20160710 – News : Si vos enfants ne savent pas coder à la rentrée, leur vie sera foutue

De nombreux manuels et applications proposent aux enfants d’apprendre le langage informatique…

 

Et en bouquins, on met quoi dans sa valise, au gamin ? Un album de coloriage Les Légendaires, le troisième tome de La 5e Vague, une BD Pokémon… Et un cahier de vacances parce que le 12 de moyenne en histoire, ça le fait pas.

Non, non, non. Vous avez tout faux. Cet été, votre gosse doit apprendre à coder. Manon entre au lycée ? Elle doit apprendre à coder. Lucas débarque en 6e ? Il doit apprendre à coder. Emma passe en CE2 ? Elle doit apprendre à coder. Nathan arrive en moyenne section ? Il doit apprendre à coder.

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Si la maîtresse le dit, c’est que c’est vrai

Il n’y a pas d’âge pour commencer. Pire, quel que soit son âge, c’est sans doute déjà trop tard. Ateliers ou stages intensifs, livrets pédagogiques ou applications ludiques pullulent pour donner des bases ou des perfectionnements en langage informatique. Même l’Education nationale prend la chose au sérieux. Le stade expérimental est désormais dépassé et l’apprentissage des langages informatiques entre dans les programmes à la rentrée 2016. Bref, vous êtes en retard sur l’Education nationale…

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Face à cette débauche d’offres pédagogiques de tous niveaux, de nombreux parents, et enfants, ont déjà la sensation de passer à côté de quelque chose. Le directeur des systèmes d’information de 20 Minutes (a.k.a le boss des nerds) a trois enfants. Leur a-t-il enseigné quelques rudiments de code ? « Hein ? Ah non… Je n’y ai jamais pensé… Tu crois que je devrais ? Mmmm… Holala, mais je devrais carrément ! »

Les arguments blasés du parent sur lequel glissait jusque-là ce type d’injonctions culpabilisantes ne tiennent plus. Hugues Marchand, président de l’associationCode : Demain est catégorique : « La maîtrise d’une tablette et la connaissance des bons usages sur Internet ne suffisent plus. Bientôt, 90 % des emplois nécessiteront de connaître les principes de la programmation informatique. Et surtout, dans notre monde, il faut savoir comment fonctionnent les programmes informatiques pour ne pas se laisser diriger par eux. On apprend l’Histoire aux enfants pour en faire des citoyens éclairés. Il faut apprendre le code aux enfants pour en faire des usagers malins, pas dupes, de l’informatique. » Olivier Crouzet, directeur pédagogique de l’école 42, voit également dans la maîtrise du code un moyen de « passer de l’utilisation à la configuration. C’est un changement d’état d’esprit complet grâce auquel on comprend que la technologie est là pour faire ce qu’on a envie qu’elle fasse. On ne doit pas être limités par la technologie, la subir, mais au contraire s’en servir pour être pionniers. »

Coder comme un vrai paysan

Imaginons que l’on soit convaincu. Comment s’y prendre ?

Un mercredi après-midi, on retrouve une dizaine de jeunes enfants, entre 4 et 9 ans, dans un des nombreux ateliers ouverts ces derniers mois. Le formateur, Eric, travaille comme développeur pour une société de télécoms. Quand il est devenu papa, il a imaginé ces ateliers, avec d’autres parents. « Je leur fais utiliser un programme simple. Pour ceux qui ne savent pas encore écrire, j’ai créé une tablette qui permet de placer des balises, avec des formes et des codes couleurs. Avec ça, ils peuvent créer un petit jeu avec des épreuves, des labyrinthes. Ou alors juste un petit cheminement. Certains enfants veulent créer un jeu très difficile, d’autres travaillent plutôt l’aspect visuel. »

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Oui, bon, mais ils ne codent pas vraiment en fait ? « Non, pas vraiment. On veut surtout leur faire comprendre qu’il y a un travail, un effort et une planification qui président à la création des outils informatiques de leur quotidien. » Le papa-informaticien compare son atelier à «une visite à la ferme. Montrer aux enfants comment travaillent les agriculteurs, leur fait prendre conscience que les plantes ne poussent pas toutes seules, qu’il faut élever les animaux, ramasser les œufs, traire les vaches, et que tout ça demande du travail. Vous n’en ferez pas tous des paysans, ni même des cultivateurs du dimanche avec leurs tomates cerise et leurs deux poules sur le balcon, mais au moins, ils ne seront pas complètement demeurés. »

Dictée, récré, coder

Si vous n’avez pas vos mercredis, vous pouvez toujours compter sur l’école pour faire le job. La fondation La main à la pâte a imaginé le projet pédagogique 1, 2,3… codez ! Celui-ci passe notamment par une formation des enseignants. 5.000 d’entre eux ont reçu un guide pédagogique publié aux éditions Le Pommier. L’objet, touffu, semble toutefois difficile d’accès même s’il se veut comme un outil « clé en mains ».

