pour commencer). Et même en nourriture, on n’essaie pas tout : rangez immédiatement cette bouteille de Destop.

Alors même que l’accès à la sexualité est l’un des marqueurs du passage à l’âge adulte, la personne qui veut tout essayer traite son/sa partenaire comme un enfant.

Les pressions sont déjà considérables sur les jeunes gens, sommés, entre autres, de perdre leur virginité, de s’adonner au sexe oral, d’épiler leur corps, de montrer leurs parties intimes sur Internet, de jouir à tout prix.

Le discours que nous avons besoin d’entendre n’est certainement pas qu’il faut tout essayer sous peine de mourir idiot/e (la fameuse FOMO des millenials, fear of missing out : l’angoisse de rater une expérience), mais au contraire, de réapprendre à essayer quand on en a envie, quand on se sent prêt/e, en prenant la liberté de ne jamais tenter. De passer à côté.

La joie de snober

Prenons donc le parti inverse, si vous le voulez bien. Il se joue quelque chose d’infiniment intéressant dans le renoncement : choisir, c’est renoncer, et quand on choisit, n’est-ce pas qu’on aime ou du moins qu’on préfère ? Qu’on accepte que tout ne soit pas pareil, équivalent, horizontal ?

Nul éloge ici, en quatre volumes cousus de fil blanc, de la sublimation par l’ascèse, mais la simple constatation qu’on peut se satisfaire de n’avoir pas tout fait. Qu’on peut apprécier de rechigner, de se refuser – comme une position, ou comme un jeu, pour faire monter la tension sexuelle.

On peut au contraire préférer se projeter, se garder pour plus tard : ah, peut-être, oui, un jour, quand l’occasion fera le larron. Ou savourer le plaisir un peu acide qu’il y a à se démarquer de la masse – bah non, pas moi.

Réhabilitons la joie de snober. D’exercer son esprit critique. De laisser de côté des tendances qui nous semblent ridicules ou immorales (rappel : parler de morale n’est pas honteux, même en 2016 et même en terrasse). Il faut pouvoir dire non pour mieux crier que oui. Restreindre pour exploser.

Quoi qu’en disent les chantres du tout-sexuel, du carpe diem intimidant, de la dolce vita marathonienne et exhaustive : s’il fallait tout essayer avant de dire non, nous serions dégoûtés du sexe. Comme des enfants malheureux de n’avoir jamais appris la frustration. Qui ne tente rien n’a rien, mais qui tente n’importe quoi n’est pas plus avancé.

Retrouvez chaque dimanche matin la chronique sexe de Maïa Mazaurette dans La Matinale du Monde.

  • Maïa Mazaurette
    Journaliste au Monde

Source : Faut-il tout essayer sexuellement ?

Avis Pimpf : Très bonne rubrique et conclusion , car après tout à quoi ça sert de vouloir suivre les tendances, ou ce que dit tel ou tel magazine, on s’en fout des normes ou de ce qu’il faut faire, chacun vit sa sexualité comme il le souhaite avec qui il le souhaite du moment que ça se fasse dans le consentement et le respect mutuel, le reste vraiment n’est que phénomène de mode… est on vraiment si influençable que cela de nos jours?

20160708 – News / Giulia Sissa : « Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas » – Le Point

Le sexe ? Les dieux en raffolent. Et pour cause, leur vie en dépend, comme l’explique cette helléniste et spécialiste de la question du genre.

Pourquoi la sexualité est-elle aussi présente chez les dieux grecs ?

Précisons d’abord que le polythéisme grec n’est pas une théologie. Il n’a ni église, ni texte sacré, ni dogme. Les textes du polythéisme grec sont des histoires racontées par des poètes. La personnalité et la sexualité des dieux varient d’un texte à l’autre, mais aussi d’une cité à l’autre, chacune les mettant en scène différemment dans ses rituels. Les divinités ne sont jamais figées, mais toujours dans des aventures différentes où s’entrelacent leur vie et celle des mortels. Les dieux ont eux aussi des soucis, des émotions, des conflits, et le sexe y est pour beaucoup. Pourquoi ? Parce que les dieux sont, certes, immortels, mais pas éternels. La différence est importante : une entité éternelle existe de tout temps, alors que les dieux grecs doivent d’abord naître. Ils ne meurent pas, mais le plus souvent, ils naissent comme les mortels de l’union sexuelle de leurs parents. Leur venue au monde les inscrit dans le temps des généalogies divines. Ils ont des parents et des enfants, si nombreux qu’il n’existe pas de liste définitive des divinités. D’où l’importance des amours qui racontent leurs origines.