Avec, dans un coin de la tête, l’espoir de récolter une interview bien lol, on a refilé l’ouvrage à une institutrice qui, de son propre aveu, « ne pipe rien à l’informatique à part les mails et pour acheter des billets de train sur voyagessncf.com ». Dix jours plus tard le verdict est sans appel : « C’est très bien fichu. L’apprentissage du langage informatique fait appel à des logiques peu ou pas exploitées dans d’autres disciplines. C’est intéressant parce que ça met la logique propre de l’enfant au centre du processus. Il y a aussi une notion d’entraide collective, de mise en avant des qualités individuelles… » Quant à l’aspect de l’ouvrage, « bof on a l’habitude des manuels austères. »

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« Avant de coder, il faut savoir ce qu’on veut faire faire au programme, explique Olivier Crouzet. Il faut construire une suite logique, avec différentes étapes, penser aux différents cas de figure. Tout ça est indépendant du langage informatique mais primordial, et beaucoup plus difficile que coder parce que ça demande une logique particulière, une autonomie et une liberté, que les joueurs de Minecraft ont pu acquérir, par exemple. »

Le Java tue le script que mange le Python

Des voix discordantes prétendent cependant qu’apprendre, concrètement, les langages informatiques d’aujourd’hui, est inutile dans la mesure où ceux-ci changent sans cesse. « C’est beaucoup plus facile d’apprendre un langage informatique quand on en connaît déjà deux ou trois, affirme Eric, le papa-informaticien. Le premier est le plus difficile à apprendre, donc, oui, d’une certaine manière, plus on apprend ce premier langage jeune, plus ce sera facile d’apprendre les codes qui seront créés à l’avenir. »

Selon Olivier Crouzet, il est important de mettre les mains dans le code, même si le langage est obsolète dans quelques années. « On utilise souvent l’image du bac à sable, cette zone où les gens sont livrés à eux-mêmes et doivent s’approprier les outils en essayant encore et encore. Rien ne remplacera jamais la pratique. On est en juillet et je ne sais toujours pas quels langages mettre au programme de la rentrée, explique le directeur pédagogique de l’école 42. Mais ce n’est pas important. De toute façon, quand on arrive dans une entreprise, il faut toujours s’adapter à des systèmes préexistants. »

Pour autant, les spécialistes ne voient rien d’irrémédiable si, passé 15 ans, vous ne savez toujours pas coder. « Il y aura toujours quelqu’un qui sait mieux coder que vous de toute façon, affirme Olivier Crouzet. Le numérique est un changement profond de nos sociétés, qui change par exemple les relations entre les gens. L’important est de comprendre ça. Les enfants d’aujourd’hui vont tous apprendre les langages informatifs, c’est un fait. La vraie question est de savoir si leurs parents seront capables de s’y mettre aussi. »

Source : Si vos enfants ne savent pas coder à la rentrée, leur vie sera foutue

20160710 – News :Faut-il punir un enfant qui pique des colères ? – A la une – Destination Santé

esthermm/shutterstock.com
Quand un bambin se met à crier et à se rouler par terre pour un oui ou un non, on ne sait plus quoi faire.

Hurler plus fort que lui pour lui faire entendre raison ? Le sanctionner pour lui faire comprendre que son comportement est inadapté ? C’est tentant, mais totalement inutile. Il y a d’autres façons d’aider toute la famille à mieux vivre les colères enfantines. 

Les premières vraies colères apparaissent généralement vers 2 ans. Elles permettent à l’enfant d’exprimer son impuissance face aux indispensables limites et frustrations imposées par son entourage. Se fâcher ne sert à rien et risque au contraire de renforcer ce comportement. Mieux vaut l’aider à vivre cette émotion nouvelle, en mettant à sa place des mots dessus et en lui offrant la contenance rassurante de vos bras. Lui-même est désemparé par ce qui l’agite, il a avant tout besoin d’être rassuré.

A 3-4 ans, un enfant qui parle bien, et donc commence à structurer sa pensée, est en mesure d’apprendre à gérer seul sa colère. Pour la psychothérapeute Isabelle Filliozat, lorsque la fureur l’envahit et le dépasse, le mieux est alors de lui demander d’aller la crier dans une autre pièce, jusqu’à ce que le calme revienne en lui. Attention, il ne s’agit en rien d’une punition face à un comportement « méchant ». Pas question de lui laisser penser qu’on ne veut plus le voir car il a été trop vilain. C’est une façon d’entendre et de respecter sa colère en lui laissant un espace pour s’exprimer. L’objectif est aussi de faire comprendre à l’enfant que tout le monde a le droit d’être parfois en colère. Mais l’entourage n’a pas à en subir les conséquences, ni verbales, ni encore moins physiques.

Une réparation plutôt qu’une punition

Si la colère s’accompagne d’une conduite blessante (votre enfant tape son frère ou casse son jouet, il vous dit des gros mots), cette conduite doit être punie. Pour que la sanction fasse sens, elle doit intervenir rapidement afin que l’enfant puisse faire le lien direct entre sa conduite et ses conséquences. S’il est possible de « réparer » le comportement inadapté, la « réparation » sera toujours préférable à n’importe quelle punition. Invitez-le à s’excuser, à faire un bisou à l’endroit tapé, à aider à recoller les pages déchirées d’un livre, à donner un de ses jouets en échange…

Source : Faut-il punir un enfant qui pique des colères ? – A la une – Destination Santé

20160702 – News : L’Assemblée vote contre les violences corporelles envers les enfants – L’Express

L’Assemblée nationale a voté contre « tout recours aux violences corporelles » des parents envers les enfants, en vertu d’un amendement adopté dans la nuit de vendredi à samedi lors de l’examen du projet de loi « égalité et citoyenneté ».

Fini la gifle et la fessée. Les parents doivent désormais éviter « tout recours aux violences corporelles » avec leurs enfants, ont voté les députés dans la nuit de vendredi à samedi, lors de l’examen du projet de loi « égalité et citoyenneté ».

LIRE AUSSI >> La fessée: « Quand on blesse l’enfant, il n’apprend pas »

En vertu d’un amendement de députés socialistes et écologistes réformistes désormais adopté, la définition de l’autorité parentale dans le code civil a été précisée pour stipuler que parmi les devoirs qui la composent, figure « l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles ».

Aucune sanction pénale nouvelle

« L’opinion publique est régulièrement choquée par le décès d’un enfant sous les coups de ses parents. Si, heureusement, les violences intrafamiliales ne tuent pas toujours, les spécialistes sont unanimes quant aux dégâts qu’elles occasionnent aux enfants qui en sont les victimes », soulignent Marie-Anne Chapdelaine, François-Michel Lambert et Edith Gueugneau dans l’exposé de leur mesure, soucieux d' »appeler l’attention de tous sur cet enjeu considérable ».

Ils notent que « la règle posée est de nature exclusivement civile et ne s’accompagne d’aucune sanction pénale nouvelle à l’encontre des parents. Elle énonce un principe clair, qui a vocation à être répété aux pères et mères, et à imprégner leur comportement futur ».

« Fier d’avoir porté et fait voter cet amendement contre la violence éducative et Pour une Education positive! », a tweeté François-Michel Lambert après l’adoption.

Une « éducation non violente »

La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a elle « salué » dans un communiqué l’adoption de cet amendement, « outil indispensable à la prévention de la maltraitance des enfants ».

Il « amplifie le travail de conviction que je mène, avec les associations, depuis deux ans, en faveur d’une éducation non violente », estime la ministre, et « permet aussi à la France de franchir une étape supplémentaire dans la mise en oeuvre de la convention internationale des droits de l’enfant ».

Les sanctions pour maltraitance existent déjà au pénal, avec circonstances aggravantes pour les personnes ayant autorité. Mais ces circonstances jouent souvent en sens inverse dans la jurisprudence, au nom d’un « but pédagogique » qui « atténue » finalement les sanctions dans les tribunaux, explique Olivier Maurel, président de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire.

La France épinglée en 2015

Jusqu’alors, 27 des 47 pays membres du Conseil de l’Europe avaient adopté une législation interdisant, en toutes circonstances, d’infliger des châtiments corporels aux enfants, mais certains pays, comme la France, étaient des plus rétifs à légiférer pour inclure le cadre familial.

La France avait été épinglée en mars 2015 par le Conseil de l’Europe pour n’avoir pas interdit clairement toutes les formes de châtiments corporels sur les enfants, comme la fessée.

Le vote sur l’ensemble du projet de loi « égalité et citoyenneté », objet de 42 heures de débats en première lecture, aura lieu mercredi.

Source : L’Assemblée vote contre les violences corporelles envers les enfants – L’Express

20160616 – News : Education à la sexualité : insuffisante et inégalitaire | Viva magazine

Le Haut Conseil à l’égalité a rendu son rapport : en France, l’éducation à la sexualité est insuffisante et les stéréotypes sexistes ont la vie dure.

L’éducation à la sexualité en France n’est pas satisfaisante et très inégalitaire selon les territoires. Les tabous et les stéréotypes hommes/femmes persistent.

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (Hce) a rendu public, mercredi 15 juin, son rapport relatif à l’éducation à la sexualité dont le but était de : « répondre aux attentes des jeunes, construire une société d’égalité femmes-hommes. »

La sexualité : un domaine emprunt d’inégalités entre les filles et les garçons

Dans son constat, le rapport du Haut conseil dresse d’importantes inégalités entre les filles et les garçons. Très tôt, dans un contexte d’hypersexualisation influencé par la pornographie, les filles sont victimes de la double injonction d’être « respectables » tout en étant « désirables ».

D’autre part, elles connaissent très mal leur corps et le plaisir féminin est perçu comme secondaire : 1 jeune fille de 15 ans sur 4 ne sait pas qu’elle a un clitoris.

Elles sont toujours victimes de violences sexuelles : 7,5 % des filles déclarent avoir été victimes, à l’école, de voyeurisme, de caresses ou de baisers forcés et une jeune femme sur dix de moins de 20 ans déclare avoir été agressée sexuellement au cours de sa vie.

Une collégienne sur cinq  a été victime de cyberviolence. En Ile-de-France, une lycéenne sur quatre déclare avoir été victime d’humiliations et de harcèlement en ligne, notamment concernant son apparence physique ou son comportement sexuel ou amoureux. Ce terreau inégalitaire rend très difficile la construction d’une société équilibrée entre les femmes et les hommes.

Education sexuelle à l’école : carton rouge pour la France

Le rapport pointe aussi l’éducation à la sexualité en milieu scolaire, qui reste anecdotique, inadaptée et centrée sur la reproduction et l’anatomie. Il y a un réel problème à faire passer les messages d’information concrets et réalistes sur la sexualité. Les jeunes gens sont très vite confrontés à des images véhiculées par les medias, les réseaux sociaux, la publicité, qui devienent leurs références. De leur côté, les associations (Planning familial, associations féministes…) qui revendiquent depuis longtemps plus de moyens ont du mal à répondre aux sollicitations des établissements.