La sexualité fait donc les dieux ?

Exactement. C’est le moteur qui les fait advenir et devenir, la grande machine qui les fait se multiplier et les entraîne dans leurs aventures. Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas.

Et le sexe est à l’origine du monde…

Tout à fait. Hésiode le dit de façon théâtrale dans La Théogonie. Au commencement surgit Éros du chaos, sorte d’état de vide, de confusion et de potentialité absolus. Éros, d’où vient le mot « érotique », est le plus ancien des dieux, comme nous le rappelle Agathon dans Le Banquet de Platon. Mais le modèle de l’acte sexuel qui fait exister les êtres divins, c’est l’union de la Terre, Gaïa, et du Ciel, Ouranos. La Terre, féminine, est la puissance qui supporte tout ce qui existe. Elle reçoit les œuvres érotiques du Ciel, puissance masculine, et accouche du monde. Elle porte les êtres à la lumière, et les nourrit. Du coït originel vont naître les titans, qui à leur tour engendreront les premiers dieux. C’est l’archétype de la sexualité divine.

À lire aussi : « Grèce : Zeus, Athéna, Apollon, une leçon de tolérance ? »

Les amours divines sont-elles exclusivement hétérosexuelles ?

Non, là aussi, rien n’est figé. Des récits racontent des amours au masculin, comme celui entre Zeus et Ganymède. D’autres décrivent des amours féminines, y compris par le biais de la métamorphose. Pour séduire Callisto, une suivante de la déesse Artémis, Zeus prend la forme de cette dernière. Cela dit, la sexualité fondamentale reste celle qui féconde. Comme le dit Poséidon dans L’Odyssée : « Les amours des dieux sont rarement en vain. »

Mais les dieux sont-ils définis par des attributs masculins ou féminins ? Quid de la question du genre dans l’Olympe ?

Ils sont très gendrés, soit hyper-masculins, soit hyper-féminins. Aphrodite, déesse de l’amour, Hestia, déesse de la maison, Héra, l’épouse aimante, son mari, le très viril Zeus… Mais les attributs masculins et féminins peuvent être transférés et échangés. Artémis est la déesse de la chasse, activité traditionnellement masculine, et Athéna, celle de la guerre. Ce sont des vierges qui résistent à toute séduction.

Ce sont des exceptions ?

Certes, c’est d’ailleurs ce qu’indique L’ Hymne homérique à Aphrodite, sorte de mini-bible sur la question du sexe. Avec son armure et son casque, Athéna, c’est Athènes, la cité inviolable. Cet équipement militaire clôture son corps et la protège, comme elle protège la cité. C’est une déesse hybride.

Des récits évoquent la bisexualité. Que représente-t-elle ?

Il y a bien sûr Hermaphrodite, doté des organes génitaux mâle et femelle. Il aura des amours féminines comme masculines. Dans Le Banquet de Platon, Aristophane, le poète comique, fait un éloge d’Éros. Pour lui, les êtres humains sont les descendants de sphères originelles, une espèce disparue. Depuis, nous cherchons à reformer ces boules vivantes, et à retrouver nos autres moitiés par l’amour. Par une extraordinaire ironie, il présente le couple femme-homme comme une sorte d’androgyne. En réalité, c’est un éloge des relations homosexuelles, fort appréciées en Grèce, du moins parmi les intellectuels et les aristocrates.

Mais les dieux poussent plus loin les formes de sexualité. Zeus se transforme en cygne, en vache ou en aigle pour séduire. Irrésistibles, les animaux ?

En effet, dans la mythologie grecque, les animaux plaisent. Et une métamorphose est un artifice habile pour cacher sa vraie nature. Zeus ne ménage ainsi jamais les moyens. Il est le séducteur par excellence. Mais aussi le plus puissant des dieux. Pourquoi veut-il séduire ? Sans doute parce que c’est dans ses attributions, et que la séduction plaît aux dieux comme aux mortels.

La violence est très présente dans ces récits divins. Zeus enlève ainsi Europe, dont il est follement amoureux…

Oui, l’amour peut être violent. Hésiode raconte que la Terre en vient à ne plus vouloir subir les trop nombreux assauts du Ciel. Son fils Kronos se chargera d’émasculer Ouranos, une violence originelle qui sera suivie de bien d’autres récits sexuels empreints de violence. Aphrodite, déesse des unions érotiques comme du mariage – l’un n’empêche pas l’autre –, vient de là : elle surgit du sperme du Ciel répandu dans la mer Égée.