Les propositions du Haut conseil

Pour une société avec plus d’égalité enre les hommes et les femmes, il est important d’après le Haut conseil de travailler sur plusieurs pistes de réflexion :

– un meilleur l’accès à l’Ivg et à la contraception, à  la prévention des grossesses à l’adolescence,

– la prise en compte du désir et du plaisir des jeunes femmes, des inégalités et violences sexistes, étudier l’instrumentalisation des codes culturels et religieux justifiant l’inégalité filles-garçons et l’intolérance vis-à-vis de l’homosexualité.

Il faut « renforcer de manière ambitieuse la politique interministérielle d’éducation à la sexualité ; organiser, financer, évaluer et renforcer la visibilité de l’action de l’Education nationale en matière d’éducation à la sexualité et responsabiliser les autres espaces clés de socialisation des jeunes hors école pour prendre en compte leur parcours de vie. »

Pour consulter le rapport, cliquez ici.

Source : Education à la sexualité : insuffisante et inégalitaire | Viva magazine

20160609 – News / Education. Pas toujours facile de suivre ses parents aux quatre coins du monde | Courrier international

Les parents ne devraient jamais sous-estimer l’impact d’une expatriation sur leurs jeunes enfants. Témoignage d’une mère.

“Maman, maman, je veux devenir chanteuse. Je veux faire des chansons.” Quand Manika croit découvrir sa vocation, elle vit à Shanghai avec sa famille, qui se prépare à déménager pour un séjour de six mois à Bali avant de rejoindre Singapour. Or, de Shanghai à Singapour, Manika, 6 ans, a un peu grandi et beaucoup changé.
Sa mère, Rashmi J. Dalai, se contente d’abord de sourire, raconte-t-elle sur le site duWall Street Journal. “Mais ma fille a beaucoup insisté. Et moi aussi, à son âge, je voulais écrire des poèmes et des chansons. Moi aussi, j’ai déclaré à mes parents que je voulais être écrivaine. Mais j’étais fille d’immigrés indiens aux Etats-Unis et on m’a encouragée à travailler plutôt les mathématiques et les sciences. C’est même ce souhait ancien qui m’a poussé, trente ans plus tard, à quitter mon pays dans l’espoir de trouver ma voie. J’ai voulu donner à ma fille une chance de suivre ses passions sans attendre aussi longtemps.”

A Bali, Manika commence donc à apprendre la musique. Avec son professeur, elle compose même deux chansons, dont elle choisit les thèmes : se dire bonjour et adieu ; escalader les montagnes les plus hautes. “C’était comme si ma fille tentait de tresser une corde pour rester reliée à toutes les joies qu’elle avait ressenties en Chine, une corde à laquelle elle pourrait s’agripper dans le nouveau monde qui l’attendait.”

A la fin de l’année scolaire, la famille part s’installer à Singapour – et là, tout change. L’ambiance à l’école, beaucoup plus stricte ; l’état d’esprit de la mère de Manika, qui paie plus cher et devient plus exigeante en termes de résultats ; celui de Manika elle-même, qui perd son enthousiasme en même temps que sa voix s’éclaircit : sa vocation semble bien ne pas avoir résisté au déménagement.

Un jour, Manika, en pleurs, confie à sa mère à quel point tout est devenu difficile pour elle, qu’elle aimerait tant revenir à Shanghai, qu’elle regrette de ne plus pouvoir chanter avec ses amis…

Manika va-t-elle arrêter les leçons de musique ? ou bien va-t-elle convaincre ses nouveaux amis de se mettre à la chanson ? Rashmi J. Dalai n’a pas encore la réponse, mais de ces récentes difficultés elle tire quelques réflexions :

J’ai rencontré beaucoup de parents expatriés qui partagent mes préoccupations. Les difficultés que nous rencontrons pour organiser la vie de nos enfants peuvent nous rendre aveugles. Parfois, le souci d’exercer un contrôle sur leur parcours et de lui donner plus de consistance peut nous faire perdre de vue qui ils sont. Tous ces changements incessants nous rendent parfois incapables de comprendre ce qui est en jeu.”

Source : Education. Pas toujours facile de suivre ses parents aux quatre coins du monde | Courrier international

20160609 – News : Les parents français prêts à se sacrifier pour l’avenir de leurs enfants

Selon une enquête, 70 % des parents estiment que financer l’éducation de leurs enfants est plus important que d’épargner pour leur propre retraite.

Les parents français font, plus qu’ailleurs, passer l’avenir de leur enfant avant le leur. C’est ce qui ressort de la troisième étude Value of Education réalisée par l’institut de sondage Ipsos-Mori pour la banque HSBC.

Réalisée auprès d’un échantillon « représentatif » de six mille parents à travers quinze pays, cette enquête s’intéresse à l’attitude des parents à travers le monde face aux études de leurs enfants. Elle donne notamment, activité bancaire du financeur du sondage oblige, un éclairage sur la manière dont ils anticipent ce financement.

Les frais d’études des enfants

Parmi les parents français envisageant des études supérieures pour leurs enfants, 72 % estiment que ce financement est plus important que d’investir ou d’épargner sur le long terme (contre 49 % dans le monde), ou que d’épargner pour leur propre retraite (70 % en France, contre 49 %).

Tous pays confondus, et sur l’ensemble des parents interrogés, si ceux-ci devaient être amenés à réduire leurs dépenses, près d’un tiers affirment que l’éducation des enfants serait la dernière dépense qu’ils sacrifieraient.

La majeure partie des parents prennent en charge les frais d’études de leurs enfants. En effet, ils sont 86 % dans le monde à assurer le soutien financier des études de leurs enfants en incluant les charges annexes (frais d’études, de nourriture, appareils informatiques, factures, telles que le téléphone ou Internet, livres scolaires). En revanche, 59 % estiment qu’en raison de ces charges, il leur est plus difficile d’honorer leurs autres engagements financiers.

Lire aussi :   La crise de la dette étudiante, nouvel enjeu de la présidentielle américaine

Etudes et planification financière

A l’échelle mondiale, le coût moyen des études supérieures, tous frais confondus, est de 7 631 dollars (6 706 euros) par an et par enfant. Et les Emirats arabes unis arrivent en tête avec un coût moyen de 18 360 dollars (16 134 euros) par an et par enfant. En France, les parents dépensent environ 5 465 dollars (4 803 euros) par an et par enfant pour financer leurs études supérieures.

Conséquence directe de ce coût des études moins onéreux qu’ailleurs : c’est en France (46 %), après le Royaume-Uni (43 %) et l’Australie (44 %), que les parents envisagent le moins de s’endetter pour subvenir à l’éducation de leurs enfants. De même, alors que 67 % des parents dans le monde épargnent pour financer l’éducation de leurs enfants, le Mexique (39 %) et la France (43 %) arrivent en fin de classement.

Cependant les jeunes parents, tous pays confondus, anticipent beaucoup plus que leurs aînés la dépense que va représenter les études. Les jeunes parents issus de la génération Y sont plus prévoyants que leurs aînés. Au niveau mondial, 79 % des jeunes parents âgés de 34 ans ou moins (34 % en France) commencent à planifier le financement de l’éducation de leurs enfants avant que ceux-là ne rentrent à l’école primaire. Cette proportion descend à 52 % pour les parents issus des générations antérieures (21 % en France).

Orientation professionnelle, mobilité et carrière

L’étude s’intéresse aussi à la manière dont les parents dans le monde envisagent l’orientation professionnelle de leurs enfants. Et en particulier de l’avantage ou non d’inclure dans leur parcours une expérience à l’étranger : 67 % considèrent qu’elle serait bénéfique pour leurs enfants (contre 77 % en France) ; parmi eux, 41 % envisagent une expérience professionnelle ou un stage pour leurs enfants et 44 % un programme d’études à l’étranger.

L’étude pointe toutefois du doigt les parents de l’Hexagone qui ne sont que 16 % à envisager d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger, « l’une des proportions les plus faibles au monde ». « Les Français valorisent donc l’expérience à l’étranger plus que les études », analysent les auteurs de l’enquête.

Pour 34 % des parents interrogés, ce qui doit guider leurs enfants dans leur choix d’études est la « sécurité de l’emploi », et pour 35 % « le salaire ». Les Français se distinguent une fois encore« radicalement », selon l’étude, car ils considèrent à 42 % que l’orientation de leurs enfants doit principalement être guidée par leur « idéal de carrière ».

La totalité des parents a aussi été interrogée sur la profession qu’ils voudraient que leurs enfants choisissent. Comme dans l’édition de 2015, le métier le plus plébiscité est la médecine (16 %), suivie par les métiers d’ingénieurs (12 %), l’informatique (8 %).

  • Article de Séverin Graveleau
    Journaliste au Monde

 

Source : Les parents français prêts à se sacrifier pour l’avenir de leurs enfants

20160602 – Journée mondiale des parents : au fait, c’est quoi être un père et une mère aujourd’hui ? – metronews

Le 1er juin, c’est la journée mondiale des Paris. C’est l’ONU, en 2012, qui a décidé d’instaurer cette date, pour « mettre à l’honneur les parents du monde entier, rendre hommage à leur dévouement, à leur engagement et leur sacrifice pour assurer l’avenir de leurs enfants ». Quel est le rôle des parents dans la société d’aujourd’hui ? A-t-il évolué dans le temps ? On fait le point avec le sociologue de la famille François de Singly, auteur de « Libres ensemble, l’individualisme dans la vie commune », paru en 2016 aux éditions Armand Colin.

Que pensez-vous de cette Journée mondiale des parents ?
C’est plutôt un bon signe. Cela permet de reconnaître que ce sont les deux parents qui élèvent l’enfant. Dans l’idéal, je serais même pour supprimer la fête des pères et des mères. Une journée des parents rendrait plus égalitaire le rôle du père et de la mère. Il ne faut pas non plus oublier que la fête des mères était à l’origine une invention pour valoriser le rôle de la mère au foyer…

Symboliquement, on va vers un rapprochement des rôles de deux parents. Dans les faits, qu’en est-il ?
Les stéréotypes ont la vie dure : même sur la symbolique, on parle toujours « d’école maternelle » au lieu « d’école pré-élementaire », on parle de « l’heure des mamans » à la sortie de l’école. Si officiellement, on supprime la différenciation, dans les faits, les changements ne se font pas du jour au lendemain.