Pourquoi les dieux se méfient-ils autant de cette déesse de l’amour ?

Aphrodite, c’est la séduction, la sensualité, le désir du désir de l’autre. Si Éros est la forme primordiale de la sexualité, elle en est l’incarnation féminine. Mais le sexe n’est pas que plaisir. Pour faire tomber amoureux les hommes et les femmes, elle leur tourne la tête, les dépossède d’eux-mêmes, joue contre leurs volontés. Un jour, Zeus en aura assez. Dans L’ Hymne homérique à Aphrodite, il lui tend un piège pour la faire tomber amoureuse d’un mortel, Anchise. De leur union naîtra Énée, le Troyen, mi-dieu mi-mortel, et futur fondateur de Rome… Un jour l’époux de la déesse, le disgracieux Héphaïstos, la surprend en flagrant délit d’adultère… La sexualité est aussi source de conflits, de luttes et de souffrances.

Y a-t-il des tabous sexuels chez les dieux ?

La relation incestueuse avec la mère est problématique. Si elle a lieu, une tragédie s’engendre. Mais l’inceste entre frère et sœur est admis. Zeus et Héra ont les mêmes géniteurs.

La mythologie permet-elle de comprendre le rapport des anciens Grecs au sexe ?

Il s’agit évidemment d’un fantasme généralisé. Cela dit, la situation érotique prédominante est la même entre mortels et immortels. C’est celle du couple hétérosexuel stable. Avec du plaisir, des infidélités, de la jalousie. La sexualité divine est très conventionnelle…

Source : Giulia Sissa : « Sans sexualité, les dieux grecs n’existeraient pas » – Le Point

20160707 – Sexe après un break – Reprendre une sexualité après un break – Doctissimo

Les raisons de ne plus s’ébattre sous la couette où ailleurs avec un partenaire sont multiples : l’âge, une rupture douloureuse, l’arrivée d’un enfant, la routine… Rallumez le feu après une période d’abstinence plus ou moins longue ne va pas toujours de soi. Les pistes du médecin sexologue Dr Ghislaine Paris.

« Nous ne sommes pas tous, ni toutes, animés de désir himalayen permanent, et des périodes d’abstinences sexuelles sont plus courantes qu’on ne pense » confie le Dr Ghislaine Paris, auteur du livre « Un désir si fragile ». L’absence prolongée de relations sexuelles peut découler de différents facteurs, à savoir l’âge, l’absence de partenaire, ou bien une baisse de désir au sein du couple. Quelles que soient les raisons, il n’y a pas de quoi s’alarmer ! Certaines phases de la vie nécessitent de mettre son énergie dans un autre secteur que la sexualité. Toutefois, si vous ne souhaitez pas augmenter les rangs des adeptes de la révolution asexuelle, il va falloir à nouveau faire preuve d’audace et d’impudeur. Car après tout, le sexe fait partie de la vie et du couple…

Pas de limite d’âge pour se faire du bien

« Les premières causes d’abstinence sont dues à l’âge » note le Dr Ghislaine Paris au sein de ses consultations. Si aujourd’hui, on s’autorise davantage à aimer après 60 ans, il n’en va pas de même pour le sexe. S’ébattre sans retenu passé un certain âge est encore tabou. Comme en témoigne 7ème Ciel, le film polémique d’Andréas Dresen, qui célèbre les élans d’une femme de soixante ans et d’un octogénaire.

Plus qu’une image de soi en berne, c’est surtout le corps qui est en cause, avec davantage de problèmes d’érection et de sécheresse des muqueuses pour les femmes. « C’est pourquoi, après une période d’abstinence, je recommande une consultation » précise le Dr Paris. De la patience, bien sûr, et une aide médicamenteuse ponctuelle peuvent être nécessaires. L’important est de ne pas s’enfermer dans une spirale d’échec.

Au sein de la relation de couple, qu’elle soit nouvelle ou récente, il faut à nouveau privilégier un contexte favorable au désir où priment un toucher doux, des caresses, et davantage de sensorialité.