On a cependant l’impression que les hommes sont de plus en plus investis dans la sphère familiale ?
En fait, côté tâches ménagères à la maison, l’inégalité homme-femme reste importante : l’homme n’a pas fait beaucoup d’efforts. Mais il y a plutôt des progrès dans le rapport aux enfants : les hommes comprennent un peu mieux que le fait de s’occuper d’un enfant est une chose importante, y compris pour eux-mêmes.

Justement, dans l’éducation des enfants, les parents sont-ils plus impliqués qu’auparavant ?
Le rapport à l’enfant a changé, c’est indéniable. Avant, les femmes étaient au foyer, mais elles ne passaient pas leur temps à s’occuper des enfants. Aujourd’hui, les parents travaillent, mais dès qu’ils rentrent, ils s’occupent à temps plein de leurs enfants. Il est clair qu’aujourd’hui les parents sont dans l’obligation d’attention à l’enfant, de veiller à son épanouissement, à sa réussite.

Cela ne veut pas dire que les parents des générations précédentes n’étaient pas de bons parents. Avant, ce qui était important était de bien se tenir à table, de respecter les règles de bonne conduite, etc. Aujourd’hui, on veut que l’enfant s’exprime, s’épanouisse, qu’il pratique des activités en dehors de l’école, etc.

L’enfant est donc réellement le pivot de la famille ?
C’est une tendance lourde, symbolisée en 1989 par la Déclaration des droits de l’enfant : il est une personne dont on doit s’occuper en priorité. Avant, quand un enfant faisait du bruit où n’arrivait pas à s’endormir, on le mettait dans la chambre à côté. Aujourd’hui, on s’interroge sur son état de santé. L’enfant est devenu l’objet d’une attention très importante. Aujourd’hui, on organise des ludothèques pour que les parents apprennent à jouer avec leurs enfants…

Mais face à toutes ces injonctions, les parents ne sont-ils pas perdus ?
Ils sont perdus, mais ils adorent ! D’ailleurs, cela se voit : les familles sont beaucoup moins disciplinaires qu’avant, l’ambiance est y plutôt bonne. En outre, les parents  – et surtout les femmes – arrivent plus naturellement à être autre chose que des parents. C’est un changement considérable par rapport au passé : on peut avoir une existence propre même quand on est parents.

Source : Journée mondiale des parents : au fait, c’est quoi être un père et une mère aujourd’hui ? – metronews

20160531 – Pour la moitié des parents, l’école n’est plus adaptée aux enfants d’aujourd’hui – Le Point

Plus de la moitié des parents d’élèves estiment que l’école contemporaine n’est plus adaptée aux enfants de la génération actuelle, révèle un sondage publié mardi.

Quelque 52% des parents interrogés par OpinionWay pour la fédération des parents d’élèves de l’enseignement catholique (APEL), en partenariat avec La Croix, jugent que l’école n’est plus adaptée aux enfants d’aujourd’hui. Ce pourcentage grimpe à 77% pour les parents de lycéens.

Les parents mettent l’accent sur la nécessité « de tenir compte des différences individuelles entre élèves » (à 92%) et d' »adapter les pédagogies » (à 91%). Ils prônent la réduction du temps scolaire à une demi-journée (à 73%) et le remplacement des classes traditionnelles par des regroupements selon les niveaux de performances (à 63%).

Ils insistent également à 89% sur l’importance de veiller au bien-être des élèves, selon cette enquête réalisée auprès de parents d’enfants scolarisés dans le public et le privé.

La transmission des savoirs et connaissances fondamentaux devrait rester la priorité de l’école pour la moitié des parents (alors qu’elle ne remplit ce rôle en priorité que pour 44% d’entre eux). Mais les attentes vis-à-vis de l’école contemporaine « sont recentrées sur l’individu » et « l’épanouissement de l’élève », note Julien Goarant, directeur des études à OpinionWay.

« On souhaite une individualisation des parcours tout en faisant des élèves des personnes qui ne soient pas individualistes », relève Caroline Saliou, présidente de l’Apel, dont le congrès se déroule à Marseille en fin de semaine avec pour thème « Pourquoi l’école? ».

L’enseignement privé catholique sous contrat accueille quelque 18% des enfants en France.

Le sondage a été réalisé en ligne par OpinionWay les 13 et 14 avril, auprès de 544 parents d’élèves.

31/05/2016 15:59:20 –  Paris (AFP) –  © 2016 AFP

Source : Pour la moitié des parents, l’école n’est plus adaptée aux enfants d’aujourd’hui – Le Point

20160530 – Le paradoxe des parents : ils croient de moins en moins à l’école, mais comptent de plus en plus sur elle | Atlantico.fr

Extrait de « Materner ou éduquer ? Refonder l’école », de Jean Gabard, aux éditions de Paris 2/2

Les enfants sont souvent envoyés à l’école par des parents qui se sentent obligés de le faire. Ces derniers veulent croire que l’école est obligatoire (alors que seule l’instruction l’est) et n’oublient pas qu’en tant que contribuables, ils ont ainsi un droit de regard sur ce qui est fait à l’école. Ils tiennent à vérifier que leur progéniture, maternée à la maison, est aussi bien « traitée » en classe. Ces parents qui ont tout fait pour lui éviter une éducation castratrice n’ont pas envie de confier à d’autres la fonction répressive non endossée à la maison.