Sexualité après une rupture douloureuse

Les raisons de se réfugier dans l’abstinence suite à une séparation douloureuse sont différentes pour les hommes et les femmes. Loin des clichés qui les stigmatisent dans un rôle de chasseur collectionnant les « coups » d’un soir, pour se réconforter, les hommes souffrent aussi. Une rupture douloureuse peut s’accompagner d’un « vraie » chagrin et d’une perte de confiance en soi, surtout s’il y a eu défaillance sexuelle. « Les femmes ne sont pas tendres avec leséjaculateurs précoces, ni avec ceux qui ne « savent » soi-disant pas leur donner de plaisir » constate le Dr Paris. Pour ces derniers, se confronter à une nouvelle relation sexuelle n’est pas simple !

Les femmes qu’on a quittées ou trompées se réfugient, elles, dans l’abstinence pour d’autres raisons. Fragilisées, elles ne souhaitent pas s’exposer trop vite sur un terrain qui est celui de l’intime. Si en plus, elles ont la garde des enfants, le sexe a tôt fait de disparaître de leurs priorités.

Sortir de cette abstinence demande tout d’abord de prendre conscience qu’on est dans une situation d’évitement. Ensuite, le mieux est de privilégier des relations où l’on se sent bien et de prendre le temps de flirter, même si ça peut paraître désuet. Rappelons que l’appréhension peut entraîner chez l’homme une sécrétion d’adrénaline, un facteur aggravant d’éjaculation précoce. Et chez les femmes, des difficultés à atteindre l’orgasme. Evitez dans tous les cas de vous fixer des objectifs, qui vous mettront en difficulté, si vous ne les atteignez pas !

La sexualité du couple quand l’enfant paraît…

Les transformations pendant la maternité peuvent avoir des effets tout à fait contraires chez les uns et les autres. A savoir, un regain de libido pour elle ou une vraie réticence face à la future « mère » pour lui. Dans tous les cas, une période d’abstinence de 3 mois après l’accouchement est normale. Ensuite, c’est bien de s’y remettre… Ce qui ne va pas toujours de soi car l’énergie libidineuse de la mère est focalisée sur l’enfant.

Il va falloir ré-érotiser le couple. La plupart du temps, la tendresse et les sentiments sont là, en revanche Eros, moins. La clé pour elle : se remettre dans un mode séduction, et regarder à nouveau son Jules comme un amant, plus que le père de son marmot. Quant à lui, il va devoir faire preuve de patience et de douceur. Bien souvent la jeune mère est exténuée et très chamboulée physiquement. Se mettre en « option sexuel » sur un mode agacé et crispé risque fort de se solder par un refus.

L’endormissement sexuel dans le couple

La passion du départ s’est délitée et l’élan naturel qui vous précipitait dans les bras l’un de l’autre a disparu. Les rapports deviennent moins gratifiants et peu à peu on se laisse gagner par « l’endormissement », comme l’appelle le Dr Paris. Par ailleurs, la phase de construction s’accompagne d’une sorte de familiarité, préambule d’une véritable intimité, mais qui parasite le désir. Les ébats s’espacent et avec ce ralentissement se profile la menace de l’abstinence… Selon le Dr Paris, « elle devient effective après plus de six mois sans rapports« .

Pour rallumer la flamme, c’est simple : redécouvrez-vous et flirtez, comme au début. Une sexualité épanouie demande d’y consacrer du temps, c’est primordial. Prenez soin du contexte de vos relations, sortez au restaurant, au cinéma, en week-end tous les deux… Gardez en tête qu’il ne faut pas vous fixez d’obligation de résultat, ni de contrainte. Misez uniquement sur les sensations de plaisir, le reste suivra…

Catherine Maillard

Source : Sexe après un break – Reprendre une sexualité après un break – Doctissimo

20160706 – News : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy

Clitoris, vulve, gland… ces mots ne vous disent rien ? Et pourtant vous devriez avoir reçu, dès le primaire, des cours d’éducation sexuelle. Pourquoi l’école est-elle aussi timide ? Trendy fait le point pour vous.

Le mercredi 15 juin 2016, l’HCEfh (Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes) a publiéun rapport sur l’éducation sexuelle dans les écoles publiques françaises et le résultat n’est pas terrible. Ce n’est malheureusement pas une surprise, mais ce document donne quelques pistes de réflexion qui réveilleront peut-être l’Éducation nationale.

 

Pas très légal tout ça !