Ils veulent au moins avoir un contrôle pour pouvoir éventuellement intervenir et protéger celui qui, sentant l’appréhension des adultes, ne peut que se sentir en danger. Pour beaucoup, l’élève n’est, en effet, plus celui qui a la fortune d’aller à l’école gratuitement mais l’infortuné, malmené par un système infernal. L’école n’est plus un service qui lui est rendu mais un service qu’on lui doit parce qu’il est tenu d’y aller et parce que ses parents payent. Ce n’est plus une chance mais une fatalité. Élèves et parents, en attendent donc, comme en compensation, des résultats et ont tendance à considérer le diplôme comme un dû. Le droit à l’école gratuite et à l’instruction pour tous, qui doit favoriser l’égalité des chances, est ainsi devenu un droit à la réussite pour tous. Ceci justifie leur attente de qualité et de résultats.

Les délégués des parents d’élèves peuvent participer à la marche de l’établissement et contribuer à la rendre plus efficace. En apportant un éclairage différent, ils peuvent favoriser l’adaptation des pédagogies et les relations avec l’individu-élève. Certains utilisent cependant leur fonction comme un Cheval de Troie pour pénétrer « entre les murs » où leur enfant subirait maltraitance et humiliation. Conscients de leur importance, ils ont parfois tendance à revendiquer une place quasi égale aux enseignants pour surveiller leurs activités, quand ils n’opposent pas un contre-pouvoir à leur autorité. Ces parents d’élèves (très souvent d’ailleurs des mères d’élèves ayant craint de donner l’autorité dans la famille à leur compagnon qu’elles sont censées bien connaître et apprécier), sont peu enclins à donner trop de pouvoir à des enseignants qu’ils ne connaissent pas. Ayant parfois des comptes à régler avec l’école, l’idée que leur enfant puisse endurer les épreuves qu’ils ont supportées avec plus ou moins de bonheur quelques années plus tôt, leur est aujourd’hui insupportable. Se sentant chargés d’une mission protectrice, ils s’estiment en droit de surveiller et donner leur avis sur le travail donné, trop ou pas assez important, sur les méthodes trop rébarbatives ou trop rigoureuses, sur les programmes trop lourds ou pas assez approfondis, sur les enseignants trop sévères ou trop laxistes. Ils investissent l’école avec des exigences de consommateurs et sont toujours sur le qui vive pour réagir et même prévenir les traumatismes que pourrait subir leur enfant. Si les enseignants a priori suspects, doivent avoir de l’autorité (71% des Français estiment que les enseignants n’ont « pas assez d’autorité sur leurs élèves ») ils attendent qu’ils l’obtiennent par la qualité de leur enseignement et leur charisme. Les méthodes autoritaires sont acceptées et même parfois recommandées si elles doivent s’appliquer aux autres élèves, elles sont par contre trop sévères si elles concernent leur enfant innocent qui ne peut pas avoir mérité une sanction toujours trop humiliante et injuste.

Compatissants, des parents comprennent le manque de motivation de l’élève et excusent même son absentéisme et sa « légitime révolte », preuve de sa personnalité. Certains deviennent leurs complices pour les soutenir contre l’école. Les conseils de classe destinés à analyser les résultats des élèves et trouver des solutions pour les aider, se transforment parfois en procès de l’enseignant dont on remet en cause les méthodes et l’efficacité, devant les délégués de classe qui ne manquent pas de répandre, par la suite, la « bonne nouvelle » à leurs camarades. Alors que l’élève puni par un professeur recevait une deuxième punition à la maison avant d’avoir eu le temps d’en expliquer la raison, c’est aujourd’hui le professeur qui se voit menacé, s’il n’enlève pas la sanction, avant d’avoir pu la justifier. Ainsi, de même que dans les familles, on ne donne pas l’autorité aux pères qui se retrouvent simples adjoints, des parents n’accordent plus leur confiance aux enseignants qui deviennent pour les enfants-élèves de mauvais serviteurs non cré- dibles qui ne méritent pas d’être respectés ni écoutés.

Des parents comptent de plus en plus sur l’École en laquelle ils croient de moins en moins. Ils demandent à celle-ci de tout faire et même parfois ce qu’ils ne font plus eux-mêmes et, à la fois, lui reprochent d’être incapable. Alors que « l’École a surtout une mission d’enseignement et de socialisation qui s’appuie sur les acquis familiaux », le travail d’éducation des enseignants, indispensable pour pouvoir instruire, n’est plus cautionné par de nombreuses familles. L’hésitation de parents « libérés » à reconnaître de la valeur aux enseignants pour leur permettre d’exercer l’autorité à l’école se trouve confortée par la désaffection généralisée pour l’école et le rejet des valeurs qui seraient encore défendues par celle-ci. L’idéologie dominante les renforce dans leur rôle le plus noble qui soit aujourd’hui : celui de « maman » défendant son enfant.

Pour des parents modernes l’école ne doit pas seulement instruire l’élève, elle doit surtout favoriser son épanouissement individuel qui devient la condition de sa réussite scolaire. C’est la raison pour laquelle la bonne école qui doit garantir le droit au bonheur des enfants doit forcément fournir les bons résultats espérés. Elle est attendue sur ce point et c’est souvent elle qui sera jugée responsable si ceux-ci ne sont pas au rendez-vous. C’est d’ailleurs maintenant elle que l’on note et classe.