Nous avons tous eu des réunions de prévention en CM2, puis au collège voire même au lycée (pour les plus chanceux). Pourtant, la loi de 2001 modifiée en 2004 oblige écoles, collèges et lycées à trois séances d’information et d’éducation sexuelle par an. Or nous sommes loin du compte ! Seulement 25 % des 3.000 établissements publics respectent cette loi. Malgré un phénomène croissant de libéralisation des mœurs, la sexualité est encore un sujet tabou dans le milieu scolaire.

« La sexualité, on nous en parle qu’en SVT » nous explique une lycéenne. Un peu tardif, l’enseignement de quatrième se limite à la biologie et ne sort pas de ce domaine.

 

Un apprentissage bricolé

Selon l’INED, c’est en moyenne à 17 ans que l’on connaît sa première fois. Mais beaucoup savent depuis longtemps comment se déroulent les rapports sexuels. Et ce n’est pas grâce à l’école !

Malheureusement, les sites pornographiques sont souvent ceux qui forment l’éducation sexuelle des adolescents. Ainsi, 18 % des garçons de 15 à 24 ans pensent que le porno est un bon moyen pour apprendre. Bien sûr, les amis ou la famille jouent aussi un rôle dans cet apprentissage. Mais entre les tabous, la gêne ou les « mythos » pour se faire bien voir, difficile de trouver les bonnes infos. Ainsi, beaucoup se tournent vers Internet pour trouver des réponses. Des réseaux sociaux aux magazines féminins en passant par des forums comme Doctissimo, tous ces supports sont devenus les nouvelles encyclopédies.

 

Que faire alors ?

Le rapport du HCEfh donne 4 axes de réflexion : mieux connaître la sexualité des jeunes, renforcer la politique d’éducation à la sexualité, renforcer l’action de l’Éducation nationaleaujourd’hui « parcellaire » et « inégale », et responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes.

Lors des séances d’information à l’école, les professeurs, pas forcément formés à ces questions, ne savent pas toujours comment aborder ces sujets face à des élèves gênés. « Forcément, au début on ne parle pas. Mais s’il y avait plus de séances, au bout d’un moment, on n’est plus timide et on pose des questions », explique une adolescente. Connaître son corps, accepter sa sexualité et respecter celles des autres sont des notions importantes mais pas innées. Il est donc nécessaire de renforcer cette éducation mais surtout de l’élargir aux thèmes du plaisir, de l’orientation sexuelle, de l’égalité des sexes ou du respect, trop souvent oubliés.

 

Et ailleurs, ils font comment ?

En juillet 2015, l’OMS avait rendu un rapport dans lequel il préconisait aux pays européens d’aborder la sexualité d’un point de vue biologique mais aussi sociologique. Quand on sait qu’aujourd’hui une femme sur dix de moins de 20 ans a été victime d’agression sexuelle en France, la mesure semble, en effet, urgente. Certains pays européens ont suivi le conseil voire l’ont devancé.

Récemment en Suède, la chaîne SVT Barnkanalen a diffusé une vidéo qui a fait scandale. Faisant chanter pénis et vulve, le programme s’adresse aux tout-petits pour leur expliquer la sexualité. Même si cette émission semble avoir dépassé les limites d’acceptation des Suédois, rappelons que l’éducation sexuelle y est obligatoire depuis 1995. Aucun programme spécifique n’est déterminé par le gouvernement, mais des objectifs sont annoncés, accompagnés d’un atlas sexuel. Les professeurs peuvent ainsi aborder à leur manière le sujet et l’adapter à leurs élèves.

Les Pays-Bas suivis par l’Angleterre proposent des cours adaptés à chaque âge. Au primaire, on apprend toutes les parties du corps, on analyse les liens avec les autres. On parle aussi de puberté, d’émotions, de mariage et de divorce. Au collège et au lycée, on étudie en profondeur la reproduction, la contraception mais aussi les MST, les relations amoureuses ou la grossesse. En parallèle, les professeurs n’hésitent pas à donner les endroits où trouver des informations fiables.

Au Canada enfin, le gouvernement a imposé entre 5 et 15 heures d’enseignement sur le sujet.Obligatoire dans toutes les écoles, le but étant de casser les stéréotypes sexuels encore bien ancrés dans les têtes.

Alors on s’y met quand ?

Julie Chapman  |  Publié le 04.07.2016 à 10H10

Source : L’école et la sexualité : pas vraiment une histoire d’amour – L’Etudiant Trendy