Les exigences des parents mettent la pression sur les enseignants. Elles déresponsabilisent les élèves qui, au lieu d’être portés par un projet parental pour apprendre, se sentent appuyé

s dans leur contestation et continuent d’être des dieux à l’école comme ils le sont à la maison. Ils restent persuadés que c’est au monde qui les entoure de s’adapter à eux et notamment à l’école de faire des efforts pour qu’ils puissent profiter de bonnes conditions.

Extrait de « Materner ou éduquer ? Refonder l’école », de Jean Gabard, aux éditions de Paris, mai 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici

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Source : Le paradoxe des parents : ils croient de moins en moins à l’école, mais comptent de plus en plus sur elle | Atlantico.fr

20160525 – News / « Fais pas ci, fais pas ça » : comment trouver le juste milieu entre l’autorité et la négociation avec son enfant | Atlantico.fr

 

Atlantico : Comment faire pour bien « négocier » avec son enfant  ?

Pascal Anger : Ce qui est difficile dans l’éducation, c’est de savoir se faire obéir. Faut-il se faire obéir à coups de promesses, de récompenses ou de punitions ? Tout d’abord, il est primordial d’être en cohérence avec l’autre parent pour éviter que l’enfant ne se tourne plus vers le plus gentil des deux et pour définir le mode éducatif : soit plutôt « copain », soit rigide, soit entre les deux.

Est-ce qu’on va être plus rigide avec son enfant ou au contraire être plus conciliant ?

Il y a des domaines où l’on peut se placer dans une écoute active et négocier, et d’autres où il faut se montrer intransigeant. Il faut établir des règles et ne pas négocier sur tout, comme par exemple la propreté, le respect, les règles de fonctionnement au sein du foyer, en particulier avec les jeunes enfants. Il ne faut cependant pas négocier tout le temps et pas sur tout.

Autrement dit, si l’enfant est dans une demande ou a besoin de parler, le parent doit être à l’écoute et ne pas dire non à tout. Cela ne signifie pas qu’on acceptera tout, mais cela veut dire qu’on sera en mesure d’entendre sa demande et de se mettre à sa place.

Cela donne-t-il de meilleurs résultats que de donner des ordres ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

Je crois qu’il est important d’expliquer à l’enfant pourquoi on veut qu’il fasse ceci ou cela. Dans tous les modes éducatifs, il y a du bon comme du mauvais, mais je dirais que cela dépend en fonction des parents et des enfants.

Certains enfants ont besoin de beaucoup de règles et les parents doivent se montrer intransigeants vis-à-vis d’elles et certains enfants avec qui il faut se montrer plus souple. Tout dépend de l’enfant et de ses besoins.

Je pense que dans l’éducation, il faut privilégier la responsabilité et l’autonomie chez l’enfant. Par exemple, le valoriser lorsqu’il réalise quelque chose lui permet de travailler ces aspects-là et de trouver confiance en lui.

Est-il sain d’être sans cesse dans une relation de négociation avec son enfant ? N’y a-t-il pas des risques de dérives ?

Pas tout le temps car il y a des risques que, à force de tout négocier, l’enfant dicte aux parents la façon de faire ou ne devienne capricieux, voire ingérable. Il y a des règles de fonctionnement en commun qui doivent être mises en place entre les parents et l’enfant. Il ne faut pas discuter sans cesse avec lui, mais à certains moments, lorsque celui-ci ne comprend pas pourquoi on lui a mis une punition, on peut revenir vers lui et lui faire comprendre pourquoi.

Mais il faut à tout prix éviter que l’enfant fasse des choses de telle sorte qu’il obtienne une récompense. Des enfants vont se dire : « je sais comment mon père ou ma mère fonctionne et donc je sais quel comportement adopter pour obtenir une récompense ».

Une autre chose que l’on rencontre assez souvent, c’est la promesse de récompense lorsqu’on demande à un enfant de faire quelque chose du type : « Quand tu auras terminé ceci, tu auras cela« . Cela peut avoir du bon, mais cela ne responsabilise pas l’enfant car ce n’est pas une négociation qui lui permette de comprendre en quoi son action est importante. D’ailleurs, il ne faut surtout pas confondre éducation et manipulation, que ce soit du côté des parents ou des enfants, ni tomber dans du chantage affectif.

A l’inverse, quels sont les risques à donner sans cesse des ordres à son enfant ?

Donner des ordres pour donner des ordres ne se révèle pas très intéressant. Il y a un risque que l’enfant finisse par se rebeller car il en aura assez, qu’il ne soit plus en capacité de prendre des initiatives de peur de mal faire, de ne pas oser dire certaines choses ou qu’il ne se sente pas en confiance vis-à-vis de son père ou sa mère. Il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme. L’autorité est importante, surtout avec les adolescents car ils en ont besoin pour être bien encadré, mais un surplus d’autoritarisme ne peut leur être que préjudiciable.

Propos recueillis par Thomas Gorriz

 

Source : « Fais pas ci, fais pas ça » : comment trouver le juste milieu entre l’autorité et la négociation avec son enfant | Atlantico.fr